Algérie: Sonatrach va investir 40 mds de dollars sur cinq ans

Quatrième puissance économique du continent africain, le pays est particulièrement exposé aux variations des prix des hydrocarbures du fait de sa dépendance à la rente pétro-gazière, qui représente plus de 90% des recettes extérieures. (AFP)
Quatrième puissance économique du continent africain, le pays est particulièrement exposé aux variations des prix des hydrocarbures du fait de sa dépendance à la rente pétro-gazière, qui représente plus de 90% des recettes extérieures. (AFP)
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Publié le Lundi 03 janvier 2022

Algérie: Sonatrach va investir 40 mds de dollars sur cinq ans

  • Le plan de Sonatrach sur 4 ans prévoit entre autres une raffinerie à Hassi Messaoud (le plus grand gisement de pétrole en Algérie) et une extension de la raffinerie de Skikda (nord-est) destinée à convertir certains dérivés en carburants
  • L'Algérie a décidé de renoncer, depuis novembre 2021, à l'exploitation du Gazoduc Maghreb Europe (GME) traversant le Maroc, pour l'approvisionnement de l'Espagne et du Portugal

ALGER: Le groupe pétro-gazier public algérien Sonatrach va investir 40 milliards (mds) de dollars entre 2022 et 2026 dans l'exploration, la production et le raffinage de pétrole et la prospection et extraction de gaz, a indiqué lundi son PDG, Toufik Hakkar.

"Notre plan d'investissement entre 2022 et 2026 est d'environ 40 mds de dollars dont 8 mds de dollars en 2022", a déclaré M. Hakkar à la chaîne de télévision internationale algérienne, AL24 news.

Il a précisé que le "tiers de ces investissements" impliquera des partenaires étrangers.

"La plus grosse part sera consacrée à l'exploration et la production, pour préserver nos capacités de production, ainsi qu'à des projets dans le raffinage pour répondre à la demande nationale en carburant", a-t-il précisé.

Dans cette interview, le patron du groupe a également annoncé des démarches de la Sonatrach "en vue de son retour en Libye", où elle a suspendu la plupart de ses activités en 2014.

Selon M. Hakkar, une délégation du groupe se rendra sur place d'ici la fin février afin de préparer avec son partenaire la NOC, la compagnie nationale libyenne, les "conditions de retour en vue de sécuriser les travailleurs et les équipements".

«Importants investissments en Libye»

M. Hakkar a souligné que le groupe algérien avait "engagé d'importants investissements en matière de prospection de pétrole et de gaz" en Libye et qu'il ne va pas "laisser ces découvertes sans développement".

Le plan de Sonatrach sur 4 ans prévoit entre autres une raffinerie à Hassi Messaoud (le plus grand gisement de pétrole en Algérie) et une extension de la raffinerie de Skikda (nord-est) destinée à convertir certains dérivés en carburants, a ajouté M. Hakkar.

Sonatrach compte, par ailleurs, mettre en service en janvier le quatrième turbocompresseur du gazoduc Medgaz, qui transporte le gaz algérien vers l'Espagne et le Portugal, selon M. Hakkar.

Ce turbocompresseur permettra d'assurer les approvisionnements du marché espagnol conformément aux quantités contractuelles, estimées à 10,5 mds de m3, et de répondre aux éventuelles demandes de quantités supplémentaires, a-t-il précisé.

L'Algérie a décidé de renoncer, depuis novembre 2021, à l'exploitation du Gazoduc Maghreb Europe (GME) traversant le Maroc, pour l'approvisionnement de l'Espagne et du Portugal.

Les recettes du groupe ont augmenté de 70% en 2021 grâce à une hausse de 19% de ses exportations en hydrocarbures, a indiqué M. Hakkar, précisant que Sonatrach a exporté pour 34,5 mds de dollars en 2021 contre 20 mds de dollars en 2020.

Il a expliqué que le prix moyen du baril de pétrole était de l'ordre de 70 dollars, mais "la stratégie de Sonatrach se fonde sur un prix de 50 dollars, pour éviter toute fluctuation du marché".

Quatrième puissance économique du continent africain, le pays est particulièrement exposé aux variations des prix des hydrocarbures du fait de sa dépendance à la rente pétro-gazière, qui représente plus de 90% des recettes extérieures.

Le rebond récent du brut a permis de résorber le déficit commercial algérien qui s'est contracté "de 10,504 mds de dollars fin septembre 2020 à 1,571 milliard de dollars en septembre 2021", avait indiqué fin décembre la Banque d'Algérie.

En 2011, la Sonatrach avait annoncé un plan d'investissement de 60 milliards de dollars pour la période 2011/2015 afin de renforcer ses capacités de production. 

Avec l'effondrement des cours du brut à partir de 2014, le groupe avait toutefois réduit ses investissements, qui ont encore été révisés à la baisse après l'éclatement de la pandémie de Covid-19 en 2020 et une nouvelle chute des cours de l'or noir.


