Ce que représente l'amélioration du classement mondial de l'Arabie saoudite en matière de résilience du travail

Une photo prise le 17 août 2017 montre un employé saoudien utilisant un ordinateur portable pour préparer un diaporama dans son bureau de Riyad (Fichier Photos/AFP)
Une photo prise le 17 août 2017 montre un employé saoudien utilisant un ordinateur portable pour préparer un diaporama dans son bureau de Riyad (Fichier Photos/AFP)
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Publié le Mardi 22 juin 2021

Ce que représente l'amélioration du classement mondial de l'Arabie saoudite en matière de résilience du travail

Une photo prise le 17 août 2017 montre un employé saoudien utilisant un ordinateur portable pour préparer un diaporama dans son bureau de Riyad (Fichier Photos/AFP)
  • Le Royaume a progressé de 13 places en 2021 dans l’index Global Labor Resilience (GLRI), grâce à «la numérisation, l'éducation et la flexibilité du marché du travail»
  • Le rapport GLRI 2021 exhorte les gouvernements à investir dans les secteurs créateurs d'emplois pour servir les intérêts de la population croissante des jeunes

DUBAÏ: La sécurité de l'emploi a été une source majeure d'inquiétude tout au long de la pandémie de Covid-19. Les mesures de confinement ont réduit les revenus des entreprises, contraignant un grand nombre d’entre elles à diminuer les heures de travail, ou à licencier du personnel. 

Dans les pays possédant une économie diversifiée, de fortes infrastructures numériques, et un système de sécurité sociale généreux, les dommages ont pu être atténués. Pour d'autres, la crise a révélé un sérieux manque de résilience du marché du travail. 

Le Global Labor Resilience Index (GLRI) 2021, conçu par le cabinet de conseil en politiques et stratégies publiques Whiteshield Partners, en collaboration avec la Saïd Business School de l'université d’Oxford, et l'Institute for the Future of Work, a dressé un état des lieux des pays les mieux placés pour faire face aux perturbations du marché du travail, voire transformer les défis en opportunités. 

L'indice classe 145 pays et économies en fonction de la résistance de leurs marchés du travail à divers chocs. S'appuyant sur 102 indicateurs provenant d'un large éventail de sources internationales, le GLRI prend en considération aussi bien des facteurs structurels à long terme – tels que la démographie, le niveau de développement économique et de stabilité macroéconomique, les capacités nationales, la vulnérabilité commerciale et les inégalités – que des facteurs conjoncturels de plus court terme, qui influent sur la résilience d'un pays en fonction de sa capacité d'absorption, d'adaptation, de transformation, et de sa capacité institutionnelle. 

L'étude, qui a révélé une amélioration radicale du classement général de l'Arabie saoudite, a été publiée en mars, environ un an après l’émergence de la pandémie de coronavirus.  

«Le GLRI est l’indicateur le plus complet qui permette aux décideurs politiques d'évaluer la préparation du marché du travail face aux chocs à court terme, tels que la Covid-19, et aux contraintes sur le long terme, comme les perturbations technologiques et les transitions vertes», affirme à Arab News Tom Flynn, cadre supérieur à Whiteshield Partners. 

«Les décideurs peuvent utiliser le GLRI pour appliquer les politiques que les leaders de la résilience utilisent pour mieux conserver et développer les bons emplois», explique-t-il. «À titre d’exemple, la Covid-19 a provoqué des ravages sur les marchés du travail et les emplois dans le monde, alors que les acteurs les plus performants du GLRI, comme les Pays-Bas – dont le taux de chômage se situe actuellement à environ 3% – s'en sont sortis relativement mieux que d'autres.» 

Les marchés du travail résilients sont plus importants que jamais, dans le cadre des efforts visant à préserver la stabilité et le niveau de vie, dans le contexte d'une pandémie mondiale qui a provoqué l'une des plus grandes crises de l'emploi depuis la Grande Dépression. 

