L'huile verte d'Arabie saoudite: quand la tradition rencontre la modernité

L’olive a toujours été associée à la prospérité. Photo fournie.
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Publié le Jeudi 28 octobre 2021

L'huile verte d'Arabie saoudite: quand la tradition rencontre la modernité

  • Arab News a visité la «Ferme aux millions d'arbres» à Jouf, une terre au sol fertile et au climat tempéré idéal pour cultiver cette drupe populaire
  • En 2021, Nasser al-Hamad a remporté le prix du meilleur agriculteur de la région de Jouf

JOUF: L'huile d'olive, l'élixir vert et aliment de base dans les ménages saoudiens, voit sa production  augmenter grâce aux agriculteurs de la région du nord de Jouf – le «panier alimentaire du Royaume» – qui adoptent la haute technologie pour tirer le meilleur parti de leurs oliveraies.

L'olivier plonge ses racines dans le berceau de la civilisation. Cultivées avant même l'invention de la langue écrite, différentes variétés d'arbres se sont répandues en Iran, en Syrie et en Palestine, et dans tout le bassin méditerranéen.

Avec son sol fertile et son climat tempéré, la région de Jouf, au nord du Royaume, est devenue le plus grand producteur d'huile d'olive d'Arabie saoudite et abrite de vastes vergers contenant des millions d'arbres.

L’olive a toujours été associée à la prospérité. Mais l'huile d'olive a toujours été bien plus qu'un élément de l'alimentation quotidienne; elle est une partie précieuse et intrinsèque de la culture et du patrimoine arabes.

Arab News a visité la ferme Busita, également connue sous le nom de «Million Tree Farm» («Ferme aux millions d'arbres»), dont le propriétaire, Nasser al-Hamad, a troqué une carrière de professeur d'études islamiques à Riyad pour le monde de l'agriculture.

M. Al-Hamad a étudié et planifié son projet agricole pendant des années avant de planter 160 000 oliviers importés d'Espagne par l'intermédiaire de la société Agromillora.

Ses efforts ont porté leurs fruits et il est maintenant considéré comme l'un des meilleurs agriculteurs de la région.

L’olive a toujours été associée à la prospérité. Mais l'huile d'olive a toujours été bien plus qu'un élément de l'alimentation quotidienne; elle est une partie précieuse et intrinsèque de la culture et du patrimoine arabes.

«J'ai grandi dans des fermes et dans une famille pleine d'agriculteurs, donc je connaissais déjà les méthodes de plantation pour de nombreuses cultures», raconte-t-il à Arab News.

Nasser al-Hamad décide de cultiver des oliviers espagnols dans des oliveraies à haute densité, un modèle plus économique et productif qui donne également des récoltes et une saveur de haute qualité.

«Lorsque ma famille s’est lancée dans son activité agricole à Jouf, la qualité de l'huile d'olive a attiré mon attention. Nous ne dépendions pas de l'huile d'olive espagnole pour un usage quotidien, et elle n'était utilisée que pour les prescriptions médicales. Cependant, j'ai découvert qu'elle avait une saveur fruitée au goût de noisette plus riche et qu’elle était plus sucrée que les autres types d’huile», explique-t-il.

«Quand vous la consommez tôt le matin, cela donne au corps un coup de fouet pour la journée.»

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Nasser al-Hamad dans sa ferme Busita à Al-Jouf. (Photo Arab News)

«J'ai commencé avec un petit verger et les oliviers disponibles, puis j'ai entamé mes recherches, en visitant notamment des fermes internationales et des experts agricoles dans toute l'Europe», déclare M. Al-Hamad.

En 2018, 160 000 arbres, tous de la variété Arbequina, ont été plantés dans le cadre du projet «Million Tree».

«Les arbres sont arrosés par des réseaux d'irrigation à pression régulée pendant quatre ans, ce qui entraîne une croissance importante, des branches lourdes pour soutenir les fruits et une excellente productivité», indique-t-il.

«Je suis allé en Chine, dans différents pays d'Europe et j'ai rencontré certains des plus grands producteurs du secteur. Il s'est avéré que Busita est le meilleur, en termes de qualité, de production et de coût, grâce à différents facteurs, tels que les conditions météorologiques.»

