Est-il possible d'atteindre l'objectif zéro-carbone sans anéantir l'économie ?

Un embouteillage dans le quartier d'Attaba, au centre de la capitale égyptienne, Le Caire, un militant pour le climat en France et des agriculteurs irakiens travaillant dans une ferme près de Khanaqin. (AFP/File Photos)
Un embouteillage dans le quartier d'Attaba, au centre de la capitale égyptienne, Le Caire, un militant pour le climat en France et des agriculteurs irakiens travaillant dans une ferme près de Khanaqin. (AFP/File Photos)
Des personnes à bord de leurs véhicules sont bloquées dans un embouteillage après la levée des restrictions imposées par le gouvernement sur fond de pandémie du COVID-19, à Prayagraj , le 21 juin 2021. (AFP/File Photo)
Des personnes à bord de leurs véhicules sont bloquées dans un embouteillage après la levée des restrictions imposées par le gouvernement sur fond de pandémie du COVID-19, à Prayagraj , le 21 juin 2021. (AFP/File Photo)
Un poisson mort du lac Powell se trouve sur le sable de la plage de Lone Rock, le 23 juin 2021 à Big Water, dans l'Utah, région qui souffre de périodes de sécheresse extrême. (AFP/File Photo)
Un poisson mort du lac Powell se trouve sur le sable de la plage de Lone Rock, le 23 juin 2021 à Big Water, dans l'Utah, région qui souffre de périodes de sécheresse extrême. (AFP/File Photo)
On voit sur cette photo la rivière San Gabriel et son lit dénudé, le 29 juin 2021, dans les montagnes de San Gabriel, près d'Azusa, en Californie. (AFP/File Photo)
On voit sur cette photo la rivière San Gabriel et son lit dénudé, le 29 juin 2021, dans les montagnes de San Gabriel, près d'Azusa, en Californie. (AFP/File Photo)
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Publié le Samedi 10 juillet 2021

Est-il possible d'atteindre l'objectif zéro-carbone sans anéantir l'économie ?

Des personnes à bord de leurs véhicules sont bloquées dans un embouteillage après la levée des restrictions imposées par le gouvernement sur fond de pandémie du COVID-19, à Prayagraj , le 21 juin 2021. (AFP/File Photo)
Un poisson mort du lac Powell se trouve sur le sable de la plage de Lone Rock, le 23 juin 2021 à Big Water, dans l'Utah, région qui souffre de périodes de sécheresse extrême. (AFP/File Photo)
On voit sur cette photo la rivière San Gabriel et son lit dénudé, le 29 juin 2021, dans les montagnes de San Gabriel, près d'Azusa, en Californie. (AFP/File Photo)
  • La campagne « zéro émission nette d'ici à 2050 » gagne du terrain à l'approche de la 26e session de la Conférence des Parties (COP 26) qui se réunira à Glasgow en novembre prochain
  • Si la cession d'actifs peut redorer l'image des compagnies pétrolières, elle ne conduira pas toutefois à la décarbonisation souhaitée

BERNE, Suisse : Le réchauffement de la planète était inscrit à l'ordre du jour de la communauté internationale  bien avant que la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ne conduise à l'adoption du Protocole de Kyoto en 1997, lequel constitue une étape décisive pour les défenseurs de l'environnement. Toutefois, c'est l'accord de Paris, conclu par 196 parties à la conférence COP21 en décembre 2015, qui promettait de changer la donne.

Cet accord prévoit de plafonner les hausses de température d'ici à la fin du siècle à 1,5 °C au-dessus des niveaux enregistrés à l'ère pré-industrielle. Pour y parvenir, les scientifiques estiment que le monde doit réduire ses émissions de carbone à zéro d'ici à 2050, ce qui exige de réduire ces émissions de 45 % entre 2010 et 2030.

