Est-il possible d'atteindre l'objectif zéro-carbone sans anéantir l'économie ?

Un embouteillage dans le quartier d'Attaba, au centre de la capitale égyptienne, Le Caire, un militant pour le climat en France et des agriculteurs irakiens travaillant dans une ferme près de Khanaqin. (AFP/File Photos)
Un embouteillage dans le quartier d'Attaba, au centre de la capitale égyptienne, Le Caire, un militant pour le climat en France et des agriculteurs irakiens travaillant dans une ferme près de Khanaqin. (AFP/File Photos)
Des personnes à bord de leurs véhicules sont bloquées dans un embouteillage après la levée des restrictions imposées par le gouvernement sur fond de pandémie du COVID-19, à Prayagraj , le 21 juin 2021. (AFP/File Photo)
Des personnes à bord de leurs véhicules sont bloquées dans un embouteillage après la levée des restrictions imposées par le gouvernement sur fond de pandémie du COVID-19, à Prayagraj , le 21 juin 2021. (AFP/File Photo)
Un poisson mort du lac Powell se trouve sur le sable de la plage de Lone Rock, le 23 juin 2021 à Big Water, dans l'Utah, région qui souffre de périodes de sécheresse extrême. (AFP/File Photo)
Un poisson mort du lac Powell se trouve sur le sable de la plage de Lone Rock, le 23 juin 2021 à Big Water, dans l'Utah, région qui souffre de périodes de sécheresse extrême. (AFP/File Photo)
On voit sur cette photo la rivière San Gabriel et son lit dénudé, le 29 juin 2021, dans les montagnes de San Gabriel, près d'Azusa, en Californie. (AFP/File Photo)
On voit sur cette photo la rivière San Gabriel et son lit dénudé, le 29 juin 2021, dans les montagnes de San Gabriel, près d'Azusa, en Californie. (AFP/File Photo)
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Publié le Samedi 10 juillet 2021

Est-il possible d'atteindre l'objectif zéro-carbone sans anéantir l'économie ?

Des personnes à bord de leurs véhicules sont bloquées dans un embouteillage après la levée des restrictions imposées par le gouvernement sur fond de pandémie du COVID-19, à Prayagraj , le 21 juin 2021. (AFP/File Photo)
Un poisson mort du lac Powell se trouve sur le sable de la plage de Lone Rock, le 23 juin 2021 à Big Water, dans l'Utah, région qui souffre de périodes de sécheresse extrême. (AFP/File Photo)
On voit sur cette photo la rivière San Gabriel et son lit dénudé, le 29 juin 2021, dans les montagnes de San Gabriel, près d'Azusa, en Californie. (AFP/File Photo)
  • La campagne « zéro émission nette d'ici à 2050 » gagne du terrain à l'approche de la 26e session de la Conférence des Parties (COP 26) qui se réunira à Glasgow en novembre prochain
  • Si la cession d'actifs peut redorer l'image des compagnies pétrolières, elle ne conduira pas toutefois à la décarbonisation souhaitée

BERNE, Suisse : Le réchauffement de la planète était inscrit à l'ordre du jour de la communauté internationale  bien avant que la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ne conduise à l'adoption du Protocole de Kyoto en 1997, lequel constitue une étape décisive pour les défenseurs de l'environnement. Toutefois, c'est l'accord de Paris, conclu par 196 parties à la conférence COP21 en décembre 2015, qui promettait de changer la donne.

Cet accord prévoit de plafonner les hausses de température d'ici à la fin du siècle à 1,5 °C au-dessus des niveaux enregistrés à l'ère pré-industrielle. Pour y parvenir, les scientifiques estiment que le monde doit réduire ses émissions de carbone à zéro d'ici à 2050, ce qui exige de réduire ces émissions de 45 % entre 2010 et 2030.

Selon le World Resources Institute, 59 pays – responsables de 54 % des émissions de CO2 dans le monde –  se sont engagés à respecter la réduction nette des émissions de CO2 à un niveau contraignant. Les EAU envisagent d'atteindre leur objectif de zéro émission d'ici à 2050, devenant ainsi le premier pays de l'OPEP à s'engager dans cette voie.

Ainsi, le plus grand émetteur de CO2 au monde, en l'occurrence la Chine, a reporté à 2060 son échéance pour l'élimination nette de ses émissions, tout comme son voisin, le Kazakhstan. La Russie et l'Inde, responsables ensemble de 11,5 % des émissions de CO2 dans le monde, tardent à se prononcer.