Selon le GLRI, la Suisse reste le pays dont le marché du travail est le plus résistant au monde, suivi de l'Allemagne et des Pays-Bas. Cette année, un nouveau dispositif a été utilisé pour mesurer la résilience à toutes sortes de chocs, de sorte que les États-Unis (classés 14e) et le Royaume-Uni (12e) ne figurent plus dans les dix premiers. Dans l'indice 2020, ils se classaient respectivement troisième et neuvième. En revanche, l'Allemagne a gagné cinq places pour se hisser au deuxième rang. 

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, l'indice révèle qu'un certain nombre de pays, dont le Royaume, ont fait des progrès pour améliorer la résilience de leurs marchés du travail, progressant dans les classements au cours des cinq dernières années. Cependant, pendant la pandémie, un grand nombre d'entre eux n'ont pas réussi à conserver ces avantages. 

Les Émirats arabes unis restent le pays du Golfe le mieux classé, bien qu'ils soient passés de la 21e à la 35e place cette année. Leur position relativement élevée reflète les efforts du gouvernement pour accroître la diversification économique, et le soutien à l'innovation. 

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Une employée saoudienne vérifie la marchandise dans un hypermarché, récemment lancé par LuLu et géré par une équipe de femmes, dans la ville portuaire saoudienne de Djeddah, le 21 février 2021 (Photo d’Archives/AFP) 

Oman, qui se classe 75e, a amélioré sa position de 19 places dans l’index depuis 2016. Il a été classé 53e en 2020, et a donc perdu 22 places l'année dernière. 

L'Arabie saoudite, qui occupe la 62ᵉ place du classement cette année, a réussi à inverser cette tendance. Non seulement le Royaume a progressé de 27 places au classement depuis 2016, mais il a également réussi à améliorer sa position de 13 places en 2021, malgré les défis créés par la pandémie. 

«Le fait d’être la première économie du monde arabe, et de maintenir une stabilité économique a posé les bases de cette amélioration», affirme Flynn, en évoquant le succès du Royaume. «L'Arabie saoudite a également décidé d'investir dans la numérisation et l'éducation, et a adopté des réformes politiques bénéfiques, telles que l'amélioration de la flexibilité du marché du travail.» 

Cependant, de nombreux autres pays de la région ne sont pas assez résilients, confrontés aux défis du chômage des jeunes, et victimes de l’impréparation de leurs marchés du travail aux emplois numériques et verts. En conséquence, ils doivent étudier les programmes d'emploi pour les jeunes, les opportunités de croissance verte, et les politiques propices à l'entrepreneuriat et à l'innovation. 

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Des employés de la compagnie pétrolière Aramco travaillant dans l'usine de traitement du pétrole de Khurais, en Arabie saoudite (Fichier Photos/AFP) 

«Le GLRI fournit aux décideurs politiques du Moyen-Orient un plan pour développer des emplois durables, un défi critique pour la région, qui possède des marchés du travail et des économies relativement fragiles», précise à Arab News Fadi Farra, cofondateur et partenaire de Whiteshield Partners. 

«L’une des leçons tirées cette année est que les leaders de la résilience ont souvent développé de solides marchés du travail en concentrant leurs efforts sur l'amélioration de bases ou de politiques économiques spécifiques visant à stimuler la résilience, plutôt que de tenter une réforme à grande échelle.» 

Dans le cas de l'Arabie saoudite, le GLRI indique qu'il y a matière à amélioration en matière de politique. Le Royaume se classe ainsi 76ᵉ sur le pilier cyclique, qui évalue le cycle de réponse politique d'un pays face à des crises. 

«Attirer et développer les compétences, améliorer l'environnement général des affaires, comme l'insolvabilité des entreprises et l'accès au crédit, pourrait aider l'Arabie saoudite à stimuler la croissance des PME et des start-up innovantes, et fournir de nouvelles sources d'emplois dans le secteur privé», soutient Farra. 

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La Saoudienne Rodina Maamoun, qui employait 19 jeunes femmes remplaçant presque entièrement les hommes, vend des bijoux dans un magasin de détail du centre commercial Hayat à Riyad, le 19 février 2020 (Fichier Photos/AFP) 

Pour Flynn, la numérisation, l'économie verte et une population croissante de jeunes continueront de mettre le Royaume et ses voisins régionaux au défi de fournir davantage d'emplois de meilleure qualité, orientés vers les secteurs de l’avenir.    

