La forêt française cartographiée en vue du changement climatique

La forêt de Masevaux dans l’est de la France, souffrant de la sécheresse (Photo, Frederick FLORIN/AFP).
La forêt de Masevaux dans l’est de la France, souffrant de la sécheresse (Photo, Frederick FLORIN/AFP).
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Publié le Samedi 19 septembre 2020

La forêt française cartographiée en vue du changement climatique

  • Les forestiers pourront « identifier les zones où la forêt s'accroît, les zones où il y a des coupes et d'autres où il peut y avoir des dépérissements, des mortalités à une échelle super précise »
  • Prévue pour durer cinq ans, la cartographie complète nécessitera 4.000 heures de survol, pour un coût d’ensemble évalué « plusieurs dizaines de millions d'euros »

PARIS: Pénétrer l'intimité de la forêt française, afin de la préparer au changement climatique et de mieux l'exploiter: un programme sur cinq ans va permettre de radiographier au laser les peuplements d'arbres de l'Hexagone et d'en offrir pour la première fois une photographie complète.

Attendu depuis plusieurs années par les gestionnaires des forêts publiques et privées, mais bloqué par manque de crédits, le programme Lidar (acronyme de Light detection and ranging) sera partiellement financé par le volet agricole du plan de relance que vient de présenter le gouvernement.

Le Lidar, sorte de sonar laser aéroporté par avion, « envoie des ondes, des impulsions, et mesure le temps entre l'émission de l'impulsion et le retour à l'avion », déterminant ainsi la topographie des sols et des arbres qui y sont plantés, explique Antoine Colin, chef du département ressources forestières et carbone à l'Institut géographique national (IGN).

Des « impacts » vont arriver « au sol », d'autres impacts vont arriver « sur les arbres, sur les branches, sur la cime » ; « ça va nous donner une information sur la hauteur des peuplements forestiers et on sait que le volume de bois d'un arbre est très corrélé à sa hauteur : plus un arbre est haut, plus il va avoir de volume de bois », ajoute Colin.

Les forestiers pourront ainsi « identifier les zones où la forêt s'accroît, les zones où il y a des coupes et d'autres où il peut y avoir des dépérissements, des mortalités à une échelle super précise », s'enthousiasme-t-il.

Des informations précieuses alors que la forêt est en péril, en première ligne face au changement climatique qui dessèche les arbres et les rend vulnérables à de nombreux ravageurs, coléoptères, champignons ou chenilles.

Mais si cette technologie, qui a par le passé levé le voile sur certains mystères de la cité cambodgienne des temples d'Angkor, permet d'évaluer un hectare en « quelques minutes », la tâche s'annonce néanmoins coûteuse et longue : la forêt française s'étend sur près de 17 millions d'hectares, soit environ un tiers du territoire métropolitain.

Prévue pour durer cinq ans, la cartographie complète nécessitera 4.000 heures de survol, selon Colin, qui évalue à « plusieurs dizaines de millions d'euros » le coût d'ensemble, dont 22 millions sont issus du plan de relance, selon l'ONF.

Un outil utilisé par les archéologues

L'office national des forêts va également mettre la main à la poche, en versant chaque année 1,4 million d'euros pour le traitement des données.

« Ca va développer considérablement nos moyens de connaissances et surtout notre capacité à choisir les endroits qu'on doit suivre particulièrement et sur lesquels on doit intervenir », a déclaré le directeur général de l'Office, Bertrand Munch.

Pour reboiser la forêt en la rendant plus résistante, de nombreuses pistes se font jour : « il faudra faire migrer des essences du sud vers le nord, mais comme il faut deux, trois générations pour avoir les résultats de ce qu'on fait, il faut commencer tout de suite », estime ainsi Antoine d'Amécourt, président du syndicat de forestiers privés Fransylva.

« S'il y a un mot clé à retenir, c'est le mot diversification. Dans la composition des forêts, en essences, mais aussi diversification dans la gestion sylvicole et l'accompagnement de ces peuplements », complète Catherine Bastien, cheffe du département forêts à l'Institut national de la recherche agronomique et environnementale (Inrae).

De nouvelles espèces qui n'avaient jusqu'à présent pas droit de cité dans les futaies françaises pourraient concourir à leur adaptation au changement climatique, comme le cèdre ou le robinier, parfois cités par les professionnels, mais « on ne jette pas les espèces qui sont là depuis la nuit des temps, parce qu'il existe une très grande diversité entre les arbres d'une même forêt », prévient Catherine Bastien.

« Vous pouvez trouver dans une même forêt des arbres sensibles ou des arbres résistants à une maladie, des arbres plus ou moins sensibles à un manque d'eau », relève-t-elle.

« La carte concourt à mieux connaître la forêt. Mieux la connaître, c'est mieux la gérer, c'est mieux anticiper les risques », conclut Colin.

Cette cartographie doit également permettre de « mieux connaître la pente », et donc de « mieux identifier les forêts exploitables », notamment pour installer des pistes d'accès aux peuplements forestiers, également un résultat « très attendu », selon lui.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».