Quand la science fait le lien entre changement climatique et catastrophes

Des eaux de crue sont observées avec des voitures garées dans le port près du pont ferroviaire d'Aalborg, au Danemark, le 22 octobre 2021, après la première tempête de cet automne.(Henning Bagger / Ritzau Scanpix / AFP)
Des eaux de crue sont observées avec des voitures garées dans le port près du pont ferroviaire d'Aalborg, au Danemark, le 22 octobre 2021, après la première tempête de cet automne.(Henning Bagger / Ritzau Scanpix / AFP)
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Publié le Samedi 23 octobre 2021

Quand la science fait le lien entre changement climatique et catastrophes

  • Le World Weather Attribution (WWA), qui regroupe des experts de divers instituts de recherche dans le monde, s'est fait une spécialité d'analyser le lien possible entre un événement météo extrême précis et le réchauffement climatique
  • Le WWA compare le climat actuel, avec 1,2°C de réchauffement depuis le milieu du XIXe siècle causé par les activités humaines, avec ce qu'il aurait été sans cela, utilisant des modélisations et des observations dans le passé

PARIS : Quand une poignée de scientifiques tente en 2015 d'évaluer le rôle du changement climatique dans les inondations record au Royaume-Uni, l'accueil est glacial et la démarche qualifiée de "non scientifique". Six ans plus tard, leur travail est devenu crédible.

Début juillet, les scientifiques du World Weather Attribution a estimé que le changement climatique a rendu la vague de chaleur qui a frappé en juin l'ouest des États-Unis et du Canada au minimum 150 fois plus susceptible de se produire.

Le World Weather Attribution (WWA), qui regroupe des experts de divers instituts de recherche dans le monde, s'est fait une spécialité d'analyser le lien possible entre un événement météo extrême précis et le réchauffement climatique, en calculant dans des délais très courts la probabilité qu'il se soit produit même sans le dérèglement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre.

"Nous voulions faire évoluer le débat, mais nous ne pensions pas que cela fonctionnerait aussi bien", explique la climatologue Friederike Otto de l'université d'Oxford, qui a créé le WWA en 2014 avec Geert Jan van Oldenborgh, du Royal Netherlands Meteorological Institute, décédé d'un cancer le 12 octobre.

Le chercheur, qui aurait eu 60 ans vendredi, a aussi développé le site internet Climate explorer, qui rend accessible des données climatiques à des chercheurs du monde entier.

- 'Très frustrant' -

La recherche sur les liens entre changement climatique et catastrophes climatiques remonte à il y a une vingtaine d'années. En 2004, une étude britannique parue dans le journal scientifique Nature montrait que la canicule de 2003 en Europe, qui a fait de nombreux morts, avait été rendue plus probable par le réchauffement. A cette époque la publication d'une telle étude prenait des mois car elle devrait être évaluée par d'autres experts.

Confrontés à une vague de chaleur extrême ou à des pluies torrentielles, les scientifiques étaient alors réticents à mettre en cause le réchauffement. C'était "très frustrant", raconte Friederike Otto.

Dans une de ses premières études, le WWA a conclu que le changement climatique avait aggravé les inondations en 2015 en Grande-Bretagne, mais elle avait été rejetée par une revue scientifique, avant d'être publiée quelques années plus tard.

"Beaucoup de gens dans la communauté scientifique disait +c'est trop rapide, ce n'est pas de la science, la science ne fonctionne pas ainsi", se souvient la scientifique.

Pour mesurer le rôle joué par le changement climatique dans un événement climatique extrême, le WWA compare le climat actuel, avec 1,2°C de réchauffement depuis le milieu du XIXe siècle causé par les activités humaines, avec ce qu'il aurait été sans cela, utilisant des modélisations et des observations dans le passé.

Ils travaillent aussi avec des experts locaux pour mieux comprendre le contexte dans lequel se déroulent ces événements. La Croix Rouge a rapidement collaboré avec eux, tout comme l'organisation scientifique américaine Climate Central.

Le WWA a mis au point une méthodologie validée par d'autres experts et a montré que l'attribution rapide d'une catastrophe naturelle au changement climatique est "une activité opérationnelle", commente Robert Vautard, chercheur au Laboratoire des Sciences du climat et de l’environnement (LSCE).

"Vous ne publiez pas une étude à chaque fois que vous faites une prévision météo", explique à l'AFP le climatologue, qui participe aux travaux du Giec. Mais lors de la vague de chaleur au Canada et aux Etats-Unis, les températures ont été "hors échelle", poursuit-il.

Située à 250 km de Vancouver dans l'Ouest canadien, la localité de Lytton a enregistré pendant trois jours consécutifs un record, jusqu'à atteindre 49,6°C avant d'être détruite à 90% par les flammes, qui ont tué deux personnes.

Selon les travaux du WWA, avec le climat actuel, une telle vague de chaleur pourrait statistiquement avoir lieu une fois tous les 1.000 ans. Les chercheurs avaient par ailleurs déterminé que les températures enregistrées ont été environ 2°C plus élevées qu'elles l'auraient été si cet épisode de chaleur extrême avait eu lieu au début de la révolution industrielle.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.