Joe Biden à la COP26 les mains presque vides

Des militants pour le climat organisent une veillée aux chandelles sur les marches de la Banque d'Angleterre à Londres le 29 octobre 2021, avant la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique COP26 qui se tiendra à Glasgow, en Écosse, à partir du 31 octobre. (Tolga Akmen/AFP)
Des militants pour le climat organisent une veillée aux chandelles sur les marches de la Banque d'Angleterre à Londres le 29 octobre 2021, avant la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique COP26 qui se tiendra à Glasgow, en Écosse, à partir du 31 octobre. (Tolga Akmen/AFP)
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Publié le Samedi 30 octobre 2021

Joe Biden à la COP26 les mains presque vides

  • La loi «Build Back Better» fait l'objet de difficiles négociations internes depuis plusieurs mois, les modérés et progressistes se déchirant sur le montant total de la facture et les dimensions de la réforme
  • Ce sera trop tard pour Joe Biden, qui souhaitait arriver lundi au sommet international sur le climat avec en poche la ratification du «plus grand investissement jamais réalisé pour faire face à la crise climatique»

Washington: L'ambitieux plan de Joe Biden en faveur des familles et de l'environnement restait bloqué vendredi au Congrès, privant le président américain du succès qu'il espérait avant le début de la COP26.

Le vaste plan, baptisé "Build Back Better" ("Reconstruire en mieux"), est une promesse de campagne qui prévoit de transformer en une décennie les secteurs de l'éducation, la santé et la lutte contre le changement climatique.

"Je sais que nous avons le cadre d'un plan économique historique", a affirmé jeudi le président, après avoir rencontré les élus de son parti à la Chambre des représentants qui lui ont offert un soutien de principe.

Les démocrates, qui contrôlent la chambre basse, vont désormais étudier les détails des 2.500 pages du plan dans les prochains jours.

Mais ce sera trop tard pour Joe Biden, qui souhaitait arriver lundi au sommet international sur le climat à Glasgow (Ecosse) avec en poche la ratification du "plus grand investissement jamais réalisé pour faire face à la crise climatique", selon lui.

Mike Vandenbergh, spécialiste du droit environnemental à l'Université Vanderbilt à Nashville, estime toutefois que la victoire de M. Biden face à Donald Trump l'année dernière était en soi "un message important au monde que les États-Unis se soucient du changement climatique".

- «Enorme pas en avant» -

Le plan prévoit, entre autres, d'investir 550 milliards de dollars pour réduire à l'horizon 2030 les émissions de gaz à effet de serre de 50 à 52% par rapport aux niveaux de 2005. Par cet engagement et le retour des États-Unis dans l'Accord de Paris après la parenthèse Trump, M. Biden veut redonner à l'Amérique un rôle de pointe dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.

Le plan promet aussi des cadeaux fiscaux aux particuliers pour passer aux énergies propres (panneaux solaires, éoliennes, voiture électrique) et aux entreprises pour accroître leur compétitivité dans les technologies vertes.

C'est "un énorme pas en avant pour réaliser les objectifs du président Biden sur le climat", s'est félicité Sheldon Kimber, patron de la société spécialisée Intersect Power, espérant que le Congrès "trouve la volonté de voter" le texte.

D'autant que son adoption est censée déclencher celle d'un autre plan de 1.200 milliards de dollars d'investissements dans les infrastructures (routes, ponts, transports...), également une promesse de campagne du président démocrate.

La loi "Build Back Better" fait l'objet de difficiles négociations internes depuis plusieurs mois, les modérés et progressistes se déchirant sur le montant total de la facture et les dimensions de la réforme.

Deux sénateurs centristes, Kyrsten Sinema et Joe Manchin, s'opposaient à une première version du plan.

Leurs votes sont indispensables car la majorité démocrate au Sénat est si ténue qu'une seule voix dissonante équivaut à un veto.

Pour les convaincre, le texte a été expurgé et son montant a été ramené à 1.750 milliards de dollars sur une décennie, soit moitié moins qu'annoncé initialement.

Les deux élus n'ont toutefois pas dit explicitement s'ils soutiendraient le texte proposé.

- Réalité -

Ces concessions sont aussi dénoncées par l'aile gauche du parti, qui réclamait de plus amples réformes.

Les élus progressistes de la Chambre bloquent l'adoption finale de la loi sur les infrastructures, approuvée par le Sénat en août, assurant vouloir voter les deux textes ensemble car "ils font partie du même programme".

