Joe Biden à la COP26 les mains presque vides

Des militants pour le climat organisent une veillée aux chandelles sur les marches de la Banque d'Angleterre à Londres le 29 octobre 2021, avant la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique COP26 qui se tiendra à Glasgow, en Écosse, à partir du 31 octobre. (Tolga Akmen/AFP)
Des militants pour le climat organisent une veillée aux chandelles sur les marches de la Banque d'Angleterre à Londres le 29 octobre 2021, avant la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique COP26 qui se tiendra à Glasgow, en Écosse, à partir du 31 octobre. (Tolga Akmen/AFP)
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Publié le Samedi 30 octobre 2021

Joe Biden à la COP26 les mains presque vides

  • La loi «Build Back Better» fait l'objet de difficiles négociations internes depuis plusieurs mois, les modérés et progressistes se déchirant sur le montant total de la facture et les dimensions de la réforme
  • Ce sera trop tard pour Joe Biden, qui souhaitait arriver lundi au sommet international sur le climat avec en poche la ratification du «plus grand investissement jamais réalisé pour faire face à la crise climatique»

Washington: L'ambitieux plan de Joe Biden en faveur des familles et de l'environnement restait bloqué vendredi au Congrès, privant le président américain du succès qu'il espérait avant le début de la COP26.

Le vaste plan, baptisé "Build Back Better" ("Reconstruire en mieux"), est une promesse de campagne qui prévoit de transformer en une décennie les secteurs de l'éducation, la santé et la lutte contre le changement climatique.

"Je sais que nous avons le cadre d'un plan économique historique", a affirmé jeudi le président, après avoir rencontré les élus de son parti à la Chambre des représentants qui lui ont offert un soutien de principe.

Les démocrates, qui contrôlent la chambre basse, vont désormais étudier les détails des 2.500 pages du plan dans les prochains jours.

Mais ce sera trop tard pour Joe Biden, qui souhaitait arriver lundi au sommet international sur le climat à Glasgow (Ecosse) avec en poche la ratification du "plus grand investissement jamais réalisé pour faire face à la crise climatique", selon lui.

Mike Vandenbergh, spécialiste du droit environnemental à l'Université Vanderbilt à Nashville, estime toutefois que la victoire de M. Biden face à Donald Trump l'année dernière était en soi "un message important au monde que les États-Unis se soucient du changement climatique".

- «Enorme pas en avant» -

Le plan prévoit, entre autres, d'investir 550 milliards de dollars pour réduire à l'horizon 2030 les émissions de gaz à effet de serre de 50 à 52% par rapport aux niveaux de 2005. Par cet engagement et le retour des États-Unis dans l'Accord de Paris après la parenthèse Trump, M. Biden veut redonner à l'Amérique un rôle de pointe dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.

Le plan promet aussi des cadeaux fiscaux aux particuliers pour passer aux énergies propres (panneaux solaires, éoliennes, voiture électrique) et aux entreprises pour accroître leur compétitivité dans les technologies vertes.

C'est "un énorme pas en avant pour réaliser les objectifs du président Biden sur le climat", s'est félicité Sheldon Kimber, patron de la société spécialisée Intersect Power, espérant que le Congrès "trouve la volonté de voter" le texte.

D'autant que son adoption est censée déclencher celle d'un autre plan de 1.200 milliards de dollars d'investissements dans les infrastructures (routes, ponts, transports...), également une promesse de campagne du président démocrate.

La loi "Build Back Better" fait l'objet de difficiles négociations internes depuis plusieurs mois, les modérés et progressistes se déchirant sur le montant total de la facture et les dimensions de la réforme.

Deux sénateurs centristes, Kyrsten Sinema et Joe Manchin, s'opposaient à une première version du plan.

Leurs votes sont indispensables car la majorité démocrate au Sénat est si ténue qu'une seule voix dissonante équivaut à un veto.

