La prise de contrôle des talibans en Afghanistan et ses répercussions dans un Irak instable

Al-Hachd Al-Chaabi, le réseau paramilitaire chiite qui a émergé lors de la lutte contre Daech, est une force redoutable intégrée dans l'infrastructure politique et sécuritaire irakienne. (Photo, AFP)
Al-Hachd Al-Chaabi, le réseau paramilitaire chiite qui a émergé lors de la lutte contre Daech, est une force redoutable intégrée dans l'infrastructure politique et sécuritaire irakienne. (Photo, AFP)
Des Irakiens participent à un événement célébrant l'inauguration d'une rue qui porte le nom du défunt commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis dans la ville de Bassora, dans le sud du pays, le 8 janvier 2021. (Photo, AFP)
Des Irakiens participent à un événement célébrant l'inauguration d'une rue qui porte le nom du défunt commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis dans la ville de Bassora, dans le sud du pays, le 8 janvier 2021. (Photo, AFP)
Des jeunes irakiens assistent à un événement célébrant l'inauguration d'une rue qui porte le nom du défunt commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis à Bassorah le 8 janvier 2021. (Photo, AFP)
Des jeunes irakiens assistent à un événement célébrant l'inauguration d'une rue qui porte le nom du défunt commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis à Bassorah le 8 janvier 2021. (Photo, AFP)
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région. (Photo, AFP)
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région. (Photo, AFP)
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région. (Photo, AFP)
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région. (Photo, AFP)
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région. (Photo, AFP)
Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région. (Photo, AFP)
Les milices d’Al-Hachd Al-Chaabi irakiennes font officiellement partie des forces de sécurité du pays et sont financées par le gouvernement. (Photo, AFP)
Les milices d’Al-Hachd Al-Chaabi irakiennes font officiellement partie des forces de sécurité du pays et sont financées par le gouvernement. (Photo, AFP)
Un combattant d’Al-Hachd Al-Chaabi passe devant une affiche représentant le commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis (à droite) et le commandant de la Force Al-Qods du corps des Gardiens de la révolution islamique, Qasem Soleimani, à Bagdad. (Photo, AFP)
Un combattant d’Al-Hachd Al-Chaabi passe devant une affiche représentant le commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis (à droite) et le commandant de la Force Al-Qods du corps des Gardiens de la révolution islamique, Qasem Soleimani, à Bagdad. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 22 août 2021

La prise de contrôle des talibans en Afghanistan et ses répercussions dans un Irak instable

  • La chute rapide du gouvernement de Kaboul a fait planer le spectre de prises de pouvoir similaires dans les États fragiles du Moyen-Orient
  • Les analystes pensent qu'Al-Hachd Al-Chaabi, soutenu par l'Iran, ne bénéficiera pas davantage d’un renversement du gouvernement de Bagdad

IRBIL, Irak : Ce n'est peut-être qu'une question de temps avant que les États instables du Moyen-Orient ne commencent à ressentir les répercussions de la conquête rapide par les talibans de la quasi-totalité de l'Afghanistan. Les implications du triomphe du groupe islamiste sunnite ne seront pas perdues pour les acteurs non étatiques et les extrémistes violents actifs dans les pays où les États-Unis ont encore des troupes militaires.

L'armée afghane entraînée et équipée par les États-Unis n'a pas réussi à tenir ses positions contre l'offensive éclair des talibans, alors que ville après ville tombait dans les mains des talibans en succession rapide. Le gouvernement de Kaboul s'est rapidement effondré, ouvrant la voie à une deuxième ère du régime taliban, un peu moins de 20 ans après la fin de la première. 

La principale leçon que d'autres groupes militants tireront probablement du retrait raté des États-Unis d'Afghanistan est la suivante : s'ils peuvent résister assez longtemps à la technologie et à la puissance de feu supérieures de l'ennemi, ce dernier finira par se lasser et se retirer, laissant ses régimes marionnettes s'effondrer. 

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Le succès militaire des talibans en Afghanistan aura des répercussions dans toute la région (Photo, AFP)

Si c'est la pensée de certains chefs de milices chiites en Irak, qui réclament depuis longtemps le départ des forces américaines, on ne peut guère la rejeter comme de la pure fantaisie. Après tout, il existe un précédent assez récent d'une offensive rapide des insurgés écrasant rapidement l'armée irakienne.