USA: baisse marquée des stocks de pétrole, la consommation d'essence ralentit

Des réservoirs de stockage de pétrole brut sont vus sur une photo aérienne du centre pétrolier de Cushing, dans l'Oklahoma, aux États-Unis, le 21 avril 2020. (REUTERS).
Des réservoirs de stockage de pétrole brut sont vus sur une photo aérienne du centre pétrolier de Cushing, dans l'Oklahoma, aux États-Unis, le 21 avril 2020. (REUTERS).
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  • Durant la semaine achevée le 24 juin, les stocks commerciaux d'or noir ont reculé de 2,7 millions de barils en net, alors que les analystes ne les voyaient diminuer que de 950 000 barils
  • Le mouvement est d'autant plus inattendu que les réserves stratégiques de brut ont de nouveau enregistré une forte contraction (-6,9 millions de barils)

NEW YORK : Les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont baissé nettement plus que prévu la semaine dernière, selon les chiffres publiés mercredi par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), qui ont également montré un ralentissement de la consommation d'essence.

Durant la semaine achevée le 24 juin, les stocks commerciaux d'or noir ont reculé de 2,7 millions de barils en net, alors que les analystes ne les voyaient diminuer que de 950 000 barils.

Le mouvement est d'autant plus inattendu que les réserves stratégiques de brut ont de nouveau enregistré une forte contraction (-6,9 millions de barils).

Au total, les stocks américains de pétrole ont fondu de près de 10 millions de barils sur une semaine.

A cause d'un problème technique, l'EIA n'avait pas publié de rapport hebdomadaire la semaine dernière. Sur les deux semaines écoulées depuis le dernier état des stocks, les réserves ont reculé de 16,9 millions de barils.

Les réserves commerciales, que le gouvernement Biden a décidé d'utiliser massivement pour tenter de soulager les cours du pétrole, sont actuellement au plus bas depuis 36 ans.

Pour Matt Smith, de Kpler, cette baisse surprise des stocks est liée à la montée en régime des raffineries américaines, dont le taux d'utilisation est monté à 95%, contre 93,7% il y a deux semaines.

Autre facteur, la diminution des importations et le maintien à un niveau élevé des exportations de brut.

L'un des points marquants du rapport concerne la demande d'essence, qui a affiché des signes d'essoufflement ces deux dernières semaines, correspondant au début de la saison estivale des grands déplacements aux États-Unis.

Elle s'est inscrite en-deçà du seuil symbolique de 9 millions de barils par jour sur chacune des deux semaines.

Les analystes ont évoqué, ces dernières semaines, la possibilité d'un ralentissement de la consommation d'essence aux États-Unis, sapée par les prix records à la pompe.

Les réserves d'essence ont augmenté de 2,6 millions de barils alors que les analystes tablaient sur une légère baisse de 100.000 barils. Les réserves de kérosène et de gasoil ont aussi progressé, alors que la demande pour ces produits s'est repliée.

La demande globale de produits raffinés est néanmoins restée soutenue, à 20 millions de barils par jour, soit son niveau de la moyenne des quatre semaines précédentes.

Quant à la production américaine de brut, elle a poursuivi sa remontée, à 12,1 millions de barils par jour, contre 12 la semaine précédente. Elle se rapproche doucement des 13 millions de barils par jour que produisaient les États-Unis début mars 2020, au début de la pandémie de coronavirus.


L'Espagne a commencé à acheminer du gaz vers le Maroc

Cette photo prise le 29 mars 2022 montre un conteneur de stockage de gaz à l'usine de regazéification Enagas de Barcelone, la plus ancienne d'Europe continentale, située à la Muelle de la Energia dans le port de Barcelone. (Photo, AFP)
Cette photo prise le 29 mars 2022 montre un conteneur de stockage de gaz à l'usine de regazéification Enagas de Barcelone, la plus ancienne d'Europe continentale, située à la Muelle de la Energia dans le port de Barcelone. (Photo, AFP)
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  • Alger avait menacé en avril de rompre son contrat de fourniture de gaz à l'Espagne si Madrid venait à acheminer du gaz algérien « vers une destination tierce», une référence implicite au Maroc
  • La réaction d'Alger sera guettée avec attention à Madrid

MADRID : L'Espagne a commencé, pour la toute première fois, à acheminer du gaz vers le Maroc à travers le Gazoduc Maghreb Europe (GME), assurant qu'il ne s'agissait pas de gaz algérien, alors que l'Algérie n'alimente plus le GME à destination de l'Espagne depuis fin octobre sur fond de crise diplomatique.

"Sur la base des relations commerciales et du bon voisinage, hier (mardi) a eu lieu le premier envoi par le gazoduc du Maghreb de GNL (gaz naturel liquéfié) préalablement acquis par le Maroc sur les marchés internationaux et débarqué dans une usine de regazéification espagnole", ont indiqué à l'AFP des sources du ministère espagnol de la Transition écologique.