Une importante dynamique se dessine néanmoins à l'approche de la 26e session de la Conférence des Parties (COP 26) qui se réunira à Glasgow en novembre prochain. C'est en 2020 que la plupart des pays qui se sont engagés à ce jour à atteindre des objectifs de zéro émission nette ont pris cet engagement. Les États-Unis ont suivi le mouvement en 2021.

En effet, les pays et les entités multilatérales, telles que l'Union européenne, sont dotés du pouvoir législatif nécessaire pour favoriser le changement. Cependant, c'est à la société civile qu'il revient de jouer un rôle important si l'on souhaite atteindre cet objectif de zéro émission.

Greta Thunberg illustre parfaitement ce rôle. Les grèves scolaires que cette militante suédoise a lancées ont mobilisé les jeunes à travers le monde et infléchi l'agenda politique de bon nombre de pays. Ainsi, les partis politiques ont été contraints de revoir leur stratégie en fonction de l'agenda vert afin d'obtenir des voix.

Cependant, les changements requis vont certes imprégner tous les aspects de notre vie. Il convient d'agir pour éliminer les centrales électriques au charbon, multiplier les sources d'énergie renouvelables, moderniser les bâtiments, décarboniser le ciment, le plastique, l'aviation et le transport maritime, étendre les réseaux de transport public et privilégier les véhicules électriques dans le transport routier. Et la liste est longue.

Un sapeur-pompier se bat contre les flammes dans une forêt sur les pentes des montagnes du Troodos, au moment où un incendie immense ravage l'île méditerranéenne de Chypre, dans la nuit du 3 juillet 2021. (AFP/File Photo)
Un sapeur-pompier se bat contre les flammes dans une forêt sur les pentes des montagnes du Troodos, au moment où un incendie immense ravage l'île méditerranéenne de Chypre, dans la nuit du 3 juillet 2021. (AFP/File Photo)

Tout ce qui précède nécessitera des investissements considérables. Les États-Unis ont d'ailleurs l'intention de consacrer une bonne partie de leurs dépenses d'infrastructure post-pandémie à la finance verte.

Au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l'Arabie saoudite fait figure de pionnier grâce aux initiatives vertes pour l'Arabie saoudite et le Moyen-Orient (Saudi and Middle East Green initiatives), qui prévoient de réduire les émissions de carbone de 60 % en recourant à des technologies propres dans le domaine des hydrocarbures mais aussi en plantant 50 milliards d'arbres, dont 10 milliards dans le Royaume.

En effet, John Kerry, l'envoyé spécial des États-Unis pour le climat, a salué la volonté de Riyad d'investir 5 milliards de dollars dans la plus importante usine d'hydrogène vert du monde à NEOM, la ville intelligente au bord de la mer Rouge, qui est actuellement en phase de construction.

Par ailleurs, l'Union européenne financera son « Green Deal » à hauteur de 600 milliards d'euros issus de son plan de relance post-pandémie, baptisé « Next Generation », et du budget septennal de la Commission européenne. Ce plan définit avec vigueur la marche à suivre pour décarboniser l'économie. Etant donné que le « Green Deal » comporte une dimension écologique, il pourrait révolutionner les tarifs à travers le monde par le biais de son système d'ajustement-carbone aux frontières.

Des personnes à bord de leurs véhicules sont bloquées dans un embouteillage après la levée des restrictions imposées par le gouvernement sur fond de pandémie du COVID-19, à Prayagraj , le 21 juin 2021. (AFP/File Photo)
Des véhicules coincés dans un embouteillage au milieu de vendeurs de rue et de marchands ambulants dans le quartier d'Attaba, au centre du Caire, la capitale de l'Égypte. (AFP/File Photo)

En outre, le prix du carbone est susceptible d'atteindre 85 euros par tonne d'ici à 2030, ce qui représente une augmentation de 50 %. Cela représente un pas dans la bonne direction. Toutefois, la tarification du carbone ne pourra être efficace que si elle est appliquée à l'échelle mondiale. Dans ce cas, elle peut devenir un mécanisme pour diriger les actions et allouer les investissements.

Ce scénario s'applique aux pays riches qui possèdent les fonds et la technologie nécessaires pour mener à bien des changements accélérés. Mais qu'en est-il des pays en développement, qui subissent d'importantes menaces climatiques avec peu de moyens pour s'adapter ?

