Hashim Sarkis, commissaire de la 17e Biennale d’architecture de Venise, nous parle d’espoir

L'architecte et doyen de la faculté d'architecture et de planning du MIT, Hashim Sarkis, commissaire de la 17e Biennale de Venise (AFP)
L'architecte et doyen de la faculté d'architecture et de planning du MIT, Hashim Sarkis, commissaire de la 17e Biennale de Venise (AFP)
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Hashim Sarkis, commissaire de la 17e Biennale d’architecture de Venise, nous parle d’espoir

  • "Comment allons-nous vivre ensemble": le thème de la 17e Biennale d'architecture de Venise, résonne avec la pandémie comme une prémonition
  • Dans un entretien avec Arab News en français, Hashim Sarkis, commissaire de la Biennale, invite à "réfléchir et vivre à l'échelle de la planète"

BEYROUTH : De l’autre côté de l’écran qui nous sépare, Hashim Sarkis écoute en souriant les bruits de chantier qui secouent la corderie de l’Arsenal de Venise, à une poignée de jours de l’ouverture publique de la 17e Biennale d’architecture dont il est le commissaire. Le soleil qu’on voit par la fenêtre de son bureau a un goût d’Aperol, et le bleu du ciel et de la lagune -c’est lui qui le dit-, ressemble à « ces bleus de Tiepolo qui vous font croire en Dieu ». Sarkis nous rappelle que durant la pandémie, Venise vide a été la ville la plus photographiée au monde. Désertée des touristes, elle s’est enfin révélée dans toute sa beauté. « C’est grâce à la beauté de cette ville qu’on a pris conscience de l’ampleur de ce qui se passe » fait-il remarquer.

Le doyen de l’école d’architecture et planification de MIT, ancien tenant de la Chaire Agha Khan de Harvard qui explore et questionne l’architecture patrimoniale du monde arabe, veille avec une année de décalage due à la pandémie sur ce premier grand événement de la convalescence du monde. Cette Biennale d’architecture, dont il est, en tant que Libanais, le premier commissaire issu du « tiers monde » selon ses mots (le deuxième si l’on peut compter son prédécesseur, le Chilien Alejandro Aravena), il en a lui-même choisi le thème en 2019 : « How will we live together » (comment allons-nous vivre ensemble). Une préoccupation qui résulte de sa profonde conscience des enjeux de notre époque et qui ressemble véritablement, à deux ans d’écart marqués par le virus et la distanciation sociale que celui-ci a imposée, à une prémonition. « Parfois je pense que c’est un accident, ou que c’est ironique » commente sobrement Sarkis. Il ajoute : « Les Biennales reflètent l’esprit du moment, une responsabilité qu’on essaie d’équilibrer, une capsule temporelle. Une coupe dans le monde, qui expose ce qui est en train d’arriver ».

«Groove» de Philip Beesley au pavillon du Canada, à la Biennale d'architecture de Venise. (Marco Bertorello/AFP)
«Groove» de Philip Beesley au pavillon du Canada, à la Biennale d'architecture de Venise.
(Marco Bertorello/AFP)

Tout ce qui nous a conduits à la pandémie

C’est en observant, explique-t-il à Arab News en français, le changement climatique, la pauvreté, le problème des réfugiés et des migrants, le conflit entre le politique et le géographique, les relations entre l’humanité et les autres espèces vivantes et les polarisations de plus en plus exacerbées, que la thématique du vivre ensemble s’est posée à lui avec une acuité nouvelle : « c’est tout cela qui nous a conduits à la pandémie ». « L’architecture peut favoriser l’interaction, à travers la définition de l’espace » affirme celui qui souhaite contribuer à « préparer un nouveau contrat social », dans le cadre cette Biennale particulière et particulièrement jeune (la moitié des participants ont entre 35 et 55 ans et n’ont jamais participé à cet événement). « Quand j'ai posé la question ‘comment allons-nous vivre ensemble’, j'ai regardé partout quelles étaient les solutions les plus innovantes et créatives qui étaient proposées. C’est selon ce critère que j'ai choisi les participants » affirme Hashim Sarkis, quand on lui demande, comme cela se fait à chaque Biennale, quelles sont les « stars » de l’événement. À l’arrivée, ce ne sont pas moins de 112 architectes et cabinets, 15 universités et 63 pavillons nationaux qui vont plancher sur cette question cruciale, y apportant chacun une réponse unique, et ces réponses vont coexister dans les mêmes salles et dialoguer entre elles, enclenchant du même coup un dialogue avec le visiteur.

