Les pays du Golfe peuvent dynamiser la transition énergétique en investissant dans l’hydrogène vert

L’hydrogène vert est produit à l’aide de sources d’énergie renouvelables comme les énergies solaire et éolienne, pour provoquer une réaction chimique, sans émettre de sous-produits de carbone. (Photo, AFP)
L’hydrogène vert est produit à l’aide de sources d’énergie renouvelables comme les énergies solaire et éolienne, pour provoquer une réaction chimique, sans émettre de sous-produits de carbone. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 04 novembre 2021

Les pays du Golfe peuvent dynamiser la transition énergétique en investissant dans l’hydrogène vert

L’hydrogène vert est produit à l’aide de sources d’énergie renouvelables comme les énergies solaire et éolienne, pour provoquer une réaction chimique, sans émettre de sous-produits de carbone. (Photo, AFP)
  • Les caractéristiques intrinsèques de l’hydrogène en font une source d’énergie verte polyvalente et un substitut potentiel aux combustibles fossiles
  • En Arabie saoudite, une usine de production d’hydrogène vert est en cours de construction pour alimenter Neom

DUBAÏ: Pendant que les dirigeants du monde entier sont réunis à Glasgow pour la COP26, le potentiel inexploité de l’hydrogène, parmi d’autres sources d’énergie alternatives, a retenu l’attention des experts et des représentants qui se sont rendus dans la ville écossaise pour explorer les moyens d’atténuer les changements climatiques. 

L’hydrogène en tant que carburant est devenu un concurrent viable pour la transition énergétique, alors que les émissions de gaz à effet de serre qui retiennent la chaleur continuent d’augmenter, malgré l’objectif fixé par l’Accord de Paris de limiter le réchauffement climatique bien en dessous de deux degrés Celsius et de poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5 degré Celsius. 

Selon un rapport conjoint du cabinet de conseil Roland Berger et du réseau industriel international Dii Desert Energy, intitulé «Le potentiel d’hydrogène vert dans la région du CCG», les caractéristiques intrinsèques de l’hydrogène en font une source d’énergie verte polyvalente, et un substitut potentiel aux combustibles fossiles. 

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Les caractéristiques intrinsèques de l’hydrogène en font une source d’énergie verte polyvalente, et un substitut potentiel aux combustibles fossiles. (Photo, AFP) 

L’hydrogène peut être utilisé pour stocker de l’énergie pendant de longues périodes, dans de grands réservoirs ou des cavernes de sel. Selon la société d’ingénierie Geostock, certains pays de la région du Conseil de coopération du Golfe (CCG) disposent des conditions géologiques idéales pour la mise en place d’installations de stockage souterrain à grande échelle à l’intérieur des formations rocheuses. Elles pourraient servir de tampon pour répondre à une demande saisonnière variable. 

Quoi qu'il en soit, grâce à leurs vastes espaces vides, à un ensoleillement constant et, à certains endroits, à des vents puissants, les pays du CCG sont bien placés pour développer des projets d’énergie renouvelable à faible coût et à grande échelle. 

L’année dernière, l’entreprise américaine d’information économique, IHS Markit, a prédit que le prix de «l’hydrogène vert» dans les pays du CCG pourrait concurrencer celui de «l’hydrogène bleu» d’ici à 2025 et celui de «l’hydrogène gris» d’ici à 2030. 

«C’est une source d’énergie sans CO2», déclare à Arab News Heinz Sturm, ingénieur civil et expert en hydrogène et piles à combustible. «Je considère que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) sont des fournisseurs très importants pour l’approvisionnement mondial en hydrogène vert, en particulier pour les pays de l’Union européenne (UE)», ajoute-t-il. 

L’hydrogène provient de l’électrolyse de l’eau, qui utilise l’électricité pour séparer les molécules d’eau en oxygène et en hydrogène. L’hydrogène vert est produit à l’aide de sources d’énergie renouvelables comme les énergies solaire et éolienne, pour provoquer une réaction chimique, sans émettre de sous-produits de carbone. 

«C’est cependant beaucoup trop coûteux et il faut du vent ou du soleil, ce qui constitue un problème de taille pour les pays en voie de développement», affirme M. Sturm, qui propose régulièrement ses conseils aux gouvernements et à l’Organisation des nations unies (ONU) sur l’hydrogène, l’économie circulaire, les changements climatiques et les énergies vertes. 

Cependant, «une autre façon de le faire est la gazéification des déchets de biomasse. Cette technique est 30 % moins chère que la dissociation de l’eau. Elle réduit les déchets et est totalement dépourvue de carbone». 

M. Sturm a également fondé le Bonn Climate Project, mis en œuvre par le Centre international pour les partenariats en matière d’énergie verte et le Centre des technologies climatiques, dont le siège se trouve en Allemagne. 

En 2017, Heinz Sturm élabore un rapport technique intitulé «L’économie de l’hydrogène pour les pays arabes», à la demande de la Chambre de commerce et d’industrie arabo-allemande (Ghorfa), basée à Berlin, pour trouver des moyens de lutter contre les changements climatiques sous un nouvel angle. 