Daech a réussi à conquérir un tiers de l'Irak, dont sa deuxième ville, Mossoul, à l'été 2014. L'armée irakienne, beaucoup plus nombreuse et mieux équipée, s'est retirée sans combattre.

Bien que Bagdad ait pu reconquérir la majeure partie de ces territoires en 2017, avec un large soutien américain, la campagne contre Daech a donné naissance à une nouvelle force, Al-Hachd Al-Chaabi (Les forces de mobilisation populaire), qui pourrait s'avérer capable de renverser le gouvernement irakien.

Al-Hachd Al-Chaabi a été formé en 2014 pour aider à combattre Daech après l'échec tristement célèbre de l'armée irakienne à défendre Mossoul. L'organisation faîtière des milices à prédominance chiite a ensuite libéré de vastes zones des régions irakiennes à prédominance sunnite et a ensuite été intégrée à l'appareil de sécurité irakien.

Néanmoins, certaines des factions les plus puissantes d’Al-Hachd Al-Chaabi ont longtemps été équipées et financées par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) pour faire avancer les objectifs militaires et politiques de l'Iran dans la région.

Les observateurs de la question irakienne craignent que ces factions ne surpassent l'armée irakienne régulière et ne se transforment en un État puissant au sein d'un État, qui ressemble tout à fait au Hezbollah du Liban.

Elles ont à leur disposition d'importants stocks de missiles sol-sol et de drones armés fournis par l'Iran, dont certains ont été utilisés ces dernières années pour attaquer des cibles militaires américaines en Irak.

Heureusement pour le gouvernement de Bagdad, chargé de la tâche d'équilibrer les intérêts de ses protecteurs américains et iraniens, l'administration Biden ne semble pas aussi pressée de se retirer d'Irak qu'elle l'était d'Afghanistan.

De plus, selon les analystes politiques, il existe plusieurs distinctions majeures entre les deux cas qui suggèrent fortement qu'une prise de contrôle à la manière des talibans en Irak par des milices pro-iraniennes n'est probablement pas à l'ordre du jour, du moins, ce n'est pas pour bientôt.

Tout d'abord, ces factions ont beaucoup à gagner à garder le statu quo. «Les factions pro-iraniennes d’Al-Hachd Al-Chaabi ne veulent pas s’emparer du pouvoir. Leur objectif est de rejoindre les partis au pouvoir et d'obtenir leur part de l'État, à la fois légale et illégale », a déclaré à Arab News Joel Wing, auteur du blog en ligne Musings on Iraq.

«Elles font déjà officiellement partie des forces de sécurité, ce qui signifie qu’elles ont un financement gouvernemental. Elles veulent plus de combattants sur la liste de paie. Elles veulent des contrats et des pots-de-vin».

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Les milices d’Al-Hachd Al-Chaabi irakiennes font officiellement partie des forces de sécurité du pays et sont financées par le gouvernement. (Photo, AFP)

Alex Almeida, analyste en sécurité irakienne au cabinet de conseil en énergie «Horizon Client Access», est également sceptique quant à la tentative de la prise de pouvoir d’Al-Hachd.

«À moins d'une répétition de 2014, ou d'une sorte de scénario d’un coup d'État de milice ou d'un siège de la zone internationale à Bagdad, il est fortement improbable que nous voyions une situation similaire se développer en Irak, principalement parce qu'avec les milices avec lesquelles nous aurions affaire être une faction rebelle de l'État irakien plutôt qu'une prise de contrôle externe par une force insurgée», a-t-il expliqué.

Rodger Baker, vice-président senior de l'analyse stratégique chez RANE Stratfor, est d'accord et souligne que de nombreux groupes d’Al-Hachd «sont intégrés aux forces de sécurité irakiennes, et pas simplement des insurgés extérieurs» comme l'étaient les combattants talibans en Afghanistan.

 

EN CHIFFRES

2014 : L’année de la formation d’Al-Hachd Al-Chaabi. 

40 groupes sous l'égide d’Al-Hachd Al-Chaabi. 

