La prise de contrôle des talibans en Afghanistan et ses répercussions dans un Irak instable

Al-Hachd Al-Chaabi, le réseau paramilitaire chiite qui a émergé lors de la lutte contre Daech, est une force redoutable intégrée dans l'infrastructure politique et sécuritaire irakienne. (Photo, AFP)
Al-Hachd Al-Chaabi, le réseau paramilitaire chiite qui a émergé lors de la lutte contre Daech, est une force redoutable intégrée dans l'infrastructure politique et sécuritaire irakienne. (Photo, AFP)
Des Irakiens participent à un événement célébrant l'inauguration d'une rue qui porte le nom du défunt commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis dans la ville de Bassora, dans le sud du pays, le 8 janvier 2021. (Photo, AFP)
Des Irakiens participent à un événement célébrant l'inauguration d'une rue qui porte le nom du défunt commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis dans la ville de Bassora, dans le sud du pays, le 8 janvier 2021. (Photo, AFP)
Des jeunes irakiens assistent à un événement célébrant l'inauguration d'une rue qui porte le nom du défunt commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis à Bassorah le 8 janvier 2021. (Photo, AFP)
Des jeunes irakiens assistent à un événement célébrant l'inauguration d'une rue qui porte le nom du défunt commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis à Bassorah le 8 janvier 2021. (Photo, AFP)
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région. (Photo, AFP)
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région. (Photo, AFP)
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région. (Photo, AFP)
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région. (Photo, AFP)
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région. (Photo, AFP)
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région. (Photo, AFP)
Les milices d’Al-Hachd Al-Chaabi irakiennes font officiellement partie des forces de sécurité du pays et sont financées par le gouvernement. (Photo, AFP)
Les milices d’Al-Hachd Al-Chaabi irakiennes font officiellement partie des forces de sécurité du pays et sont financées par le gouvernement. (Photo, AFP)
Un combattant d’Al-Hachd Al-Chaabi passe devant une affiche représentant le commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis (à droite) et le commandant de la Force Al-Qods du corps des Gardiens de la révolution islamique, Qasem Soleimani, à Bagdad. (Photo, AFP)
Un combattant d’Al-Hachd Al-Chaabi passe devant une affiche représentant le commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis (à droite) et le commandant de la Force Al-Qods du corps des Gardiens de la révolution islamique, Qasem Soleimani, à Bagdad. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 22 août 2021

La prise de contrôle des talibans en Afghanistan et ses répercussions dans un Irak instable

  • La chute rapide du gouvernement de Kaboul a fait planer le spectre de prises de pouvoir similaires dans les États fragiles du Moyen-Orient
  • Les analystes pensent qu'Al-Hachd Al-Chaabi, soutenu par l'Iran, ne bénéficiera pas davantage d’un renversement du gouvernement de Bagdad

IRBIL, Irak : Ce n'est peut-être qu'une question de temps avant que les États instables du Moyen-Orient ne commencent à ressentir les répercussions de la conquête rapide par les talibans de la quasi-totalité de l'Afghanistan. Les implications du triomphe du groupe islamiste sunnite ne seront pas perdues pour les acteurs non étatiques et les extrémistes violents actifs dans les pays où les États-Unis ont encore des troupes militaires.

L'armée afghane entraînée et équipée par les États-Unis n'a pas réussi à tenir ses positions contre l'offensive éclair des talibans, alors que ville après ville tombait dans les mains des talibans en succession rapide. Le gouvernement de Kaboul s'est rapidement effondré, ouvrant la voie à une deuxième ère du régime taliban, un peu moins de 20 ans après la fin de la première. 