«C’est important pour les pays du Golfe car ils fournissent actuellement du pétrole à l’UE et nous aurons toujours besoin d’un tel approvisionnement à l’avenir», souligne-t-il. 

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L’hydrogène en tant que carburant est devenu un concurrent viable pour la transition énergétique, alors que les émissions de gaz à effet de serre qui retiennent la chaleur continuent d’augmenter. (Photo, AFP) 

«Ils doivent donc développer cette activité et l’orienter vers l’hydrogène plutôt que le pétrole. Les pays d’Afrique du Nord, eux, ont d’autres possibilités de produire de l’hydrogène vert par réaction chimique thermique de déchets de biomasse, ce qui aiderait leur économie à se développer. C’est un projet social, politique et économique.» 

Selon les experts, le potentiel de l’hydrogène vert dans les secteurs allant des produits chimiques et des raffineries au transport et au logement est immense. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’abondance des énergies renouvelables dans les pays du CCG fait potentiellement de la région l’une des plus compétitives en termes de prix pour la production d’hydrogène. 

Des progrès sont déjà réalisés en Égypte, aux EAU et au sultanat d’Oman, tandis qu’en Arabie saoudite, une usine de production d’hydrogène vert est en cours de construction pour alimenter Neom, la mégalopole futuriste qui sera érigée sur les bords de la mer Rouge. 

Développé grâce à un partenariat entre Acwa Power, Air Products et Neom, le projet fait partie des plus grandes initiatives d’hydrogène vert au monde. 

«Compte tenu de la disponibilité d’énergies renouvelables concurrentielles et à faible coût, Neom produira de l’hydrogène vert à grande échelle et le convertira en ammoniac vert destiné à l’exportation», selon le rapport de Dii Desert Energy. 

«L’emplacement privilégié de Neom favorise des prix record en matière d’énergies renouvelables, et des facteurs de capacité combinés grâce à l’énergie solaire et éolienne parmi les plus élevés, au-delà de 70 %.» 

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Grâce à leurs vastes espaces vides, à un ensoleillement constant et, à certains endroits, à des vents puissants, les pays du CCG sont bien placés pour développer des projets d’énergie renouvelable à faible coût et à grande échelle. (Photo, AFP) 

Neom a développé une approche et une stratégie de localisation complètes, qui, selon le rapport, pourraient en faire la première vallée de production d’hydrogène dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (Mena) – une zone où plusieurs utilisations sont combinées dans un écosystème d’hydrogène intégré. 

«Il pourrait servir d’incubateur pour Neom et d’autres projets d’hydrogène vert à l’échelle nationale et potentiellement internationale», souligne le rapport de Dii Desert Energy. 

Les avantages économiques potentiels sont énormes, notamment les nouvelles possibilités d’emploi dans un large éventail de postes et de compétences. 

«Pour le CCG, l’hydrogène a le potentiel de devenir une industrie à 200 milliards de dollars (1 dollar = 0,87 euro) et il pourrait permettre la création de 900 000 emplois directs et indirects d’ici à 2050, ce qui est significatif», confie à Arab News Frank Wouters, développeur d’énergie verte et président de la MENA Hydrogen Alliance, une initiative dirigée par Dii Desert Energy. 

Le rapport conjoint de Dii Desert Energy et de Roland Berger prédit qu’entre 200 000 et 450 000 emplois pourraient être créés dans la région d’ici à 2050 dans les énergies renouvelables liées à la production d’hydrogène. Toutefois, ces emplois nécessiteront de nouvelles compétences qui n’existent pas au sein de la main-d’œuvre actuelle. En conséquence, il recommande que le CCG développe un écosystème de renforcement des capacités, notamment des programmes d’éducation et de formation. 

Le rapport propose également aux pays du CCG de développer des projets de vallées d’hydrogène, tout en mettant en place des partenariats de recherche et développement avec des fournisseurs de technologies internationaux pour accélérer le développement des écosystèmes à hydrogène, notamment pour les technologies de pointe. 

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«C’est une source d’énergie sans CO2», déclare à Arab News Heinz Sturm, ingénieur civil et expert en hydrogène et piles à combustible. (Photo fournie) 

Pour libérer le plein potentiel de l’économie de l’hydrogène, le rapport ajoute que les pays du CCG devront définir une orientation claire pour tous les acteurs clés avec des stratégies intégrées en matière d’hydrogène. Cela pourrait permettre de générer jusqu’à 200 milliards de dollars de revenus par an. 

À cette fin, M. Sturm souhaite que des accords de partage de technologies soient conclus entre les pays du Golfe et l’Allemagne. 

«Nous avons besoin de l’hydrogène comme énergie universelle pour tous les secteurs, car aucune autre source d’énergie ne peut le remplacer», insiste-t-il. «Les pays du Golfe sont déjà plus avancés que la plupart des autres nations grâce à leur engagement décisif en faveur de la protection du climat.» 

Se tournant vers un avenir pas si lointain, M. Sturm conclut en disant: «Si les pays du Golfe travaillent en concertation avec l’Allemagne et l’UE pour mettre en place une économie de l’hydrogène, nous pourrons sauver notre climat et, par conséquent, notre monde.» 

Twitter: @CalineMalek 

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.