«La crise de la Covid-19 a montré à quel point la dépendance à quelques secteurs et ressources naturelles pour la croissance économique rendait les marchés du travail du Moyen-Orient, en particulier dans le Golfe, vulnérables aux chocs. Les jeunes et les travailleurs peu qualifiés ont été particulièrement touchés», souligne Flynn. «Le Moyen-Orient, et en particulier l'Arabie saoudite, ont connu une nette amélioration dans la résilience du marché du travail, mais il existe un potentiel pour la renforcer encore davantage.» 

Il soutient que les gouvernements doivent d’abord adopter des politiques qui favorisent les économies numériques et vertes, ainsi que les secteurs traditionnellement créateurs d'emplois, tels que la logistique et l’industrie manufacturière. 

«De solides programmes de développement des compétences et d'apprentissage peuvent aider à préparer les travailleurs jeunes et expérimentés à ces nouveaux emplois», précise-t-il. 

«Par ailleurs, les leaders de la résilience tels que l'Allemagne et les Pays-Bas ont montré que des institutions fortes, capables de mettre en place des politiques de création d'emplois, et de réagir rapidement en cas de crise se sont avérées plus cruciales que jamais», ajoute-t-il.  

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Des personnes marchant sur la plate-forme du réseau ferroviaire à grande vitesse Haramain. L'Arabie saoudite accroît ses dépenses dans les infrastructures, et étend ses réseaux ferroviaires, cherchant à diversifier son économie dépendante du pétrole (Fichier Photos/AFP) 

Le GLRI définit un marché du travail résilient comme un marché générant une demande durable pour un large éventail de professions, destinée à une grande partie de la main-d'œuvre, qui fournit un travail de qualité, et peut résister aux perturbations. Alors que les gouvernements peuvent anticiper la question du changement climatique et des perturbations technologiques, ils ne peuvent pas prévoir avec précision les chocs économiques, sociaux ou sanitaires, susceptibles de devenir plus fréquents. 

Les vulnérabilités de la main-d'œuvre mondiale liées à l'intégration, en particulier en ce qui concerne les jeunes, les femmes et les travailleurs occasionnels, ont été exacerbées par la pandémie. Les femmes et les jeunes ont été les plus durement touchés par les pertes d'emplois. Dans le même temps, de nombreux travailleurs non réguliers, ou de la gig economy («économie à la demande») se sont retrouvés sans couverture sociale. 

En se concentrant sur le long terme, le GLRI conseille aux gouvernements d'investir davantage dans le renforcement de la résilience du marché du travail, en priorisant la numérisation, en améliorant l'intégration liée à l'emploi, et en donnant la priorité à la durabilité environnementale. 

«Il est toujours important d'avoir un bon indice de résilience, à tout moment, car les marchés du travail changent tout le temps. Cet indicateur nous indique dans quelle direction vont les marchés du travail, et dans quelle mesure ils sont capables d'absorber les chocs et de créer de nouveaux emplois», explique Sir Christopher A. Pissarides, lauréat du prix Nobel d'économie, président du conseil consultatif du GLRI, et directeur de Whiteshield Partners. 

«Cette année est particulièrement importante car, comme nous le savons tous, nous avons vécu un nouveau choc majeur complètement inattendu. Il est très important d'en savoir plus sur les marchés du travail et leur résistance aux nouveaux chocs, tels que celui de la Covid-19.» 