Un contrat spatial pour un nouveau contrat social ?

Cette Biennale d’architecture au moment de son lancement, visait l’horizon 2020, une année symbolique, « une borne, une vision nouvelle » explique le commissaire qui poursuit : « nous avons réfléchi à ce que cela représente. Que faire du futur ? Quelle est la responsabilité de l’architecte dans la pacification des villes du futur ? Comment parvenir à un nouveau contrat social à travers un nouveau contrat spatial ? L’évidence est que l’humanité a trop consommé durant le siècle dernier, avec le modernisme, la révolution industrielle. Aujourd’hui, on doit s’efforcer de transformer, de reconcevoir nos ressources communes : les protéger, les préserver, les améliorer. Nous devons aussi réfléchir à la densification, à un usage plus efficace de l’espace, plus adaptatif ».

« La Biennale la plus jeune »

Dans la perspective, obsédante à notre époque, d’une éventuelle « fin de l’humanité », et à la question de savoir quel est son sentiment à ce sujet, Hashim Sarkis répond que « les architectes sont avant tout formés à proposer des alternatives à ce qui ne fonctionne pas » et se dit optimiste par fonction et par nature. « La question du vivre ensemble doit se poser à chaque génération », ajoute-t-il, « et avec la génération actuelle, nous avons plus d’une source pour y répondre. La réponse de chacun doit nous guider, l’unicité de la réponse de chacun. Aujourd’hui nous voilà en pleine pandémie, et c’est le moment ou jamais de reposer cette même question ». Il souligne aussi que les participants ont commencé à travailler à cet événement avant la pandémie. Leurs travaux sont marqués par la recherche commune d’une éthique globale. Très peu de changement y ont été apportés tout au long de la pandémie. « Cette Biennale est la plus jeune de l’histoire des Biennales d’architecture. Les participants ont cherché et trouvé un équilibre entre leur travail sur un lieu donné tout en apportant des solutions qui le transcendent. Nous ne sommes pas dans la mouvance d’une architecture internationale, comme cela s’est vu dans les années 1920, mais plutôt dans une disposition de l’architecte qui le met à l’écoute et au diapason du monde », constate Sarkis.

 "The Listener", sculpture de Giuseppe Penone au pavillon de l'Italie à la 17e Biennale d'architecture de Venise (Marco Bertorello/AFP)
"The Listener", sculpture de Giuseppe Penone au pavillon de l'Italie à la 17e Biennale d'architecture de Venise (Marco Bertorello/AFP)

L’architecture, un geste politique ?