La principale leçon que d'autres groupes militants tireront probablement du retrait raté des États-Unis d'Afghanistan est la suivante : s'ils peuvent résister assez longtemps à la technologie et à la puissance de feu supérieures de l'ennemi, ce dernier finira par se lasser et se retirer, laissant ses régimes marionnettes s'effondrer. 

img 1
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région (Photo, AFP)

Si c'est la pensée de certains chefs de milices chiites en Irak, qui réclament depuis longtemps le départ des forces américaines, on ne peut guère la rejeter comme de la pure fantaisie. Après tout, il existe un précédent assez récent d'une offensive rapide des insurgés écrasant rapidement l'armée irakienne.

Daech a réussi à conquérir un tiers de l'Irak, dont sa deuxième ville, Mossoul, à l'été 2014. L'armée irakienne, beaucoup plus nombreuse et mieux équipée, s'est retirée sans combattre.

Bien que Bagdad ait pu reconquérir la majeure partie de ces territoires en 2017, avec un large soutien américain, la campagne contre Daech a donné naissance à une nouvelle force, Al-Hachd Al-Chaabi (Les forces de mobilisation populaire), qui pourrait s'avérer capable de renverser le gouvernement irakien.

Al-Hachd Al-Chaabi a été formé en 2014 pour aider à combattre Daech après l'échec tristement célèbre de l'armée irakienne à défendre Mossoul. L'organisation faîtière des milices à prédominance chiite a ensuite libéré de vastes zones des régions irakiennes à prédominance sunnite et a ensuite été intégrée à l'appareil de sécurité irakien.

Néanmoins, certaines des factions les plus puissantes d’Al-Hachd Al-Chaabi ont longtemps été équipées et financées par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) pour faire avancer les objectifs militaires et politiques de l'Iran dans la région.

Les observateurs de la question irakienne craignent que ces factions ne surpassent l'armée irakienne régulière et ne se transforment en un État puissant au sein d'un État, qui ressemble tout à fait au Hezbollah du Liban.

Elles ont à leur disposition d'importants stocks de missiles sol-sol et de drones armés fournis par l'Iran, dont certains ont été utilisés ces dernières années pour attaquer des cibles militaires américaines en Irak.

Heureusement pour le gouvernement de Bagdad, chargé de la tâche d'équilibrer les intérêts de ses protecteurs américains et iraniens, l'administration Biden ne semble pas aussi pressée de se retirer d'Irak qu'elle l'était d'Afghanistan.

De plus, selon les analystes politiques, il existe plusieurs distinctions majeures entre les deux cas qui suggèrent fortement qu'une prise de contrôle à la manière des talibans en Irak par des milices pro-iraniennes n'est probablement pas à l'ordre du jour, du moins, ce n'est pas pour bientôt.

Tout d'abord, ces factions ont beaucoup à gagner à garder le statu quo. «Les factions pro-iraniennes d’Al-Hachd Al-Chaabi ne veulent pas s’emparer du pouvoir. Leur objectif est de rejoindre les partis au pouvoir et d'obtenir leur part de l'État, à la fois légale et illégale », a déclaré à Arab News Joel Wing, auteur du blog en ligne Musings on Iraq.

«Elles font déjà officiellement partie des forces de sécurité, ce qui signifie qu’elles ont un financement gouvernemental. Elles veulent plus de combattants sur la liste de paie. Elles veulent des contrats et des pots-de-vin».

img 2
Les milices d’Al-Hachd Al-Chaabi irakiennes font officiellement partie des forces de sécurité du pays et sont financées par le gouvernement. (Photo, AFP)

Alex Almeida, analyste en sécurité irakienne au cabinet de conseil en énergie «Horizon Client Access», est également sceptique quant à la tentative de la prise de pouvoir d’Al-Hachd.

«À moins d'une répétition de 2014, ou d'une sorte de scénario d’un coup d'État de milice ou d'un siège de la zone internationale à Bagdad, il est fortement improbable que nous voyions une situation similaire se développer en Irak, principalement parce qu'avec les milices avec lesquelles nous aurions affaire être une faction rebelle de l'État irakien plutôt qu'une prise de contrôle externe par une force insurgée», a-t-il expliqué.