Pour les convaincre, le texte a été expurgé et son montant a été ramené à 1.750 milliards de dollars sur une décennie, soit moitié moins qu'annoncé initialement.

Les deux élus n'ont toutefois pas dit explicitement s'ils soutiendraient le texte proposé.

- Réalité -

Ces concessions sont aussi dénoncées par l'aile gauche du parti, qui réclamait de plus amples réformes.

Les élus progressistes de la Chambre bloquent l'adoption finale de la loi sur les infrastructures, approuvée par le Sénat en août, assurant vouloir voter les deux textes ensemble car "ils font partie du même programme".

"Nous allons nous mettre au travail immédiatement pour finaliser et voter les deux textes de loi en même temps à la Chambre", a affirmé jeudi le groupe des progressistes.

Un de ses dirigeants, Ro Khanna, a toutefois indiqué jeudi soir sur CNN être "tout à fait assuré" que les progressistes voteraient le texte, pourquoi pas dès la semaine prochaine.

"Nous voulions un paquet de 3.500 milliards de dollars mais nous comprenons la réalité de la situation," a aussi admis la patronne du groupe, Pramila Jayapal, à des journalistes.

Pour Joe Biden, ces deux textes détermineront le succès de son mandat, et notamment le résultat des élections parlementaires partielles de 2022.

Et Mike Vandenbergh a estimé que la loi - même expurgée - devrait être suffisante pour permettre à Washington d'atteindre ses objectifs en matière d'émissions, surtout si le président a le soutien du secteur privé.

Fumigènes, inondations et Covid, Glasgow s'apprête à accueillir la COP26

GLASGOW, Royaume-Uni : Sous la bruine, un groupe de militants américains pour le climat lancent des fumigènes: théâtre d'une COP26 cruciale pour l'avenir de la planète, la ville écossaise de Glasgow s'apprête à accueillir dirigeants et manifestants du monde entier.

Le nuage de fumée qui s'élève s'adresse aux chefs d'Etats et de gouvernements attendu au sommet de l'ONU qui commence dimanche.

Les manifestations vont crescendo à mesure que les délégués qui participent à la COP arrivent à Glasgow, toujours à la recherche d'un retour à la normale après les confinements infligés par la pandémie de coronavirus.

"Je suis très fière que la COP se tienne à Glasgow", explique Isabelle Barkley, une habitante qui se dirige d'un pas tranquille vers les manifestants installés à George Square, en plein centre.

Sur la place, elle a vu parler au fil des ans Nelson Mandela, ainsi que d'innombrables rassemblements pour l'indépendance écossaise ou encore des manifestations du mouvement Black lives matter.

Dans les deux prochaines semaines, la place sera le point de ralliement de militants pour le climat. Ils seront jusqu'à 100.000 à s'y retrouver lors d'une grande manifestation prévue le 5 novembre, estiment les organisateurs.

"On a besoin d'être positifs, se rappeler qu'on peut tous faire quelque chose. Manger moins de viande, acheter moins de plastique", souligne Isabelle Barkley.

De fortes pluies ont rincé la ville, où plus de 100 dirigeants sont attendus, parmi lesquels le président américain Joe Biden.

Comme un rappel que la menace est déjà bel et bien là, nombre de rues du centre sont inondées. Par mesure de sécurité, la police a bloqué un large périmètre autour du Scottish Campus Event qui accueillera l'événement, près des bords de la rivière Clyde, perturbant le quotidien des habitants.

Beaucoup d'entre eux s'inquiètent que l'événement ne donne lieu à une poussée des cas de Covid-19, alors que le Royaume-Uni connaît déjà actuellement l'un des plus forts taux de contamination au monde.

Selon Devi Sridhar, professeure de santé publique à l'université d'Edimbourg, membre du groupe chargé de conseiller le gouvernement écossais au sujet du coronavirus, le sommet, qui doit accueillir 25.000 délégués de 200 pays, intervient au pire moment.

Il risque selon elle d'être à l'origine d'un nouveau pic et du retour de restrictions cet hiver.