« Pour répondre aux problèmes, les politiques utilisent des phrases », souligne le commissaire. L’architecte a beaucoup à offrir. »  « Quand nous étions petits, les adultes se mettaient à table et suivaient les codes du repas. Les enfants se mettaient sous la table et jouaient sans qu’on ne les voie. Dans le même espace, qui était la salle à manger, on observait deux contrats spatiaux. Le contrat spatial survit au contrat social. Il n’y a pas de causalité directe entre les deux, mais l’un inspire l’autre » ajoute-t-il, rappelant que « C’est Aristote qui a dit qu’une ville nait quand deux maisons sont érigées mur à mur. On ne peut pas sortir de l’espace de la ville. La ville est une promesse. C’est là que réside l’espoir, on évite de faire du bruit pour ne pas déranger l’autre, on partage certains frais. Si on construit une société autour de cela, on voit que c’est l’architecture qui nous donne la possibilité de vivre ensemble. » Aujourd’hui, ajoute Hashim Sarkis, il nous faut dépasser le cadre de la politique locale pour penser en termes de « cosmopolitique », une politique à l’échelle de la planète. « Chacun de nous doit se penser à cette échelle et vivre à cette échelle. Ce n’est pas facile, la planète est grande, et nous sommes petits, mais l’imagination individuelle et collective va nous sauver » insiste-t-il. Sous chaque pierre il y a de la politique, ajoute le commissaire : « Pendant la Renaissance ; quand les princes construisaient des villes, ils désignaient des responsables pour organiser les chantiers, payer les travailleurs, les loyers, le transport, la sécurité. A la fin du chantier cette organisation, ces responsables, ces ouvriers restaient en place et se chargeaient de l’organisation de la ville. J’aime l’idée que c’est le chantier de l’architecture qui organise la ville quand le chantier est fini : La structure politique sort de la structure du chantier ». Le commissaire rappelle par ailleurs que de nombreux participants ont exprimé par des cercles l’idée du vivre ensemble.

« Beyrouth me donne de l’espoir »

« Au Liban, l’espace politique est asphyxiant et sans réponses satisfaisantes » dit Sarkis à propos de son pays d’origine. « On a trouvé des solutions ailleurs, dans le commerce, l’urbanisme, le futur du travail, la santé. On attendra trop longtemps les réponses politiques. La société civile va nous guider », poursuit-il. Et quand on lui demande quelle est la ville idéale pour le vivre ensemble, il répond paradoxalement : « Beyrouth ». Beyrouth est laide, admet-il, « mais son énergie est irrésistible, elle a un rythme, une pulsion, chacun peut s’y exprimer dans l’espace public, les taxis, la rue ». S’il admet que les Libanais considèrent que leur optimisme a tué la possibilité de changer les choses, il n’en déclare pas moins : « Beyrouth me donne de l’espoir, parce que la diversité s’y manifeste partout, même en cacophonie, et que la ville est constamment sur le fil du rasoir. Vivre ainsi peut être fatiguant, épuisant, mais c’est cela qui donne son énergie à la ville et permet d’entrevoir la possibilité du changement. Vivre la ville dans sa réalité difficile, c’est aussi vivre la possibilité qu’elle donne. » Hashim Sarkis affirme vivre dans sa tête à Beyrouth : « pour moi qu’il n’y a que Beyrouth, la mer, la nourriture, le charme. Sa laideur m’attire aussi et me repousse en même temps. Ce n’est peut-être pas une belle ville, mais elle a un rythme qui est beau. Aristote dit que la ville est une promesse. Beyrouth continue à promettre, même si elle est inachevée. Cette Biennale, je la voudrais aussi comme un message d’espoir au Liban et du Liban ».

Pour conclure, Hashim Sarkis ajoute que la question qui l’intéresse le plus dans cette biennale est celle des réfugiés en tant que citoyens, mais aussi pour la problématique de la reconstruction que leur situation induit. 

Samedi 22 mai, jour de l’inauguration, le Lion d’or de la 17e Biennale de Venise a été attribué à l’architecte Rafael Moneo pour l’ensemble de sa carrière par le jury composé de Kazuyo Sejima, Sandra Barclay, Lamia Joreige, Lesley Lokko et Luca Molinari, des artistes de tous horizons. Un hommage a été rendu à l’architecte brésilienne Lina Bo Bardi, décédée en 1992 et considérée comme l’une des représentantes les plus iconiques de l’architecture du vivre ensemble, à travers ses travaux avec les communautés ethniques et son souci de restituer leur dignité aux communautés marginalisées.

 

 

 

 

 

 

 


« Theater Tour », une initiative pour célébrer la culture locale dans toute l'Arabie saoudite

Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
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  • La pièce primée Bahr est jouée pour la première fois à Bahreïn, puis à Jubail, Dammam et Al-Ahsa.
  • Ce nouveau projet vise à stimuler le théâtre local, l'engagement communautaire et la sensibilisation culturelle dans tout le pays.

