Un gourou de l’énergie promet un nouveau mantra aux pétroliers et aux décideurs

The New Map: Energy, Climate, and the Clash of Nations, par Daniel Yergin (publié le 15 septembre par Penguin Random House).
The New Map: Energy, Climate, and the Clash of Nations, par Daniel Yergin (publié le 15 septembre par Penguin Random House).
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Publié le Samedi 12 septembre 2020

Un gourou de l’énergie promet un nouveau mantra aux pétroliers et aux décideurs

  • Daniel Yergin a reçu un prix Pulitzer pour son récit homérique de l'industrie pétrolière, The Prize, en 1990. Son nouvel ouvrage, The New Map: Energy, Climate, and the Clash of Nations, vaut bien l’attente qu’il a suscitée
  • Les lecteurs du Moyen-Orient auront beaucoup de questions auxquelles réfléchir avec l’évaluation par Yergin de l’emplacement de la région sur sa nouvelle carte, et des défis auxquels sont confrontés les producteurs traditionnels d’hydrocarbures 

La sortie d’un nouveau livre de Daniel Yergin est un jour à noter dans le calendrier de l'énergie, et son dernier ouvrage, The New Map: Energy, Climate, and the Clash of Nations, vaut bien l’attente qu’il a suscitée.
L’auteur américain est le gourou de l’énergie par excellence. Il a reçu en 1990 un prix Pulitzer pour son récit homérique de l'industrie pétrolière, The Prize, toujours considéré comme l’un des livres les plus influents sur l’industrie de l’énergie, voire sur les affaires en général.

Dans The Quest, en 2011, Yergin a repris l’histoire et l’a élargie pour couvrir l’ensemble des secteurs de l’énergie alors émergents – les énergies renouvelables, le transport électrique et les carburants alternatifs tels que l’hydrogène. Il a également situé l’histoire de l’énergie là où elle est sa place : à la base des forces géopolitiques et macro-économiques qui façonnent le monde.

The New Map paraît après une décennie de transformations rapides dans le domaine de l’énergie ; les énergies renouvelables et d’autres sources ayant franchi des obstacles technologiques et financiers pour devenir de véritables adversaires de la suprématie des énergies fossiles, ainsi que l’avait prédit Yergin.

Malgré tous ces changements, les leçons tirées de ses travaux précédents persistent –  elles sont en effet plus réalistes que jamais : l’énergie est une question extrêmement politique, qui préoccupe autant les décideurs et les macro-économistes que les géologues et les scientifiques.
« Cet ouvrage traite de la nouvelle carte mondiale façonnée par les changements dramatiques dans la géopolitique et l’énergie. Il prédit de même où cette carte nous mènera », écrit Yergin.

Cette approche est familière à quiconque a lu ses œuvres précédentes. Un récit thématique passionnant, qui cède la place à des détails fascinants, recueillis par quelqu'un qui s’est assis à la même table que des présidents, des rois et des directeurs généraux pendant des décennies, mais qui porte toujours sur les débats un regard journalistique. 

« L’énergie reflète les profondes modifications de l'offre et des flux mondiaux, entraînées en grande partie par le changement remarquable de la position des États-Unis sur l’énergie et par le rôle mondial croissant des énergies renouvelables et de la nouvelle politique climatique », écrit-il.


En tant qu’Américain ayant travaillé durant la décennie dynamique au cours de laquelle la révolution du schiste a offert aux États-Unis la domination énergétique mondiale, Yergin a consacré la part essentielle de son livre aux subtilités des marchés d’énergie nationaux et à son interaction avec les producteurs d’énergie de Washington.

Mais il donne également toute la place qu’elles méritent aux autres grandes macro-forces : le renouveau continuel du secteur de l’énergie russe, par la volonté du président Vladimir Poutine de restaurer le statut de grande puissance perdu depuis la chute du communisme, et l'émergence de la Chine comme puissance énergétique, du fait de sa position de première consommatrice mondiale.

Les lecteurs du Moyen-Orient auront l’occasion de réfléchir à un grand nombre de questions grâce à l’estimation de Yergin concernant l’emplacement de la région sur sa nouvelle carte, et les défis auxquels sont confrontés les producteurs traditionnels d’hydrocarbures.

« Le seul marché qui semblait être garanti pour le pétrole pendant très longtemps était le transport, et en particulier l'automobile. Plus maintenant, pas sur la “feuille de route” pour l’avenir », selon Yergin.

Malgré son parcours d'historien des combustibles fossiles, Yergin ne nie pas le changement climatique. « L'élan des politiques climatiques – alimenté par la recherche et l'observation, par les modèles climatiques, par la mobilisation politique et le pouvoir de régulation, l'activisme social, les institutions financières et l'aggravation de l'anxiété – transformera le système énergétique », écrit-il.

En outre, il y a évidemment l’impact de la pandémie de coronavirus et les changements profonds qu’elle a provoqués dans le secteur de l’énergie au niveau mondial.
« La peste » – comme la nomme Yergin – a éclaté au moment où il mettait la touche finale à un manuscrit sur lequel il avait travaillé pendant des années, mais il l’accepte sans sourciller. Le récit de l'échec des négociations à Vienne en mars, lorsque l'Arabie saoudite et la Russie se sont heurtées à propos de la politique de production alors que la demande mondiale de pétrole s'effondrait en raison de la pandémie, est riche de détails dramatiques.

S’il y a un seul point négatif, c’est que le livre se termine sur une note pessimiste qui ne correspond pas à la bonhomie naturelle de Yergin ni à son approche généralement optimiste.
Ses trois derniers mots sont « choc des nations », rappelant ainsi d’autres prévisions apocalyptiques pour le monde. Ce sont peut-être les jours de profonde tristesse durant la pandémie qui ont causé sa dépression temporaire.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com