En bref

160 000 – le nombre d'arbres plantés lors de la première phase du projet «Million Tree»

10 kg – 10 kg d'olives donnent un litre d'huile d'olive de haute qualité

Il ajoute : «Dans d'autres pays, les précipitations pendant la saison des récoltes peuvent endommager les cultures ou augmenter le niveau d'humidité des fruits, mais pas ici.»

Nasser al-Hamad déclare que 10 kg d'olives donnent un litre d'huile d'olive de haute qualité.

«Tout ce verger est géré par une seule pompe d'irrigation et ne nécessite qu'un seul ouvrier grâce à l'utilisation de la technologie moderne», précise-t-il.

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La ferme utilise un système d'irrigation intelligent qui distribue l'eau en quantités égales pour réduire le gaspillage. (Photo Arab News)

Le succès de Nasser al-Hamad l'a incité à lancer un autre projet pour planter 700 000 arbres dans les six prochains mois. Trois types d'oliviers espagnols – Arbequina, ou «Reine d'Arabie»; Arbosana, qui se traduit par les «Arabes du Sinaï»; et Olea europaea, l'olive européenne – seront utilisés pour la plantation.

Avec un objectif à long terme en tête, le «fermier intelligent» se concentre sur les moyens de conserver l'eau, de réduire les coûts et de changer la façon dont l'huile d'olive est produite dans le Royaume conformément aux principes commerciaux modernes.

«Alors que je faisais carrière dans l'industrie agricole, j'ai découvert que le processus agricole est plus facile désormais. Mon voyage en Espagne m'a appris que l'agriculture peut également adopter une technologie plus simple que les méthodes standard utilisées dans d'autres pays.»

Les méthodes de M. Al-Hamad se traduisent par des coûts inférieurs, une consommation d'eau réduite et un recours minimal à la main-d'œuvre, mais le résultat est une huile d'olive de qualité constante.

Les oliviers se développent avec peu d'eau, contrairement aux palmiers, qui nécessitent un arrosage intensif.

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Les méthodes de M. Al-Hamad se traduisent par des coûts inférieurs, une consommation d'eau réduite et un recours minimal à la main-d'œuvre. (photo Arab News)

Des différences dans la taille des arbres peuvent être observées dans certains vergers en raison de variations dans l'arrosage ou d'un terrain inégal.

Nasser al-Hamad souligne: «J'utilise un système d'irrigation intelligent qui distribue de l'eau en quantités égales pour réduire le gaspillage. Ce système permet de ne consommer que deux litres d'eau en une heure, quel que soit le niveau de pression. Par conséquent, chaque arbre a une seule unité d'arrosage pour garantir que tous les arbres poussent uniformément.»

La récolte des olives nécessite généralement une main-d'œuvre importante et un travail intensif. La qualité de la récolte peut également être affectée si les olives sont laissées au soleil avant d'être récoltées.

Mettant à profit les techniques modernes, M. Al-Hamad s'appuie sur une récolteuse d'olives mécanique – ou comme il l'appelle, la «machine à mission unique» – pour réaliser sa vision.

«Au lieu de faire appel à cinq cents travailleurs pour la récolte, j'ai acheté une récolteuse d'olives à haute densité qui assure une manipulation en douceur et un transport sans faille de l'olive vers le conteneur, puis vers le poste de pressage des olives.»

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Une récolteuse d'olives à haute densité assure une manipulation en douceur et un transport sans faille de l'olive vers le conteneur, puis vers la station de pressage des olives. (Photo Arab News)

La récolte des olives commence fin septembre et se termine début janvier. La moissonneuse taille les oliviers et récupère chaque jour cinquante tonnes de récolte.

Pour permettre à la machine à récolter d’opérer entre chaque rang, les oliviers sont taillés à une largeur standard de trois mètres et une hauteur de 1,5 mètre. La récolte est ensuite transportée à travers un convoyeur à bande tandis que le dépoussiérage et le lavage sont effectués.

Les olives sont ensuite «pressées à froid» à température ambiante pour en extraire le jus, ce qui donne ce qu'on appelle «la pâte d'olive», qui est pétrie pendant trente minutes jusqu'à ce que l'huile soit sécrétée. Le liquide est ensuite séparé du mélange d'olives et le jus extrait est séparé en eau et en huile.

L'huile fraîche pure est filtrée et stockée immédiatement dans des bidons et des bouteilles d'un volume de un à seize litres.

