Le transport aérien mise sur la réduction de l’équipage pour réduire les coûts

​​​​​​​Sans chercher à éradiquer complètement l'équipage du cockpit, Project Connect et d'autres systèmes pourraient en réduire le nombre. (Photo, Archives/AFP)
​​​​​​​Sans chercher à éradiquer complètement l'équipage du cockpit, Project Connect et d'autres systèmes pourraient en réduire le nombre. (Photo, Archives/AFP)
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Publié le Mardi 31 août 2021

Le transport aérien mise sur la réduction de l’équipage pour réduire les coûts

  • Les ingénieurs poussent les limites de l’automatisation, alors que l’industrie aérienne est touchée par les retombées de la pandémie
  • «La question de la sécurité constitue l’obstacle principal qui, jusqu’à ce jour, est assurée par le biais de formations professionnelles des pilotes»

DUBAI: Les machines ont révolutionné l’expérience du consommateur dans les banques ainsi que dans toutes sortes d’affaires financières, dans les supermarchés où on trouve des caisses et des magasins automatisés, mais aussi dans les salles d’opération, partout dans le monde, où les ordinateurs et les robots aident les chirurgiens à exécuter des interventions délicates.

Par conséquent, une question s’impose : est-ce qu’un ordinateur serait-il capable de transporter des centaines de passagers dans un avion, à une altitude de 10 000 mètres, pendant des heures, et de se charger du décollage et de l’atterrissage ?

Les ordinateurs ont toujours servi d’aide aux pilotes, à travers leurs technologies sophistiquées de pilotage automatique et de navigation. Cependant, les pilotes font face à de nombreux défis et restent en état d’alerte tout au long du vol.

Bien que le sujet soit surtout axé sur les conséquences et la sécurité de voitures et de camions automatisés, des études sont en cours pour savoir si les machines pourront un jour remplacer les pilotes dans les airs. 

Pour être plus précis, ces études n’envisagent pas l’absence totale des pilotes, mais essayent plutôt d’estimer le nombre de membres d’équipage requis pour un vol long-courrier.

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Des membres d’équipage de Cathay Pacific Airways, portant des masques de protection, venus de Hong Kong, traversent l’aérogare internationale de l’aéroport international de Los Angeles, le 28 février 2020. (Photo AFP)

Selon Nadine Itani, consultante en stratégie aérienne et directrice du centre de recherche d’aviation du Moyen-Orient : «Les longs vols durent généralement plus que 6 heures. D’habitude, ils imposent une escale dans un certain pays. Deux points sont ainsi reliés, à travers un transit ou une escale.»

Airbus et Cathay Pacific, basée à Hong Kong, évaluent un nouveau système connu sous le nom de «Project Connect» qui consiste à effectuer un vol de longue durée avec deux pilotes uniquement. Au lieu d’avoir trois ou quatre pilotes présents lors de tous les vols commerciaux, comme il se passe actuellement, un seul pilote occuperait le poste de pilotage alors que les deux autres se relaient pour se reposer. 

La compagnie Cathay Pacific, dont Swire Group et Air China sont les actionnaires principaux, a confirmé qu’elle menait des études pour évaluer la possibilité d’avoir un équipage réduit. Toutefois, elle a avoué qu’elle n’avait pas l’intention d’être la première à lancer un programme pareil.

La compagnie allemande Lufthansa a également révélé qu’elle réfléchissait à ce programme mais qu’elle n’avait pas de plans pour l’introduire, pour le moment.

Itani a indiqué que le pilotage solitaire se fait déjà dans de petits avions avec un maximum de 9 passagers et dans des avions privés ou militaires. On étudie actuellement la possibilité d’adopter cette même démarche dans de gros avions commerciaux et pour des vols qui durent plus que 6 ou 7 heures. Elle a ensuite précisé que la technologie informatique requise n’est pas encore prête pour garantir la sécurité du vol.

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Environ 25 000 pilotes ont été mis à pied à cause de la pandémie, mais 75% d’entre eux se sont remis à travailler, étant donné que les activités aériennes ont repris, ces derniers mois. (Photo AFP)

 «Les machines peuvent se tromper et cela pourrait aboutir à des accidents, ce qui met la sécurité des passagers à risque», a ajouté Itani.

 «C’est ce défi majeur qui ralentit le projet. Jusqu’à ce jour, les recherches montrent qu’il n’existe pas d’avions automatisés complètement sécurisés.»

