L'Assemblée nationale vote le projet de loi pour réparer la «tragédie harkie»

Le général François Meyer, Salah Abdelkrim et Bornia Tarall, posent avec le président français Emmanuel Macron  et la ministre déléguée à la Défense Geneviève Darrieussecq  après avoir été récompensés lors d'une cérémonie à la mémoire des Harkis, Algériens qui a aidé l'armée française dans la guerre d'indépendance algérienne, à l'Elysée à Paris, le 20 septembre 2021. (AFP)
Le général François Meyer, Salah Abdelkrim et Bornia Tarall, posent avec le président français Emmanuel Macron et la ministre déléguée à la Défense Geneviève Darrieussecq après avoir été récompensés lors d'une cérémonie à la mémoire des Harkis, Algériens qui a aidé l'armée française dans la guerre d'indépendance algérienne, à l'Elysée à Paris, le 20 septembre 2021. (AFP)
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Publié le Jeudi 18 novembre 2021

L'Assemblée nationale vote le projet de loi pour réparer la «tragédie harkie»

  • Avec ce projet de loi, le président Macron va plus loin que ses prédécesseurs, en reconnaissant une «dette» envers les harkis et leurs familles.
  • Des familles de harkis étaient présentes en tribunes et des associations réclamaient devant l'Assemblée une réparation élargie

PARIS: "Dépasser dénis et tabous": l'Assemblée nationale a donné jeudi un premier feu vert au projet de loi pour demander "pardon" et tenter de "réparer" les préjudices subis par les harkis et leurs familles, avec une indemnisation que l'opposition espérait plus large.

Le texte, voté en première lecture par 46 voix contre 1 et 6 abstentions, est maintenant attendu au Sénat. Près de soixante ans après la Guerre d'Algérie, il se veut la traduction législative d'un discours d'Emmanuel Macron, qui, le 20 septembre, avait demandé "pardon" à ces Algériens ayant combattu aux côtés de l'armée française, mais qui furent "abandonnés" par la France.

- "Des zones grises" -

Le projet de loi allie dimension mémorielle et indemnisation. Il reconnaît "les conditions indignes de l'accueil" réservé aux 90 000 harkis et à leurs familles qui ont fui l'Algérie après l'indépendance.

Près de la moitié d'entre eux ont été relégués dans des camps et des "hameaux de forestage".

En conséquence, le projet de loi prévoit "réparation" du préjudice avec, à la clef, une somme forfaitaire tenant compte de la durée du séjour dans ces structures.

C'est sur ce volet que se sont concentrés les débats. L'opposition a réclamé une indemnisation pour les 90 000 harkis "y compris ceux qui ne sont pas passés par des camps de transit" mais ont été accueillis dans des "conditions indignes".

Des familles de harkis étaient présentes en tribunes et des associations réclamaient devant l'Assemblée une réparation élargie.

Geneviève Darrieussecq, la ministre déléguée à la Mémoire et aux Anciens combattants, a insisté sur le "préjudice spécifique" des 50.000 harkis relégués dans "six camps", "soixante-neuf hameaux de forestage" et "quelques autres foyers" de "privation de liberté", une "chose unique, particulièrement contraire à nos principes républicains".

Il y a des "zones grises, même 60 ans après", reconnaît-elle toutefois. Si des lieux supplémentaires sont identifiés, "bien entendu nous les intégrerons".

D'ores et déjà, cinquante millions d'euros ont été inscrits dans le projet de budget 2022 pour abonder le fonds d'indemnisation. La somme globale de 302 millions d'euros, pour plusieurs années, est mentionnée.

Mais la réparation "ne peut pas tout, elle n'efface pas les souvenirs douloureux", a souligné Geneviève Darrieussecq, qui appelle à être au "rendez-vous de la vérité et de l'honneur" pour tourner une des "pages les plus sombres de l'Histoire de France".

Plusieurs députés, dont certains sont des descendants de rapatriés d'Algérie, ont laissé percer leur émotion telle la rapporteure LREM Patricia Mirallès. Une gravité palpable aussi chez David Habib (PS, Pyrénées-Atlantiques) ou Alexis Corbière (LFI, Seine-Saint-Denis) dont les circonscriptions comptent de nombreux descendants de harkis.

- "La guerre est finie" -

"La guerre est finie et malheur à ceux qui réactivent sans cesse les termes du conflit", a déclaré M. Corbière, visant implicitement le polémiste d'extrême droite et candidat putatif à la présidentielle Eric Zemmour.

"Ces hommes qui n'avaient pas de prénom français et étaient de religion musulmane ont mieux défendu la France que certains traîtres à la Nation", a aussi souligné Julien Aubert (LR) dans une allusion sibylline à des déclarations de M. Zemmour. 

Le député du Vaucluse a au passage dénoncé la reconnaissance en 2018 par Emmanuel Macron de la responsabilité de l'Etat dans la disparition et la mort sous la torture du mathématicien  Maurice Audin, en 1957. Un militant de l'indépendance algérienne que M. Aubert a présenté, sous les protestations de la gauche, comme un "traître" à la patrie.

Mme Darrieussecq a aussitôt appelé à ne pas remettre "une pièce dans la machine de confrontation des mémoires". 

Avec ce projet de loi, le président Macron va plus loin que ses prédécesseurs, en reconnaissant une "dette" envers les harkis et leurs familles. Demander "pardon" est loin d'être anodin lorsqu'il est question du conflit algérien, un sujet toujours aussi brûlant des deux côtés de la Méditerranée comme l'ont rappelé les récentes tensions entre Paris et Alger.

Jusqu'à 200 000 harkis avaient été recrutés comme auxiliaires de l'armée française pendant le conflit entre 1954 et 1962.

Une journée d'hommage de la nation leur est consacrée chaque 25 septembre, depuis un décret de 2003. Symboliquement, les députés ont voté jeudi pour que cette date du 25 septembre soit explicitement "inscrite dans la loi".


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.