La sortie de Thomas Pesquet dans l'espace achevée, mission partiellement accomplie

Le but de la mission était de positionner, fixer, brancher et déployer un panneau solaire nouvelle génération, appelé iROSA, le premier d'une série de six. (Photo, Nasa/AFP)
Le but de la mission était de positionner, fixer, brancher et déployer un panneau solaire nouvelle génération, appelé iROSA, le premier d'une série de six. (Photo, Nasa/AFP)
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Publié le Jeudi 17 juin 2021

La sortie de Thomas Pesquet dans l'espace achevée, mission partiellement accomplie

  • Thomas Pesquet comptabilise désormais 19 heures et 47 minutes passées en sortie spatiale
  • Lui et son co-équipier, l'astronaute américain Shane Kimbrough, effectueront une deuxième sortie dimanche, afin de continuer l'installation de nouveaux panneaux solaires

WASHINGTON : L'astronaute français Thomas Pesquet a regagné sans encombre mercredi l'intérieur de la Station spatiale internationale après sa troisième sortie dans l'espace, qui a duré plus de sept heures mais a été troublée par plusieurs contretemps, n'ayant pas permis d'accomplir jusqu'au bout la mission fixée.

Lui et son co-équipier, l'astronaute américain Shane Kimbrough, effectueront une deuxième sortie dimanche, afin de continuer l'installation de nouveaux panneaux solaires, destinés à augmenter les capacités de production d'énergie de l'ISS.

Cette sortie extra-véhiculaire ("EVA"), la première depuis leur arrivée dans la Station fin avril, était inédite sur le plan technique.

"Vous avez fait un travail fantastique aujourd'hui", leur a dit au terme de l'opération Jenni Sidey, responsable de la Nasa qui était en permanence en contact avec eux depuis la Terre. "C'était une EVA compliquée." 

Thomas Pesquet comptabilise désormais 19 heures et 47 minutes passées en sortie spatiale. Il s'agissait pour lui de la troisième de sa carrière. C'était la septième pour Shane Kimbrough, et la 239ème dans l'histoire de l'ISS, qui file en orbite à 400 kilomètres au-dessus de la Terre.

Les astronautes avaient mis en route la batterie interne de leur combinaison à 12H11 GMT, marquant le début officiel de leur expédition, qui s'est achevée sept heures et quinze minutes plus tard, à 19H26 GMT.

Le but de la mission était de positionner, fixer, brancher et déployer un panneau solaire nouvelle génération, appelé iROSA, le premier d'une série de six.

Contretemps techniques

Mais à mi-parcours, la mission a dû être temporairement mise sur pause à cause de soucis concernant la combinaison de Shane Kimbrough.

Les équipes de la Nasa ont observé une interruption dans la transmission des données permettant de contrôler l'état de son scaphandre, ainsi qu'un soudain pic de la pression de son système de refroidissement.

L'astronaute a dû revenir au sas de la Station et opérer une réinitialisation, avant de ressortir. Pendant ce temps, Thomas Pesquet l'attendait, accroché par les pieds à un bras robotique.

La mission a finalement repris, les données de contrôle étant stabilisées. Shane Kimbrough n'a à aucun moment été "en danger", a rassuré la Nasa.

Mais une précieuse heure a été perdue.

Les deux astronautes ont ensuite déplacé le panneau solaire, replié sur lui-même en un gros rouleau d'environ 350 kilos, jusqu'à l'endroit où il devait être installé.

Ils l'ont fixé et ont tenté de le déplier, mais un problème d'alignement est venu interférer avec le mécanisme, empêchant son déploiement.

Ils ont alors regagné l'intérieur de la Station.

Sens limités

La Nasa doit désormais décider de la suite des événements: dimanche, les astronautes finiront-ils l'installation du premier panneau, ou s'attèleront-ils au deuxième, comme prévu initialement?

Les deux hommes avaient déjà effectué deux sorties dans l'espace côte à côte en 2017.

Mais cette fois, les rôles étaient inversés: Thomas Pesquet était "EVA 1", Shane Kimbrough "EVA 2".

"Le n°1, c'est le chef, en gros. Maintenant, je ne suis plus le petit jeune", avait commenté le Français de 43 ans.

Et la journée a sans nul doute été éprouvante. En enlevant son casque après avoir retrouvé l'intérieur de la Station, Thomas Pesquet se frottait les yeux et repliait et dépliait ses doigts comme pour les étirer, selon les images retransmises en direct par la Nasa.

"Une EVA revient à courir un 100 mètres sur la durée d'un marathon", a expliqué Hervé Stevenin, chargé de l'entraînement à ces sorties pour l'Agence spatiale européenne (ESA).

"Travailler en scaphandre est extrêmement difficile. Tous les sens sont limités, on manque de dextérité avec les gants: tenir un outil, c'est comme presser une balle de tennis, des centaines de fois pendant six heures", a décrit l'instructeur.

19 mètres de long

Le nouveau panneau solaire fixé mercredi avait été livré par un cargo de SpaceX. Il mesurera 19 mètres de long une fois déroulé, et sera superposé au-dessus de l'un des anciens panneaux. Ce dernier est plus grand (35 mètres de long) et une partie sera donc toujours exposée à la lumière du soleil, continuant à produire de l'énergie.

Cet ancien panneau solaire avait été installé en 2000 et sa durée de vie était estimée à une quinzaine d'années.

Il a peu à peu été abîmé par deux facteurs: les émissions des vaisseaux allant et venant vers la Station, et les micro-météorites. "Nous pensions que les dégradations seraient bien pires que ce que nous avons effectivement constaté", a souligné Dana Weigel, responsable à la Nasa pour l'ISS, lors d'un point presse lundi.