Twitter: @CalineMalek 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


La guerre au Moyen-Orient, nouvel obstacle pour la «réindustrialisation» française

Le ministre français du Commerce, Serge Papin (à gauche), la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie et à l'Économie numérique, Maud Bregeon, le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, et le ministre des Transports, Philippe Tabarot, arrivent pour une présentation d'un plan de soutien aux secteurs économiques les plus touchés par la crise énergétique au ministère des Finances (Bercy) à Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
Le ministre français du Commerce, Serge Papin (à gauche), la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie et à l'Économie numérique, Maud Bregeon, le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, et le ministre des Transports, Philippe Tabarot, arrivent pour une présentation d'un plan de soutien aux secteurs économiques les plus touchés par la crise énergétique au ministère des Finances (Bercy) à Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
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  • La hausse des prix de l'énergie est un handicap de plus pour la "réindustrialisation", que se sont efforcés de mener les gouvernements, alors que le secteur est en déclin depuis les années 1970
  • Selon les chiffres du ministère de l'Economie publiés dimanche, la réindustrialisation a ralenti en 2025 avec un solde net d'ouvertures et d'extensions d'usines positif mais en baisse "notable" par rapport à 2024

PARIS: La guerre au Moyen-Orient et son impact sur les prix de l'énergie sont un écueil de plus pour la volonté française de se réindustrialiser, handicapant un secteur d'activité déjà soumis à une forte pression concurrentielle internationale.

Le salon Global Industrie, présidé par le patron de la banque publique d'investissement Bpifrance Nicolas Dufourcq, rassemble de lundi à jeudi 60.000 industriels de plus de 50 filières au Parc des expositions de Villepinte, en Seine-Saint-Denis.

Y sont annoncés plusieurs ministres, notamment Roland Lescure (Economie), Maud Bregeon (Energie), Serge Papin (PME et Commerce), Jean-Pierre Farandou (Travail) ou Sébastien Martin (Industrie), ou le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné.

L'ambition affichée du salon est d'être "durant quatre jours le coeur battant de l'industrie française", qui pèse environ 322.000 entreprises employant 3,3 millions de salariés et représente plus de 1.500 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

C'est un coeur qui bat la chamade: déjà pénalisée par une énergie plus chère que chez ses concurrents asiatiques ou nord-américains, l'industrie européenne a vu avec inquiétude la crise au Moyen-Orient faire remonter le prix du pétrole, du gaz, et de l'électricité européenne.

Difficulté de plus 

"Le prix du gaz s'est accru de 30 euros le MW/h à 55 aujourd'hui", témoignait jeudi Axel Eggert, le directeur général d'Eurofer qui défend les intérêts des sidérurgistes européens.

"Et plus la crise (au Moyen-Orient) durera, plus les impacts se feront sentir, y compris pour nos clients en aval", notamment les fabricants de voiture et les spécialistes de la construction, gros consommateurs d'acier.

La hausse des prix de l'énergie est un handicap de plus pour la "réindustrialisation", que se sont efforcés de mener les gouvernements, alors que le secteur est en déclin depuis les années 1970.

Selon les chiffres du ministère de l'Economie publiés dimanche, la réindustrialisation a ralenti en 2025 avec un solde net d'ouvertures et d'extensions d'usines positif mais en baisse "notable" par rapport à 2024.

"La réindustrialisation est consensuelle politiquement" et dans l'opinion, explique à l'AFP le spécialiste du secteur Olivier Lluansi, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM).

"Il y a une attente très forte" après des décennies de détricotage du tissu industriel, poursuit-il. La désindustrialisation a "paupérisé des territoires" et créé "une vraie fracture territoriale" en les excluant "du récit économique de la nation", davantage tournée vers les services.

Mais reconstruire ce qui a été détruit n'est pas tâche aisée.

"Même si des solutions existent", un "questionnement monte sur la capacité du pays à y arriver", dit encore M. Lluansi. "Pourtant, nous n'avons pas d'autre choix si nous voulons rester souverains".

Concurrence asiatique 

Nicolas Dufourcq expliquait début mars que de "plus en plus d'efforts" sont nécessaires pour mener le combat de la réindustrialisation, et que sans soutien à la création d'entreprises ou de sites industriels, "ce serait de nouveau le toboggan" des fermetures en Europe et en France.

En outre, des représentants du patronat français ont mis en garde lundi dans Les Echos, contre "l'incertitude juridique" comme frein potentiel à la réindustrialisation, après une décision du Conseil d'Etat en décembre, interdisant l'exploitation des gaz de couche dans le sous-sol lorrain en raison de risques pour l'environnement.