- «Un échec et du bidon» -

"Je peux me tromper (et je l'espère)", mais "un événement de masse (avec des allées et venues de gens) avec un virus contagieux entraînera une augmentation des cas", a-t-elle tweeté.

Une poussée de l'épidémie "pèsera sur le service de santé" et "nécessitera de nouvelles restrictions", souligne-t-elle.

Shaun Clerkin, un habitant de Glasgow de 60 ans observant les manifestants américains jeter leur fumigènes, s'attend au pire.

"Pour être franc, je pense que la COP26 sera un échec et du bidon", pense-t-il.

Selon lui, les organisateurs empiètent sur la vie de tous les jours des habitants, isolant les visiteurs des problèmes sociaux bien réels de la ville.

"On a des sans-abri dans nos rues", souligne-t-il, "on a plein de gens qui vivent dans des hébergements provisoires, des hôtels et des bed and breakfast. Ils vivent dans des installations bien en dessous des normes".

"Mais en fin de compte, la municipalité veut cacher les sans-domicile et les pauvres des délégués de la conférence", fait-il valoir.

Mais pour les militants sur George Square, il n'y a qu'un seul combat qui compte.

"L'issue de la COP26 ici à Glasgow n'est pas moins que la vie ou la mort de gens partout dans le monde", explique Andrew Nazdin, l'organisateur de la manifestation.

"Il faut que les dirigeants du monde entier se mobilisent", poursuit le jeune homme de 33 ans.

Selon lui, chefs d'États et de gouvernement ont une chance en or pour agir, et les manifestants seront là, pour le lui rappeler "haut et fort".

COP26: à quoi s'engage la Chine?

PÉKIN : In extremis, la Chine a dévoilé ses nouveaux engagements climatiques juste avant l'ouverture de la conférence de l'ONU à Glasgow (COP26). Voici un aperçu des promesses du premier pollueur mondial:

Que promet Pékin?

Dans sa nouvelle "contribution nationale" dévoilée jeudi, la Chine a promis d'atteindre son pic d'émissions "avant 2030" et la neutralité carbone "avant 2060".

Ces engagements avaient déjà été pris publiquement par le président Xi Jinping.

Son pays s'engage aussi à réduire son intensité carbone (émissions de CO2 rapportées au PIB) de plus de 65% par rapport à 2005.

Mais Pékin n'a pas précisé à combien s’élèverait son pic d'émissions en valeur absolue et peut continuer à les accroître sans limite jusqu'en 2030.

La Chine s'engage également à augmenter d'ici là la part des combustibles non-fossiles à 25% de sa consommation.

Le géant asiatique promet d'accroître ses capacités dans l'énergie solaire et éolienne mais ne précise guère comment il atteindra ses objectifs climatiques.

Est-ce suffisant?

De l'avis des écologistes, ces promesses ne suffiront pas à limiter le réchauffement planétaire sous la barre des 2 degrés, comme le monde s'y est engagé à Paris en 2015.

Certains espéraient que le pays le plus peuplé de la planète abandonnerait le charbon et atteindrait son pic d'émissions bien avant 2030, et réduirait la pollution des industries lourdes (ciment, acier, aluminium) dans les cinq prochaines années.

"Au sein du système, il y a eu beaucoup de résistance envers des objectifs plus ambitieux qui auraient été conformes aux aspirations internationales", observe Li Shuo, de Greenpeace Asie.

"Si nous attendons jusqu'en 2030 (pour commencer à réduire les émissions), la courbe qui devra être suivie entre 2030 et 2060 est si raide que certains y voient de la science fiction".

Quelle est l'importance de la Chine?

Avec plus d'un quart des émissions de gaz à effet de serre, les engagements de la Chine sont plus importants que ceux de n'importe quel autre pays.

L'empire du milieu compte plus d'un millier de centrales électriques à charbon, soit plus de la moitié du parc mondial. D'autres sont en construction.