"Nous allons nous mettre au travail immédiatement pour finaliser et voter les deux textes de loi en même temps à la Chambre", a affirmé jeudi le groupe des progressistes.

Un de ses dirigeants, Ro Khanna, a toutefois indiqué jeudi soir sur CNN être "tout à fait assuré" que les progressistes voteraient le texte, pourquoi pas dès la semaine prochaine.

"Nous voulions un paquet de 3.500 milliards de dollars mais nous comprenons la réalité de la situation," a aussi admis la patronne du groupe, Pramila Jayapal, à des journalistes.

Pour Joe Biden, ces deux textes détermineront le succès de son mandat, et notamment le résultat des élections parlementaires partielles de 2022.

Et Mike Vandenbergh a estimé que la loi - même expurgée - devrait être suffisante pour permettre à Washington d'atteindre ses objectifs en matière d'émissions, surtout si le président a le soutien du secteur privé.

Fumigènes, inondations et Covid, Glasgow s'apprête à accueillir la COP26

GLASGOW, Royaume-Uni : Sous la bruine, un groupe de militants américains pour le climat lancent des fumigènes: théâtre d'une COP26 cruciale pour l'avenir de la planète, la ville écossaise de Glasgow s'apprête à accueillir dirigeants et manifestants du monde entier.

Le nuage de fumée qui s'élève s'adresse aux chefs d'Etats et de gouvernements attendu au sommet de l'ONU qui commence dimanche.

Les manifestations vont crescendo à mesure que les délégués qui participent à la COP arrivent à Glasgow, toujours à la recherche d'un retour à la normale après les confinements infligés par la pandémie de coronavirus.

"Je suis très fière que la COP se tienne à Glasgow", explique Isabelle Barkley, une habitante qui se dirige d'un pas tranquille vers les manifestants installés à George Square, en plein centre.

Sur la place, elle a vu parler au fil des ans Nelson Mandela, ainsi que d'innombrables rassemblements pour l'indépendance écossaise ou encore des manifestations du mouvement Black lives matter.

Dans les deux prochaines semaines, la place sera le point de ralliement de militants pour le climat. Ils seront jusqu'à 100.000 à s'y retrouver lors d'une grande manifestation prévue le 5 novembre, estiment les organisateurs.

"On a besoin d'être positifs, se rappeler qu'on peut tous faire quelque chose. Manger moins de viande, acheter moins de plastique", souligne Isabelle Barkley.

De fortes pluies ont rincé la ville, où plus de 100 dirigeants sont attendus, parmi lesquels le président américain Joe Biden.

Comme un rappel que la menace est déjà bel et bien là, nombre de rues du centre sont inondées. Par mesure de sécurité, la police a bloqué un large périmètre autour du Scottish Campus Event qui accueillera l'événement, près des bords de la rivière Clyde, perturbant le quotidien des habitants.

Beaucoup d'entre eux s'inquiètent que l'événement ne donne lieu à une poussée des cas de Covid-19, alors que le Royaume-Uni connaît déjà actuellement l'un des plus forts taux de contamination au monde.

Selon Devi Sridhar, professeure de santé publique à l'université d'Edimbourg, membre du groupe chargé de conseiller le gouvernement écossais au sujet du coronavirus, le sommet, qui doit accueillir 25.000 délégués de 200 pays, intervient au pire moment.

Il risque selon elle d'être à l'origine d'un nouveau pic et du retour de restrictions cet hiver.

- «Un échec et du bidon» -

"Je peux me tromper (et je l'espère)", mais "un événement de masse (avec des allées et venues de gens) avec un virus contagieux entraînera une augmentation des cas", a-t-elle tweeté.

Une poussée de l'épidémie "pèsera sur le service de santé" et "nécessitera de nouvelles restrictions", souligne-t-elle.

Shaun Clerkin, un habitant de Glasgow de 60 ans observant les manifestants américains jeter leur fumigènes, s'attend au pire.

"Pour être franc, je pense que la COP26 sera un échec et du bidon", pense-t-il.

Selon lui, les organisateurs empiètent sur la vie de tous les jours des habitants, isolant les visiteurs des problèmes sociaux bien réels de la ville.

"On a des sans-abri dans nos rues", souligne-t-il, "on a plein de gens qui vivent dans des hébergements provisoires, des hôtels et des bed and breakfast. Ils vivent dans des installations bien en dessous des normes".

"Mais en fin de compte, la municipalité veut cacher les sans-domicile et les pauvres des délégués de la conférence", fait-il valoir.

Mais pour les militants sur George Square, il n'y a qu'un seul combat qui compte.

