En Irak, préserver la calligraphie arabe contre vents et marées

Le calligraphe irakien Wael al-Ramadan, 49 ans, utilise un stylet pour produire un échantillon de calligraphie arabe dans le style calligraphique "Diwani" dans son atelier du quartier d'al-Ashar à Bassora, dans le sud de l'Irak, le 19 décembre 2021.(AFP)
Le calligraphe irakien Wael al-Ramadan, 49 ans, utilise un stylet pour produire un échantillon de calligraphie arabe dans le style calligraphique "Diwani" dans son atelier du quartier d'al-Ashar à Bassora, dans le sud de l'Irak, le 19 décembre 2021.(AFP)
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Publié le Jeudi 23 décembre 2021

En Irak, préserver la calligraphie arabe contre vents et marées

  • Mardi, l'Unesco a inscrit la calligraphie arabe « art arabe Islamique » au patrimoine culturel immatériel de l'humanité
  • A l'autre bout de l'Irak, dans le sud pauvre du pays, Waël al-Ramadan ouvre sa boutique dans une ruelle de Bassora

RANIYE : Quand il ne porte pas des parpaings sur les chantiers dans le nord de l'Irak, Jamal Hussein s'adonne à la calligraphie arabe, un art qui ne nourrit plus son homme dans le monde contemporain, reconnaît-il.

"J'ai une famille nombreuse, je devais trouver un autre travail car on ne peut pas vivre de cet art", dit le quinquagénaire, père de 11 enfants, installé dans la petite ville de Raniye, au Kurdistan d'Irak.

Plusieurs jours par semaine, il travaille "dans la construction d'immeubles, et porte des parpaings", explique-t-il dans son modeste atelier à domicile.

Mardi, l'Unesco a inscrit la calligraphie arabe "art arabe Islamique" au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, après une requête présentée par 16 pays parmi lesquels l'Arabie saoudite, l'Irak, l'Egypte et le Maroc.

"La fluidité de l'écriture arabe offre des possibilités infinies, les lettres peuvent être allongées et transformées de nombreuses façons, afin de créer différents motifs", explique l'institution sur son site Internet.

Une décision saluée par M. Hussein, espérant qu'elle poussera "le gouvernement irakien et la région autonome du Kurdistan à adopter des mesures sérieuses pour soutenir la calligraphie - le Khat, en arabe - et ses artistes".

Initié à cet art dans les années 1980, ce Kurde irakien exhibe chez lui certificats et médailles -- une quarantaine au total -- attestant de sa participation à des concours.

En octobre, il est arrivé deuxième lors d'une compétition en ligne en Egypte. Il s'entraîne pour un concours en janvier dans la ville sainte irakienne de Najaf (centre).

Il lui arrive de vendre les créations de son calame (tige utilisée pour l'écriture calligraphique, qu'il achète en Turquie ou en Iran) pour des affiches, des devantures de boutiques, voire des stèles funéraires, reconnaît-il.

« Aucun soutien » 

"Il n'y a aucun soutien du gouvernement, ni pour la calligraphie ni pour les autres arts", déplore le quinquagénaire. 

"A cause de la technologie, la sacralité de la calligraphie a baissé", regrette-t-il.

"La calligraphie requiert plus de temps, plus d'efforts, elle coûte plus cher. Les gens vont vers une production technologique moins onéreuse".

Des décennies durant, dans les rues du Caire, d'Amman, Beyrouth ou Casablanca, la calligraphie s'affichait aux devantures des magasins, sur les murs où l'on pouvait lire des adages populaires, sur les plaques en cuivre à l'entrée d'un immeuble signalant la présence d'un avocat ou d'un médecin.

Elle reste aujourd'hui visible sur les façades défraîchies de certaines boutiques. Les hipsters du monde arabe, nostalgiques et grands amateurs de cette esthétique vintage, sont nombreux à prendre en photos leurs trouvailles pour les partager sur les réseaux sociaux.

Impossible pour M. Hussein d'abandonner son art. Son rêve? "Voyager en Egypte ou en Turquie, y résider temporairement pour améliorer mon khat".

« Survie »

A l'autre bout de l'Irak, dans le sud pauvre du pays, Waël al-Ramadan ouvre sa boutique dans une ruelle de Bassora. Alors qu'il était encore enfant, son père l'a initié à l'art de la calligraphie.

Quand un client vient s'enquérir de ses services pour la confection d'un tampon administratif, il saisit un de ses calames et commence lentement sur un cahier à tracer les mots demandés, à partir de lettres arabes se distinguant par leurs élégantes courbes.

Il salue la décision de l'Unesco, un "grand soutien pour la calligraphie et les calligraphes dans le monde entier".

Il reconnaît toutefois que pour vivre, il enseigne la discipline dans des écoles et met son art au service de la publicité.

"Nous espérons que notre gouvernement s'intéressera à cet art, par le biais d'expositions, de compétitions", ajoute le calligraphe de 49 ans, crâne rasé et tout de noir vêtu.

"La survie de la calligraphie arabe dépend du soutien de l'Etat", ajoute-t-il. Mais pas question de jeter l'éponge. "J'espère évidemment que mes enfants me succèderont, tout comme j'ai marché sur les pas de mon père", confie-t-il en souriant.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.