Retraites: Macron refond sa réforme

Des manifestants brandissent des pancartes indiquant «Macron nous culpabilise» (à gauche) et «Retraite plus chère = justice précaire» (à droite) lors d'une manifestation convoquée par le collectif «SOS Retraites» rassemblant avocats, médecins, infirmiers, pilotes et autres travailleurs indépendants, pour protester contre la réforme du système des retraites par le gouvernement français, le 3 février 2020, à Paris. (Christophe Archambault / AFP)
Des manifestants brandissent des pancartes indiquant «Macron nous culpabilise» (à gauche) et «Retraite plus chère = justice précaire» (à droite) lors d'une manifestation convoquée par le collectif «SOS Retraites» rassemblant avocats, médecins, infirmiers, pilotes et autres travailleurs indépendants, pour protester contre la réforme du système des retraites par le gouvernement français, le 3 février 2020, à Paris. (Christophe Archambault / AFP)
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Publié le Samedi 18 décembre 2021

Retraites: Macron refond sa réforme

  • À l'approche de la fin de son mandat, le chef de l'État n'hésite plus à s'inscrire en faux contre son grand dessein inabouti pour les retraites
  • S'il n'y avait eu le Covid, la loi passée au forceps du 49-3 juste avant le premier confinement serait pourtant «allée à son terme, c'est évident»

PARIS : Recul de l'âge légal, «trois grand régimes» plutôt qu'un «système universel» de retraite: en un mois, Emmanuel Macron a renoncé à l'essence de sa promesse de 2017, pour mieux défendre un nouveau projet en vue de sa probable candidature en 2022.

Il est dur de se dédire. Mais à l'approche de la fin de son mandat, le chef de l'État n'hésite plus à s'inscrire en faux contre son grand dessein inabouti pour les retraites, longtemps érigé en emblème de sa volonté réformatrice.

«Je ne pense pas qu'il faille exactement faire la même réforme que celle qui était envisagée», a-t-il concédé mercredi soir sur TF1 et LCI, avant de revenir sur l'un de ses engagements de campagne: exit le système «universel» censé remplacer la quarantaine de régimes existants.

«Trop anxiogène», reconnaît-il finalement, deux ans après les longues grèves de l'hiver 2019-2020 qui avaient réveillé tous les corporatismes, des cheminots aux avocats en passant par les danseurs de l'Opéra.

S'il n'y avait eu le Covid, la loi passée au forceps du 49-3 juste avant le premier confinement serait pourtant «allée à son terme, c'est évident». Faute d'avoir pu mener à bien ce projet, il est désormais temps d'en changer.

Avec une dialectique identique - «il faut aller vers un système simplifié» - l'objectif est désormais de viser «grosso modo trois grands régimes», pour les salariés du privé, les fonctionnaires et les travailleurs indépendants.

Un scénario élaboré de longue date par des think-tank libéraux comme l'Institut de la protection sociale (IPS) et repris par la CPME (puis le Medef) pour contrer le projet initial de M. Macron.

Finalement rangé à l'avis du patronat, le président de la République reprend aussi à son compte une antienne de l'opposition de droite en souhaitant «une sortie de ce qu'on appelle des régimes spéciaux», expression qui désigne couramment ceux de la SNCF, de la RATP, des industries électriques et gazières, et par extension les diverses caisses de la fonction publique.

- pertes et profits -

Ce virage à tribord était déjà amorcé début novembre, lors de sa dernière allocution télévisée, marquée par une autre volte-face, sur l'âge légal de départ en retraite.

A rebours de son programme de 2017, qui martelait qu'il «restera(it) à 62 ans», le chef de l'Etat juge aujourd'hui nécessaire de «travailler plus longtemps, en (le) repoussant».

La faute, selon lui, aux prévisions trop optimistes avant son élection, qui lui faisaient affirmer à l'époque que «le problème des retraites (n'était) plus un problème financier».

«Cette situation a changé (...) il y a maintenant un problème de financement», admet-il à présent, omettant de rappeler que les projections du Conseil d'orientation des retraites (COR) s'étaient assombries dès l'été 2017.

Coincé par sa promesse originelle, le chef de l'Etat a louvoyé tout au long du quinquennat, évoquant tour à tour «un système de décote» puis «un accord sur la durée de cotisation» avant de trancher en faveur d'un «âge pivot» assorti d'un bonus-malus.