128 000 combattants forment les forces d’Al-Hachd Al-Chaabi.

 

«Les forces d’Al-Hachd Al-Chaabi ne détiennent pas de territoire de la même manière que les talibans l'ont fait en Afghanistan, même s'ils opèrent dans des zones géographiques relativement définies», a indiqué Baker. «Elles ont des alliances étroites avec des membres du parlement irakien».

«En bref, au moins avec bon nombre des plus grands groupes d’Al-Hachd, ils sont intégrés dans l'infrastructure politique et sécuritaire irakienne. Ainsi, ils ne recherchent pas nécessairement le renversement du régime, mais plutôt l'affirmation de leurs intérêts, et souvent de ceux de l'Iran, en Irak».

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Heureusement pour Bagdad, l'administration Biden ne semble pas pressée de se retirer de l’Irak. (Photo, AFP)

Baker est en outre plus confiant quant aux capacités des forces armées irakiennes par rapport aux forces de sécurité afghanes, notant que l'armée irakienne a «subi une transformation importante depuis qu'elle s'est, en grande partie, effondrée après l'offensive de Daech» en 2014. 

«Après cet échec, les Irakiens et l'armée américaine ont subi une importante réforme de la formation et du leadership des forces de sécurité irakiennes, et ces forces ont largement fait leurs preuves plusieurs années plus tard dans leur déroute de Daech depuis des villes et des zones cruciales», a-t-il éclairci.

«Il y a actuellement beaucoup plus de cohésion et un sens plus aigu de l'objectif commun parmi les forces de sécurité irakiennes qu'il n'y en avait parmi les forces de sécurité afghanes». 

Il existe une autre différence cruciale entre la situation actuelle en Irak et en Afghanistan, avant la prise de contrôle des talibans. Ce n'est un secret pour personne que la puissante agence de renseignement militaire du Pakistan, l'Inter-Services Intelligence (ISI), a longtemps soutenu les talibans, souvent au détriment des objectifs stratégiques américains. 

Cependant, contrairement à l'approche relativement laissez-faire de l'ISI, Baker croit que l'Iran tient ses milices irakiennes qui agissent pour son compte en laisse beaucoup plus courte, imposant les limites de leurs activités. 

«Le soutien de l'Iran aux groupes d’Al- Hachd est beaucoup plus fort que le soutien du Pakistan aux talibans, probablement plus fort même que le soutien des talibans pakistanais à la fin des années 1990», a soutenu Baker.

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Un combattant d’Al-Hachd Al-Chaabi passe devant une affiche représentant le commandant irakien Abou Mahdi al-Mouhandis (à droite) et le commandant de la Force Al-Qods du corps des Gardiens de la révolution islamique, Qasem Soleimani, à Bagdad. (Photo, AFP)

En plus de les armer et de les entraîner, les responsables iraniens rencontrent publiquement des éléments des groupes d’Al-Hachd en Irak. «Cela peut aussi restreindre les actions des plus grands groupes d’Al-Hachd, car l'Iran ne cherche pas nécessairement le renversement du gouvernement irakien et ne cherche certainement pas plus de déstabilisation», a affirmé Baker.

«Au contraire, ces groupes font partie d'un ensemble d'éléments que Téhéran utilise pour maintenir son influence et protéger ses intérêts stratégiques en Irak». 

Toutefois, Bagdad devrait tirer quelques grandes leçons des événements en Afghanistan pour s'assurer qu'elle ne subira pas le même sort que Kaboul, selon les analystes.

«La leçon la plus importante est peut-être l'importance d'éradiquer la corruption au sein du gouvernement à tous les niveaux et d'assurer la cohésion entre les divers groupes ethniques, régionaux et sectaires en Iraq», a souligné Baker.

Le manque de cohésion interne de l'Afghanistan était évident pour tous, dans les heures qui ont précédé la chute de Kaboul. Plusieurs hauts responsables, dont le président Ashraf Ghani, ont choisi de fuir le pays, tandis que d'autres ont cherché à négocier avec les talibans qui approchaient. D'autres encore, comme Ahmad Massoud, se sont armés et se sont dirigés vers les montagnes pour lancer une nouvelle phase de résistance. 