Selon le World Resources Institute, 59 pays – responsables de 54 % des émissions de CO2 dans le monde –  se sont engagés à respecter la réduction nette des émissions de CO2 à un niveau contraignant. Les EAU envisagent d'atteindre leur objectif de zéro émission d'ici à 2050, devenant ainsi le premier pays de l'OPEP à s'engager dans cette voie.

Ainsi, le plus grand émetteur de CO2 au monde, en l'occurrence la Chine, a reporté à 2060 son échéance pour l'élimination nette de ses émissions, tout comme son voisin, le Kazakhstan. La Russie et l'Inde, responsables ensemble de 11,5 % des émissions de CO2 dans le monde, tardent à se prononcer.

Une importante dynamique se dessine néanmoins à l'approche de la 26e session de la Conférence des Parties (COP 26) qui se réunira à Glasgow en novembre prochain. C'est en 2020 que la plupart des pays qui se sont engagés à ce jour à atteindre des objectifs de zéro émission nette ont pris cet engagement. Les États-Unis ont suivi le mouvement en 2021.

En effet, les pays et les entités multilatérales, telles que l'Union européenne, sont dotés du pouvoir législatif nécessaire pour favoriser le changement. Cependant, c'est à la société civile qu'il revient de jouer un rôle important si l'on souhaite atteindre cet objectif de zéro émission.

Greta Thunberg illustre parfaitement ce rôle. Les grèves scolaires que cette militante suédoise a lancées ont mobilisé les jeunes à travers le monde et infléchi l'agenda politique de bon nombre de pays. Ainsi, les partis politiques ont été contraints de revoir leur stratégie en fonction de l'agenda vert afin d'obtenir des voix.

Cependant, les changements requis vont certes imprégner tous les aspects de notre vie. Il convient d'agir pour éliminer les centrales électriques au charbon, multiplier les sources d'énergie renouvelables, moderniser les bâtiments, décarboniser le ciment, le plastique, l'aviation et le transport maritime, étendre les réseaux de transport public et privilégier les véhicules électriques dans le transport routier. Et la liste est longue.

Un sapeur-pompier se bat contre les flammes dans une forêt sur les pentes des montagnes du Troodos, au moment où un incendie immense ravage l'île méditerranéenne de Chypre, dans la nuit du 3 juillet 2021. (AFP/File Photo)
Un sapeur-pompier se bat contre les flammes dans une forêt sur les pentes des montagnes du Troodos, au moment où un incendie immense ravage l'île méditerranéenne de Chypre, dans la nuit du 3 juillet 2021. (AFP/File Photo)

Tout ce qui précède nécessitera des investissements considérables. Les États-Unis ont d'ailleurs l'intention de consacrer une bonne partie de leurs dépenses d'infrastructure post-pandémie à la finance verte.

Au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l'Arabie saoudite fait figure de pionnier grâce aux initiatives vertes pour l'Arabie saoudite et le Moyen-Orient (Saudi and Middle East Green initiatives), qui prévoient de réduire les émissions de carbone de 60 % en recourant à des technologies propres dans le domaine des hydrocarbures mais aussi en plantant 50 milliards d'arbres, dont 10 milliards dans le Royaume.

En effet, John Kerry, l'envoyé spécial des États-Unis pour le climat, a salué la volonté de Riyad d'investir 5 milliards de dollars dans la plus importante usine d'hydrogène vert du monde à NEOM, la ville intelligente au bord de la mer Rouge, qui est actuellement en phase de construction.

Par ailleurs, l'Union européenne financera son « Green Deal » à hauteur de 600 milliards d'euros issus de son plan de relance post-pandémie, baptisé « Next Generation », et du budget septennal de la Commission européenne. Ce plan définit avec vigueur la marche à suivre pour décarboniser l'économie. Etant donné que le « Green Deal » comporte une dimension écologique, il pourrait révolutionner les tarifs à travers le monde par le biais de son système d'ajustement-carbone aux frontières.