Rodger Baker, vice-président senior de l'analyse stratégique chez RANE Stratfor, est d'accord et souligne que de nombreux groupes d’Al-Hachd «sont intégrés aux forces de sécurité irakiennes, et pas simplement des insurgés extérieurs» comme l'étaient les combattants talibans en Afghanistan.

 

EN CHIFFRES

2014 : L’année de la formation d’Al-Hachd Al-Chaabi. 

40 groupes sous l'égide d’Al-Hachd Al-Chaabi. 

128 000 combattants forment les forces d’Al-Hachd Al-Chaabi.

 

«Les forces d’Al-Hachd Al-Chaabi ne détiennent pas de territoire de la même manière que les talibans l'ont fait en Afghanistan, même s'ils opèrent dans des zones géographiques relativement définies», a indiqué Baker. «Elles ont des alliances étroites avec des membres du parlement irakien».

«En bref, au moins avec bon nombre des plus grands groupes d’Al-Hachd, ils sont intégrés dans l'infrastructure politique et sécuritaire irakienne. Ainsi, ils ne recherchent pas nécessairement le renversement du régime, mais plutôt l'affirmation de leurs intérêts, et souvent de ceux de l'Iran, en Irak».

img 3
Heureusement pour Bagdad, l'administration Biden ne semble pas pressée de se retirer de l’Irak. (Photo, AFP)

Baker est en outre plus confiant quant aux capacités des forces armées irakiennes par rapport aux forces de sécurité afghanes, notant que l'armée irakienne a «subi une transformation importante depuis qu'elle s'est, en grande partie, effondrée après l'offensive de Daech» en 2014. 

«Après cet échec, les Irakiens et l'armée américaine ont subi une importante réforme de la formation et du leadership des forces de sécurité irakiennes, et ces forces ont largement fait leurs preuves plusieurs années plus tard dans leur déroute de Daech depuis des villes et des zones cruciales», a-t-il éclairci.

«Il y a actuellement beaucoup plus de cohésion et un sens plus aigu de l'objectif commun parmi les forces de sécurité irakiennes qu'il n'y en avait parmi les forces de sécurité afghanes». 

Il existe une autre différence cruciale entre la situation actuelle en Irak et en Afghanistan, avant la prise de contrôle des talibans. Ce n'est un secret pour personne que la puissante agence de renseignement militaire du Pakistan, l'Inter-Services Intelligence (ISI), a longtemps soutenu les talibans, souvent au détriment des objectifs stratégiques américains. 

Cependant, contrairement à l'approche relativement laissez-faire de l'ISI, Baker croit que l'Iran tient ses milices irakiennes qui agissent pour son compte en laisse beaucoup plus courte, imposant les limites de leurs activités. 

«Le soutien de l'Iran aux groupes d’Al- Hachd est beaucoup plus fort que le soutien du Pakistan aux talibans, probablement plus fort même que le soutien des talibans pakistanais à la fin des années 1990», a soutenu Baker.

img 4
Un combattant d’Al-Hachd Al-Chaabi passe devant une affiche représentant le commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis (à droite) et le commandant de la Force Al-Qods du corps des Gardiens de la révolution islamique, Qasem Soleimani, à Bagdad. (Photo, AFP)

En plus de les armer et de les entraîner, les responsables iraniens rencontrent publiquement des éléments des groupes d’Al-Hachd en Irak. «Cela peut aussi restreindre les actions des plus grands groupes d’Al-Hachd, car l'Iran ne cherche pas nécessairement le renversement du gouvernement irakien et ne cherche certainement pas plus de déstabilisation», a affirmé Baker.

«Au contraire, ces groupes font partie d'un ensemble d'éléments que Téhéran utilise pour maintenir son influence et protéger ses intérêts stratégiques en Irak». 