RIYAD : Jeudi, la Commission saoudienne du théâtre et des arts du spectacle a lancé l'initiative « Theater Tour », qui vise à présenter des représentations théâtrales exceptionnelles dans les villes, les gouvernorats et les villages du Royaume.

Le projet a pour objectif de promouvoir la scène culturelle et les arts du spectacle, tout en encourageant l'engagement communautaire, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

La première phase débutera avec la pièce Bahr (Mer), qui se déroulera du 3 avril au 3 mai, a ajouté l'agence de presse saoudienne.

La production débutera à Baha du 3 au 5 avril au théâtre du prince Sultan bin Abdulaziz du centre culturel, avant de se rendre à Jubail du 17 au 19 avril dans la salle de conférence de la commission royale à Al-Fanateer.

Elle se poursuivra à Dammam du 24 au 26 avril au théâtre de l'université Imam Abdulrahman bin Faisal, puis se terminera à Al-Ahsa du 1^(er) au 3 mai au théâtre de la Société pour la culture et les arts. 

Ce projet s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Commission pour mieux faire connaître le secteur du théâtre et des arts du spectacle, tout en veillant à ce que les services culturels soient accessibles dans les zones mal desservies et auprès des communautés marginalisées.

Il vise également à soutenir les troupes de théâtre locales, à stimuler la production théâtrale et à renforcer la contribution du secteur culturel au produit intérieur brut national.

L'initiative favorise également les opportunités d'investissement et sert de plateforme pour découvrir et soutenir les talents émergents, a rapporté la SPA.

La pièce Bahr, écrite par Abdulrahman Al-Marikhi et mise en scène par Sultan Al-Nawa, a été saluée par la critique et a remporté plusieurs prix prestigieux, notamment ceux du meilleur acteur, du meilleur scénario et de la meilleure production globale lors du premier festival de théâtre de Riyad, ainsi que ceux des meilleurs effets musicaux et du meilleur metteur en scène lors du 19ᵉ festival de théâtre du Golfe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Semaine de l'Art à Riyad : « Une constellation d'événements » qui redéfinit les frontières de l'art

La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
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  • Cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.
  • La princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah a expliqué que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres.

RIYAD : La première édition de la Semaine de l'Art à Riyad débute le 6 avril dans la capitale du Royaume. Initiative non commerciale, cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.

Dans un communiqué, la princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah, responsable de la Semaine de l'Art à Riyad, a expliqué les inspirations et les objectifs de l'événement: "La Semaine de l'Art de Riyad est née de la conviction que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres. Riyad est depuis longtemps une ville en pleine croissance et, grâce à cette plateforme, nous espérons contribuer à son avenir culturel - un avenir ouvert, dynamique et profondément enraciné dans le patrimoine et l'innovation".

La conservatrice Vittoria Mataresse est à la tête d'une équipe comprenant les conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à cet événement.

La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)
La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)

"Il était très important pour nous d'être ludique et de ne pas avoir le type de structure ou de format rigide que nous avons l'habitude de voir. La Semaine de l'Art de Riyad se situe entre une exposition et une foire d'art. Il s'agit en fait d'une constellation d'événements", explique M. Matarrese à Arab News. "Contrairement aux grands événements artistiques qui imposent souvent des thèmes universels et s'appuient sur des artistes mondialement établis, nous voulions travailler dans le cadre d'un écosystème artistique régional, en embrassant les textures, les urgences et les sensibilités de la péninsule arabique. Nous essayons de retracer quelque chose de très spécifique et, de cette manière, nous proposons un écart critique (par rapport au format normal)".

Le thème de l'édition inaugurale de cet événement est « At the Edge ». Il réunit plus de 45 galeries provenant du Royaume-Uni, du monde arabe et d’autres régions du globe. Trois sous-thèmes principaux sont explorés : « Vie quotidienne », « Paysages » et « Motifs ».

