La montée en puissance des communautés multiraciales révèle la complexité du tissu social aux États-Unis

Du comté de McKenzie, dans le Dakota du Nord, au comté de St. Johns, en Floride, on a assisté à une explosion du nombre de personnes qui se sont identifiées comme multiraciales dans les réponses au recensement de 2020 qui a eu lieu au cours de la dernière décennie. (AFP/Archive)
Du comté de McKenzie, dans le Dakota du Nord, au comté de St. Johns, en Floride, on a assisté à une explosion du nombre de personnes qui se sont identifiées comme multiraciales dans les réponses au recensement de 2020 qui a eu lieu au cours de la dernière décennie. (AFP/Archive)
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Publié le Samedi 14 août 2021

La montée en puissance des communautés multiraciales révèle la complexité du tissu social aux États-Unis

  • Cette évolution montre que les Américains ont une vision plus profonde de leur identité raciale, estiment les experts
  • Depuis la réalisation du premier recensement en 1790, le gouvernement américain collecte les données sur les races et c'est au cours du recensement de 1970 qu'il a commencé à recueillir des informations sur l'origine ethnique hispanique

Pour le recensement des États-Unis de 2010, René D. Flores, un professeur d'université mexicain américain, a coché la case « blanc ».

Depuis lors, un test généalogique a montré que son ascendance était à 43 % amérindienne. Il compte parmi les millions de personnes qui s'identifient désormais comme appartenant à deux races ou plus encore, ou comme appartenant à plusieurs races.

 

« J'hésitais auparavant à me déclarer multiracial parce que je n'avais pas reçu d'éducation culturelle pendant mon enfance. Des millions d'Américains éprouvent le même sentiment », explique M. Flores.

Du comté de McKenzie, dans le Dakota du Nord, au comté de St. Johns, en Floride, on a assisté à une explosion du nombre de personnes qui se sont identifiées comme multiraciales dans les réponses au recensement de 2020 qui a eu lieu au cours de la dernière décennie. Ce nombre est passé de moins de 3 % à plus de 10 % de la population américaine entre 2010 et 2020.

 

Cette explosion multiraciale témoigne de la diversité raciale et ethnique complexe des États-Unis. Selon les experts, elle pourrait également être attribuable aux changements apportés par le Bureau de recensement des États-Unis en ce qui concerne le traitement des réponses, qui reflètent davantage la diversité, et à la manière dont Le Bureau a posé les questions sur la race et l'origine ethnique, de façon à mieux rendre compte de l'évolution de la mosaïque nationale.

En cette époque où les kits de test ADN sont largement disponibles, cette évolution montre que les Américains ont une vision plus profonde de leur identité raciale, estiment les experts.

 

Juan Manuel Pedroza, professeur adjoint de sociologie à l'Université de Californie, Santa Cruz, estime qu'il convient de lire avec prudence les résultats du recensement de 2020, en raison des difficultés rencontrées par le Bureau du recensement lors de la collecte des réponses ainsi que des cas de sous-comptage constatés par le passé au sein des communautés de couleur. Néanmoins, si le pourcentage de personnes s'identifiant comme multiraciales augmente, cela reflète bien l'évolution du pays, affirme M. Pedroza.

En effet, le pays est en pleine phase de diversification. Mais aussi, la multiracialité n'est plus aussi embarrassante qu’elle ne l’était par le passé, et les conversations à ce sujet se font plus animées. Ainsi, une personne qui s'est identifiée comme exclusivement blanche en 2010 a probablement choisi deux races ou plus au cours de ce nouveau recensement, en raison notamment des changements sociétaux, selon M. Pedroza.

« À mesure que nous abordons plus ouvertement l'identité multiraciale, les frontières qui délimitent la notion d'appartenance à une seule race ou à une seule ethnie sont en train d’évoluer », explique M. Pedroza.

 

Par ailleurs, ce dernier attire l'attention sur une étude réalisée par un groupe de sociologues de Stanford, qui a étudié si la popularité des tests d'ascendance pouvait influencer la façon dont les Américains répondent aux questions sur la race et l'ascendance.

 

Dans le cadre de cette étude, on a demandé à 100 000 adultes américains, inscrits comme donneurs potentiels de moelle osseuse, dans quelle mesure ils étaient informés de leur ascendance et comment ils ont acquis ces informations. En analysant ces réponses, les chercheurs de Stanford ont constaté que les personnes qui avaient passé des tests d'ascendance étaient plus enclines à s'identifier comme multiraciales.

Toutefois, il est peu probable que ce phénomène suffise à expliquer l'augmentation spectaculaire des chiffres.

M. Flores, professeur adjoint de sociologie à l'université de Chicago, pense que les jeunes sont sans doute plus enclins à s'identifier comme multiraciaux.

« Cette conversation n'est certes pas facile », dit-il. Cependant, la multiracialité « fait partie de mon héritage ».

 

Selon les données du recensement des États-Unis de 2020 mené par le bureau du recensement, le nombre de personnes qui s'identifient comme multiraciales est passé de 9 millions en 2010 à 33,8 millions en 2020, y compris les Hispaniques. Si on exclut ces derniers du décompte, le nombre de personnes multiraciales passera de 5,9 millions à 13,5 millions.

 

La principale catégorie de personnes s'identifiant comme multiraciales est celle des Blancs et des personnes d'une autre race. Viennent ensuite Blancs et Indiens d'Amérique et d'Alaska, Blancs et Noirs, et Blancs et Asiatiques.