«Avec de la persévérance, de la planification et du travail, rien n'est difficile», déclare Nasser al-Hamad. «Dans ce projet, je me suis assuré de bénéficier du climat, des terres et des méthodes agricoles, toutes étudiées et bien planifiées.»

En 2021, M. Al-Hamad a remporté le prix du meilleur agriculteur de la région de Jouf. Sa marque Million Tree, créée pour souligner le succès de son projet, a également remporté le prix d'argent au concours de l'huile d'olive de Dubaï.

«Je suis fier de ma famille, de mon pays et d’avoir réussi à produire la meilleure huile d'olive au monde», souligne-t-il.

«Le fait que gouvernement apprécie le succès de mon projet m'a encouragé à réfléchir à la transformation de l'agriculture en industrie et à devenir le fabricant d'huile d'olive le plus avancé au monde.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël sous le feu des critiques pour ses mesures visant à contrôler davantage la Cisjordanie

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
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  • Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric
  • "Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats"

NATIONS-UNIES: Les critiques contre Israël se multiplient à l'international lundi, après les annonces la veille de mesures renforçant considérablement son contrôle sur la Cisjordanie, faisant craindre une annexion du territoire palestinien occupé depuis 1967.

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric.

"Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats".

Plus tôt dans la journée, l'Union européenne avait également condamné "un nouveau pas dans la mauvaise direction".

"Conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, nous rappelons que l'annexion est illégale en droit international", a déclaré devant la presse Anouar El Anouni, un porte-parole.

Par conséquent, "toute mesure concrète prise en ce sens serait considérée comme une violation du droit international", a-t-il poursuivi.

Les ministres des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Egypte, de Turquie, du Qatar, de la Jordanie, des Emirats arabes unis, d'Indonésie et du Pakistan ont eux dénoncé l'imposition "d'une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée, accélérant ainsi les tentatives de son annexion illégale et le déplacement du peuple palestinien".

"Enterrer l'idée d'un Etat palestinien" 

Les Etats-Unis n'ont pas commenté dans l'immédiat, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est attendu à Washington mercredi.

Le président Donald Trump, pourtant soutien indéfectible d'Israël, a averti plusieurs fois par le passé qu'il ne lui "permettrait pas d'annexer la Cisjordanie".

Dimanche, le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite, lui-même colon et partisan d'une annexion de la Cisjordanie, avait applaudi des mesures permettant "d'enterrer l'idée d'un Etat palestinien".

"Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d'Israël", s'était-il félicité, quand son confrère à la Défense, Israël Katz, soulignait l'intérêt "sécuritaire, national et sioniste de premier ordre" des nouvelles règles.

Les autorités israéliennes n'ont pas précisé quand elles entreraient en vigueur. Elles ne requièrent cependant pas d'être approuvées par un autre organe que le cabinet de sécurité.

Le texte complet n'a pas été rendu public, mais les mesures dévoilées facilitent l'achat de terres pour les colons israéliens, avec notamment l'abrogation d'une loi datant de plusieurs décennies qui interdisait aux juifs d'acheter directement des terres en Cisjordanie.

Elles permettent aussi aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.

L'obtention de permis de construire pour les colons israéliens à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, est aussi facilité.

"Israël fait avancer l'annexion, c'est quelque chose que nous observons depuis trois ans, mais ce qui est également significatif dans ce cas, c'est qu'Israël a aussi décidé d'affaiblir l'Autorité palestinienne", affirme Yonatan Mizrachi, de l'organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

La présidence palestinienne à Ramallah avait fustigé dès dimanche soir des décisions visant à "approfondir les tentatives d'annexion de la Cisjordanie occupée".

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales au regard du droit international.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport du secrétaire général des Nations unies.

"Nous parlions jusque là d'une annexion rampante, à présent c'est une course à toute allure", a déclaré à l'AFP un expert du groupe de réflexion palestinien Al-Shakaba, Fathi Nimer.


Effondrement d'un immeuble au Liban: le bilan s'alourdit à 14 morts

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
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  • "Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish
  • Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts

BEYROUTH: Quatorze personnes sont décédées dans l'effondrement dimanche d'un immeuble à Tripoli, dans le nord du Liban, où les opérations de recherche sont terminées, a annoncé lundi le chef de la Défense civile.

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.

Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement.

"Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish.

Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts.