Toutefois, Bagdad devrait tirer quelques grandes leçons des événements en Afghanistan pour s'assurer qu'elle ne subira pas le même sort que Kaboul, selon les analystes.

«La leçon la plus importante est peut-être l'importance d'éradiquer la corruption au sein du gouvernement à tous les niveaux et d'assurer la cohésion entre les divers groupes ethniques, régionaux et sectaires en Iraq», a souligné Baker.

Le manque de cohésion interne de l'Afghanistan était évident pour tous, dans les heures qui ont précédé la chute de Kaboul. Plusieurs hauts responsables, dont le président Ashraf Ghani, ont choisi de fuir le pays, tandis que d'autres ont cherché à négocier avec les talibans qui approchaient. D'autres encore, comme Ahmad Massoud, se sont armés et se sont dirigés vers les montagnes pour lancer une nouvelle phase de résistance. 

«Le manque de cohésion et la perception de la corruption ont laissé de nombreux citoyens afghans incapables de faire confiance au gouvernement. On pourrait en dire autant de la bureaucratie et des forces de sécurité», a clarifié Baker. 

La distinction la plus cruciale entre les deux cas est peut-être que les États-Unis ne prévoient pas de retrait complet d’Irak dans un proche avenir.

«Les récents pourparlers américano-irakiens montrent que Washington n'a pas l'intention de se retirer d'Irak», a estimé Wing. «Les attaques des factions pro-Téhéran compliquent cela parce que les Américains se concentrent sur leur propre protection plutôt que sur l'aide aux Irakiens en ce moment. Mais même alors, il n'y a aucun signe qu'ils veuillent mettre fin à la mission».

img 5
Des pancartes dénonçant les forces d’Al-Hachd sont exposées lors d'une manifestation de Kurdes irakiens devant le consulat américain à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien autonome. (Photo, AFP/Archives)

Almeida croit que le retrait désastreux d'Afghanistan «rendra l'administration Biden beaucoup plus prudente quant à la façon dont elle gère les mécanismes d'un nouveau retrait américain en Irak, en particulier en réduisant sa présence diplomatique sans soutien militaire dans le pays». 

Pour sa part, Baker pense que la décision de quitter l'Irak «sera fondée davantage sur le réalignement stratégique des priorités des États-Unis que sur les retombées politiques du retrait afghan, d'autant plus que le gouvernement irakien est dans une situation beaucoup plus forte que ne l'était le gouvernement afghan». 

«Le plus grand risque pour l'Irak réside dans les différences régionales et sectaires à long terme, et les revendications d'un plus grand fédéralisme ou d'une répartition du pouvoir», a-t-il prévenu.

«Les ressources économiques sont réparties de manière inégale à travers l'Irak, et ces différences géographiques continueront de façonner le futur environnement de sécurité et de stabilité».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Israël tourne une page avec le retour de son dernier otage à Gaza

L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
Short Url
  • Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza
  • "Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza

JERUSALEM: "Nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza": Israël a rapatrié lundi le corps de Ran Gvili, le dernier d'entre eux, marquant la fin du long combat des familles dans une société traumatisée par l'attaque du 7-Octobre.

Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza sans passer par Israël.

"Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza, a-t-il ajouté.

L'armée avait auparavant indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé".

M. Netanyahu a salué "une réussite extraordinaire pour l'Etat d'Israël". "Nous les avons tous ramenés, jusqu'au tout dernier captif", a-t-il dit au Parlement.

Le gouvernement "a accompli sa mission morale", s'est-il prévalu, l'armée se félicitant d'avoir tenu sa promesse de "ne jamais abandonner personne".

"C'est une période qui touche à sa fin", réagit à Tel-Aviv Orna Cheled, une habitante de 70 ans, qui se dit "très émue".

"Mais je ne sens pas que la situation est résolue, que c'est vraiment la fin (...) au final, nous voulons juste vivre en paix", ajoute-t-elle.

