Larmes et souvenir d'un «héros» devant la cathédrale de Desmond Tutu

Une photo en noir et blanc sur laquelle Desmond Tutu apparaît souriant, les mains jointes, a été accrochée sur un grillage. Des bouquets de fleurs ont commencé à y être suspendus par des fidèles ou des touristes de passage. (Photo, AFP)
Une photo en noir et blanc sur laquelle Desmond Tutu apparaît souriant, les mains jointes, a été accrochée sur un grillage. Des bouquets de fleurs ont commencé à y être suspendus par des fidèles ou des touristes de passage. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Lundi 27 décembre 2021

Larmes et souvenir d'un «héros» devant la cathédrale de Desmond Tutu

  • C'est dans cette cathédrale que les obsèques de Mgr Tutu aurant lieu samedi 1er janvier
  • La nouvelle du décès de celui qui était considéré comme la conscience de l'Afrique du Sud est tombée juste avant la messe

LE CAP : En route vers la plage ou avant un traditionnel barbecue en ce dimanche d'été austral au Cap, des Sud-Africains émus s'arrêtent devant la cathédrale Saint-Georges, paroisse de l'ex-archevêque Desmond Tutu, dernière grande figure de la lutte contre l'apartheid, décédé dimanche.

"Il a tellement compté dans la lutte contre l'apartheid. Pour nous, les noirs...", confie Brent Goliath, 44 ans, avant d'éclater en sanglots. 

Prix Nobel de la paix en 1984, Mgr Tutu s'est éteint peu après l'aube dans une maison de repos. Affaibli par un cancer, il avait 90 ans.

Sur toutes les chaînes de télévision du pays, des images du petit homme à la robe violette, dansant au côté du dalaï lama ou, hilare, en compagnie de son ami Nelson Mandela, tournent en boucle.

Tenant sa petite-fille par la main, Miriam Mokwadi, 67 ans, s'est rendue à la cathédrale du Cap: "C'est la vérité, Tutu était un héros. Il s'est battu pour nous. Nous sommes libres grâce à lui. Sans lui, notre pays aurait été perdu".

La nouvelle du décès de celui qui était considéré comme la conscience de l'Afrique du Sud est tombée juste avant la messe. L'annonce a été faite pendant la célébration. 

Rapidement, la police a bouclé le quartier. Un livre de condoléances a été disposé à l'extérieur de l'édifice, pour les derniers messages adressés à "The Arch", comme il est affectueusement surnommé dans le pays.

"Aussi triste que cela puisse être, cela apporte sans doute un certain soulagement à la famille, car le père Desmond a beaucoup souffert ces dernières semaines", a déclaré en chaire le père Michael Weeder. 

Lumière violette

Une photo en noir et blanc sur laquelle M. Tutu apparaît souriant, les mains jointes, a été accrochée sur un grillage. Des bouquets de fleurs ont commencé à y être suspendus par des fidèles ou des touristes de passage.

"Je suis née quasiment à la fin de l'apartheid mais toute ma famille parlait de Tutu et il faisait partie du programme d'histoire au lycée", raconte Amanda Xalabile, 30 ans, qui s'est arrêtée sur le chemin du parc, accompagnée de ses deux enfants. 

C'est dans cette cathédrale que les obsèques de Mgr Tutu aurant lieu samedi 1er janvier. La célèbre Montagne de la Table, qui domine la ville, était illuminée dans la soirée de violet et devrait le rester jusqu'aux funérailles.

S'enlaçant longuement les uns les autres, les membres de la famille de Desmond Tutu se sont petit à petit rassemblés dans sa maison au Cap, sous surveillance policière.

Derrière un cordon de sécurité, une femme en short et débardeur, accompagnée de sa fille, tend un bouquet de fleurs. "Pour la famille", glisse-t-elle aux policiers. 

Dans l'autre maison de Desmond Tutu à Soweto, les rideaux sont tirés. Devant cette demeure, à quelques dizaines de mètres de la célèbre maison - transformée en musée - de Nelson Mandela, de jeunes gens branchés viennent prendre des selfies.

