A Amiens, Macron vante ses résultats, Bertrand l'accuse d'être «hors sol»

Le président français Emmanuel Macron (C) prononce un discours lors d'un débat avec des élus locaux et des acteurs publics et privés impliqués dans des projets de rénovation lors d'une visite à Amiens axée sur l'attractivité du département de la Somme, le 22 novembre 2021. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (C) prononce un discours lors d'un débat avec des élus locaux et des acteurs publics et privés impliqués dans des projets de rénovation lors d'une visite à Amiens axée sur l'attractivité du département de la Somme, le 22 novembre 2021. (AFP)
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Publié le Lundi 22 novembre 2021

A Amiens, Macron vante ses résultats, Bertrand l'accuse d'être «hors sol»

  • Pour Emmanuel Macron, il s'agissait de faire un point d'étape des grands chantiers du département et de leurs progrès depuis le début du quinquennat, du canal Seine-Nord Europe à la ligne SNCF Amiens-Paris
  • «Je prends mes responsabilités, je fais puis je viens sur place» pour constater les avancées, en vantant le «pragmatisme» de son action

AMIENS: A cinq mois de la présidentielle, Emmanuel Macron a vanté lundi son volontarisme pour obtenir des résultats concrets "dans les territoires" en se rendant de nouveau à Amiens, sa ville natale, où Xavier Bertrand l'a présenté comme un président "hors sol" qui "ne comprend pas bien les Français".


Deux jours après un face à face tendu dans l'Aisne, le chef de l'Etat et le président des Hauts-de-France se sont retrouvés dans la Somme à une semaine de la désignation du candidat LR pour la présidentielle d'avril à laquelle souhaite participer Xavier Bertrand.


Pour Emmanuel Macron, il s'agissait de faire un point d'étape des grands chantiers du département et de leurs progrès depuis le début du quinquennat, du canal Seine-Nord Europe à la ligne SNCF Amiens-Paris en passant par les suites de la fermeture de l'usine Whirlpool.


"Je prends mes responsabilités, je fais puis je viens sur place" pour constater les avancées, a-t-il expliqué, en vantant le "pragmatisme" de son action devant plus d'une centaine d'élus et de responsables économiques.


"Ce n'est pas avec des coups de mentons et des déclarations que l'on fait progresser les choses à l'échelle d'une nation" mais "en prenant les choses de longue haleine, en revenant trois ou quatre ans plus tard, en ayant fait des réformes, et en ayant parfois eu des oppositions dans la rue", a-t-il affirmé dans une critique implicite envers ses adversaires politiques, dont M. Bertrand. 


Il a ainsi affirmé que la réforme de la SNCF, votée au début de son quinquennat après avoir été vivement contestée, allait permettre d'améliorer la liaison ferroviaire Paris-Amiens, critiquée pour ses annulations et retards par les usagers. "C'est l'une des pires lignes de France", a dénoncé François Ruffin, député LFI de la Somme.


Etablissant le même constat, Xavier Bertrand a expliqué que la région avait fixé un "ultimatum" à la SNCF: "si la situation ne s'améliore pas, on refusera de payer" car "on met un demi milliard (d'euros) et on n'en a pas pour notre argent".


Face à Emmanuel Macron, il a insisté sur la responsabilité de l'Etat comme actionnaire de la SNCF.

«La maladie du siècle»


Le président de la région, qui n'est plus intervenu dans le débat, a ensuite dénoncé devant la presse "le côté donneur de leçon" d'un président qui "ne comprend pas bien les Français", qui "ne les connaît pas bien" et qui "est hors sol".


"Moi, je vis au milieu des Français, je les connais, c'est mon parcours", a-t-il assuré après avoir déjà égratigné le chef de l'Etat sur France Inter le matin.


"Lui et moi, je pense que nous aurons l'occasion de débattre. Le moment approche", a-t-il ajouté en se projetant vers la campagne présidentielle.


Xavier Bertrand a insisté sur la contestation des éoliennes dans une région qui en compte beaucoup. "Fin juillet", Emmanuel Macron "avait dit: +il y en a trop, notamment dans les Hauts-de-France+. Mais rien n'a changé (...) Il ne fait que des déclarations, il est prisonnier de son +en même temps+ "et le +en même temps+ empêche la France d'avancer".


Le chef de l'Etat a plaidé pour "le pragmatisme" sur ce dossier, en affirmant toutefois que la France avait besoin de développer l'énergie renouvelable au côté du nucléaire.


"Il ne faut pas qu'on tombe dans la maladie du siècle: la démagogie", a-t-il martelé.


Le président de la République avait commencé sa visite par une rencontre matinale avec des anciens du groupe Whirlpool dans un café du centre-ville.


Les salariés, qui ont subi trois plans de licenciements successifs, depuis la décision de Whirlpool en 2017 de délocaliser en Pologne, lui ont raconté leur difficile parcours. Sur les 278 employés initiaux, 43 n'ont toujours pas de solution, a précisé la DRH du groupe.


"La dernière année a été tellement difficile, on nous a tellement menti", lui a dit une ancienne salariée, reconvertie dans l'immobilier. 


"Je comprends très bien. Je me suis fait avoir avec vous. Ce n'est pas votre échec à vous. C'est leur échec", leur a répondu le président, en promettant de continuer à aider par des solutions individuelles.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».