"Ça ressemble à une forme de clôture. C'est très émouvant", témoigne aussi Rebecca Geller, 46 ans, une ancienne employée du Forum des familles, la principale association israélienne de proches de captifs.

"TRAVAIL EXTRAORDINAIRE! (...) Félicitations à ma formidable équipe de champions!!!", a écrit pour sa part Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Dans le même temps, neuf prisonniers palestiniens ont été libérés par Israël et hospitalisés à Gaza, selon l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa, à Deir el-Balah (centre).

Fin du "combat" 

Lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages.

Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.

Ran Gvili, un policier, était tombé au combat à 24 ans en défendant le kibboutz Aloumim.

Seule sa dépouille n'avait jusque-là pas été rendue à Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza sous pression américaine le 10 octobre.

"Avec le retour de (Ran) Gvili, un héros qui a donné sa vie pour défendre sa communauté, nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza", a écrit le Forum des familles.

"Ce qui avait commencé dans un choc inimaginable est devenu l'un des combats civiques, moraux et humains les plus obstinés de l'Histoire", a-t-il ajouté, un combat désormais "terminé".

Les chaînes de télévision ont diffusé en boucle des images du cercueil de Ran Gvili, recouvert d'un drapeau israélien et entouré de soldats.

"Tu devrais voir les honneurs qu'on te rend ici. Toute la police est avec toi, toute l'armée (...) tout le peuple (...) Je suis fier de toi, mon fils", a lancé son père lors d'un hommage.

Dimanche, les forces israéliennes avaient lancé des fouilles dans un cimetière du nord de Gaza.

Le Hamas avait auparavant indiqué avoir donné aux médiateurs dans le conflit "tous les détails et informations" qu'il détenait sur l'emplacement du corps. Il a affirmé que sa découverte confirmait son "engagement" pour le cessez-le feu.

"Voyager est un rêve" 

Le retour de ce dernier otage ouvre la voie à la réouverture de Rafah, passage crucial pour l'acheminement de l'aide humanitaire.

Elle est réclamée de longue date par les Nations Unies et la communauté humanitaire, mais Israël a déjà précisé qu'elle serait "limitée" aux piétons et soumise à "un mécanisme complet d'inspection israélien".

Sur le terrain, alors que les deux parties s'accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants palestiniens.

"Le monde ne se soucie pas de nous. Pour nous, voyager est un rêve de retour à la vie", témoigne Maha Youssef, 37 ans, déplacée à Gaza-ville par la guerre.

"Même si cela est financièrement difficile et probablement instable, mes enfants pourraient voir à quoi ressemble une vie normale et la vivre et au moins, ils pourraient aller à l'école", ajoute-t-elle.

La deuxième étape du plan Trump, endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre, prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

Le secrétaire général de l'ONU a salué lundi le retour du corps de Ran Gvili, appelant à une "mise en oeuvre intégrale" de l'accord de cessez-le-feu après plus de deux ans de guerre.

 


Trois touristes français tués dans le naufrage d'un bateau au large d'Oman

Des habitants et des touristes font du bateau à moteur à Wadi Darbat (vallée de Darbat), près de Salalah, dans la province méridionale d'Oman, à Dhofar, le 21 juillet 2022. (AFP)
Des habitants et des touristes font du bateau à moteur à Wadi Darbat (vallée de Darbat), près de Salalah, dans la province méridionale d'Oman, à Dhofar, le 21 juillet 2022. (AFP)
Short Url
  • Trois touristes français ont été tués et deux autres blessés dans le naufrage d’un bateau transportant 25 personnes au large de Mascate, Oman
  • Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de l’accident, alors qu’Oman voit croître son tourisme, qui a atteint près de 4 millions de visiteurs en 2024

MASCATE: Trois touristes français ont été tués et deux autres blessés dans le naufrage d'un bateau au large d'Oman, a annoncé mardi la police du pays du Golfe.