L’idée de l’équipage réduit doit d’ailleurs être validée par un grand nombre d’autorités réglementaires. L’Organisation de l’aviation civile internationale, l’Administration fédérale de l’aviation aux États-Unis et l’Agence européenne de la sécurité aérienne, entre autres, devraient y consentir, a poursuivi Itani.

D’autres experts trouvent que le pilotage solitaire n’est pas très adéquat.

Michael Wette, partenaire et chef du transport et des services de l’Inde, du Moyen-Orient et de l’Afrique à Oliver Wyman – cabinet de conseil possédant des bureaux à Dubai et dans d’autres villes et des clients à Riyad et Jeddah – a dit à Arab News: «La plupart des pilotes, des organisations et des directeurs de compagnies aériennes avec lesquels nous nous entretenons sont très sceptiques face à ces machines indépendantes.»

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Les ordinateurs ont toujours servi d’aide aux pilotes, à travers leurs technologies sophistiquées de pilotage automatique et de navigation. Cependant, les pilotes font face à de nombreux défis et restent en état d’alerte tout au long du vol. (Photo AFP)

«La question de la sécurité constitue l’obstacle principal. En effet, la sécurité des passagers est, jusqu’à ce jour, assurée par le biais de formations professionnelles et des expériences des pilotes, surtout lorsqu’il s’agit de situations atypiques», a-t-il dit.

Alors qu’on se retrouve face à un surplus de pilotes, on s’attend à ce qu’il y ait bientôt un manque. D’après Wette, des études techniques, comme «Project Connect», seront probablement menées jusqu’au bout, puisqu’elles ont été lancées depuis un certain moment.

Il a ensuite ajouté qu’environ 25 000 pilotes avaient été mis à pied à cause de la pandémie du coronavirus mais que 75% d’entre eux avaient repris le travail, étant donné que les activités aériennes ont repris depuis quelques mois. Cependant, d’autres pilotes demeurent en congé prolongé, sans oublier que 10 000 pilotes ont opté pour les programmes de retraite anticipée et ont quitté le marché du travail à cause de la crise sanitaire mondiale.

L’initiative de «Project Connect» n’est pas nouvelle. Itani raconte que lAdministration nationale de l'aéronautique et de l'espace (NASA) a commencé à étudier l’idée du pilotage solitaire dans les avions commerciaux en 2012. Toutefois, les pressions qui s’exercent pour réduire les coûts se sont intensifiées au cours des dernières années.

Dans les circonstances les plus favorables, l’industrie aérienne a travaillé avec de très faibles marges de profit. Elle essayait continuellement de trouver des idées pour réduire les coûts des avions opérationnels en réduisant les salaires et les logements de l’équipage, les formations et les frais d’embauche.

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Nadine Itani, consultante en stratégie aérienne et directrice du centre de recherche d’aviation du Moyen-Orient, et Michael Wette (à droite), partenaire et chef du transport et des services de l’Inde, du Moyen-Orient et de l’Afrique à Oliver Wyman. (Photo fournie)

Les frais d’équipage étaient estimés aux alentours de 25% du montant total et constituaient les frais les plus élevés après ceux du carburant, a dit Itani.

L’idée de l’équipage réduit a été encore plus favorisée depuis le début de la pandémie qui a gravement affecté l’industrie aérienne. De nombreux avions de passagers ont été interdits de vol, des dizaines de compagnies aériennes ont fait faillite et des milliers de pilotes semblent avoir été licenciés.

L’activité aérienne n’est pas encore retournée à ce qu’elle était avant la pandémie. Aujourd’hui, le nombre moyen d’heures de vol est approximativement à 65% de ce qu’il était avant la Covid-19, et ce pourcentage inclut la région du Golfe, confirme Wette. La plupart des voyages sont à présent effectués pour les loisirs ou les urgences familiales. Ce ne sont plus les voyages d’affaires qui priment.

Airbus a indiqué que ses études sont fondées sur un minimum de deux pilotes opérationnels par vol, et que des tests sont actuellement en cours, en collaboration avec des autorités réglementaires et des compagnies aériennes partenaires.

Un porte-parole d’Airbus a affirmé à Arab News que la question de la sécurité représentait une priorité absolue pour le géant fabricant européen d’avions et que les nouvelles technologies n’étaient «pas encore totalement prêtes». Il a ensuite déclaré que «la première application potentielle des technologies autonomes consisterait en une opération de pilotage solitaire, uniquement pendant la phase de croisière, une fois que les technologies requises seront prêtes».