Le quartier de JAX de Diriyah accueillera trois expositions majeures offrant un aperçu de l'identité culturelle de l'Arabie saoudite. Un certain nombre d'artistes saoudiens établis dont les studios sont basés à JAX ouvriront également leurs portes au public. Au centre de Riyad, plus de 15 galeries hébergées dans le centre Al-Mousa présenteront également des expositions, et un programme plus large à travers la ville proposera plusieurs conférences et collaborations.  

« La Semaine de l'Art de Riyad est vraiment différente », explique Gandit-Lelandais, qui travaille dans la région depuis plus de vingt ans et se concentre sur l'art arabe contemporain, dans une interview accordée à Arab News. « Le marché et l'écosystème sont uniques ici. Je pense qu'il est important d'arrêter d'appliquer les formats européens et américains dans d'autres contextes, car ils n'ont pas nécessairement besoin de s'adapter. Le format lui-même peut être réinventé pour mieux correspondre à l'identité locale ».

L'équipe a conçu l'événement comme "un parapluie sous lequel tout le monde peut se rassembler", explique Gandit-Lelandais. "Il s'adresse au public, aux amateurs d'art et aux collectionneurs".

"Avec la croissance rapide de Riyad, le type de dialogue que nous avons établi est très important pour attirer les gens ici, mais pas avec un regard occidental sur la façon dont l'art devrait être", ajoute-t-elle.

« Je suis très enthousiaste à l'idée de relier nos artistes locaux et notre scène locale (au reste du monde). Je pense qu'une fondation éducative est très excitante et très nécessaire à l'heure actuelle pour les artistes, les praticiens de l'art, les jeunes collectionneurs et tous ceux qui en font partie. Nous voulions permettre à ces générations d'artistes d'Arabie saoudite de se raconter, au-delà du cadre habituel », a expliqué Mme Harasani, seule Saoudienne de l'équipe de commissaires, à Arab News.

Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)
Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)

Bien qu'aucun des commissaires ne vive à Riyad, ils offrent tous un regard nuancé et sensible sur la capitale.

“J'ai tellement travaillé à Riyad que je m'y sens chez moi”, explique Mme Harasani. « Riyad est culturellement différente de Djeddah, ma ville d'origine, et il a été fascinant de découvrir la scène artistique locale. Je pensais que cela ressemblerait à la scène de la région du Hedjaz, mais c'est totalement autre chose. J'ai énormément appris en réalisant qu'étant tous originaires d'Arabie saoudite, il existe une multitude de façons de travailler, de créer et de communiquer ». 

Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)
Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)

L'expansion rapide de Riyad, tant sur le plan physique que culturel, au cours de la dernière décennie, contribue à la richesse et à la diversité présentées à la Semaine de l’Art, affirment les commissaires.

"C'est là toute la beauté du Moyen-Orient : dix ans ici équivalent à cent ans ailleurs", explique Mme Matarrese. "Je pense que ce qui est vraiment astucieux dans ce que fait l'Arabie saoudite en ce moment, c'est qu'elle a appris des erreurs commises par d'autres et qu'elle cherche activement à mieux gérer la situation."

"Il y a une chose qui est importante dans l'ADN de ce que nous faisons", poursuit-elle. "Nos visiteurs ne sauront pas à quoi s'attendre. Nous avons vraiment repoussé les limites de ce qui pourrait être montré ; nous essayons de déconstruire les modèles d'exposition conventionnels, d'expérimenter quelque chose d'autre et de réarticuler le dialogue entre les différentes parties du monde de l'art".

Pour Mme Harasani, cet événement constitue un nouveau jalon dans les progrès artistiques accomplis par le Royaume au cours de ces dernières années. 

