Est-il possible d'atteindre l'objectif zéro-carbone sans anéantir l'économie ?

Un embouteillage dans le quartier d'Attaba, au centre de la capitale égyptienne, Le Caire, un militant pour le climat en France et des agriculteurs irakiens travaillant dans une ferme près de Khanaqin. (AFP/File Photos)
Un embouteillage dans le quartier d'Attaba, au centre de la capitale égyptienne, Le Caire, un militant pour le climat en France et des agriculteurs irakiens travaillant dans une ferme près de Khanaqin. (AFP/File Photos)
Des personnes à bord de leurs véhicules sont bloquées dans un embouteillage après la levée des restrictions imposées par le gouvernement sur fond de pandémie du COVID-19, à Prayagraj , le 21 juin 2021. (AFP/File Photo)
Des personnes à bord de leurs véhicules sont bloquées dans un embouteillage après la levée des restrictions imposées par le gouvernement sur fond de pandémie du COVID-19, à Prayagraj , le 21 juin 2021. (AFP/File Photo)
Un poisson mort du lac Powell se trouve sur le sable de la plage de Lone Rock, le 23 juin 2021 à Big Water, dans l'Utah, région qui souffre de périodes de sécheresse extrême. (AFP/File Photo)
Un poisson mort du lac Powell se trouve sur le sable de la plage de Lone Rock, le 23 juin 2021 à Big Water, dans l'Utah, région qui souffre de périodes de sécheresse extrême. (AFP/File Photo)
On voit sur cette photo la rivière San Gabriel et son lit dénudé, le 29 juin 2021, dans les montagnes de San Gabriel, près d'Azusa, en Californie. (AFP/File Photo)
On voit sur cette photo la rivière San Gabriel et son lit dénudé, le 29 juin 2021, dans les montagnes de San Gabriel, près d'Azusa, en Californie. (AFP/File Photo)
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Publié le Samedi 10 juillet 2021

Est-il possible d'atteindre l'objectif zéro-carbone sans anéantir l'économie ?

Des personnes à bord de leurs véhicules sont bloquées dans un embouteillage après la levée des restrictions imposées par le gouvernement sur fond de pandémie du COVID-19, à Prayagraj , le 21 juin 2021. (AFP/File Photo)
Un poisson mort du lac Powell se trouve sur le sable de la plage de Lone Rock, le 23 juin 2021 à Big Water, dans l'Utah, région qui souffre de périodes de sécheresse extrême. (AFP/File Photo)
On voit sur cette photo la rivière San Gabriel et son lit dénudé, le 29 juin 2021, dans les montagnes de San Gabriel, près d'Azusa, en Californie. (AFP/File Photo)
  • La campagne « zéro émission nette d'ici à 2050 » gagne du terrain à l'approche de la 26e session de la Conférence des Parties (COP 26) qui se réunira à Glasgow en novembre prochain
  • Si la cession d'actifs peut redorer l'image des compagnies pétrolières, elle ne conduira pas toutefois à la décarbonisation souhaitée

BERNE, Suisse : Le réchauffement de la planète était inscrit à l'ordre du jour de la communauté internationale  bien avant que la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ne conduise à l'adoption du Protocole de Kyoto en 1997, lequel constitue une étape décisive pour les défenseurs de l'environnement. Toutefois, c'est l'accord de Paris, conclu par 196 parties à la conférence COP21 en décembre 2015, qui promettait de changer la donne.

Cet accord prévoit de plafonner les hausses de température d'ici à la fin du siècle à 1,5 °C au-dessus des niveaux enregistrés à l'ère pré-industrielle. Pour y parvenir, les scientifiques estiment que le monde doit réduire ses émissions de carbone à zéro d'ici à 2050, ce qui exige de réduire ces émissions de 45 % entre 2010 et 2030.

Selon le World Resources Institute, 59 pays – responsables de 54 % des émissions de CO2 dans le monde –  se sont engagés à respecter la réduction nette des émissions de CO2 à un niveau contraignant. Les EAU envisagent d'atteindre leur objectif de zéro émission d'ici à 2050, devenant ainsi le premier pays de l'OPEP à s'engager dans cette voie.