«Le manque de cohésion et la perception de la corruption ont laissé de nombreux citoyens afghans incapables de faire confiance au gouvernement. On pourrait en dire autant de la bureaucratie et des forces de sécurité», a clarifié Baker. 

La distinction la plus cruciale entre les deux cas est peut-être que les États-Unis ne prévoient pas de retrait complet d’Irak dans un proche avenir.

«Les récents pourparlers américano-irakiens montrent que Washington n'a pas l'intention de se retirer d'Irak», a estimé Wing. «Les attaques des factions pro-Téhéran compliquent cela parce que les Américains se concentrent sur leur propre protection plutôt que sur l'aide aux Irakiens en ce moment. Mais même alors, il n'y a aucun signe qu'ils veuillent mettre fin à la mission».

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Des pancartes dénonçant les forces d’Al-Hachd sont exposées lors d'une manifestation de Kurdes irakiens devant le consulat américain à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien autonome. (Photo, AFP/Archives)

Almeida croit que le retrait désastreux d'Afghanistan «rendra l'administration Biden beaucoup plus prudente quant à la façon dont elle gère les mécanismes d'un nouveau retrait américain en Irak, en particulier en réduisant sa présence diplomatique sans soutien militaire dans le pays». 

Pour sa part, Baker pense que la décision de quitter l'Irak «sera fondée davantage sur le réalignement stratégique des priorités des États-Unis que sur les retombées politiques du retrait afghan, d'autant plus que le gouvernement irakien est dans une situation beaucoup plus forte que ne l'était le gouvernement afghan». 

«Le plus grand risque pour l'Irak réside dans les différences régionales et sectaires à long terme, et les revendications d'un plus grand fédéralisme ou d'une répartition du pouvoir», a-t-il prévenu.

«Les ressources économiques sont réparties de manière inégale à travers l'Irak, et ces différences géographiques continueront de façonner le futur environnement de sécurité et de stabilité».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L'Arabie saoudite en tête des nations condamnant les décisions israéliennes d'extension du contrôle en Cisjordanie

Un soldat israélien parle à une Palestinienne au poste de contrôle de Qalandia dans la ville de Ramallah en Cisjordanie occupée, le 20 février 2026, alors qu'elle tente d'entrer à Jérusalem pour se rendre à la mosquée d'Al-Aqsa. (AFP)
Un soldat israélien parle à une Palestinienne au poste de contrôle de Qalandia dans la ville de Ramallah en Cisjordanie occupée, le 20 février 2026, alors qu'elle tente d'entrer à Jérusalem pour se rendre à la mosquée d'Al-Aqsa. (AFP)
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  • Les ministres des Affaires étrangères condamnent les récents changements visant à "reclasser les terres palestiniennes"
  • Les ministres demandent à Israël de débloquer immédiatement les recettes fiscales retenues

RIYAD: L'Arabie saoudite et plusieurs autres pays ont condamné lundi une série de décisions israéliennes récentes qui étendent considérablement le contrôle israélien illégal sur la Cisjordanie.

Dans une déclaration, les ministres des affaires étrangères de l'Arabie saoudite, de la Palestine, du Qatar, de l'Égypte, de la Jordanie, de la Turquie, du Brésil, de la France, du Danemark, de la Finlande, de l'Islande, de l'Indonésie, de l'Irlande, du Luxembourg, de la Norvège, du Portugal, de la Slovénie, de l'Espagne et de la Suède, ainsi que les secrétaires généraux de la Ligue arabe et de l'Organisation de la coopération islamique, ont condamné les changements qui "reclassent la terre palestinienne en soi-disant "terre d'État" israélienne, accélérant les activités de colonisation illégales et renforçant encore l'administration israélienne".

"Il est clair que les colonies illégales d'Israël et les décisions visant à les favoriser constituent une violation flagrante du droit international, notamment des précédentes résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et de l'avis consultatif de 2024 de la Cour internationale de justice", peut-on lire dans la déclaration.

"Ces dernières décisions s'inscrivent dans une trajectoire claire qui vise à modifier la réalité sur le terrain et à faire progresser une annexion de facto inacceptable. Elles sapent également les efforts en cours pour la paix et la stabilité dans la région, y compris le plan en 20 points pour Gaza, et menacent toute perspective significative d'intégration régionale", ajoute le communiqué.