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La compagnie Cathay Pacific, dont Swire Group et Air China sont les actionnaires principaux, a confirmé qu’elle menait des études pour évaluer la possibilité d’avoir un équipage réduit. Toutefois, elle a avoué qu’elle n’avait pas l’intention d’être la première à lancer un programme pareil. (Photo AFP)

 «Prônant la sécurité et l’adhésion sociale, la mission d’Airbus n’est pas de passer à l’automatisation totale des engins, mais plutôt d’explorer des technologies autonomes, aux côtés de celles des matériaux, de l’électrification, de la connectivité et autres», a mentionné le porte-parole.

Il y a aussi la question de l’infrastructure. Les pilotes qui sont seuls dans les cabines de pilotage ont besoin de communiquer avec la terre, dans les situations d’urgence et de dangers pour la sécurité. De plus, les aéroports doivent moderniser leurs radiocommunications ainsi que leurs opérations sur le terrain, a évoqué Itani.

Normalement, les décisions sont prises collectivement par les pilotes dans la cabine. Mais, quand il n’y a qu’un seul pilote en charge, celui-ci a besoin de quelqu’un avec qui communiquer, à part la machine.

Aucune compagnie arabe et aucun transporteur aérien du Moyen-Orient n’ont rejoint le projet Connect. Mais, en tant qu’opérateurs internationaux importants, ils semblent suivre l’affaire de près. Pour le moment, les systèmes des opérations à pilote solitaire sont testés sur les jets A350 d’Airbus.

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Aucune compagnie arabe et aucun transporteur aérien du Moyen-Orient n’ont rejoint le projet Connect. Mais, en tant qu’opérateurs internationaux importants, ils semblent suivre l’affaire de près.

Qatar Airways a été le client de lancement de l’Airbus A350 et prévoit une importante expansion. La compagnie fait également partie de l’alliance Oneworld dont Cathay Pacific est membre. Cependant, Singapore Airlines est actuellement le principal client des avions A350, en termes de flotte.

 «Les transporteurs aériens et les aéroports du Moyen-Orient jouent un rôle primordial quand il s’agit de relier l’Est à l’Ouest à travers des aéroports comme ceux de Doha, Dubai et, très prochainement, Madinah et Jeddah», a annoncé Itani.

Si les opérations de pilotage solitaire sont validées, et si le feu vert est donné par les différentes autorités concernées, les transporteurs aériens et les aéroports du Moyen-Orient auront «un rôle important à assumer», a-t-elle conclu.


Pétrole en repli, Bourses d'Asie prudentes: le marché guette des signaux concrets d'apaisement au Moyen-Orient

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
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  • Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février
  • Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens

TOKYO: Les prix du pétrole sont repartis à la baisse vendredi en Asie, dans des marchés guettant les signaux tangibles sur de potentielles négociations entre Etats-Unis et Iran, tandis que Tokyo et Séoul reprenaient leur souffle au lendemain d'une envolée.

Recul du pétrole, prudence sur le Moyen-Orient

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, référence du marché américain, reculait de 1,49% à 93,28 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, cédait 1,11% à 98,29 dollars.

Les cours de l'or noir ont effacé leurs gains de la veille, le marché restant dans l'attente de signaux concrets sur de potentielles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.

Certes, le président américain Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

Donald Trump a en outre annoncé un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT.

Mais le marché doit composer avec des signaux contradictoires: le ministre américain de la Défense a ainsi dit jeudi que les Etats-Unis bombarderont à nouveau l'Iran si Téhéran "fait le mauvais choix".

L'Iran a menacé de bloquer la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier. Et l'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a par ailleurs indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

"Pour l'heure, le fait qu'aucune nouvelle série de pourparlers n'ait été programmée n'a qu'un impact modéré sur les marchés financiers (...) et le prix du pétrole reste inférieur à 100 dollars le baril",constate Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Toutefois, tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement opérationnel, le prix du pétrole continuera de s'échanger avec une prime substantielle", prévient-elle.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février.

Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

La monnaie américaine montait légèrement (+0,19%) à 159,47 yens pour un dollar, tandis que l'or se stabilisait à 4.789 dollars l'once.

"S'il existe effectivement une voie rapide et crédible vers une résolution, l'optimisme récent pourrait persister, confortant la perspective à moyen terme d'un affaiblissement du dollar", observe Lloyd Chan, de MUFG.

"En revanche, si la diplomatie échoue et que l'optimisme s'estompe, le dollar pourrait rester soutenu plus longtemps", portée par les tensions inflationnistes.

Les Bourses d'Asie soufflent

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points.