« Cela n'existait pas quand j'étais enfant », confie-t-elle. « Le fait que nous puissions aujourd'hui voir nos rêves se réaliser, et assister à des projets d'envergure comme la Semaine de l'Art de Riyad, me fait me sentir extrêmement chanceuse et privilégiée d'en faire partie ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Alia Kong utilise le métavers pour tisser des liens entre des étudiants chinois et saoudiens

Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
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  • Le projet Superbund Alpha permet aux étudiants de créer des avatars virtuels et d'enseigner leur culture aux autres.
  • La jeune fondatrice a pour objectif d'organiser un voyage d'études en Arabie saoudite pour ses camarades.


RIYAD: A tout juste 13 ans, l'étudiante chinoise Alia Kong est à l'origine d'une initiative qui utilise le pouvoir de la technologie pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de Hong Kong.

Le projet Superbund Alpha, qui vise à créer un espace ouvert permettant aux étudiants internationaux d'entrer en contact les uns avec les autres, permet aux utilisateurs de créer des avatars virtuels dans le métavers.

Les étudiants des deux pays pourront créer un espace personnalisé et promouvoir leur culture dans le cadre d'un atelier virtuel. La jeune visionnaire espère que cela contribuera à tisser des liens solides entre eux. 

« J'aimerais créer ce lien entre Riyad et Hong Kong », a déclaré M. Kong à Arab News. « Imaginez que vous puissiez créer votre propre patrimoine culturel et l'améliorer grâce à l'informatique spatiale, avec seulement des messages et des images.

En outre, dans le cadre de ce projet, elle a mis en place une expérience immersive pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de classe.

L'histoire de Mme Kong a commencé il y a cinq ans, lorsque, à l'âge de huit ans, elle a décidé, avec 25 amis, de créer une organisation à but non lucratif appelée Kids Power Society. L'objectif du groupe était d'éduquer les élèves aux différentes cultures, d'améliorer le bien-être mental et de promouvoir la positivité.

L'adolescente prévoit maintenant d'organiser la journée Superbund Event Day, qui se tiendra simultanément à Hong Kong et en Arabie saoudite, en réalité virtuelle et dans la réalité. 

Mme Kong a souligné l'importance d'adopter les technologies émergentes, affirmant que la génération Alpha pouvait envisager le mode de vie qu'elle souhaitait grâce au métavers.

Son admiration pour l'Arabie saoudite lui vient des histoires que lui a racontées son parrain, Alaudeen Alaskary, ancien consul général d'Arabie saoudite à Hong Kong. Il est aujourd'hui conseiller honoraire du programme d'échange virtuel Superbund.

Mme Kong, qui a déjà visité le Royaume, a déclaré qu'elle prévoyait d'organiser un voyage d'étudiants destiné à enseigner à ses pairs l'histoire culturelle de l'Arabie saoudite.

« Il (Alaskary) m'a fait découvrir la culture et le mode de vie des Saoudiens. J'adore assister à ses réunions et à ses fêtes du samedi. (Ils sont) très chaleureux, aimants et nous apprécions tous la compagnie des autres », a-t-elle déclaré.

En juillet 2024, le groupe organisera un événement virtuel, Superbund Virtual Society, qui devrait rassembler plus de 100 participants venus de Hong Kong, de Chine continentale, du Canada et d'Arabie saoudite.

« Ce nouvel écosystème basé sur la technologie blockchain nous permettra d'enregistrer nos actifs numériques avec nos identités d'avatars... Les choses peuvent être créées dans le virtuel et avoir un impact sur la réalité », a déclaré M. Kong.

« J'ai un concept où l'ancienne génération crée le matériel technologique, ou le matériel dont nous avons besoin pour accéder au logiciel qui pourrait être créé par les jeunes générations, et avec le contenu, le logiciel et le matériel finalisés, nous pouvons nous réunir et combler ce fossé entre les générations. »

Au cours des cinq dernières années, Kids Power Society a publié quatre livres de science-fiction, avec la contribution de 125 enfants du monde entier. Les bénéfices ont été reversés à l'hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique à Vancouver et à l'association Sowers Action de Hong Kong.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com