Des atermoiements maintenant passés par pertes et profits. Reste à savoir jusqu'où repousser l'âge légal. Parmi les principaux candidats déclarés à sa succession, Valérie Pécresse propose de l'augmenter à 65 ans, Eric Zemmour à 64, quand Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon campent sur un retour à 60 ans.

Le président sortant, lui, ne sort pas encore du bois, officiellement pour ne pas «préempter» le «fruit du débat démocratique» à venir. En réalité, pour ajuster le curseur aux besoins budgétaires, qui découleront d'une démographie vieillissante et d'indispensables contreparties sociales.

M. Macron n'a ainsi pas abandonné la cible d'une pension minimale de 1.000 euros «au terme d'une carrière complète». Il est également disposé à «adapter le temps de vie au travail (...) aux difficultés de certaines tâches», par exemple «un conducteur poids lourd», «une auxiliaire de vie» ou «quelqu'un qui travaille à la chaîne».

Un appel du pied aux syndicats, en particulier la CFDT, très sensible au sujet de la pénibilité. Mais dont le soutien est loin d'être acquis.


Première mission du porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle aux Philippines

Le 6 juillet 1999, un prototype du Rafale M02 effectue un appontage sur la piste du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle à Brest (Photo Getty Images)
Le 6 juillet 1999, un prototype du Rafale M02 effectue un appontage sur la piste du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle à Brest (Photo Getty Images)
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  • L'ambassadrice de France a jugé dimanche que ces exercices militaires étaient « encore plus importants » en raison de la montée des tensions en mer de Chine méridionale.
  • La France cherche à réaffirmer son poids dans la région Asie-Pacifique, où la Chine et les États-Unis sont en concurrence pour exercer leur influence.

SUBIC BAY FREEPORT ZONE PHILIPPINES : Le porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle a effectué sa première mission aux Philippines, où l'ambassadrice de France a jugé dimanche que ces exercices militaires étaient « encore plus importants » en raison de la montée des tensions en mer de Chine méridionale.

« Compte tenu de la montée des tensions, il est d’autant plus important de défendre le droit international et la liberté de navigation, que ce soit en mer ou dans les airs », a déclaré l'ambassadrice Marie Fontanel sur le pont du porte-avions, dans la baie de Subic, au nord de Manille.

Le groupe aéronaval a rejoint la marine des Philippines vendredi pour ces exercices.

Constitué de quelque 3 000 marins, il avait quitté le port de Brest en novembre pour une mission de plusieurs mois en mer Rouge, dans l'océan Indien et dans le Pacifique, durant laquelle il doit intégrer régulièrement des frégates ou des sous-marins de pays étrangers.

La France cherche à réaffirmer son poids dans la région Asie-Pacifique, où la Chine et les États-Unis sont en concurrence pour exercer leur influence.

Les Philippines cherchent pour leur part à renforcer leurs relations avec leurs alliés face aux confrontations régulières entre Manille et Pékin concernant la mer de Chine méridionale. Pékin y revendique en effet la majeure partie de cette voie navigable stratégique.

En novembre, Manille avait annoncé l'achat à la France de 40 vedettes rapides de patrouille dans le cadre d'un accord de 440 millions de dollars (environ 420 millions d'euros).


L'écrivain Boualem Sansal a entamé une grève de la faim, a déclaré son avocat

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  • « Je suis inquiet pour sa santé, comme pour la possibilité même d'un procès équitable », a affirmé Me François Zimeray, avocat français de l'écrivain, confirmant une information du JDD.
  • Selon Me Zimeray, qui a expliqué ne pas avoir obtenu de visa pour se rendre en Algérie afin de voir son client, Boualem Sansal aurait pris cette décision « en raison des pressions exercées contre lui pour changer d'avocat ».

PARIS : L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, incarcéré en Algérie depuis mi-novembre, a entamé lundi une grève de la faim, a indiqué son avocat dimanche à l'AFP, précisant tenir cette information d'une source judiciaire.

« Je suis inquiet pour sa santé, comme pour la possibilité même d'un procès équitable », a affirmé Me François Zimeray, avocat français de l'écrivain, confirmant une information du JDD.

Selon Me Zimeray, qui a expliqué ne pas avoir obtenu de visa pour se rendre en Algérie afin de voir son client, Boualem Sansal aurait pris cette décision « en raison des pressions exercées contre lui pour changer d'avocat ».