A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,55%. La Bourse de Taipei a reculé de 0,88%, Sydney de 0,09%. L'indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Guettant les signaux contradictoires au Moyen-Orient, les places asiatiques reprenaient leur souffle et faisaient une pause après avoir bondi la veille, le Nikkei s'élevant même à un sommet record en clôture.

"Compte tenu du nouveau record historique atteint par le Nikkei (jeudi), la prudence pourrait de nouveau s'imposer à ces niveaux élevés de valorisation", prévenaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

TSMC trébuche, les investisseurs prudents

Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Il a vu pourtant son titre chuter de 2,64% vendredi à la Bourse de Taipei.

Ce repli reflète des prises de bénéfices, mais aussi l'inquiétude des investisseurs quant à la forte dépendance du groupe vis-à-vis d'un petit nombre de clients géants spécialisés dans l'IA.

"Les investisseurs sont amenés à se demander si une part trop importante des résultats de l'entreprise ne repose pas sur la capacité d'un groupe restreint d'+hyperscalers+ et de concepteurs de puces IA à maintenir leurs dépenses au rythme actuel", note Charu Chanana, de Saxo Markets. "Ce marché est difficile à impressionner".

 


« Data Center Resource 360 » : Veolia face à l’empreinte écologique du numérique

Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
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  • Veolia lance « Data Center Resource 360 », une offre globale visant à rendre les data centers plus durables, circulaires et résilients dans un contexte de forte croissance du secteur
  • Cette solution permet jusqu’à 20 % de réutilisation d’énergie, une réduction de 75 % de l’empreinte hydrique et 95 % de recyclage et de réutilisation des déchets, tout en renforçant l’intégration locale et la sécurité environnementale

LONDRES: À Londres, Veolia a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie environnementale en dévoilant « Data Center Resource 360 », une offre globale destinée à répondre à un défi croissant : concilier l’essor fulgurant des infrastructures numériques avec les impératifs écologiques et sociétaux.

Dans un monde où l’accès à l’information est devenu essentiel, la donnée s’impose désormais comme une ressource stratégique. Cette transformation s’accompagne toutefois d’un coût invisible mais considérable : les data centers, piliers de l’économie numérique, nécessitent des volumes toujours plus importants d’eau, d’énergie et d’infrastructures. Leur développement rapide — estimé à une croissance annuelle de plus de 11 % — accentue les tensions sur les ressources, notamment dans les zones urbaines où ils sont implantés.

Face à cette réalité, Veolia propose une approche holistique et intégrée. L’offre « Data Center Resource 360 » vise à transformer ces infrastructures en modèles de durabilité. Elle repose sur une gestion complète du cycle des ressources, permettant jusqu’à 75 % de réduction de l’empreinte hydrique, 95 % de recyclage et de valorisation des déchets, ainsi que 20 % de réutilisation de l’énergie.

Déjà déployée sur plus de 100 sites à travers le monde, notamment auprès des principaux opérateurs du secteur, cette offre s’appuie sur l’expertise combinée du groupe dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

« Il s’agit d’un marché stratégique, à la croisée des révolutions numérique et écologique », a déclaré Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors de l’événement de lancement. « À mesure que la pression sur les ressources s’intensifie, transformer les data centers en acteurs utiles aux territoires devient une nécessité », a-t-elle ajouté.

Estelle Brachlianoff a insisté sur l’ADN d’innovation du groupe, hérité de plus de 170 ans d’histoire. « Aujourd’hui, la donnée est la prochaine génération de ressources », a-t-elle affirmé. « Nous sommes le laboratoire d’innovation des services essentiels. » Une vision qui s’inscrit dans une logique d’anticipation : pour Veolia, innover consiste avant tout à sécuriser ce dont les sociétés ne peuvent se passer — l’eau, l’énergie, la santé. 

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Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo: fournie)

Cette ambition prend une dimension particulière dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle. Les industries de l’IA, fortement consommatrices de ressources, renforcent la pression sur l’eau, l’énergie et le foncier. Dans certaines régions du monde, comme le Moyen-Orient, où jusqu’à 85 % de l’eau provient du dessalement, ces enjeux prennent une dimension géopolitique. L’eau, à l’instar du pétrole, devient un levier stratégique pour la stabilité et le développement.

Veolia entend répondre à ces défis en s’appuyant sur ses technologies propriétaires et sa capacité à intervenir à toutes les échelles — des États aux collectivités locales. L’offre présentée à Londres s’appuie notamment sur des outils digitaux avancés, capables d’optimiser en temps réel les performances des installations, d’anticiper les risques et de maximiser l’efficacité opérationnelle.