"L'issue de la COP26 ici à Glasgow n'est pas moins que la vie ou la mort de gens partout dans le monde", explique Andrew Nazdin, l'organisateur de la manifestation.

"Il faut que les dirigeants du monde entier se mobilisent", poursuit le jeune homme de 33 ans.

Selon lui, chefs d'États et de gouvernement ont une chance en or pour agir, et les manifestants seront là, pour le lui rappeler "haut et fort".

COP26: à quoi s'engage la Chine?

PÉKIN : In extremis, la Chine a dévoilé ses nouveaux engagements climatiques juste avant l'ouverture de la conférence de l'ONU à Glasgow (COP26). Voici un aperçu des promesses du premier pollueur mondial:

Que promet Pékin?

Dans sa nouvelle "contribution nationale" dévoilée jeudi, la Chine a promis d'atteindre son pic d'émissions "avant 2030" et la neutralité carbone "avant 2060".

Ces engagements avaient déjà été pris publiquement par le président Xi Jinping.

Son pays s'engage aussi à réduire son intensité carbone (émissions de CO2 rapportées au PIB) de plus de 65% par rapport à 2005.

Mais Pékin n'a pas précisé à combien s’élèverait son pic d'émissions en valeur absolue et peut continuer à les accroître sans limite jusqu'en 2030.

La Chine s'engage également à augmenter d'ici là la part des combustibles non-fossiles à 25% de sa consommation.

Le géant asiatique promet d'accroître ses capacités dans l'énergie solaire et éolienne mais ne précise guère comment il atteindra ses objectifs climatiques.

Est-ce suffisant?

De l'avis des écologistes, ces promesses ne suffiront pas à limiter le réchauffement planétaire sous la barre des 2 degrés, comme le monde s'y est engagé à Paris en 2015.

Certains espéraient que le pays le plus peuplé de la planète abandonnerait le charbon et atteindrait son pic d'émissions bien avant 2030, et réduirait la pollution des industries lourdes (ciment, acier, aluminium) dans les cinq prochaines années.

"Au sein du système, il y a eu beaucoup de résistance envers des objectifs plus ambitieux qui auraient été conformes aux aspirations internationales", observe Li Shuo, de Greenpeace Asie.

"Si nous attendons jusqu'en 2030 (pour commencer à réduire les émissions), la courbe qui devra être suivie entre 2030 et 2060 est si raide que certains y voient de la science fiction".

Quelle est l'importance de la Chine?

Avec plus d'un quart des émissions de gaz à effet de serre, les engagements de la Chine sont plus importants que ceux de n'importe quel autre pays.

L'empire du milieu compte plus d'un millier de centrales électriques à charbon, soit plus de la moitié du parc mondial. D'autres sont en construction.

Pour l'émissaire américain sur le climat, John Kerry, ces projets de centrales pourraient à eux seuls réduire à néant les efforts du reste du monde pour atteindre les objectifs climatiques.

Quid de la production électrique?

En dépit de ses engagements, la Chine, qui produit 60% de son électricité à partir du charbon, a accru ces derniers mois son extraction de houille afin de faire face à des pannes de courant.

Même si elle a promis que 80% de son électricité serait renouvelable en 2060, les investissements dans ce secteur ont baissé.

Quant au nucléaire, il ne représente pour l'heure que 5% du bilan électrique chinois.

Si Pékin a tardé à remettre ses derniers engagements climatiques, c'est à cause de son redémarrage de la production de charbon, selon des experts.

"Ils ont attendu jusqu'à la dernière minute pour pouvoir tenir compte des priorités du pays sans trop abimer son image internationale", estime Li Shuo.

Pékin a promis de cesser de financer des projets de centrales à charbon à l'étranger et de commencer à réduire sa production nationale en 2026.

Le salut dans les arbres?

La Chine doit augmenter son stock de forêts de 6 milliards de m3 par rapport à 2005 afin d'absorber du CO2, selon ses derniers engagements.

Mais la plantation de forêts à la va-vite menace la biodiversité, avertit l'écologiste Zhou Jinfeng. Or cette dernière est cruciale pour l'adaptation de la planète au réchauffement.

Et la politique dans tout ça?

Le régime communiste supporte mal les pressions internationales et n'hésite pas parfois à marquer des points à des fins politiques.

Son émissaire pour le climat, Xie Zhenhua, a expliqué fin octobre que Pékin attendait de voir les promesses des autres grands pays avant de publier ses propres engagements.

Dans un contexte de forte dégradation de ses relations avec l'Occident, le pouvoir chinois a averti Washington que la coopération en matière climatique pourrait en pâtir.