Des personnes à bord de leurs véhicules sont bloquées dans un embouteillage après la levée des restrictions imposées par le gouvernement sur fond de pandémie du COVID-19, à Prayagraj , le 21 juin 2021. (AFP/File Photo)
Des véhicules coincés dans un embouteillage au milieu de vendeurs de rue et de marchands ambulants dans le quartier d'Attaba, au centre du Caire, la capitale de l'Égypte. (AFP/File Photo)

En outre, le prix du carbone est susceptible d'atteindre 85 euros par tonne d'ici à 2030, ce qui représente une augmentation de 50 %. Cela représente un pas dans la bonne direction. Toutefois, la tarification du carbone ne pourra être efficace que si elle est appliquée à l'échelle mondiale. Dans ce cas, elle peut devenir un mécanisme pour diriger les actions et allouer les investissements.

Ce scénario s'applique aux pays riches qui possèdent les fonds et la technologie nécessaires pour mener à bien des changements accélérés. Mais qu'en est-il des pays en développement, qui subissent d'importantes menaces climatiques avec peu de moyens pour s'adapter ?

Le protocole de Kyoto, l'accord de Paris et l'initiative verte des Nations unies contraignent tous les pays riches à soutenir les pays en développement en matière d'adaptation au changement climatique. Le Fonds Vert pour le Climat prévu dans le cadre de l'Accord de Paris, tout particulièrement, constitue une avancée majeure dans ce sens.

Cependant, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a dû rappeler aux pays riches leur promesse de consacrer 100 milliards de dollars par an au financement des efforts de réduction des émissions et d'adaptation au changement climatique entrepris par les pays en développement. Selon le quotidien The New York Times, un tiers seulement de ce montant a été réellement honoré.

EN BREF

* L'objectif de zéro émission nette sera atteint lorsque la totalité des gaz à effet de serre générés par l'homme sera neutralisée et éliminée de l'atmosphère.

 

Viennent par la suite les sources privées qui financent les initiatives « zéro émission ». Elles jouent un rôle particulièrement important, dans la mesure où le financement constitue l'une des pierres angulaires de l'Accord de Paris et implique dans ce programme les bailleurs de fonds du monde entier.

Les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) –  à savoir les facteurs autres que financiers sur lesquels les investisseurs se basent pour identifier les risques et les opportunités de croissance – représentent la catégorie d'actifs à la croissance la plus rapide au monde. La firme internationale Deloitte prévoit que la moitié des fonds gérés par des professionnels aux États-Unis, soit 34,5 billions de dollars, seront investis dans des projets conformes aux critères ESG d'ici à 2025.

Le 7 juillet, les sociétés Aviva Investors et Fidelity International, ainsi que 113 autres investisseurs qui gèrent des actifs d'une valeur de 4 200 milliards de dollars, ont exhorté 63 banques mondiales à se montrer plus entreprenantes en matière de changement climatique, notamment par la publication d'objectifs climatiques à court terme conformes au scénario « zéro émission nette » établi par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avant la tenue des assemblées annuelles de leurs actionnaires.

Bien que cela semble être un signe encourageant, de nombreuses questions restent sans réponse au sujet notamment des normes à suivre et de ce que l'on appelle l'éco-blanchiment. À ce jour, les critères ESG ne font pas l'objet d'un consensus universel, même si plusieurs institutions, dont le Forum économique mondial (WEF), s'efforcent de créer leurs propres critères de référence.

Des élèves brandissant des pancartes lors d'un rassemblement sur le thème « School Strike 4 Climate » au cours d'une grève massive dans les écoles pour lutter contre le changement climatique, à Melbourne, le 21 mai 2021. (AFP/File Photo)
Des élèves brandissant des pancartes lors d'un rassemblement sur le thème « School Strike 4 Climate » au cours d'une grève massive dans les écoles pour lutter contre le changement climatique, à Melbourne, le 21 mai 2021. (AFP/File Photo)

La tendance à investir dans le respect des critères ESG achemine en effet les fonds vers les entreprises vertes et restreint la liste des investisseurs dans les secteurs du pétrole, du gaz et du charbon.