Pour l'émissaire américain sur le climat, John Kerry, ces projets de centrales pourraient à eux seuls réduire à néant les efforts du reste du monde pour atteindre les objectifs climatiques.

Quid de la production électrique?

En dépit de ses engagements, la Chine, qui produit 60% de son électricité à partir du charbon, a accru ces derniers mois son extraction de houille afin de faire face à des pannes de courant.

Même si elle a promis que 80% de son électricité serait renouvelable en 2060, les investissements dans ce secteur ont baissé.

Quant au nucléaire, il ne représente pour l'heure que 5% du bilan électrique chinois.

Si Pékin a tardé à remettre ses derniers engagements climatiques, c'est à cause de son redémarrage de la production de charbon, selon des experts.

"Ils ont attendu jusqu'à la dernière minute pour pouvoir tenir compte des priorités du pays sans trop abimer son image internationale", estime Li Shuo.

Pékin a promis de cesser de financer des projets de centrales à charbon à l'étranger et de commencer à réduire sa production nationale en 2026.

Le salut dans les arbres?

La Chine doit augmenter son stock de forêts de 6 milliards de m3 par rapport à 2005 afin d'absorber du CO2, selon ses derniers engagements.

Mais la plantation de forêts à la va-vite menace la biodiversité, avertit l'écologiste Zhou Jinfeng. Or cette dernière est cruciale pour l'adaptation de la planète au réchauffement.

Et la politique dans tout ça?

Le régime communiste supporte mal les pressions internationales et n'hésite pas parfois à marquer des points à des fins politiques.

Son émissaire pour le climat, Xie Zhenhua, a expliqué fin octobre que Pékin attendait de voir les promesses des autres grands pays avant de publier ses propres engagements.

Dans un contexte de forte dégradation de ses relations avec l'Occident, le pouvoir chinois a averti Washington que la coopération en matière climatique pourrait en pâtir.

Pékin accuse volontiers les pays riches de ne pas aider suffisamment les pays pauvres à s'adapter au réchauffement.

De toute évidence, le président Xi, qui n'a pas quitté la Chine depuis le début de l'épidémie de Covid-19, participera au travaux de Glasgow par visioconférence.


Suni Williams, l'astronaute bloquée neuf mois dans l'ISS, prend sa retraite

 L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa. (AFP)
L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa. (AFP)
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  • Les deux vétérans de l'espace avaient vu leur séjour s'éterniser en raison des problèmes détectés sur le système de propulsion du vaisseau spatial Boeing Starliner, qui effectuait avec eux son premier vol habité
  • La situation avait conduit la Nasa à décider à l'été 2024 de ramener le vaisseau de Boeing à vide sur Terre et de faire revenir les deux astronautes par l'entremise de SpaceX, l'entreprise du multimilliardaire Elon Musk

WASHINGTON: L'astronaute américaine Suni Williams, dont le séjour dans l'espace initialement prévu pour durer huit jours avait duré neuf mois à cause de défaillances techniques dans le vaisseau qui devait la ramener sur Terre, a pris sa retraite fin décembre, a annoncé mardi la Nasa.

L'astronaute était devenue célèbre avec son collègue Butch Wilmore quand leur voyage aller-retour vers la Station spatiale internationale (ISS), qui devait durer huit jours en juin 2024, s'était prolongé au-delà de neuf mois, bien plus longtemps que les rotations classiques d'environ six mois.

Les deux vétérans de l'espace avaient vu leur séjour s'éterniser en raison des problèmes détectés sur le système de propulsion du vaisseau spatial Boeing Starliner, qui effectuait avec eux son premier vol habité.

La situation avait conduit la Nasa à décider à l'été 2024 de ramener le vaisseau de Boeing à vide sur Terre et de faire revenir les deux astronautes par l'entremise de SpaceX, l'entreprise du multimilliardaire Elon Musk.

Les deux astronautes avaient pu finalement revenir sur Terre en mars 2025 après 286 jours dans l'espace.