Pékin accuse volontiers les pays riches de ne pas aider suffisamment les pays pauvres à s'adapter au réchauffement.

De toute évidence, le président Xi, qui n'a pas quitté la Chine depuis le début de l'épidémie de Covid-19, participera au travaux de Glasgow par visioconférence.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
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  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.


Les Etats-Unis visent «l'asphyxie économique» de l'Iran et menacent les alliés de Téhéran

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  • L'Iran a exclu tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit et discute depuis des semaines d'un accord sur les modalités de son franchissement avec Oman, qui borde la rive sud du détroit
  • Lors d'une conférence de presse à Washington, le ministre des Finances Scott Bessent a présenté un nouveau train de sanctions dites "secondaires", touchant non pas l'Iran directement mais ses partenaires commerciaux

WASHINGTON: Le gouvernement américain a affirmé lundi sa volonté de "couper toutes les ressources économiques" de l'Iran et adressé un avertissement ferme aux pays qui continueraient à soutenir Téhéran, qui voit là un "aveu de défaite" des Etats-Unis.

Lors d'une conférence de presse à Washington, le ministre des Finances Scott Bessent a présenté un nouveau train de sanctions dites "secondaires", touchant non pas l'Iran directement mais ses partenaires commerciaux, sur l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime.

Il n'a toutefois pas précisé quand elles entreraient en vigueur ni quels pays pourraient se retrouver dans le viseur des Etats-Unis. La Chine, par exemple, est une grande consommatrice de pétrole iranien.

"L'Iran fait face à un choix très clair, avec seulement deux chemins possibles: un isolement total et une économie de subsistance, ou un retour vers la normalité avec la possibilité de rejoindre l'économie mondiale", a prévenu M. Bessent.

L'avertissement s'adresse également au reste du monde puisque les pays qui ne participeront pas aux sanctions américaines "partageront l'isolement de l'Iran", a menacé le ministre, envisageant notamment d'expulser les récalcitrants "du système dollar".

"Nous tiendrons chacun pour responsable. Ceci marque l'asphyxie économique de ce régime. Personne ne devrait tester notre volonté" en la matière, a ajouté Scott Bessent.

"Nouvelle défaite" 

La veille, il avait promis à l'Iran un "D-Day économique" - en référence au Débarquement allié de 1944 en France - visant à couper ses dernières "lignes de survie", alors que les efforts diplomatiques pour régler le conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, sont dans l'impasse.

Sur la télévision d'Etat iranienne, le ministre de l'Economie Ali Madanizadeh a rétorqué que les menaces américaines se traduiraient par "une nouvelle défaite" de Washington et que Téhéran disposait d'un "plan sur deux ans" pour contrer ces sanctions.

Avant même la conférence de presse de Scott Bessent, Pékin, partenaire stratégique de Téhéran, avait estimé que les "sanctions et la pression" américaines ne permettraient pas de résoudre le conflit régional.

Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a lui affirmé devant la presse que cette pression économique maximale ne signifiait pas la fin des frappes, si Washington les jugeait nécessaires.

"Situation très difficile" 

Au cœur du conflit, le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, ce qui a entraîné une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.

L'Iran a exclu tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit et discute depuis des semaines d'un accord sur les modalités de son franchissement avec Oman, qui borde la rive sud du détroit. Le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi, est attendu mardi à Téhéran.

Illustrant les risques liés à la traversée du détroit, un pétrolier a été touché par un "projectile inconnu" alors qu'il circulait au large d'Oman, a annoncé dans la nuit de lundi à mardi l'agence maritime britannique, UKMTO.

En dépit de la fermeté affichée par Téhéran, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que le pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques", après des décennies de sanctions américaines et internationales.

"L'Iran devrait faire des compromis dès maintenant", estime Sarah Hassanbeigi, une pharmacienne interrogée par l'AFP à Téhéran. "La situation est vraiment très difficile. Je ne pense pas que les gens puissent supporter cela beaucoup plus longtemps."

Le 22 juillet, l'inflation atteignait 66% sur douze mois dans le pays, contre 46% en février, et la monnaie nationale poursuit sa dégringolade: un dollar s'échangeait la semaine dernière contre 1,88 million de rials, contre 1,65 million juste avant le conflit.

Et selon la société de suivi maritime Kpler, le blocus américain imposé aux ports iraniens a entraîné une chute des exportations pétrolières de l'Iran, passées de deux millions de barils par jour avant la guerre à seulement 0,4 million à la mi-août, leur plus bas depuis le début du conflit.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.