Les ministres des affaires étrangères ont appelé Israël à revenir immédiatement sur ses décisions, à respecter ses obligations internationales et à s'abstenir de toute action susceptible de modifier de manière permanente le statut juridique et administratif du territoire palestinien occupé.

"Ces décisions font suite à l'accélération sans précédent de la politique de colonisation d'Israël, avec l'approbation du projet E1 et la publication de son appel d'offres. Ces actions constituent une attaque délibérée et directe contre la viabilité de l'État palestinien et la mise en œuvre de la solution à deux États", ont déclaré les ministres des affaires étrangères.

Ils ont réitéré leur rejet de toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est.

"Nous nous opposons à toute forme d'annexion", ont-ils déclaré.

Ils ont également appelé Israël à mettre fin à la violence des colons à l'encontre des Palestiniens, notamment en demandant des comptes aux responsables. Ils ont qualifié d'"alarmante" l'escalade en Cisjordanie.

"Nous réaffirmons notre engagement à prendre des mesures concrètes, conformément au droit international, pour contrer l'expansion des colonies illégales en territoire palestinien et les politiques et menaces de déplacement forcé et d'annexion", ont-ils déclaré.

"En ce mois sacré du Ramadan, nous soulignons également l'importance de préserver le statu quo historique et juridique à Jérusalem et dans ses lieux saints, en reconnaissant le rôle particulier de la tutelle hachémite historique à cet égard. Nous condamnons les violations répétées du statu quo à Jérusalem, qui constituent une menace pour la stabilité régionale.

"Nous réaffirmons notre engagement inébranlable en faveur de l'instauration d'une paix juste, globale et durable au Moyen-Orient sur la base de la solution à deux États, conformément à l'initiative de paix arabe et aux résolutions pertinentes des Nations unies, sur la base des lignes du 4 juin 1967. Comme le reflète la déclaration de New York, la fin du conflit israélo-palestinien est impérative pour la paix, la stabilité et l'intégration régionales. Ce n'est qu'en réalisant un État palestinien indépendant, souverain et démocratique que la coexistence entre les peuples et les États de la région sera possible", ont-ils déclaré.

Les ministres ont demandé qu'Israël débloque immédiatement les recettes fiscales retenues dues à l'Autorité palestinienne.

Ces recettes doivent être transférées à l'Autorité palestinienne, conformément au protocole de Paris, et elles sont essentielles à la fourniture de services de base à la population palestinienne à Gaza et en Cisjordanie, ont-ils déclaré.


Washington ordonne l'évacuation du personnel non essentiel de son ambassade à Beyrouth 

Ces évacuations interviennent alors que le groupe armé Hezbollah a appelé samedi à la "résistance" après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres qui participaient à une réunion dans l'est du Liban. (AFP)
Ces évacuations interviennent alors que le groupe armé Hezbollah a appelé samedi à la "résistance" après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres qui participaient à une réunion dans l'est du Liban. (AFP)
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  • Les Etats-Unis ont ordonné "par prudence" l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth, parlant d'une "mesure temporaire"
  • "Nous évaluons en permanence la situation sécuritaire et, sur la base de notre dernière analyse, nous avons jugé prudent de réduire notre présence au personnel essentiel"

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont ordonné "par prudence" l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth, a indiqué lundi à l'AFP un responsable américain, alors que le Hezbollah, proche de l'Iran, a appelé à la "résistance" après des frappes israéliennes au Liban.

"Nous évaluons en permanence la situation sécuritaire et, sur la base de notre dernière analyse, nous avons jugé prudent de réduire notre présence au personnel essentiel", a affirmé ce responsable sous le couvert de l'anonymat, précisant que la mesure concernait aussi les proches de ces employés.

"L'ambassade reste opérationnelle avec son personnel essentiel en place", a-t-il ajouté en soulignant qu'il s'agit d'une "mesure temporaire visant à assurer la sécurité de notre personnel tout en maintenant notre capacité à fonctionner et à aider les citoyens américains".

Une source sécuritaire libanaise a précisé à l'AFP qu'environ 40 personnes avaient été évacuées lundi de l'aéroport international de Beyrouth.