Le protocole de Kyoto, l'accord de Paris et l'initiative verte des Nations unies contraignent tous les pays riches à soutenir les pays en développement en matière d'adaptation au changement climatique. Le Fonds Vert pour le Climat prévu dans le cadre de l'Accord de Paris, tout particulièrement, constitue une avancée majeure dans ce sens.

Cependant, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a dû rappeler aux pays riches leur promesse de consacrer 100 milliards de dollars par an au financement des efforts de réduction des émissions et d'adaptation au changement climatique entrepris par les pays en développement. Selon le quotidien The New York Times, un tiers seulement de ce montant a été réellement honoré.

EN BREF

* L'objectif de zéro émission nette sera atteint lorsque la totalité des gaz à effet de serre générés par l'homme sera neutralisée et éliminée de l'atmosphère.

 

Viennent par la suite les sources privées qui financent les initiatives « zéro émission ». Elles jouent un rôle particulièrement important, dans la mesure où le financement constitue l'une des pierres angulaires de l'Accord de Paris et implique dans ce programme les bailleurs de fonds du monde entier.

Les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) –  à savoir les facteurs autres que financiers sur lesquels les investisseurs se basent pour identifier les risques et les opportunités de croissance – représentent la catégorie d'actifs à la croissance la plus rapide au monde. La firme internationale Deloitte prévoit que la moitié des fonds gérés par des professionnels aux États-Unis, soit 34,5 billions de dollars, seront investis dans des projets conformes aux critères ESG d'ici à 2025.

Le 7 juillet, les sociétés Aviva Investors et Fidelity International, ainsi que 113 autres investisseurs qui gèrent des actifs d'une valeur de 4 200 milliards de dollars, ont exhorté 63 banques mondiales à se montrer plus entreprenantes en matière de changement climatique, notamment par la publication d'objectifs climatiques à court terme conformes au scénario « zéro émission nette » établi par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avant la tenue des assemblées annuelles de leurs actionnaires.

Bien que cela semble être un signe encourageant, de nombreuses questions restent sans réponse au sujet notamment des normes à suivre et de ce que l'on appelle l'éco-blanchiment. À ce jour, les critères ESG ne font pas l'objet d'un consensus universel, même si plusieurs institutions, dont le Forum économique mondial (WEF), s'efforcent de créer leurs propres critères de référence.

Des élèves brandissant des pancartes lors d'un rassemblement sur le thème « School Strike 4 Climate » au cours d'une grève massive dans les écoles pour lutter contre le changement climatique, à Melbourne, le 21 mai 2021. (AFP/File Photo)
Des élèves brandissant des pancartes lors d'un rassemblement sur le thème « School Strike 4 Climate » au cours d'une grève massive dans les écoles pour lutter contre le changement climatique, à Melbourne, le 21 mai 2021. (AFP/File Photo)

La tendance à investir dans le respect des critères ESG achemine en effet les fonds vers les entreprises vertes et restreint la liste des investisseurs dans les secteurs du pétrole, du gaz et du charbon.

La plupart des grandes entreprises ont adhéré à l'objectif « zéro émission nette en 2050 » et de nombreuses grandes compagnies pétrolières en Europe se présentent depuis quelque temps déjà comme des « entreprises énergétiques » et non plus comme des géants du pétrole. Elles prévoient en outre de se tourner massivement vers les énergies renouvelables.

Si ces évolutions conduisent à une production accrue d'énergie verte, elles peuvent également induire en erreur. Les grandes compagnies pétrolières cèdent davantage d'actifs, que d'autres entités, notamment celles spécialisées dans le capital-investissement ou les compagnies de pétrole nationales, s'arrachent à bon compte.

Ce réaménagement superficiel pourrait redorer l'image des compagnies pétrolières cotées en bourse, mais ne contribuera pas nécessairement à éliminer davantage de carbone.

Les fondamentalistes, quant à eux, préconisent de supprimer purement et simplement les hydrocarbures. En mai, l'AIE a publié un rapport titré « Net Zero by 2050 » (ou  Zéro émission nette d'ici à 2050), qui appelle à renoncer aux investissements dans les actifs pétroliers et gaziers situés à partir de 2021.