Un bateau transportant 25 touristes français, parmi lesquels le guide touristique et le capitaine, "a chaviré à 2,5 milles nautiques du port Sultan Qaboos" à Mascate, la capitale du sultanat, a indiqué la police omanaise dans un communiqué publié sur X.

"L'incident a entraîné la mort de trois touristes et des blessures légères pour deux autres", a-t-elle poursuivi en ajoutant qu'une enquête était en cours pour déterminer les circonstances de l'accident.

Longtemps en marge des grands circuits touristiques, Oman attire désormais un public croissant en quête de nature préservée et d'authenticité.

Le pays a accueilli près de 4 millions de touristes en 2024 et le gouvernement vise à tripler ce chiffre d'ici 2040 en misant sur un tourisme durable.


Soudan: l'armée affirme avoir rompu le siège d'une ville du Kordofan

L'armée soudanaise tente d'endiguer l'avancée fulgurante des forces paramilitaires RSF dans toute la région du Kordofan. (AFP/Archives)
L'armée soudanaise tente d'endiguer l'avancée fulgurante des forces paramilitaires RSF dans toute la région du Kordofan. (AFP/Archives)
Short Url
  • L’armée soudanaise annonce avoir brisé le siège de Dilling (Kordofan-Sud) imposé depuis plus d’un an et demi par les Forces de soutien rapide (FSR), sécurisant les approches nord et sud de la ville
  • La région reste instable et stratégique, avec des opérations paramilitaires soutenues par le SPLM-N, et des déplacements massifs de civils soulignant le risque de famine et d’exactions similaires à celles du Darfour

KHARTOUM: L'armée soudanaise a annoncé lundi avoir brisé le siège de la ville de Dilling dans le sud du Soudan, au Kordofan, imposé depuis plus d'un an et demi par les forces paramilitaires.

Les forces gouvernementales ont "réussi à ouvrir la route de Dilling après avoir mené une opération militaire couronnée de succès", a affirmé l'armée dans un communiqué, assurant avoir infligé "de lourdes pertes" aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Dans son communiqué, l'armée explique que son avancée a permis de sécuriser les approches nord et sud de Dilling, ville de l'Etat du Kordofan-Sud sous son contrôle.

L'AFP n'a pas pu vérifier de manière indépendante ces affirmations. De leur coté, les FSR n'ont pas encore fait de commentaires.

Depuis la prise d'El-Facher, qui était le dernier bastion de l'armée dans la vaste région voisine du Darfour (ouest du pays), les paramilitaires ont recentré leurs opérations sur la région du Kordofan, zone stratégique qui fait la jonction entre les zones tenues par l'armée dans le nord, l'est et le centre, et le Darfour.

Les FSR y ont pris la ville de Heglig, où se trouve le plus grand champ pétrolifère du Soudan, et intensifié leur siège de Kadougli qui dure depuis plus d'un an et demi.

Une mission d'évaluation avec l'ONU a déjà confirmé la famine à Kadougli l'année dernière. La situation à Dilling pourrait bientôt être similaire, mais l'insécurité et le manque d'accès ont empêché toute remontée d'information.

L'offensive des paramilitaires au Kordofan, région fertile, riche en pétrole et en or, est appuyée par une faction du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), dirigée par Abdelaziz al-Hilu, qui contrôle de larges portions du Kordofan-Sud et certaines zones de l'Etat voisin du Nil Bleu.

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans un conflit brutal entre l'armée et les FSR, qui a fait des dizaines de milliers de morts et quelque 11 millions de déplacés.

Les atrocités se sont multipliées après la prise d'El-Facher au Darfour par les FSR, des informations faisant état de massacres, de violences sexuelles, d'enlèvements et de pillages généralisés.

L'ONU a averti que des exactions similaires pourraient se propager au Kordofan. Selon les derniers chiffres de l'ONU, plus de 65.000 personnes ont fui cette région depuis octobre.