Les situations sont différentes en fonction des secteurs, et ce sont surtout la chimie, la mécanique ou les sous-traitants automobiles qui souffrent. L'aéronautique ou la défense, a contrario, se portent plutôt bien.

Mais au-delà des prix de l'énergie, l'industrie européenne fait face à une concurrence de plus en plus perceptible de la Chine, capable de rivaliser voire de dépasser le savoir-faire industriel européen dans certains secteurs, disait fin 2025 Anaïs Voy-Gillis, chercheuse associée à l'IAE de Poitiers.

Les industriels chinois bénéficient de plusieurs avantages comparatifs, expliquait en février le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP). "Coûts de production durablement plus faibles", chaînes de valeur "toujours plus intégrées", "moindres contrôles réglementaires", "sous-évaluation persistante du taux de change".

En face, "il faut s'assurer que l'industrie européenne soit performante", disait Mme Voy-Gillis.

Début mars, M. Dufourcq se montrait optimiste, estimant que la "mobilisation générale de tous les acteurs" français permettait de "limiter les dégâts" et que, pour l'instant, "le loup n'arrive pas à rattraper les petits cochons de l'industrie française".


Les guerres au Moyen-Orient n’affectent pas les investissements saoudiens, selon le PIF

Yasir Al-Rumayyan, président de Saudi Aramco et gouverneur du Fonds d’investissement public du Royaume. (Photo fournie par la diffusion vidéo du FII)
Yasir Al-Rumayyan, président de Saudi Aramco et gouverneur du Fonds d’investissement public du Royaume. (Photo fournie par la diffusion vidéo du FII)
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  • Yasir Al-Rumayyan : la position microéconomique du Royaume est « forte, stable et résiliente »
  • Le pays est « très bien positionné » pour tirer parti de l’IA, déclare-t-il lors du sommet du FII

MIAMI : Le président de Saudi Aramco et gouverneur du Fonds d’investissement public (PIF) du Royaume a assuré, lors du sommet Priorité de la Future Investment Initiative (FII), que les guerres actuelles au Moyen-Orient n’ont pas affecté la vision du pays en matière de croissance et d’engagement.

« La position microéconomique et structurelle de l’Arabie saoudite reste forte, stable et résiliente, et le portefeuille du PIF est bien diversifié et structurellement robuste », a déclaré Yasir Al-Rumayyan devant un public de près de 2 000 personnes.

« Nous sommes des investisseurs de long terme, patients. Nous mesurons nos rendements non pas en trimestres mais en décennies. Et le PIF reste engagé dans ses investissements à travers le monde. »

Al-Rumayyan a indiqué que le PIF avait été créé en 1971 pour renforcer la « construction nationale » de l’Arabie saoudite et soutenir son économie.

Cette croissance se poursuit aujourd’hui, avec l’annonce d’une nouvelle stratégie quinquennale prévue dans les prochaines semaines, a-t-il ajouté.

« Nous avons posé les bases de nombreux investissements. Dans la stratégie précédente, nous voulions réaliser la plupart des investissements nous-mêmes, en fonds propres », a-t-il expliqué.

« Aujourd’hui, nous cherchons davantage à inviter des partenaires à travailler avec nous. Et je ne parle pas uniquement d’investisseurs locaux, mais aussi d’investisseurs internationaux. »

Le PIF a déjà vu de grands gestionnaires d’actifs, tels que BlackRock et Franklin Templeton, créer de nouveaux fonds et investir dans l’économie saoudienne.

« Notre objectif principal était de faire connaître l’Arabie saoudite au monde, de permettre aux investisseurs internationaux de comprendre ce qu’est le PIF et à quoi ressemblent les opportunités d’investissement dans le Royaume. Aujourd’hui, nous voulons attirer le monde entier à investir en Arabie saoudite », a-t-il déclaré, ajoutant que la stratégie a été très efficace.

« Au cours des dix dernières années, nous avons construit les bases nécessaires — un environnement et des écosystèmes adaptés — pour attirer les investisseurs.

