Les JO de Paris vont-ils faire pousser des sportifs et bouger les Français?

La maire de Paris Anne Hidalgo brandit le drapeau olympique lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, au stade olympique, à Tokyo, le 8 août 2021. (Photo, AFP)
La maire de Paris Anne Hidalgo brandit le drapeau olympique lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, au stade olympique, à Tokyo, le 8 août 2021. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 14 novembre 2021

Les JO de Paris vont-ils faire pousser des sportifs et bouger les Français?

  • En 2017, après l'obtention des JO par la France, l'objectif de trois millions de pratiquants sportifs supplémentaires est affiché
  • La pandémie a mis le sport au placard pendant plusieurs mois. Et depuis la rentrée, clubs ou salles de sport, essaient de rattraper leurs anciens adhérents par le short

PARIS : Y aura-t-il plus de pratiquants sur les terrains de sport d'ici aux JO de Paris-2024? L'objectif ambitieux de "faire de la France une nation sportive" est un sacré défi dans un pays où la culture de l'esprit prime souvent sur celle du corps.

En 2017, après l'obtention des JO par la France, l'objectif de trois millions de pratiquants sportifs supplémentaires est affiché. Las, la pandémie a mis le sport au placard pendant plusieurs mois. Et depuis la rentrée, clubs ou salles de sport, essaient de rattraper leurs anciens adhérents par le short. 

Lundi, un comité interministériel sur les JO se tiendra en Seine-Saint-Denis sous la houlette du Premier ministre Jean Castex pour un point d'étape, en particulier sur "la qualité de l'héritage post-olympique".

Outre l'héritage en dur, quelques piscines en Seine-Saint-Denis mais aussi des batîments transformés en logements ou des améliorations urbaines, il y a "l'héritage immatériel".

"Dans notre pays, on a une vraie marge de progression pour mieux utiliser ce que le sport peut apporter en matière de santé, d'éducation, de lien social, on a ce vrai défi de réussir à trouver des voies de passage pour mettre plus de sport pour tous les Français dans toutes les générations", expliquait récemment Tony Estanguet, le boss du comité d'organisation Paris-2024, devant un parterre d'étudiants de Sciences Po.

L'idée est profiter de ces premiers JO d'été organisés en France depuis 1924 pour "faire de la France une nation sportive", comme l'a martelé il y a plusieurs mois le président de la République Emmanuel Macron.

Combattre la sédentarité

On décompte environ 34 millions de pratiquants, en additionnant à la fois les clubs (18 milllions) et les joggeurs, nageurs ou escaladeurs du dimanche. Selon l'Injep (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire), entre 2000 et 2018, 3 millions de licences supplémentaires ont été engrangées, signe d'une démocratisation du sport. Mais des inégalités persistent dans les pratiques, chez les jeunes filles, les personnes précaires ou ayant un problème de santé.

Côté école, le ministère de l'Education et des Sports et le comité d'organisation des JO-2024 ont lancé le programme "30 minutes d'activité physique par jour" dans les écoles primaires, expérimentation qui a vocation à être généralisée et bénéficiait à la rentrée à 3 000 écoles primaires, expliquait le ministre Jean-Michel Blanquer en septembre. 

L'initiative hérisse certains profs d'EPS, comme au syndicat Snep-FSU qui parle de "gigotage" et réclame de passer à quatre heures d'EPS par semaine de l'élementaire au second degré.

Argument massue en faveur de plus de sport: la sédentarité qui touche adultes et ados et ses ravages sur la santé.

«Le sport sous-exploité»

Auteur d'un rapport publié cet été sur la sédentarité, avec la macroniste Marie Tamarelle-Verhaeghe, le député Génération.s Régis Juanico, réclame que l'activité physique et sportive soit en 2022 "grande cause nationale". 

Signe pour lui que le sport n'est pas toujours considéré, il estime que pendant la pandémie, les acteurs du sport ont dû "se battre à chaque étape, cela a été un calvaire".

"Quand on a eu les JO (en 2017), les pouvoirs publics auraient dû décider d'un plan d'activité physique tout au long de la vie", regrette-t-il. Il y a des décisions positives, comme le plan de 5 000 équipements sportifs de proximité récemment annoncé, mais "au fil de l'eau" selon lui, car 2024 se rapproche.

Une tribune récemment publiée dans Le Monde et signée de la chercheuse en géopolitique du sport Carole Gomez et de David Bloug, ex-directeur général de l'ONG Play International, rappelle qu'une étude de l'OMS a classé en 2019 la France au 119e rang sur 146 en matière d’activité physique des jeunes.

Pour eux, "le sport est sous-exploité en tant que solution à nos problématiques de société, notamment en matière d'éducation et de vivre-ensemble". "Faire de la France une nation sportive ne se décrète pas. Cela s'explique, d'abord, puis se prouve et se met en oeuvre quotidiennement, au niveau local, au coeur d’associations, de clubs et des districts, comme lors de discussions stratégiques au sein d'instances sportives internationales", plaident-ils. 

"Il faut voir d'où l'on vient!", rétorque-t-on souvent dans les coulisses du gouvernement, persuadés que les JO-2024 permettront à terme de changer la donne et qu'il y a déjà du mieux.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
Short Url
  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Short Url
  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
Short Url
  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».