"On le voyait passer autrefois quand il faisait son jogging du matin donc bien sûr (...) nous les voisins, on est vraiment émus", se souvient Lerato, un peu plus âgée.

"Quand je buvais un coup, par ici, il était au milieu de tout le monde. Je n'oublierai pas ce monsieur", confie en français Samba, d'origine congolaise.

Desmond Tutu s'était fait connaître aux pires heures du régime raciste de l'apartheid, aboli en 1991. Il a organisé des marches pacifiques contre la ségrégation et plaidé pour des sanctions internationales contre le régime blanc de Pretoria.

Pour Stephen Moreo, l'archevêque anglican de Johannesburg, "son héritage est celui de son amour pour tous (...) Il disait toujours que Dieu n'est pas le Dieu des chrétiens, mais le Dieu de tout le monde".


L'Iran refuse de négocier directement avec les États-Unis

Un Iranien marche sous une bannière du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'une journée pluvieuse à Téhéran, le 5 avril 2025. (Photo ATTA KENARE / AFP)
Un Iranien marche sous une bannière du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'une journée pluvieuse à Téhéran, le 5 avril 2025. (Photo ATTA KENARE / AFP)
Short Url
  • Le mois dernier, Donald Trump a adressé une lettre aux dirigeants iraniens dans laquelle il propose d'engager des négociations sur leur programme nucléaire
  • « Des négociations directes avec une partie qui menace constamment de recourir à la force (...) et dont les différents responsables expriment des positions contradictoires n'auraient pas de sens », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères.

TEHERAN : L'Iran a rejeté dimanche tout dialogue direct avec les États-Unis, estimant que cela « n'aurait aucun sens », alors que le président américain Donald Trump suggère des pourparlers directs et menace de bombarder le pays en cas d'échec de la diplomatie.

Les pays occidentaux, les États-Unis en tête, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire depuis des décennies. Téhéran rejette ces allégations et affirme que ses activités nucléaires n'ont qu'une finalité civile, notamment en matière d'énergie.

Le mois dernier, Donald Trump a adressé une lettre aux dirigeants iraniens dans laquelle il propose d'engager des négociations sur leur programme nucléaire. Mais le président américain a également menacé de bombarder l'Iran en cas d'échec de la diplomatie et a pris des sanctions supplémentaires à l'encontre du secteur pétrolier iranien. 

« Des négociations directes avec une partie qui menace constamment de recourir à la force (...) et dont les différents responsables expriment des positions contradictoires n'auraient pas de sens », a déclaré samedi soir le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, selon des propos rapportés dimanche par son ministère.

« Mais nous restons attachés à la diplomatie et sommes prêts à essayer la voie de négociations indirectes », a ajouté M. Araghchi. 

Jeudi, le président américain a affirmé qu'il préférait mener des « négociations directes » avec l'Iran.

« À quoi bon menacer si l'on veut négocier ? », s'est interrogé samedi le président iranien, Massoud Pezeshkian, élu l'an dernier avec la promesse de reprendre le dialogue avec l'Occident afin d'obtenir un allègement des sanctions pour relancer l'économie.

En 2015, l'Iran a conclu un accord avec les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, Russie, États-Unis, France et Royaume-Uni) et l'Allemagne pour encadrer ses activités nucléaires.

Le texte prévoyait un allègement des sanctions en échange d'une limitation des activités nucléaires iraniennes. 

En 2018, Donald Trump a retiré son pays de l'accord avec fracas durant son premier mandat et rétabli les sanctions. En guise de représailles, l'Iran s'est désengagé du texte et a accéléré son programme nucléaire.

L'Iran ne cherche pas à se doter de l'arme nucléaire, mais « n'aura d'autre choix que de le faire » en cas d'attaque contre le pays, a mis en garde lundi Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.


Netanyahu rencontrera lundi Trump à la Maison Blanche

Le président américain Donald Trump et  le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (Photo AFP)
Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (Photo AFP)
Short Url
  • Le président américain Donald Trump accueillera le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, lundi, pour aborder plusieurs sujets, des droits de douane à l'Iran.
  • Israël se verra ainsi infliger des tarifs douaniers s'élevant à 17 %.