Ainsi, le plus grand émetteur de CO2 au monde, en l'occurrence la Chine, a reporté à 2060 son échéance pour l'élimination nette de ses émissions, tout comme son voisin, le Kazakhstan. La Russie et l'Inde, responsables ensemble de 11,5 % des émissions de CO2 dans le monde, tardent à se prononcer.

Une importante dynamique se dessine néanmoins à l'approche de la 26e session de la Conférence des Parties (COP 26) qui se réunira à Glasgow en novembre prochain. C'est en 2020 que la plupart des pays qui se sont engagés à ce jour à atteindre des objectifs de zéro émission nette ont pris cet engagement. Les États-Unis ont suivi le mouvement en 2021.

En effet, les pays et les entités multilatérales, telles que l'Union européenne, sont dotés du pouvoir législatif nécessaire pour favoriser le changement. Cependant, c'est à la société civile qu'il revient de jouer un rôle important si l'on souhaite atteindre cet objectif de zéro émission.

Greta Thunberg illustre parfaitement ce rôle. Les grèves scolaires que cette militante suédoise a lancées ont mobilisé les jeunes à travers le monde et infléchi l'agenda politique de bon nombre de pays. Ainsi, les partis politiques ont été contraints de revoir leur stratégie en fonction de l'agenda vert afin d'obtenir des voix.

Cependant, les changements requis vont certes imprégner tous les aspects de notre vie. Il convient d'agir pour éliminer les centrales électriques au charbon, multiplier les sources d'énergie renouvelables, moderniser les bâtiments, décarboniser le ciment, le plastique, l'aviation et le transport maritime, étendre les réseaux de transport public et privilégier les véhicules électriques dans le transport routier. Et la liste est longue.

Un sapeur-pompier se bat contre les flammes dans une forêt sur les pentes des montagnes du Troodos, au moment où un incendie immense ravage l'île méditerranéenne de Chypre, dans la nuit du 3 juillet 2021. (AFP/File Photo)
Un sapeur-pompier se bat contre les flammes dans une forêt sur les pentes des montagnes du Troodos, au moment où un incendie immense ravage l'île méditerranéenne de Chypre, dans la nuit du 3 juillet 2021. (AFP/File Photo)

Tout ce qui précède nécessitera des investissements considérables. Les États-Unis ont d'ailleurs l'intention de consacrer une bonne partie de leurs dépenses d'infrastructure post-pandémie à la finance verte.

Au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l'Arabie saoudite fait figure de pionnier grâce aux initiatives vertes pour l'Arabie saoudite et le Moyen-Orient (Saudi and Middle East Green initiatives), qui prévoient de réduire les émissions de carbone de 60 % en recourant à des technologies propres dans le domaine des hydrocarbures mais aussi en plantant 50 milliards d'arbres, dont 10 milliards dans le Royaume.

En effet, John Kerry, l'envoyé spécial des États-Unis pour le climat, a salué la volonté de Riyad d'investir 5 milliards de dollars dans la plus importante usine d'hydrogène vert du monde à NEOM, la ville intelligente au bord de la mer Rouge, qui est actuellement en phase de construction.

Par ailleurs, l'Union européenne financera son « Green Deal » à hauteur de 600 milliards d'euros issus de son plan de relance post-pandémie, baptisé « Next Generation », et du budget septennal de la Commission européenne. Ce plan définit avec vigueur la marche à suivre pour décarboniser l'économie. Etant donné que le « Green Deal » comporte une dimension écologique, il pourrait révolutionner les tarifs à travers le monde par le biais de son système d'ajustement-carbone aux frontières.

Des personnes à bord de leurs véhicules sont bloquées dans un embouteillage après la levée des restrictions imposées par le gouvernement sur fond de pandémie du COVID-19, à Prayagraj , le 21 juin 2021. (AFP/File Photo)
Des véhicules coincés dans un embouteillage au milieu de vendeurs de rue et de marchands ambulants dans le quartier d'Attaba, au centre du Caire, la capitale de l'Égypte. (AFP/File Photo)

En outre, le prix du carbone est susceptible d'atteindre 85 euros par tonne d'ici à 2030, ce qui représente une augmentation de 50 %. Cela représente un pas dans la bonne direction. Toutefois, la tarification du carbone ne pourra être efficace que si elle est appliquée à l'échelle mondiale. Dans ce cas, elle peut devenir un mécanisme pour diriger les actions et allouer les investissements.