La plupart des grandes entreprises ont adhéré à l'objectif « zéro émission nette en 2050 » et de nombreuses grandes compagnies pétrolières en Europe se présentent depuis quelque temps déjà comme des « entreprises énergétiques » et non plus comme des géants du pétrole. Elles prévoient en outre de se tourner massivement vers les énergies renouvelables.

Si ces évolutions conduisent à une production accrue d'énergie verte, elles peuvent également induire en erreur. Les grandes compagnies pétrolières cèdent davantage d'actifs, que d'autres entités, notamment celles spécialisées dans le capital-investissement ou les compagnies de pétrole nationales, s'arrachent à bon compte.

Ce réaménagement superficiel pourrait redorer l'image des compagnies pétrolières cotées en bourse, mais ne contribuera pas nécessairement à éliminer davantage de carbone.

Les fondamentalistes, quant à eux, préconisent de supprimer purement et simplement les hydrocarbures. En mai, l'AIE a publié un rapport titré « Net Zero by 2050 » (ou  Zéro émission nette d'ici à 2050), qui appelle à renoncer aux investissements dans les actifs pétroliers et gaziers situés à partir de 2021.

Un employé branche une voiture électrique Volkswagen (VW) ID.3 à un poste de chargement appartenant au constructeur automobile allemand Volkswagen, sur le site de production « Glassy Manufactory » (Glaeserne Manufaktur) à Dresde. (AFP/File Photo)
Un employé branche une voiture électrique Volkswagen (VW) ID.3 à un poste de chargement appartenant au constructeur automobile allemand Volkswagen, sur le site de production « Glassy Manufactory » (Glaeserne Manufaktur) à Dresde. (AFP/File Photo)

Ce rapport préconise de tripler les investissements dans les énergies propres pour les porter à 4 000 milliards de dollars d'ici à 2030. Si cette proposition part d'une bonne intention, elle est toutefois plus réaliste pour les pays développés, qui ont les moyens de prendre des mesures telles que le recours aux véhicules électriques. Cependant, le gaz demeure nécessaire dans les pays en développement, dans lesquels près de 800 millions de personnes n'ont pas accès à l'électricité, pour servir de combustible de transition abordable.

Selon le rapport de l'AIE, la nouvelle économie verte pourrait générer 30 millions d'emplois. Cependant, il a estimé à 5 millions le nombre d'emplois qui seraient supprimés, ce qui semble peu réaliste. En effet, le nombre de personnes qui travaillent dans le seul secteur du charbon est bien plus élevé que ce chiffre dans certains pays en développement.

En Occident, bon nombre de gouvernements sous-estiment le rôle que le captage, l'utilisation et le stockage du carbone (CCUS) joueront dans la décarbonisation de l'économie. Les décideurs devraient se montrer plus attentifs à la notion de l'économie circulaire du carbone, qui permettra de réduire, réutiliser, recycler et éliminer le carbone, approuvée par le G20.

Par ailleurs, aucune analyse intégrale, à la fois environnementale et économique, portant sur le cycle de vie des différentes sources d'énergie n'a encore été élaborée. La méconnaissance de leur impact pourrait entraîner des politiques défaillantes mais aussi une mauvaise allocation des fonds.

Compte tenu de tous ces éléments, il convient de mettre en place des structures réglementaires claires et prévisibles pour que les initiatives gagnent le soutien des investisseurs. Autrement dit, il faut s'attendre à ce que le voyage vers la «zéro  émission nette» soit cahoteux, parfois houleux, et moins aisé que beaucoup le souhaiteraient.

 

Cornelia Meyer est une économiste titulaire d'un doctorat, avec trente ans d'expérience dans le domaine de la banque d'investissement et de l'industrie. Elle est présidente et PDG de la société de conseil aux entreprises Meyer Resources. 
Twitter : @MeyerResources

NDRL : L’opinion exprimée dans cette page est propre à l’auteur et ne reflète pas nécessairement celle d’Arab News en français.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur ArabNews.com


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.