L'Espagne avait annoncé en février qu'elle allait réexporter du gaz vers le Maroc via le GME, que l'Algérie n'alimente plus vers l'Espagne à travers le territoire marocain depuis fin octobre en raison d'une crise diplomatique autour du Sahara occidental.

"Un procédé de certification garantit que ce gaz (acheminé d'Espagne vers le Maroc) n'est pas d'origine algérienne", a-t-on précisé de même source à l'AFP.

Alger avait menacé en avril de rompre son contrat de fourniture de gaz à l'Espagne si Madrid venait à acheminer du gaz algérien "vers une destination tierce", une référence implicite au Maroc.

Enagás, gestionnaire du réseau gazier espagnol, a pour tâche de "vérifier l'origine du méthanier transportant le gaz" acheté par le Maroc et, après le déchargement de celui-ci, émet un certificat avec "les données pertinentes, "évitant ainsi que soit exporté du gaz qui n'a pas été déchargé à cette fin", précisaient les sources du ministère de la Transition écologique.

Mais le fait pour l'Espagne d'acheminer du gaz à travers ce gazoduc est tout sauf anodin dans le contexte des relations très compliquées avec l'Algérie et le Maroc. La réaction d'Alger sera donc guettée avec attention à Madrid.

Le gouvernement algérien est très remonté contre l'Espagne depuis que l'exécutif du socialiste Pedro Sánchez a décidé, en mars, de soutenir le plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental, une ex-colonie espagnole, afin de mettre fin à près d'un an de crise diplomatique entre Madrid et Rabat.

En réaction à cette volte-face, Alger avait rappelé son ambassadeur en Espagne et Sonatrach, le géant algérien des hydrocarbures, n'avait pas exclu d'augmenter les prix du gaz livré à l'Espagne.

Les autorités algériennes ont également suspendu début juin un traité de coopération avec l'Espagne, tandis qu'un organisme bancaire clé en Algérie a annoncé des restrictions sur les transactions commerciales avec Madrid.

La dépendance de l'Espagne vis-à-vis du gaz algérien a été nettement réduite depuis l'arrêt du GME, mais près d'un quart du gaz importé par l'Espagne provenait toujours d'Algérie au premier trimestre, contre plus de 40% en 2021, selon le gestionnaire du réseau gazier espagnol.

Ce gaz est livré à l'Espagne par le géant algérien des hydrocarbures Sonatrach à travers le gazoduc sous-marin Medgaz qui relie directement les deux pays.


Le Royaume-Uni étend pour deux ans des droits de douane sur l'acier

La secrétaire britannique au Commerce international, Anne-Marie Trevelyan, quitte après avoir assisté à une réunion du Cabinet au 10 Downing Street à Londres le 7 juin 2022. (Photo, AFP)
La secrétaire britannique au Commerce international, Anne-Marie Trevelyan, quitte après avoir assisté à une réunion du Cabinet au 10 Downing Street à Londres le 7 juin 2022. (Photo, AFP)
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  • Le gouvernement avait annoncé une extension de droits de douane sur 10 catégories de produits en acier pour trois ans, et leur suppression sur quatre catégories
  • Cinq autres restaient à l'étude et se trouvaient par conséquent prolongées d'un an

LONDRES : Londres a étendu pour deux ans de plus des droits de douane en place sur certaines catégories de production d'acier en provenance de 15 pays, afin de protéger une industrie "cruciale" pour le Royaume-Uni, confrontée à une envolée des prix de l'énergie.

La ministre du Commerce extérieur Anne-Marie Trevelyan a déclaré devant la Chambre des représentants que "vu l'intérêt stratégique" de la sidérurgie et "les perturbations mondiales des marchés de l'énergie et des chaîne d'approvisionnement, (...) il est dans l'intérêt du Royaume-Uni de maintenir les garde-fous".

Mme Trevelyan a rappelé devant les députés qu'il y a un an, après la sortie effective de l'Union européenne, le gouvernement avait annoncé une extension de droits de douane sur 10 catégories de produits en acier pour trois ans, et leur suppression sur quatre catégories.

Cinq autres restaient à l'étude et se trouvaient par conséquent prolongées d'un an.

La ministre estime désormais que la suppression des droits de douane sur ces cinq catégories "entraînerait des dommages sérieux pour les sidérurgistes britanniques" et elle étend donc la mesure sur ces produits pour deux ans, jusqu'au 30 juin 2024, même échéance que les dix autres catégories déjà taxées depuis l'an dernier.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a prévenu dimanche que des "choix difficiles" seraient à faire pour protéger l'acier britannique face à l'acier bon marché de certains pays, au risque de violer ses obligations par rapport aux règles de l'Organisation mondial du commerce (OMC).

Le gouvernement de Boris Johnson est déjà accusé de vouloir prendre des libertés avec ses obligations internationales en matière d'échanges commerciaux entre la Grande-Bretagne et la province britannique d'Irlande du Nord. Un projet de loi est en préparation pour lui permettre de contourner le protocole nord-irlandais imposées par l'accord sur le Brexit.