Le manque d'ancrage local, talon d'Achille du RN ?

Des partisans du parti politique français d'extrême droite Le Rassemblement national (RN) ont fait une ovation debout à Marine Le Pen lors du congrès du parti à Perpignan, dans le sud de la France, le 4 juillet 2021. (Valentine Chapuis/AFP)
Des partisans du parti politique français d'extrême droite Le Rassemblement national (RN) ont fait une ovation debout à Marine Le Pen lors du congrès du parti à Perpignan, dans le sud de la France, le 4 juillet 2021. (Valentine Chapuis/AFP)
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Publié le Vendredi 23 juillet 2021

Le manque d'ancrage local, talon d'Achille du RN ?

  • Dans sept des 31 cantons remportés en 2015, le RN ne présente pas de candidat, "ce qui représente une opportunité manquée" dans plus d’une vingtaine de communes de plus de 1.000 habitants
  • Le RN a perdu plus de la moitié de ses cantons (17) et n'en a gagné que trois, avec des scores en progression dans les cantons où il dispose d'une mairie, et en baisse là où il n'en a pas

PARIS : Le Rassemblement national n'a pas misé sur son ancrage local et l'a payé notamment aux élections départementales de juin, où il a perdu plus de la moitié de ses cantons, selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès parue vendredi.

"Le RN ne semble pas disposé à miser sur son ancrage territorial qui conditionne (la) fidélité" de ses électeurs, affirme son auteur Paul Cébille, membre de l'Observatoire de l'opinion et chargé d'études à l'Ifop.

Il y voit un "paradoxe" pour le parti d'extrême droite, qui était particulièrement en croissance entre 2012 et 2017 et "qui désormais stagne, voire régresse" à quelques mois de l’élection présidentielle.

Cette étude évalue les effets des victoires du RN aux départementales de 2015 (31 cantons) sur les municipales de 2020 puis les départementales de 2021.

Premières élections locales de Marine Le Pen depuis son arrivée à la tête du parti en 2011, les municipales de 2014 sont marquées par la victoire du FN (devenu RN) dans dix communes, contre zéro en 2008.

Aux départementales de 2015, dans six des 10 villes gagnées par le parti, ce dernier enregistre des victoires dans les cantons s'y rattachant: Hénin-Beaumont (1 et 2), Beaucaire, Béziers (1, 2 et 3), Fréjus, Le Pontet et Villers-Cotterêts.

Le FN remporte ainsi neuf cantons dans lesquels il contrôle déjà une commune, mais également 22 autres cantons dans lesquels il n'a pas encore de maire, qui se trouvent dans des zones de force du nord et du sud du pays.

Le parti de Marine Le Pen profite donc moins en 2015 de son implantation que d'une dynamique présente depuis 2012, qui se poursuit aux régionales et jusqu'à la présidentielle, avec un record de voix au second tour.

Pourtant aux municipales de 2020, le parti ne semble pas miser sur l'implantation locale. Dans sept des 31 cantons remportés en 2015, le RN ne présente pas de candidat, "ce qui représente une opportunité manquée" dans plus d’une vingtaine de communes de plus de 1.000 habitants, relève l'étude.

Mais l'auteur de l'étude relève que si les maires et les candidats RN qui se représentent en 2020 ont vu en moyenne leur score progresser de 13,2 points, le résultat des candidats qui ont changé entre 2014 et 2020 baisse lui de 5,2 points.

Les mairies de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), Moissac (Tarn-et-Garonne) et Perpignan ont ainsi été remportées en 2020 par des candidats déjà présents en 2014 ou en 2017 comme députés, alors que ces villes se trouvent dans des cantons où le RN n'avait pas remporté de victoires en 2015.

Et aux départementales de juin, le RN a remporté trois nouveaux cantons, perdant de peu de voix les cantons qui mordent sur la ville de Perpignan.

"Signe que si l’ancrage du RN fonctionne, cela peut prendre du temps avant que la sauce ne prenne", note M. Cébille.

L'ancrage s'avère là aussi "défaillant", alors que les électeurs RN, moins diplômés et plus défiants à l'égard de la politique, se rattachent à des figures connues, y compris les maires.

A peine 5% des candidats du parti en 2021 l'étaient dans le même canton en 2015.

Conséquence électorale, le RN a perdu plus de la moitié de ses cantons (17) et n'en a gagné que trois, avec des scores en progression dans les cantons où il dispose d'une mairie, et en baisse là où il n'en a pas.

Dans un contexte de forte abstention, l'ancrage local, qui n'était pas une condition de victoire en 2015, "l'est devenu subitement" en 2021.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.