Les nouveaux panneaux solaires devraient également avoir une durée de vie d'environ 15 ans. 


Après les annonces fracassantes de Trump, Macron réunit les filières concernées en France

 Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump.
Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump.
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  • Parmi les secteurs les plus exposés figurent l'aéronautique (avec 9 milliards d'euros en 2024, il représente un cinquième des exportations françaises vers les États-Unis), le luxe et les spiritueux.
  • « La première chose à faire est de dresser un bilan prévisionnel des attaques et de leurs effets sur l'ensemble des filières, a déclaré jeudi sur RTL la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.

PARIS : Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump. Une riposte européenne est attendue de la part de Bruxelles.

Les États-Unis sont le quatrième marché à l'exportation de la France, derrière l'Allemagne, l'Italie et la Belgique, selon les douanes françaises.

Parmi les secteurs les plus exposés figurent l'aéronautique (avec 9 milliards d'euros en 2024, il représente un cinquième des exportations françaises vers les États-Unis), le luxe et les spiritueux.

Sont notamment attendus à la réunion les représentants des secteurs de l'aéronautique (dont Airbus), de l'industrie et de la chimie (dont la patronne d'Eramet), de l'agriculture et de la viticulture, ainsi que du secteur automobile, qui sera touché par une surtaxe spécifique de 25 % sur les voitures importées. 

« La première chose à faire est de dresser un bilan prévisionnel des attaques et de leurs effets sur l'ensemble des filières. Ensuite, nous verrons comment soutenir nos industries de production », a déclaré jeudi sur RTL la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.

« On voit bien que tous les marchés d'exportation, notamment ceux des vins et spiritueux, sont en train de se fermer. Il va falloir soutenir notre production européenne », a-t-elle ajouté.

Le président américain a signé un décret généralisant des droits de douane minimum de 10 % sur toutes les importations arrivant aux États-Unis et de 20 % pour les produits provenant de l'UE.

Le Premier ministre François Bayrou a jugé que cette décision était une « immense difficulté » pour l'Europe et une « catastrophe » pour les États-Unis. 

Face au « choc » des tarifs douaniers américains, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a appelé, sur la radio RMC, à un « front économique et politique uni », disant craindre la disparition de petites et moyennes entreprises.

Jeudi en milieu de matinée, la Bourse de Paris perdait 1,70 %, affichant ainsi une tendance largement dans le rouge, à l'instar de la plupart des autres places mondiales.

Chez Airbus, un porte-parole a indiqué jeudi à l'AFP que le groupe avait évalué « les impacts potentiels ».

« Nous vendons aux États-Unis, nous y fabriquons, nous y assemblons et nous y développons, comme peu d'autres entreprises », avait expliqué en février le PDG Guillaume Faury. 

En 2024, ce sont quelque 2,4 milliards d'euros de « vins de raisin » qui ont traversé l'Atlantique pour les États-Unis, auxquels il faut ajouter 1,5 milliard d'euros de « boissons alcoolisées distillées », notamment le cognac ou l'armagnac.

La Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) craint « un recul des exportations de 800 millions d'euros aux États-Unis », ce qui aurait « un impact énorme sur l'emploi et l'économie du secteur ».

Donald Trump semble toutefois avoir abandonné l'idée d'une taxation à 200 % des alcools européens qu'il avait envisagée à la mi-mars.

La France dépend moins des exportations américaines que d'autres pays européens, comme l'Allemagne (3,8 % de son PIB contre 1,6 % pour la France).


Manifestation RN: Tondelier promet une mobilisation à gauche dimanche

La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
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  • "Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations"
  • Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser"

PARIS: La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative.

"Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations", a-t-elle déclaré.

Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser, mais qui sont tout aussi choqués".

"Nous sommes en train d'y travailler sérieusement et il se passera quelque chose dimanche", a affirmé Marine Tondelier.

Mercredi soir, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon avait expliqué qu'une initiative pourrait être prise "peut être même dès ce dimanche à la place de la République" à Paris. C'est "une chose qui est en train de se discuter, je ne veux pas anticiper d'une quelconque manière", avait-il précisé lors d'une conférence diffusée sur les réseaux sociaux.

Le Rassemblement national a annoncé dès lundi, lorsque Marine le Pen a été condamnée pour détournement de fonds notamment à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate, l'empêchant de se présenter à la présidentielle, qu'il organiserait un rassemblement de soutien place Vauban à Paris.

Le président du parti d'extrême droite Jordan Bardella a assuré mercredi qu'il ne s'agirait pas d'un "coup de force".

"Je ne veux pas que dimanche, sur toutes les chaînes de télé, la seule chose qu'on leur donne à voir, c'est la grande entreprise de victimisation de Marine Le Pen", a expliqué Marine Tondelier.

"Quelqu'un qui veut être présidente de la République, qui détourne 4,1 millions d'euros et qui, alors qu'elle prône des mesures beaucoup plus ferme et une justice moins laxiste pour tous les Français, ah, quand ça lui arrive à elle, là, c'est très compliqué", s'est-elle agacée.

Prévu depuis plusieurs semaines, un meeting de Renaissance viendra également en concurrence de celui du Rassemblement national. Le président du parti, Gabriel Attal, le Premier ministre François Bayrou et le candidat à la présidentielle Édouard Philippe doivent y intervenir.

 


La manifestation de soutien à Le Pen «n'est pas un coup de force», dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.