« Les investissements peuvent prendre différentes formes. Il ne s’agit pas nécessairement uniquement de coentreprises (JV) ou d’investissements directs dans nos entreprises, mais aussi de venir travailler avec nous et sur les projets dans lesquels nous sommes déjà engagés. »

Al-Rumayyan a indiqué que les investissements s’étendent désormais du développement urbain et immobilier à la création de centres de données, aux secteurs pharmaceutiques et aux énergies renouvelables.

Il a ajouté que le PIF met en œuvre une nouvelle stratégie de croissance visant à attirer de nouveaux investisseurs, citant en exemple les « développements remarquables » de Red Sea Global, qui se décrit comme « un promoteur immobilier verticalement intégré disposant d’un portefeuille diversifié couvrant le tourisme, le résidentiel, les expériences, les infrastructures, les transports, la santé et les services ».

Selon lui, l’Arabie saoudite est « très bien positionnée » pour tirer parti de l’intelligence artificielle.

« L’IA n’est pas une course… Nous devons y réfléchir et poser les bonnes bases », a-t-il ajouté. « Nous avons un accès facilité aux approvisionnements… Nous disposons de l’énergie nécessaire pour la déployer, ce qui est essentiel pour alimenter tous ces centres de données. De plus, nous avons l’écosystème adéquat, les bonnes réglementations et un cadre favorable de la part du gouvernement pour les utilisateurs de l’IA. »

L’IA n’est pas le « produit final », a déclaré Al-Rumayyan. « Le résultat final, c’est ce que font nos entreprises : comment elles peuvent réduire leurs coûts, gagner en efficacité et tenir leurs engagements plus rapidement que prévu. C’est ainsi que nous souhaitons utiliser l’IA comme un outil majeur. »

Il a ajouté : « Nous avons invité la plupart de nos partenaires américains — Microsoft, Google, Oracle — à venir travailler avec nous, et ils l’ont fait.

Et je pense que les progrès de l’Arabie saoudite comptent parmi les meilleurs, y compris à l’échelle mondiale, en matière d’utilisation de l’IA. »

Saudi Aramco a utilisé l’IA pour réduire les coûts de forage d’environ 20 % et améliorer la livraison de ses produits finaux d’environ 30 %, a-t-il indiqué.

Al-Rumayyan a qualifié les sommets du FII de « meilleures plateformes pour permettre un véritable réseautage ».

Les investissements du PIF aux États-Unis sont crédités d’avoir stimulé la croissance des entreprises américaines, créé des opportunités et des emplois, et contribué à hauteur de 205 milliards de dollars au produit intérieur brut.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ameublement: Roche Bobois souffre d'un marché morose

 La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
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  • Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne
  • La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

PARIS: La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée.

Le chiffre d'affaires de l'enseigne d'ameublement haut de gamme résiste mieux mais s'affiche en repli de 2,8%, à 402,5 millions d'euros, selon un communiqué publié jeudi.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) - un indicateur de la rentabilité - diminue de 4,3%, à 71,2 millions d'euros, dans la fourchette annoncée par le groupe.

Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne.

La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

La France a également beaucoup souffert avec un Ebitda en baisse de 9,3%, à 16,8 millions d'euros, "en lien avec la baisse des volumes" des ventes.

Ces résultats en baisse sont compensés par la bonne tenue de la marque de canapés Cuir Center, également propriété du groupe, qui affiche une croissance de son Ebitda de 25%, à 7,7 millions d'euros, "grâce à sa bonne performance commerciale et à la fermeture de magasins non rentables en 2024".

Après ce nouvel exercice difficile, Roche Bobois proposera de verser un dividende de 0,80 euro par action lors de sa prochaine assemblée générale, contre 1,25 euros l'an dernier.

Le groupe dit aborder 2026 avec "prudence compte tenu du contexte géopolitique actuel qui pèse sur la vigueur de la consommation et des effets de change toujours peu favorables".

Roche Bobois détient actuellement un réseau de 339 magasins en propre ou franchisé dans 54 pays, ses principaux marchés étant l'Amérique du Nord, la France et le reste de l'Europe.