CALAIS: Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin a affirmé samedi avoir demandé à l'agence européenne de surveillance des frontières Frontex "de s'occuper du nord de l'Europe" lors d'une visite à Calais dans le cadre de la lutte contre l'immigration clandestine.
"J’ai moi-même saisi Frontex, l’Agence européenne des gardes frontières qui aujourd'hui s’occupe plutôt du sud de l’Europe, et je leur ai demandé de s’occuper du nord de l’Europe, singulièrement du littoral Nord-Pas-de-Calais", a-t-il affirmé lors d'un point presse sur le port de Calais, emprunté par les migrants pour tenter de traverser la Manche et gagner l'Angleterre.
"60% des migrants qui viennent ici viennent de Belgique donc notre spectre doit être très large, nous avons besoin de surveillance aérienne européenne", a-t-il poursuivi.
Depuis la fin 2018, les traversées illégales de la Manche par des migrants cherchant à gagner le Royaume-Uni se multiplient malgré les mises en garde répétées des autorités qui soulignent le danger lié à la densité du trafic, aux forts courants et à la basse température de l'eau.
M. Darmanin a également salué "l'accord" trouvé mardi avec les Britanniques : le Royaume-Uni s'est engagé à un investissement financier de 62,7 millions d'euros en 2021-2022 "pour appuyer la France dans son action d'équipement et de lutte contre l'immigration irrégulière". La France a promis de "renforcer la présence des forces de l'ordre" le long de ses côtes.
"Il y a déjà plus de 5 000 policiers et gendarmes dans le Pas-de-Calais dont une très grande partie est consacrée à la lutte contre l’immigration (...) nous allons augmenter ces effectifs", a-t-il dit.
En 2020, plus de 9 500 traversées ou tentatives de traversées de ce type ont été recensées, soit quatre fois plus qu'en 2019, selon les autorités françaises. Six personnes y ont trouvé la mort et trois ont disparu, après quatre morts en 2019.