Un employé branche une voiture électrique Volkswagen (VW) ID.3 à un poste de chargement appartenant au constructeur automobile allemand Volkswagen, sur le site de production « Glassy Manufactory » (Glaeserne Manufaktur) à Dresde. (AFP/File Photo)
Un employé branche une voiture électrique Volkswagen (VW) ID.3 à un poste de chargement appartenant au constructeur automobile allemand Volkswagen, sur le site de production « Glassy Manufactory » (Glaeserne Manufaktur) à Dresde. (AFP/File Photo)

Ce rapport préconise de tripler les investissements dans les énergies propres pour les porter à 4 000 milliards de dollars d'ici à 2030. Si cette proposition part d'une bonne intention, elle est toutefois plus réaliste pour les pays développés, qui ont les moyens de prendre des mesures telles que le recours aux véhicules électriques. Cependant, le gaz demeure nécessaire dans les pays en développement, dans lesquels près de 800 millions de personnes n'ont pas accès à l'électricité, pour servir de combustible de transition abordable.

Selon le rapport de l'AIE, la nouvelle économie verte pourrait générer 30 millions d'emplois. Cependant, il a estimé à 5 millions le nombre d'emplois qui seraient supprimés, ce qui semble peu réaliste. En effet, le nombre de personnes qui travaillent dans le seul secteur du charbon est bien plus élevé que ce chiffre dans certains pays en développement.

En Occident, bon nombre de gouvernements sous-estiment le rôle que le captage, l'utilisation et le stockage du carbone (CCUS) joueront dans la décarbonisation de l'économie. Les décideurs devraient se montrer plus attentifs à la notion de l'économie circulaire du carbone, qui permettra de réduire, réutiliser, recycler et éliminer le carbone, approuvée par le G20.

Par ailleurs, aucune analyse intégrale, à la fois environnementale et économique, portant sur le cycle de vie des différentes sources d'énergie n'a encore été élaborée. La méconnaissance de leur impact pourrait entraîner des politiques défaillantes mais aussi une mauvaise allocation des fonds.

Compte tenu de tous ces éléments, il convient de mettre en place des structures réglementaires claires et prévisibles pour que les initiatives gagnent le soutien des investisseurs. Autrement dit, il faut s'attendre à ce que le voyage vers la «zéro  émission nette» soit cahoteux, parfois houleux, et moins aisé que beaucoup le souhaiteraient.

 

Cornelia Meyer est une économiste titulaire d'un doctorat, avec trente ans d'expérience dans le domaine de la banque d'investissement et de l'industrie. Elle est présidente et PDG de la société de conseil aux entreprises Meyer Resources. 
Twitter : @MeyerResources

NDRL : L’opinion exprimée dans cette page est propre à l’auteur et ne reflète pas nécessairement celle d’Arab News en français.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur ArabNews.com


« Data Center Resource 360 » : Veolia face à l’empreinte écologique du numérique

Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
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  • Veolia lance « Data Center Resource 360 », une offre globale visant à rendre les data centers plus durables, circulaires et résilients dans un contexte de forte croissance du secteur
  • Cette solution permet jusqu’à 20 % de réutilisation d’énergie, une réduction de 75 % de l’empreinte hydrique et 95 % de recyclage et de réutilisation des déchets, tout en renforçant l’intégration locale et la sécurité environnementale

LONDRES: À Londres, Veolia a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie environnementale en dévoilant « Data Center Resource 360 », une offre globale destinée à répondre à un défi croissant : concilier l’essor fulgurant des infrastructures numériques avec les impératifs écologiques et sociétaux.

Dans un monde où l’accès à l’information est devenu essentiel, la donnée s’impose désormais comme une ressource stratégique. Cette transformation s’accompagne toutefois d’un coût invisible mais considérable : les data centers, piliers de l’économie numérique, nécessitent des volumes toujours plus importants d’eau, d’énergie et d’infrastructures. Leur développement rapide — estimé à une croissance annuelle de plus de 11 % — accentue les tensions sur les ressources, notamment dans les zones urbaines où ils sont implantés.

Face à cette réalité, Veolia propose une approche holistique et intégrée. L’offre « Data Center Resource 360 » vise à transformer ces infrastructures en modèles de durabilité. Elle repose sur une gestion complète du cycle des ressources, permettant jusqu’à 75 % de réduction de l’empreinte hydrique, 95 % de recyclage et de valorisation des déchets, ainsi que 20 % de réutilisation de l’énergie.