Ce scénario s'applique aux pays riches qui possèdent les fonds et la technologie nécessaires pour mener à bien des changements accélérés. Mais qu'en est-il des pays en développement, qui subissent d'importantes menaces climatiques avec peu de moyens pour s'adapter ?

Le protocole de Kyoto, l'accord de Paris et l'initiative verte des Nations unies contraignent tous les pays riches à soutenir les pays en développement en matière d'adaptation au changement climatique. Le Fonds Vert pour le Climat prévu dans le cadre de l'Accord de Paris, tout particulièrement, constitue une avancée majeure dans ce sens.

Cependant, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a dû rappeler aux pays riches leur promesse de consacrer 100 milliards de dollars par an au financement des efforts de réduction des émissions et d'adaptation au changement climatique entrepris par les pays en développement. Selon le quotidien The New York Times, un tiers seulement de ce montant a été réellement honoré.

EN BREF

* L'objectif de zéro émission nette sera atteint lorsque la totalité des gaz à effet de serre générés par l'homme sera neutralisée et éliminée de l'atmosphère.

 

Viennent par la suite les sources privées qui financent les initiatives « zéro émission ». Elles jouent un rôle particulièrement important, dans la mesure où le financement constitue l'une des pierres angulaires de l'Accord de Paris et implique dans ce programme les bailleurs de fonds du monde entier.

Les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) –  à savoir les facteurs autres que financiers sur lesquels les investisseurs se basent pour identifier les risques et les opportunités de croissance – représentent la catégorie d'actifs à la croissance la plus rapide au monde. La firme internationale Deloitte prévoit que la moitié des fonds gérés par des professionnels aux États-Unis, soit 34,5 billions de dollars, seront investis dans des projets conformes aux critères ESG d'ici à 2025.

Le 7 juillet, les sociétés Aviva Investors et Fidelity International, ainsi que 113 autres investisseurs qui gèrent des actifs d'une valeur de 4 200 milliards de dollars, ont exhorté 63 banques mondiales à se montrer plus entreprenantes en matière de changement climatique, notamment par la publication d'objectifs climatiques à court terme conformes au scénario « zéro émission nette » établi par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avant la tenue des assemblées annuelles de leurs actionnaires.

Bien que cela semble être un signe encourageant, de nombreuses questions restent sans réponse au sujet notamment des normes à suivre et de ce que l'on appelle l'éco-blanchiment. À ce jour, les critères ESG ne font pas l'objet d'un consensus universel, même si plusieurs institutions, dont le Forum économique mondial (WEF), s'efforcent de créer leurs propres critères de référence.

Des élèves brandissant des pancartes lors d'un rassemblement sur le thème « School Strike 4 Climate » au cours d'une grève massive dans les écoles pour lutter contre le changement climatique, à Melbourne, le 21 mai 2021. (AFP/File Photo)
Des élèves brandissant des pancartes lors d'un rassemblement sur le thème « School Strike 4 Climate » au cours d'une grève massive dans les écoles pour lutter contre le changement climatique, à Melbourne, le 21 mai 2021. (AFP/File Photo)

La tendance à investir dans le respect des critères ESG achemine en effet les fonds vers les entreprises vertes et restreint la liste des investisseurs dans les secteurs du pétrole, du gaz et du charbon.

La plupart des grandes entreprises ont adhéré à l'objectif « zéro émission nette en 2050 » et de nombreuses grandes compagnies pétrolières en Europe se présentent depuis quelque temps déjà comme des « entreprises énergétiques » et non plus comme des géants du pétrole. Elles prévoient en outre de se tourner massivement vers les énergies renouvelables.