JERUSALEM : Le président américain Donald Trump accueillera le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, lundi, pour aborder plusieurs sujets, des droits de douane à l'Iran, ont annoncé samedi ses services.

« Les deux dirigeants vont s'entretenir des droits de douane, des efforts pour ramener les otages israéliens, des relations israélo-turques, de la menace iranienne et de la lutte contre la Cour pénale internationale », a déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué. 

Une grande partie des produits que les États-Unis importent du reste du monde sont soumis, depuis samedi, à des droits de douane additionnels de 10 %, mais l'addition sera encore plus lourde dès le 9 avril pour certains pays qui exportent plus qu'ils n'importent auprès du partenaire américain.

Israël se verra ainsi infliger des tarifs douaniers s'élevant à 17 %.

Cette annonce intervient également au moment où un nouveau cessez-le-feu semble lointain dans le territoire palestinien de Gaza, où l'armée israélienne a intensifié ses opérations, et où les tensions autour du nucléaire iranien s'intensifient.

Le président américain, qui a appelé Téhéran à entamer des négociations sur son programme nucléaire, a menacé ces derniers jours de bombarder l'Iran en cas d'échec de la diplomatie.

L'Iran se dit prêt à discuter avec les États-Unis, mais a refusé des pourparlers directs sous la menace et la pression.


Londres accuse Israël d'avoir refoulé deux députés travaillistes britanniques

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem le 15 août 2024. (Photo d'archives AFP)
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem le 15 août 2024. (Photo d'archives AFP)
Short Url
  • Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a accusé  Dans la nuit de samedi à dimanche, Israël d'avoir refoulé deux députées travaillistes à leur entrée à l'aéroport international de l'État hébreu.
  • « Il est inacceptable, contre-productif et profondément inquiétant que deux membres du Parlement britannique, aient été interpellés et se soient vu refuser l'entrée par les autorités israéliennes », a tonné le chef de la diplomatie.

LONDRES : Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a accusé  Dans la nuit de samedi à dimanche, Israël d'avoir refoulé deux députées travaillistes à leur entrée à l'aéroport international de l'État hébreu, dans le cadre d'un voyage officiel.

« Il est inacceptable, contre-productif et profondément inquiétant que deux membres du Parlement britannique, dans le cadre d'une délégation parlementaire en Israël, aient été interpellés et se soient vu refuser l'entrée par les autorités israéliennes », a tonné le chef de la diplomatie dans un communiqué de son ministère publié sur X.

« J'ai clairement fait savoir à mes homologues du gouvernement israélien que nous n'accepterions pas un tel traitement réservé à des parlementaires britanniques avec qui nous sommes en contact et à qui nous apportons notre soutien », a insisté M. Lammy.

Le ministre a rappelé que « le gouvernement du Royaume-Uni restait focalisé sur la reprise du cessez-le-feu et des négociations pour mettre fin à l'effusion de sang, ainsi que sur la libération des otages et la fin du conflit dans la bande de Gaza ».

La diplomatie britannique n'a dévoilé aucun détail supplémentaire.

S'appuyant sur un communiqué du ministère israélien de l'Immigration cité par la chaîne de télévision Sky News, le journal The Guardian indique que les parlementaires refoulées à l'aéroport Ben Gourion, près de Tel-Aviv, sont deux femmes, Yuan Yang et Abtisam Mohamed. Elles sont soupçonnées d'avoir voulu « documenter les activités des forces de sécurité (israéliennes) et diffuser une haine contre Israël ».

Mercredi dernier, Hamish Falconer, sous-secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères, a dénoncé l'élargissement des opérations militaires d'Israël dans la bande de Gaza, se disant « profondément préoccupé » par la reprise des hostilités.

« La politique du gouvernement britannique et celle du gouvernement israélien diffèrent. Ces divergences persisteront jusqu'à ce que nous retrouvions la voie d'une solution à deux États », avait déclaré M. Falconer devant la commission des Affaires étrangères du Parlement britannique.