Déjà déployée sur plus de 100 sites à travers le monde, notamment auprès des principaux opérateurs du secteur, cette offre s’appuie sur l’expertise combinée du groupe dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

« Il s’agit d’un marché stratégique, à la croisée des révolutions numérique et écologique », a déclaré Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors de l’événement de lancement. « À mesure que la pression sur les ressources s’intensifie, transformer les data centers en acteurs utiles aux territoires devient une nécessité », a-t-elle ajouté.

Estelle Brachlianoff a insisté sur l’ADN d’innovation du groupe, hérité de plus de 170 ans d’histoire. « Aujourd’hui, la donnée est la prochaine génération de ressources », a-t-elle affirmé. « Nous sommes le laboratoire d’innovation des services essentiels. » Une vision qui s’inscrit dans une logique d’anticipation : pour Veolia, innover consiste avant tout à sécuriser ce dont les sociétés ne peuvent se passer — l’eau, l’énergie, la santé. 

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Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo: fournie)

Cette ambition prend une dimension particulière dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle. Les industries de l’IA, fortement consommatrices de ressources, renforcent la pression sur l’eau, l’énergie et le foncier. Dans certaines régions du monde, comme le Moyen-Orient, où jusqu’à 85 % de l’eau provient du dessalement, ces enjeux prennent une dimension géopolitique. L’eau, à l’instar du pétrole, devient un levier stratégique pour la stabilité et le développement.

Veolia entend répondre à ces défis en s’appuyant sur ses technologies propriétaires et sa capacité à intervenir à toutes les échelles — des États aux collectivités locales. L’offre présentée à Londres s’appuie notamment sur des outils digitaux avancés, capables d’optimiser en temps réel les performances des installations, d’anticiper les risques et de maximiser l’efficacité opérationnelle.

La stratégie repose également sur un modèle décentralisé, permettant d’adapter les solutions aux spécificités locales tout en bénéficiant d’une expertise globale. « Notre échelle mondiale est un avantage compétitif qui nourrit la croissance locale », a souligné Estelle Brachlianoff. Cette capacité à “penser global, agir local” permet au groupe de proposer des solutions sur mesure, en lien direct avec les besoins des territoires.

Lors de l’événement, une table ronde consacrée à l’innovation dans les industries de l’IA a également mis en lumière le rôle clé des infrastructures dans la transformation numérique. Les data centers ne sont plus de simples installations techniques : ils deviennent des nœuds stratégiques, au croisement des enjeux industriels, environnementaux et sociétaux.

De son côté, Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances, a insisté sur la nécessité de concilier innovation et déploiement à grande échelle. « L’innovation n’a de valeur que si elle peut être mise en œuvre efficacement et à coût maîtrisé », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que Veolia dessert aujourd’hui plus de 110 millions de personnes en eau, illustrant la capacité du groupe à opérer des solutions complexes à grande échelle. 

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Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo : fournie)

Elle a également mis en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les opérations du groupe, qu’il s’agisse de détecter les fuites, d’optimiser la consommation énergétique ou encore d’améliorer la maintenance prédictive. « L’IA et l’innovation de design permettent de générer des gains opérationnels significatifs pour nos clients, nos partenaires et nos équipes », a-t-elle ajouté.

Au-delà de la performance environnementale, l’enjeu est aussi économique. Dans un marché estimé à plusieurs milliards de dollars, les solutions intégrées pour data centers connaissent une croissance rapide. Veolia entend s’y positionner comme un acteur de référence, en capitalisant sur son expertise dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

Avec « Data Center Resource 360 », le groupe ne se contente pas de répondre à une problématique technique : il propose une nouvelle vision des infrastructures numériques. Des infrastructures capables non seulement de réduire leur empreinte, mais aussi de créer de la valeur pour les territoires, notamment grâce à la récupération de chaleur ou à une meilleure intégration dans les réseaux locaux.

À l’heure où la transition écologique s’impose comme une priorité mondiale, Veolia fait le pari que l’innovation, alliée à une approche systémique, peut transformer les contraintes en opportunités — et faire des data centers un levier clé du développement durable.


Hermès pénalisé au premier trimestre par la guerre au Moyen-Orient et les taux de change

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
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  • L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët
  • "On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis"

PARIS: Le groupe français de luxe Hermès a publié mercredi des ventes en baisse de 1,4% sur un an à 4,1 milliards d'euros au premier trimestre, pénalisées par les taux de change et la guerre au Moyen-Orient.