La stratégie repose également sur un modèle décentralisé, permettant d’adapter les solutions aux spécificités locales tout en bénéficiant d’une expertise globale. « Notre échelle mondiale est un avantage compétitif qui nourrit la croissance locale », a souligné Estelle Brachlianoff. Cette capacité à “penser global, agir local” permet au groupe de proposer des solutions sur mesure, en lien direct avec les besoins des territoires.

Lors de l’événement, une table ronde consacrée à l’innovation dans les industries de l’IA a également mis en lumière le rôle clé des infrastructures dans la transformation numérique. Les data centers ne sont plus de simples installations techniques : ils deviennent des nœuds stratégiques, au croisement des enjeux industriels, environnementaux et sociétaux.

De son côté, Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances, a insisté sur la nécessité de concilier innovation et déploiement à grande échelle. « L’innovation n’a de valeur que si elle peut être mise en œuvre efficacement et à coût maîtrisé », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que Veolia dessert aujourd’hui plus de 110 millions de personnes en eau, illustrant la capacité du groupe à opérer des solutions complexes à grande échelle. 

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Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo : fournie)

Elle a également mis en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les opérations du groupe, qu’il s’agisse de détecter les fuites, d’optimiser la consommation énergétique ou encore d’améliorer la maintenance prédictive. « L’IA et l’innovation de design permettent de générer des gains opérationnels significatifs pour nos clients, nos partenaires et nos équipes », a-t-elle ajouté.

Au-delà de la performance environnementale, l’enjeu est aussi économique. Dans un marché estimé à plusieurs milliards de dollars, les solutions intégrées pour data centers connaissent une croissance rapide. Veolia entend s’y positionner comme un acteur de référence, en capitalisant sur son expertise dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

Avec « Data Center Resource 360 », le groupe ne se contente pas de répondre à une problématique technique : il propose une nouvelle vision des infrastructures numériques. Des infrastructures capables non seulement de réduire leur empreinte, mais aussi de créer de la valeur pour les territoires, notamment grâce à la récupération de chaleur ou à une meilleure intégration dans les réseaux locaux.

À l’heure où la transition écologique s’impose comme une priorité mondiale, Veolia fait le pari que l’innovation, alliée à une approche systémique, peut transformer les contraintes en opportunités — et faire des data centers un levier clé du développement durable.


Hermès pénalisé au premier trimestre par la guerre au Moyen-Orient et les taux de change

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
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  • L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët
  • "On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis"

PARIS: Le groupe français de luxe Hermès a publié mercredi des ventes en baisse de 1,4% sur un an à 4,1 milliards d'euros au premier trimestre, pénalisées par les taux de change et la guerre au Moyen-Orient.

A taux de change constant, le chiffre d'affaires du sellier-maroquinier progresse de 6%, l’effet défavorable des changes représentant 290 millions d'euros. "Dans un contexte géopolitique sous tension, la maison Hermès garde son cap", déclare le gérant du groupe Axel Dumas, cité dans le communiqué.

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët.

"On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis", a-t-il détaillé, précisant que le groupe opère dans six magasins dans cette zone qui représentent "4% des ventes du groupe".

Les ventes aux Royaume-Uni, en Italie et en Suisse ont également souffert de cette guerre car Hermès y a un "proportion significative de clientèle du Moyen-Orient", selon le directeur finances.

Les ventes en France, en baisse de 2,8% à 347 millions d'euros sont pénalisées par "le ralentissement des flux touristiques, notamment en mars", selon le communiqué.

Pour les autres régions, les ventes en Amérique, Japon et Europe hors France "réalisent de belles progressions", "malgré le ralentissement des flux touristiques en lien avec les événements survenus au Moyen- Orient".

La zone Amérique "réalise un premier trimestre exceptionnel, avec une croissance équilibrée dans tous les métiers, tant aux États-Unis, qu'au Canada ou en Amérique du Sud", avec un chiffre d'affaires en hausse de 6,4% à 739 millions d'euros.

Le chiffre d'affaires au Japon en baisse de 3,9% (mais en hausse de 9,6% à taux de change constant) atteint 404 millions d'euros grâce à la clientèle locale.

En Europe hors France, le chiffre d'affaires est en hausse de 7,6% à 538 millions d'euros, soutenu par la demande locale également.

Le chiffre d'affaires en Asie hors Japon baisse de 4,6% (mais augmente de 2,2% hors effet de change) à 1,88 milliard d'euros avec une Grande Chine (qui inclut Hong Kong, Taïwan, Macao et la Chine) qui "poursuit une légère croissance".