Ces évacuations interviennent alors que le groupe armé Hezbollah a appelé samedi à la "résistance" après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres qui participaient à une réunion dans l'est du Liban.

Les bombardements israéliens sont réguliers dans le pays, en dépit d'un cessez-le-feu ayant mis fin en novembre 2024 à la guerre entre Israël et le Hezbollah.

Par ailleurs, Donald Trump a déployé d'importantes forces navales et aériennes au Moyen-Orient alors qu'il dit envisager des frappes contre l'Iran à défaut d'un accord sur son programme nucléaire.


Riyad tête de pont du soutien arabe au Koweït après les tirs maritimes de l'Irak

`Riyad a en outre souligné l'importance de l'engagement de l'Irak à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Koweït. (FILE/AFP)
`Riyad a en outre souligné l'importance de l'engagement de l'Irak à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Koweït. (FILE/AFP)
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  • L'Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et l'Égypte rejettent les revendications de l'Irak au titre des résolutions actuelles de l'ONU
  • Bagdad affirme que la nouvelle carte géographique est conforme au droit international

RIYAD: Le ministère des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite a rejeté la récente soumission de l'Irak à l'ONU sur les nouvelles frontières maritimes, qui, selon Riyad, empiète sur le territoire du Koweït.

L'Irak aurait soumis à l'ONU, en janvier et février, de nouvelles coordonnées géographiques délimitant les frontières maritimes du pays.

Dans un communiqué publié lundi sur X, le ministère du Royaume a déclaré que le dossier irakien comprenait des modifications qui s'étendaient à Khor Abdullah et à certaines parties de la zone submergée adjacente à la zone neutre saoudo-koweïtienne divisée.

Il s'agit d'une zone où le Royaume partage la propriété des ressources naturelles avec le Koweït en vertu d'accords bilatéraux contraignants. La déclaration ajoute que les amendements ont également eu un impact sur les zones maritimes du Koweït et sur les hauteurs d'eau fixes.

"Le Royaume rejette catégoriquement toute revendication suggérant l'existence de droits pour toute partie dans la zone submergée au-delà des frontières convenues entre l'Arabie saoudite et le Koweït", a déclaré le ministère.

Il a souligné que les arrangements existants sont fondés sur des accords bilatéraux et conformes à la convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982.

Riyad a en outre souligné l'importance de l'engagement de l'Irak à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Koweït.

Et d'adhérer aux résolutions pertinentes des Nations unies, en particulier la résolution 833 (1993) du Conseil de sécurité, qui a délimité les frontières terrestres et maritimes entre le Koweït et l'Irak à la suite de la guerre du Golfe de 1991.

Le Qatar a offert son soutien, affirmant que les listes de coordonnées et la carte soumises par l'Irak portaient atteinte à la souveraineté du Koweït, dans un communiqué publié dimanche par son ministère des affaires étrangères.

Le ministère "a également exprimé son espoir que les règles et les principes du droit international, et ce qui est stipulé dans la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, seront pris en considération".

Les Émirats arabes unis ont également exprimé leur solidarité avec le Koweït, réitérant leur soutien au pays "contre toute atteinte à sa souveraineté ou à ses intérêts nationaux". Bahreïn et Oman ont également exprimé leur solidarité avec le Koweït, rejetant toute atteinte à sa souveraineté.

L'Égypte a déclaré qu'elle suivait de près les développements concernant la frontière maritime entre le Koweït et l'Irak, et a souligné l'importance de respecter la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale du Koweït.

La Jordanie a également fait part de son soutien à la souveraineté du Koweït sur ses territoires et ses zones maritimes.

Samedi, le Koweït a convoqué le chargé d'affaires irakien au sujet des nouvelles frontières qui incluent les zones de Fasht Al-Qaid et de Fasht Al-Aij, qui, selon lui, n'ont jamais été contestées.

Le ministère irakien des affaires étrangères a déclaré que la demande était conforme au droit international.

Si les Nations unies ont délimité la frontière terrestre entre l'Irak et le Koweït après l'invasion par l'Irak de son voisin du sud en 1990, certains aspects de la délimitation maritime sont restés sensibles et devraient être abordés dans le cadre de négociations bilatérales.