Kaboul: des journalistes frappés par des talibans lors d'une manifestation de femmes

Des talibans entravent la manifestation, le 21 octobre à Kaboul (Photo, AFP).
Des talibans entravent la manifestation, le 21 octobre à Kaboul (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 21 octobre 2021

Kaboul: des journalistes frappés par des talibans lors d'une manifestation de femmes

  • Un groupe d'une vingtaine de femmes a pu exceptionnellement défiler dans le centre de Kaboul pendant plus d'une heure et demie pour défendre leur droit à étudier et travailler
  • La dernière manifestation de femmes, le 30 septembre, avait été dispersée en quelques minutes par la force talibanes

KABOUL: Plusieurs journalistes ont été frappés par les talibans pour empêcher la couverture d'une manifestation de femmes jeudi au centre ville de Kaboul.

Ce groupe d'une vingtaine de femmes a pu exceptionnellement défiler dans le centre de Kaboul pendant plus d'une heure et demie pour défendre leur droit à étudier et travailler, sans être arrêtées ou frappées par les talibans présents.

Vêtues de foulards colorés, de manteaux et de pantalons, les manifestantes ont scandé "chômage, pauvreté, faim" et "nous voulons travailler" tout en appelant à la réouverture des écoles pour les filles. 

Les manifestantes, encadrées par moments de très près par les forces de sécurité talibanes, ont également brandi, au milieu de la circulation, des petites pancartes sur feuille A4 sur lesquelles ont pouvait lire "nous n'avons pas le droit de travailler".

La dernière manifestation de femmes, le 30 septembre, avait été dispersée en quelques minutes par la force talibanes.

Les sages-femmes afghanes demandent aux talibans de pouvoir continuer à travailler

En Afghanistan, où moins de 60% des naissances sont supervisées par des professionnels de la santé qualifiés, des sages-femmes demandent au nouveau régime taliban de garantir les avancées de ces dernières années et de les laisser travailler en paix. 

Dans la province reculée du Wardak, au centre du pays, les enseignantes de l'école pour sage-femmes de Maidan Shar, qui ont déjà formé 200 professionnelles au suivi de grossesse et à l'accouchement, sont résolues à poursuivre leur mission. 

Dans la salle de cours, recouverte de posters sur l'ovulation, l'accouchement, ou encore l'hygiène féminine, une dizaine d'étudiantes en blouses et hijabs se penchent sur des mannequins pédagogiques.

"Je fais ce travail, parce que je suis animée de valeurs humanistes, de patriotisme et par devoir vis-à-vis de ma communauté et de ceux que la société opprime le plus: les femmes et les enfants", explique à l'AFP leur enseignante Shafiqa Bironi.

Le nouveau régime taliban semble n'avoir pas encore proprement statué sur la présence de femmes dans les professions médicales. Celles pouvant s'occuper de patientes, une configuration préférée par les fondamentalistes, n'ont généralement pas été interdites de venir travailler. 

Selon les données de l'ONU, l'Afghanistan a l'un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde: quelque 638 femmes meurent pour 100.000 naissances vivantes et un enfant sur 17 meurt avant l'âge de cinq ans. 

La pauvreté, le manque d'accès aux services de santé et l'inégalité entre les sexes contribuent tous à ces chiffres tragiquement élevés.

En revanche, les médias présents ont été empêchés de s'approcher, de photographier ou de filmer le cortège, violemment repoussés par les combattants talibans présents.

Parmi eux, un journaliste a été frappé à coup de crosse de fusil puis éjecté du cortège à coup de pieds et menacé par l'un des talibans présents. Certains étant armés de fusil AK-47 ou M-16.

Les femmes n'ont pas été attaquées physiquement pendant la marche, mais à plusieurs reprises des talibans ont tenté de les interrompre, notamment verbalement. Elles ont finalement décidé de se disperser et aucune n'a été arrêtée, a indiqué une organisatrice à l'AFP. 

"C'est la situation, les talibans ne respectent rien, pas les journalistes, ni locaux, ni étrangers, et pas les femmes", a déclaré à l'AFP l'une des organisatrices, Zahra Mohammadi.

"Mon message à toutes les filles de ce pays est +n'ayez pas peur des talibans et même si votre famille ne vous laisse pas quitter la maison, n'ayez pas peur, sortez, venez, faites des sacrifices, battez-vous pour vos droits, il faut le faire pour que les choses changent pour la prochaine génération+", a appelé la militante.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.