« Ni la pondération dans l'expression de sa défense, ni la retenue face à la campagne abjecte que j'ai subie dans certains médias algériens, ni le respect du cadre judiciaire de ce pays ne semblent avoir été appréciés par un régime qui persiste à me refuser le visa sans raison valable, privant Boualem Sansal de la défense de son choix », a martelé l'avocat.

Ce dernier a également affirmé que le protocole de soin suivi par Boualem Sansal avait été interrompu, alors que l'écrivain souffrirait d'un cancer, d'après des informations de presse.

Boualem Sansal est poursuivi en vertu de l'article 87 bis du Code pénal algérien, qui sanctionne comme acte terroriste ou subversif tout acte visant la sûreté de l'État, l'intégrité du territoire, la stabilité et le fonctionnement normal des institutions.

Selon le quotidien français Le Monde, le pouvoir algérien aurait mal pris les déclarations de Boualem Sansal au média français Frontières, réputé d'extrême droite, reprenant la position du Maroc selon laquelle le territoire de ce dernier pays aurait été amputé sous la colonisation française au profit de l'Algérie.

Son incarcération a provoqué les protestations de nombreux intellectuels et écrivains, qui estiment les poursuites sans aucun fondement.

Boualem Sansal a longtemps affirmé être né en 1949, ce qui lui donnerait aujourd'hui 75 ans. En décembre, son éditeur Antoine Gallimard avait pour sa part indiqué qu'il était en vérité né en 1944 et avait donc 80 ans.


Immigration : un conseil interministériel se réunit mercredi

Le ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau (C) serre la main d'un agent de la police nationale française dans une caserne de pompiers après une attaque au couteau à Mulhouse, dans l'est de la France, où un homme est soupçonné d'avoir tué une personne et grièvement blessé deux agents de police, le 22 février 2025 (Photo par SEBASTIEN BOZON / AFP)
Le ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau (C) serre la main d'un agent de la police nationale française dans une caserne de pompiers après une attaque au couteau à Mulhouse, dans l'est de la France, où un homme est soupçonné d'avoir tué une personne et grièvement blessé deux agents de police, le 22 février 2025 (Photo par SEBASTIEN BOZON / AFP)
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  • Ce conseil, qui était prévu avant l'attaque de Mulhouse, « se réunira ce mercredi », a déclaré Jean-Noël Barrot lors d'un entretien avec Europe 1 et CNews, où il était interrogé sur l'attaque de samedi.
  • Interrogé sur TF1, le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a indiqué que le suspect faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et a accusé l'Algérie de l'avoir refoulé à 10 reprises.

PARIS : Le gouvernement français réunira un conseil interministériel de contrôle de l'immigration mercredi, alors qu'une attaque au couteau, perpétrée par un Algérien en situation irrégulière, a fait un mort samedi à Mulhouse, a assuré dimanche le ministre des Affaires étrangères.

Ce conseil, qui était prévu avant l'attaque de Mulhouse, « se réunira ce mercredi », a déclaré Jean-Noël Barrot lors d'un entretien avec Europe 1 et CNews, où il était interrogé sur l'attaque de samedi.

Au cours de l'entretien, le ministre a été interrogé sur les discussions avec ses homologues algériens concernant les obligations de quitter le territoire français (OQTF).

« Cette attaque terroriste nous appelle à amplifier encore la mobilisation qui est la nôtre pour mieux contenir et prévenir les conséquences de la présence de ce terroriste islamiste sur le territoire national », a estimé le ministre avant d'évoquer le conseil interministériel.

Interrogé sur TF1, le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a indiqué que le suspect faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et a accusé l'Algérie de l'avoir refoulé à 10 reprises.

Le Premier ministre, François Bayrou, a d'ailleurs convoqué un conseil interministériel de contrôle de l'immigration ce mercredi. « Nous devons faire plus et nous devons faire mieux », a-t-il déclaré.

M. Barrot a également affirmé avoir demandé « aux 19 ambassadeurs, dans les pays où nous rencontrons le plus de difficultés pour renvoyer les étrangers en situation irrégulière, à me faire un rapport circonstanciel dont je présenterai les résultats ce mercredi au Premier ministre pour que nous puissions prendre des mesures fortes ».

« Il y a des pays vis-à-vis desquels il nous faut effectivement prendre des mesures fortes. Il y en a d'autres où, au contraire, il nous faut des mesures d'accompagnement », a-t-il ajouté.