Le maire de Tripoli, Abdel Hamid Karimeh, a déclaré dimanche la "ville sinistrée" en raison de l'insécurité de ses bâtiments.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a lui dénoncé une "catastrophe", attribuée à "de longues années de négligence accumulée".

Le Liban compte de nombreux bâtiments délabrés. Beaucoup d'immeubles ont été construits illégalement, notamment pendant la guerre civile de 1975-1990, tandis que certains propriétaires ont ajouté des étages à des bâtiments sans autorisation.

En 2024, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International estimait que "des milliers de personnes" vivaient encore dans des bâtiments à risque à Tripoli, plus d'un an après un puissant séisme ayant surtout frappé la Turquie et la Syrie.


Liban: un chef islamiste capturé par Israël, quatre morts dans des attaques

Des attaques israéliennes au Liban ont tué lundi quatre personnes dont un membre des forces de sécurité et son enfant, selon les autorités libanaises, quelques heures après la capture d'un cadre du groupe islamiste libanais Jamaa islamiya. (AFP)
Des attaques israéliennes au Liban ont tué lundi quatre personnes dont un membre des forces de sécurité et son enfant, selon les autorités libanaises, quelques heures après la capture d'un cadre du groupe islamiste libanais Jamaa islamiya. (AFP)
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  • Israël mène régulièrement des opérations militaires dans le sud du Liban, malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités avec le mouvement pro-iranien Hezbollah
  • Lundi, le ministre libanais de la Santé a indiqué qu'une frappe israélienne sur le village de Yanouh (sud) avait tué trois personnes

BEYROUTH: Des attaques israéliennes au Liban ont tué lundi quatre personnes dont un membre des forces de sécurité et son enfant, selon les autorités libanaises, quelques heures après la capture d'un cadre du groupe islamiste libanais Jamaa islamiya.

Israël mène régulièrement des opérations militaires dans le sud du Liban, malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités avec le mouvement pro-iranien Hezbollah.

Lundi, le ministre libanais de la Santé a indiqué qu'une frappe israélienne sur le village de Yanouh (sud) avait tué trois personnes.

L'armée israélienne a dit avoir ciblé Ahmad Ali Salameh, le présentant comme un responsable de l'artillerie du Hezbollah, qu'elle accuse de chercher à se réarmer.

La frappe a aussi tué un membre des forces libanaises de sécurité intérieure et son enfant de trois ans qui passaient par là, selon l'Agence de presse officielle du Liban Ani.

Plus tard lundi, le ministère de la Santé a également annoncé qu'une personne avait été tuée par des tirs israéliens dans le village frontalier d'Aïta al-Chaab. L'armée israélienne a déclaré qu'il s'agissait également d'un membre du Hezbollah.

Un peu plus tôt, l'organisation Jamaa islamiya - qui a revendiqué de nombreuses attaques contre Israël pendant la guerre - a condamné lundi "l'infiltration des forces d'occupation israéliennes" et "l'enlèvement à son domicile du responsable du groupe dans la région de Hasbaya et Marjayoun, Atwi Atwi".

L'armée israélienne a déclaré dans un communiqué avoir mené un "raid ciblé" durant la nuit de dimanche à lundi et "appréhendé un haut responsable terroriste" du groupe, qui a été "transféré sur le territoire israélien" pour y être interrogé.

Ce raid est intervenu quelques heures après la fin de la visite de deux jours du Premier ministre libanais Nawaf Salam dans le sud, où de larges secteurs proches de la frontière avec Israël restent désertés et en ruines.

Dans un communiqué, Nawaf Salam a condamné l'enlèvement d'Atwi Atwi, parlant d'"attaque flagrante contre la souveraineté libanaise, de violation de l'accord de cessez-le-feu et du droit international".

Le Hezbollah a, quant à lui, appelé l'État à "prendre des mesures dissuasives et claires, à agir immédiatement à tous les niveaux politique, diplomatique et juridique, et à œuvrer sérieusement pour la protection des citoyens".

Le député du Hezbollah Hussein al-Haj Hassan a accusé le mois dernier Israël de détenir "20 prisonniers libanais", affirmant que 10 d'entre eux ont été enlevés "sur le territoire libanais après le cessez-le-feu".

Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s'est engagé à désarmer le Hezbollah. L'armée a déclaré le mois dernier avoir terminé cette opération dans une première zone du pays, située entre le fleuve Litani et la frontière israélienne, à une trentaine de kilomètres plus au sud.