Leur périple avait pris une tournure politique avec le retour au pouvoir du président républicain Donald Trump, ce dernier accusant son prédécesseur démocrate Joe Biden d'avoir volontairement "abandonné" les deux infortunés.

Suni Williams, 60 ans, avait rejoint la Nasa en 1998. Elle a été "une pionnière des vols spatiaux habités, façonnant l'avenir de l'exploration grâce à son leadership à bord de la station spatiale", a déclaré Jared Isaacman, directeur de la Nasa, dans un communiqué.

Suni Williams a participé à trois missions à bord de l'ISS, la première ayant eu lieu en 2006.

Au cours de sa carrière, Suni Williams a passé 608 jours dans l'espace, ce qui représente le deuxième plus long temps cumulé passé dans l'espace dans l'histoire de la Nasa, a indiqué l'agence spatiale.

Elle a également enregistré le plus long temps de sortie extravéhiculaire de toutes les femmes astronautes, soit 62 heures et 6 minutes, ce qui représente le quatrième plus long temps de tous les astronautes de la Nasa.


Les tensions au Moyen-Orient occupent le devant de la scène à Davos

Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
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  • Pour sa 56e édition, la réunion annuelle du WEF devrait attirer environ 3 000 participants de plus de 130 pays
  • La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, partagera les expériences réussies du Royaume dans le cadre de Vision 2030

DAVOS : Des dirigeants mondiaux, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires arrivent dans la ville suisse de Davos, recouverte de neige, pour le Forum économique mondial 2026, que les organisateurs ont qualifié de "l'un des rassemblements de plus haut niveau de l'histoire de l'événement".

La réunion de cette année, qui se tiendra du 19 au 23 janvier, abordera une série de défis géopolitiques urgents, de la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, où de nombreux points chauds à Gaza, au Liban et sur la mer Rouge ont ravivé les craintes d'une escalade régionale plus large.

Placé sous le thème "Un esprit de dialogue", le forum se tient à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, d'inégalités économiques croissantes et de changements technologiques perturbateurs, offrant une plateforme pour favoriser la coopération mondiale afin de faire face aux grandes incertitudes.

Le forum de cette année devrait attirer un nombre record de participants gouvernementaux : 400 dirigeants politiques de premier plan, six dirigeants du G7, près de 850 PDG et présidents de conseils d'administration parmi les plus importants au monde, et près de 100 licornes et pionniers de la technologie de premier plan sont attendus.

Le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, le président syrien Ahmad Al-Sharaa et Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement marocain, figurent parmi les 65 chefs d'État qui participeront à cet événement de premier plan.

La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, comprendra la princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d'Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid Al-Falih, ministre de l'investissement, Bandar Alkhorayef, ministre de l'industrie et des ressources minérales, Ahmed Al-Khateeb, ministre du tourisme, Faisal Alibrahim, ministre de l'économie et de la planification, Abdullah Al-Swaha, ministre des communications et des technologies de l'information, et Mohammed Al-Jadaan, ministre des finances.

Les ministres engageront un dialogue avec des leaders mondiaux, tout en partageant les expériences réussies du Royaume dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, selon un communiqué du ministère de l'économie et de la planification.

En marge du WEF, le ministère accueillera pour la deuxième année consécutive le pavillon de la Maison saoudienne, qui réunira des leaders d'opinion internationaux pour plus de 20 sessions axées sur les principales tendances et les défis qui façonnent l'économie mondiale.

Borge Brende, président-directeur général du FEM, a déclaré que la réunion de cette année serait "l'une des plus importantes", soulignant que "le dialogue n'est pas un luxe en période d'incertitude ; c'est une nécessité urgente".

Le forum mondial "offrira un espace à un mélange inégalé de dirigeants et d'innovateurs mondiaux pour dépasser les divisions, se faire une idée d'un paysage mondial en évolution rapide et proposer des solutions aux défis les plus importants et les plus pressants d'aujourd'hui et de demain", a ajouté M. Brende.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.