Au cours de la dernière décennie, ce sont les États dans lesquels la proportion de personnes multiraciales était faible au départ - Arkansas, Alabama et New Hampshire - qui ont enregistré les taux de croissance les plus élevés, avec moins de 5 % en 2020.

En Virginie-Occidentale, la proportion des citoyens multiraciaux est passée à 4 % ; ces derniers ont ainsi surpassé les Noirs pour devenir le deuxième groupe le plus présent dans le pays, après les Blancs.

En outre, les Etats qui comptaient déjà une forte population multiraciale ont enregistré une croissance nettement plus lente que le reste du pays. Ainsi, à Hawaï, 20 % de la population s'est identifiée comme multiraciale, et un peu moins de 10 % en Alaska et en Oklahoma.

Au niveau plus restreint, les plus forts taux de croissance au cours de la dernière décennie ont été observés dans des communautés relativement petites, comme Mackenzie, dans le Dakota du Nord, qui a connu une croissance rapide de sa population dans son ensemble. Mackenzie a, en effet, enregistré la plus forte croissance démographique des États-Unis au cours de la dernière décennie, en raison de la montée en puissance du secteur de l'énergie dans le Dakota du Nord.

 

Depuis la réalisation du premier recensement en 1790, le gouvernement américain collecte les données sur les races. C'est lors du recensement de 1970 qu'il a commencé à recueillir des informations sur l'origine ethnique hispanique. Avant 2000, les personnes interrogées ne pouvaient indiquer qu'une seule race sur le formulaire de recensement. De nouveaux changements sont à prévoir pour le recensement de 2030.

Selon le Bureau du recensement, des changements ont été apportés à son questionnaire sur la race en 2020 en y ajoutant un champ dans lequel les personnes interrogées pouvaient inscrire des détails supplémentaires sur leur race. Ainsi, une personne ayant coché la case « Noir » pouvait également écrire « Afro-Américain » ou « Jamaïcain ». Au moment de compiler les chiffres, les statisticiens du Bureau du recensement ont étendu les codes numériques pour rendre de manière plus exhaustive la façon dont les personnes s'identifient dans les réponses écrites.

 

« Nous souhaitons que les résultats que nous observons au fil du temps traduisent et reconnaissent les changements survenus au niveau des composantes sociales et politiques de l'histoire de notre nation », explique Nicholas Jones, directeur et conseiller principal de la recherche sur la race et l'ethnicité au Bureau du recensement des États-Unis.

 

Ce texte est la traduction d’un texte paru sur Arabnews.com.

 


Téhéran veut garder le contrôle d'Ormuz, fin du round de négociations

Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
  • Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures
  • En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna

BURGENSTOCK: Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Ces discussions ont permis de poser des "bases très solides pour aboutir à un accord final réussi", s'est félicité lundi le vice-président américain JD Vance, les Etats-Unis annonçant dans la foulée une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.

Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures, laissant à des diplomates le soin de poursuivre des discussions "techniques" sur place.

Celles-ci se sont également achevées et les pourparlers se poursuivront ultérieurement au sein de groupes de travail, a indiqué mardi la diplomatie iranienne à l'agence officielle Irna.

En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna.

Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l'Iran.

Mais "l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre", a assuré M. Ghalibaf, martelant que "l'Iran administrera" celui-ci.

L'Iran a par ailleurs indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage "immédiat" de 12 milliards d'avoirs iraniens gelés.

Ceux-ci seront libérés "en deux tranches de 6 milliards", a détaillé auprès d'Irna le chef de la délégation iranienne chargé des discussions techniques, le vice-ministre de Affaires étrangères Kazem Gharibabadi.

M. Vance avait souligné que son pays s'assurerait qu'un éventuel déblocage d'avoirs iraniens "ne servirait pas à financer le terrorisme".

Ghalibaf à Oman 

Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d'un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.

Les négociations, où le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final sous un délai de 60 jours renouvelables.

Dans ce cadre, le président iranien, Massoud Pezeshkian, doit effectuer une visite d'Etat à Islamabad mardi, selon la diplomatie pakistanaise.

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est pour sa part attendu de mardi à jeudi aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït, selon son ministère.

Et l'équipe de négociateurs iraniens, emmenée par M. Ghalibaf, s'est rendue de son côté à Oman pour parler précisément de la gestion du détroit d'Ormuz, selon Irna.

Pressé de mettre un terme à un conflit qui pèse sur le pouvoir d'achat de ses citoyens, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran.

Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, "toutes les transactions" concernant la production, la vente et le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", a détaillé le ministère américain des Finances.

Selon M. Vance, Téhéran a accepté d'inviter à nouveau des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce que l'Iran n'a pas confirmé.

"Premier test réel" 

Mises en place par l'accord de 2015 déchiré par M. Trump en 2018, ces inspections avaient été suspendues par l'Iran après les bombardements israélo-américains de ses installations en juin 2025.

Les inspecteurs de l'AIEA n'ont depuis pas pu visiter les sites touchés, laissant planer le doute sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux majeur avec Washington.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de l'arme nucléaire, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une "cellule de gestion des conflits" va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre début mars.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a ainsi fait savoir avoir reçu un appel de M. Vance au sujet de "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard".

L'offensive au Liban, destinée selon Israël à empêcher les attaques du Hezbollah, a fait plus de 4.100 morts selon les autorités et plus d'un million de déplacés.

Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le respect de ce cessez-le-feu sera "le premier test réel" de la solidité du protocole d'accord américano-iranien.


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.