BRUXELLES : Le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, s'est dit mardi "préoccupé" par l'annonce du président turc Recep Tayyip Erdogan d'un projet de réouverture de l'ancienne station balnéaire de Varosha à Chypre qu'il a jugé "inacceptable".
"L'UE souligne une nouvelle fois la nécessité d'éviter les actions unilatérales contraires au droit international et les nouvelles provocations, qui pourraient accroître les tensions sur l'île et compromettre la reprise des pourparlers en vue d'un règlement global de la question chypriote", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Le président turc a réaffirmé mardi lors d'une visite à Chypre-Nord son attachement à une solution à deux Etats et a accusé le gouvernement chypriote-grec de "malhonnêteté" pour résoudre le problème de la partition de l'île méditerranéenne. A ses côtés, le "président" de Chypre-Nord, Ersin Tatar, a annoncé le début de "la seconde phase de notre (plan) d'expansion de Varosha", afin d'"en finir avec le deuil".
La réouverture de cette ancienne station balnéaire, fuie par ses habitants en 1974 et entourée de barbelés par l'armée turque, est une ligne rouge pour le gouvernement chypriote-grec. "La vie reprendra" à Varosha, a affirmé M. Erdogan. M. Borrell s'est dit "profondément préoccupé par les annonces faites par le président Erdogan et M. Tatar (...), concernant la zone clôturée de Varosha". Il a dénoncé "une décision unilatérale inacceptable visant à modifier le statut de Varosha".
Dans son communiqué, l'UE "demande qu'il soit mis fin immédiatement aux restrictions à la liberté de mouvement de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) imposées dans la zone de Varosha, afin que la mission puisse patrouiller et mener à bien les activités qui lui ont été confiées". L'île méditerranéenne est divisée depuis que son tiers-nord a été envahi en 1974 par la Turquie, en réaction à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes-grecs qui souhaitaient la rattacher à la Grèce. Les négociations sur une réunification de l'île sont au point mort depuis 2017.
L'UE refuse toute solution à deux Etats pour le règlement de ce conflit.