Si ces évolutions conduisent à une production accrue d'énergie verte, elles peuvent également induire en erreur. Les grandes compagnies pétrolières cèdent davantage d'actifs, que d'autres entités, notamment celles spécialisées dans le capital-investissement ou les compagnies de pétrole nationales, s'arrachent à bon compte.

Ce réaménagement superficiel pourrait redorer l'image des compagnies pétrolières cotées en bourse, mais ne contribuera pas nécessairement à éliminer davantage de carbone.

Les fondamentalistes, quant à eux, préconisent de supprimer purement et simplement les hydrocarbures. En mai, l'AIE a publié un rapport titré « Net Zero by 2050 » (ou  Zéro émission nette d'ici à 2050), qui appelle à renoncer aux investissements dans les actifs pétroliers et gaziers situés à partir de 2021.

Un employé branche une voiture électrique Volkswagen (VW) ID.3 à un poste de chargement appartenant au constructeur automobile allemand Volkswagen, sur le site de production « Glassy Manufactory » (Glaeserne Manufaktur) à Dresde. (AFP/File Photo)
Un employé branche une voiture électrique Volkswagen (VW) ID.3 à un poste de chargement appartenant au constructeur automobile allemand Volkswagen, sur le site de production « Glassy Manufactory » (Glaeserne Manufaktur) à Dresde. (AFP/File Photo)

Ce rapport préconise de tripler les investissements dans les énergies propres pour les porter à 4 000 milliards de dollars d'ici à 2030. Si cette proposition part d'une bonne intention, elle est toutefois plus réaliste pour les pays développés, qui ont les moyens de prendre des mesures telles que le recours aux véhicules électriques. Cependant, le gaz demeure nécessaire dans les pays en développement, dans lesquels près de 800 millions de personnes n'ont pas accès à l'électricité, pour servir de combustible de transition abordable.

Selon le rapport de l'AIE, la nouvelle économie verte pourrait générer 30 millions d'emplois. Cependant, il a estimé à 5 millions le nombre d'emplois qui seraient supprimés, ce qui semble peu réaliste. En effet, le nombre de personnes qui travaillent dans le seul secteur du charbon est bien plus élevé que ce chiffre dans certains pays en développement.

En Occident, bon nombre de gouvernements sous-estiment le rôle que le captage, l'utilisation et le stockage du carbone (CCUS) joueront dans la décarbonisation de l'économie. Les décideurs devraient se montrer plus attentifs à la notion de l'économie circulaire du carbone, qui permettra de réduire, réutiliser, recycler et éliminer le carbone, approuvée par le G20.

Par ailleurs, aucune analyse intégrale, à la fois environnementale et économique, portant sur le cycle de vie des différentes sources d'énergie n'a encore été élaborée. La méconnaissance de leur impact pourrait entraîner des politiques défaillantes mais aussi une mauvaise allocation des fonds.

Compte tenu de tous ces éléments, il convient de mettre en place des structures réglementaires claires et prévisibles pour que les initiatives gagnent le soutien des investisseurs. Autrement dit, il faut s'attendre à ce que le voyage vers la «zéro  émission nette» soit cahoteux, parfois houleux, et moins aisé que beaucoup le souhaiteraient.

 

Cornelia Meyer est une économiste titulaire d'un doctorat, avec trente ans d'expérience dans le domaine de la banque d'investissement et de l'industrie. Elle est présidente et PDG de la société de conseil aux entreprises Meyer Resources. 
Twitter : @MeyerResources

NDRL : L’opinion exprimée dans cette page est propre à l’auteur et ne reflète pas nécessairement celle d’Arab News en français.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur ArabNews.com


Câbles industriels: Nexans annonce un «réaménagement du calendrier» du mégaprojet à Chypre

Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
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  • Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire"
  • Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen

PARIS: Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe.

"Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client" concernant ce projet, le Great Sea Interconnector (GSI), a déclaré Nexans dans un communiqué, soulignant travailler "en étroite collaboration avec son client afin d'examiner les différentes options en vue de l'élaboration d'un calendrier d'exécution ajusté".

Le groupe assure qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire" qui doit relier Israël, Chypre et l'Union européenne.

Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen.

Nexans indique que "ces ajustements affectent la date de livraison du projet" sans apporter plus de précisions, et qu'il reste "pleinement engagé dans l'exécution de ce projet aux côtés de son client".

Ces changements, en revanche, n'ont "pas d'impact sur la guidance 2028 de Nexans, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026".

Nexans communiquera ses prévisions 2026 lors de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février.

Nexans, 2e mondial de son secteur derrière l'italien Prysmian, compte 28.500 collaborateurs dans 41 pays. Le groupe s'est depuis quelques années recentré sur le transport d'électricité et l'électrification (raccordement des champs éoliens offshore aux réseaux électriques, rénovation et développement des réseaux de transport d'électricité dans de nombreux pays...).

 


Holcim rachète le fabricant français de produits préfabriqués en béton Alkern

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
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  • Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse
  • Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué

ZURICH: Le cimentier suisse Holcim a annoncé mardi avoir finalisé l'acquisition du français Alkern, un fabricant de produits préfabriqués en béton.

Fondée en 1972, l'entreprise basée à Harnes dans le Pas-de-Calais emploie 1.000 personnes à travers 50 sites de production en France et en Belgique et a réalisé un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros en 2025, indique le groupe suisse dans un communiqué.

Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse, qui avait fusionné en 2015 avec le français Lafarge.

Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué.

En mai 2025, le géant suisse des matériaux de construction avait annoncé être entré en négociations exclusives avec la société de capital-investissement Chequers Capital en vue du rachat d'Alkern.

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions.

Dans un commentaire boursier, Martin Hüsler, analyste à la Banque cantonale de Zurich, souligne que le groupe suisse ne fournit aucune indication sur le montant de la transaction, ni sur la rentabilité d'Alkern. Mais il suppose que le prix d'achat est "inférieur à une fois les revenus" d'Alkern.

Avec ses 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'entreprise française représente "1,5%" des revenus d'Holcim, ajoute l'analyste, qui note qu'il s'agit de sa "troisième acquisition majeure depuis octobre", après celle de l'allemand Xella en octobre, puis du péruvien Cementos Pacasmayo mi-décembre.

 


L’Inde affirme être devenue la quatrième économie du monde, devant le Japon

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
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  • "Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années"
  • Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon

NEW DELHI: L’Inde est devenue la quatrième économie de la planète, devant le Japon, et les autorités espèrent qu'elle dépassera l’Allemagne d’ici trois ans, selon le bilan économique de fin d’année établi par le gouvernement.

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions.

"L’Inde fait partie des grandes économies affichant la croissance la plus rapide au monde et est bien placée pour maintenir cet élan", affirme la note économique.

"Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années, avec un PIB estimé à 7.300 milliards de dollars d’ici 2030".

Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon.  Les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne sont, dans cet ordre, les plus grandes économies au monde, selon le FMI.

Les prévisions optimistes de New Delhi interviennent dans un contexte économique compliqué pour le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d'habitants.

Fin août, Washington, le premier partenaire commercial du pays, a imposé une hausse de 50% des droits de douane sur les produits "made in India" arrivant aux Etats-Unis, en représailles à ses achats de pétrole russe.

La croissance continue reflète "la résilience de l’Inde face aux incertitudes persistantes (qui pèsent) sur le commerce international", estime le gouvernement.

Le PIB par habitant de l’Inde atteignait 2.694 dollars en 2024, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, soit douze fois moins que les 32.487 dollars du Japon et vingt fois moins que les 56.103 dollars de l’Allemagne.

Plus d’un quart des habitants de l’Inde ont entre 10 et 26 ans, selon les données gouvernementales, mais le taux de chômage des jeunes diplômés reste très élevé.

Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé des allégements fiscaux et des réformes du droit du travail après que la croissance économique a atteint un plus bas en quatre ans, au cours de l'exercice annuel clos le 31 mars.

La roupie indienne a atteint un niveau historiquement bas face au dollar début décembre — après avoir chuté d’environ 5% en 2025 — en raison des notamment inquiétudes persistantes liées à l’absence d’accord commercial avec Washington.