A taux de change constant, le chiffre d'affaires du sellier-maroquinier progresse de 6%, l’effet défavorable des changes représentant 290 millions d'euros. "Dans un contexte géopolitique sous tension, la maison Hermès garde son cap", déclare le gérant du groupe Axel Dumas, cité dans le communiqué.

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët.

"On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis", a-t-il détaillé, précisant que le groupe opère dans six magasins dans cette zone qui représentent "4% des ventes du groupe".

Les ventes aux Royaume-Uni, en Italie et en Suisse ont également souffert de cette guerre car Hermès y a un "proportion significative de clientèle du Moyen-Orient", selon le directeur finances.

Les ventes en France, en baisse de 2,8% à 347 millions d'euros sont pénalisées par "le ralentissement des flux touristiques, notamment en mars", selon le communiqué.

Pour les autres régions, les ventes en Amérique, Japon et Europe hors France "réalisent de belles progressions", "malgré le ralentissement des flux touristiques en lien avec les événements survenus au Moyen- Orient".

La zone Amérique "réalise un premier trimestre exceptionnel, avec une croissance équilibrée dans tous les métiers, tant aux États-Unis, qu'au Canada ou en Amérique du Sud", avec un chiffre d'affaires en hausse de 6,4% à 739 millions d'euros.

Le chiffre d'affaires au Japon en baisse de 3,9% (mais en hausse de 9,6% à taux de change constant) atteint 404 millions d'euros grâce à la clientèle locale.

En Europe hors France, le chiffre d'affaires est en hausse de 7,6% à 538 millions d'euros, soutenu par la demande locale également.

Le chiffre d'affaires en Asie hors Japon baisse de 4,6% (mais augmente de 2,2% hors effet de change) à 1,88 milliard d'euros avec une Grande Chine (qui inclut Hong Kong, Taïwan, Macao et la Chine) qui "poursuit une légère croissance".

 


Keolis MHI : Le métro et le tramway de Dubaï sous une nouvelle direction

Sous cette nouvelle direction, Keolis MHI entend renforcer ses équipes pluridisciplinaires et exploiter les nouvelles technologies afin de maintenir la qualité de service du métro et du tramway de Dubaï. (Fournie)
Sous cette nouvelle direction, Keolis MHI entend renforcer ses équipes pluridisciplinaires et exploiter les nouvelles technologies afin de maintenir la qualité de service du métro et du tramway de Dubaï. (Fournie)
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  • Keolis MHI nomme Vikas Sardana directeur général, alors que l’entreprise accélère son « Plan stratégique 2026 » et renforce son partenariat avec la RTA de Dubaï
  • Keolis MHI, consortium réunissant Keolis, Mitsubishi Heavy Industries et Mitsubishi Corporation, exploite le métro et le tramway de Dubaï avec plus de 1.700 employés et mise sur l’innovation pour maintenir la qualité de service

DUBAÏ : Keolis MHI, opérateur du métro et du tramway de Dubaï, a récemment annoncé la nomination de Vikas Sardana au poste de directeur général. Cette nomination intervient alors que l’entreprise accélère la mise en œuvre de son « Plan stratégique 2026 » et consolide son partenariat avec la Roads and Transport Authority (RTA).

Ancien directeur des opérations de Keolis MHI, Vikas Sardana apporte plus de vingt ans d’expérience dans les réseaux de métro au Moyen-Orient et en Inde.

« C’est un honneur de diriger Keolis MHI à un moment déterminant pour la mobilité urbaine à Dubaï », a-t-il déclaré. « Notre objectif reste de fournir une expérience de transport fluide, durable et de classe mondiale. »

Youenn Dupuis, CEO Moyen-Orient et Asie de l’Est du groupe Keolis, a estimé que cette nomination reflétait « la profondeur de l’expertise opérationnelle au sein de Keolis MHI », ainsi que sa connaissance du réseau local.

Keolis MHI est un consortium réunissant Keolis, Mitsubishi Heavy Industries Engineering et Mitsubishi Corporation. L’entreprise exploite et maintient le métro de Dubaï ainsi que le tramway, dans le cadre d’un contrat de long terme avec la Roads and Transport Authority (RTA), depuis 2021. Présente à l’échelle internationale via le groupe Keolis, elle s’appuie sur plus de 1.700 employés et opère dans plusieurs régions du monde.

Sous cette nouvelle direction, Keolis MHI entend renforcer ses équipes pluridisciplinaires et exploiter les nouvelles technologies afin de maintenir la qualité de service du métro et du tramway de Dubaï.