Donnés, recyclés ou réemployés: les invendus n'iront bientôt plus à la poubelle

Un ouvrier trie des articles dans l'usine EARTA, spécialisée dans le recyclage des publications de presse imprimées invendues, à Voivres-les-le-Mans, dans le nord-ouest de la France, le 30 septembre 2020. (AFP)
Un ouvrier trie des articles dans l'usine EARTA, spécialisée dans le recyclage des publications de presse imprimées invendues, à Voivres-les-le-Mans, dans le nord-ouest de la France, le 30 septembre 2020. (AFP)
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Publié le Vendredi 31 décembre 2021

Donnés, recyclés ou réemployés: les invendus n'iront bientôt plus à la poubelle

  • Dans le centre d'hébergement d'urgence Emmaüs du XIVème arrondissement de Paris, la mesure de la loi anti-gaspillage est en tous cas vue d'un bon oeil
  • Pour s'en débarrasser, les entreprises peuvent les donner

PARIS : Les vêtements incinérés ou les meubles à la poubelle, c'est fini: à partir du 1er janvier, les producteurs et distributeurs de produits non-alimentaires auront l'interdiction de détruire leurs invendus, une mesure qui pourrait favoriser le don aux associations.

Dans le centre d'hébergement d'urgence Emmaüs du XIVème arrondissement de Paris, la mesure de la loi anti-gaspillage est en tous cas vue d'un bon oeil. "Savoir qu'il y a des besoins mais qu'on détruit les produits, c'est irresponsable", souffle Saddek Hadjou, directeur de centre qui accueille 280 personnes précaires.

Dans son établissement, situé dans un ancien parking, plusieurs réserves abritent les dons reçus. Dans un carton, il reste de petits colis de Noël avec des chaussons ou des accessoires estampillés du logo du Paris-Saint-Germain. Sur les étagères, des casseroles, deux fours, des brosses à dents ou encore des savons...

Autant de produits qui ne pourront plus être détruits si les entreprises n'arrivent pas à les vendre. Les produits électriques et électroniques, les piles, textiles, meubles, cartouches d'encre et les produits d'entretien, d'hygiène et de soins, sont concernés par la nouvelle loi, ainsi que les équipements de conservation et de cuisson des aliments, les produits d'éveil et de loisirs, les livres et les fournitures scolaires. 

Pour s'en débarrasser, les entreprises peuvent les donner. Certaines le font d'ailleurs depuis plusieurs années: en 2019 selon l'Ademe, 21% des invendus étaient écoulés par des dons. 

"Cette année, il y a déjà eu plus de dons car les entreprises se sont préparées à la loi", indique à l'AFP Romain Canler, directeur général de l'Agence du don en nature, qui reçoit des produits de près de 200 entreprises et les distribue à un réseau de 1.300 associations. L'agence a ainsi reçu environ deux fois plus de produits qu'en 2019, assure-t-il.

Les articles d'hygiène et de bien-être, qui "couvrent la souffrance" comme dit Djomo, une résidente du centre d'hébergement, sont les plus demandés. "Ça coûte cher les bons produits", confirme Blé, arrivée en 2019 sur les conseils du Samu social. 

Dans le secteur, le don est déjà la solution la plus pratiquée. En 2019, 67% des invendus dans la catégorie hygiène et soins étaient donnés.

Le groupe suédois Essity, qui détient les marques Nana ou Lotus, assure notamment qu'il distribue déjà "tous les produits d’hygiène concernés par ce texte auprès d’associations partenaires".

Revendre, recycler ou baisser la production 

Les entreprises peuvent aussi choisir de réemployer une partie de leurs invendus ou de les recycler. Chez Fnac Darty, Leroy Merlin ou Ikea par exemple, certains sont vendus moins chers dans des espaces dédiés aux produits d'occasion. Fnac Darty en revend aussi certains à des sociétés qui récupèrent les pièces détachées.

"Cela fait plusieurs années qu'on a initié le processus, c'est devenu du bon sens commerçant de travailler comme ça", explique à l'AFP Katell Bergot, directrice "seconde vie" du groupe.

De manière générale, distributeurs et producteurs se disent d'ailleurs prêts pour la nouvelle loi. Même dans l'habillement, où le taux d'invendus atteignait en 2019 quelque 4,1% du chiffre d'affaires du secteur, soit 1,7 milliard d'euros, selon l'Ademe.

"Depuis deux ans, les enseignes ont appris à mieux anticiper la demande pour produire exactement le nombre de produits qu'on va vendre", assure Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce qui représente les grands magasins et les enseignes de mode et de chaussures. 

À long terme, Romain Canler anticipe une baisse générale des invendus. "Le but de la loi n'est pas d'aider les associations mais de réduire au maximum les quantités d'invendus", rappelle-t-il. Il mise néanmoins sur le développement des politiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) pour que les dons continuent d'affluer.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».