Mosquées du monde, de véritables trésors architecturaux

Cette magnifique mosquée située à La Mecque, qui est aujourd'hui la plus grande mosquée et le huitième plus grand bâtiment du monde, représente le principal lieu saint de l'islam. AMER HILABI / AFP
Cette magnifique mosquée située à La Mecque, qui est aujourd'hui la plus grande mosquée et le huitième plus grand bâtiment du monde, représente le principal lieu saint de l'islam. AMER HILABI / AFP
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Mosquées du monde, de véritables trésors architecturaux

  • Leurs caractéristiques esthétiques font des mosquées des chefs-d’œuvre architecturaux à part entière. Des trésors de l’art islamique que l’on retrouve à travers les cinq continents
  • Arab News en français fait découvrir quelques-unes de ces perles

PARIS: Plus qu’un lieu de culte, une mosquée est avant tout une institution, un lieu de partage et d’apprentissage. Les croyants s’y rendent afin de prier ensemble et célébrer leur foi, mais aussi pour s’instruire et s’entraider, grâce aux centres de formation et aux œuvres de bienfaisance qui y sont affiliés.

Leurs caractéristiques esthétiques font des mosquées des chefs-d’œuvre architecturaux à part entière. Des trésors de l’art islamique que l’on retrouve à travers les cinq continents. À l’occasion du mois de la fin du mois du Ramadan, Arab News en français présente quelques-unes de ces perles.

 

Quelques caractéristiques d’une mosquée…

  • Maqsûra: espace réservé, pièce privée souvent de petite taille
  • Mihrab: niche architecturale dans la muraille d'une mosquée indiquant la direction de La Mecque (Qibla)
  • Minaret: tour élevée, à partir de laquelle le muezzin appelle à la prière
  • Minbar: pupitre à partir duquel l’imam s’adresse aux fidèles
  • Coubba: dômes aux motifs géométriques
  • Sahn: cour souvent entourée d’arcades (riwaq), pouvant abriter des fontaines et de la végétation

1. Masjid al-Haram, Arabie saoudite

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Masjid al-Haram, Arabie saoudite. AFP

Cette magnifique mosquée située à La Mecque, qui est aujourd'hui la plus grande mosquée et le huitième plus grand bâtiment du monde, représente le principal lieu saint de l'islam. Les musulmans du monde entier s’y rendent pour le pèlerinage du Hajj, qui constitue le cinquième pilier de la religion. Au centre se trouve la Kaaba, c’est dans sa direction que les musulmans du monde entier se tournent pour prier. Tout au long de l’Histoire, les califes musulmans et les dirigeants responsables de La Mecque, la ville la plus sainte de l’islam, se sont efforcés de protéger, d’agrandir et d’entretenir la Grande Mosquée.

Grâce à une organisation bien rôdée, et conformément aux mesures de prévention contre la Covid-19, les pèlerins – locaux ou étrangers – peuvent obtenir un permis de visite à condition d’être vaccinés contre la Covid-19.

En ce mois du ramadan, ce monument de l’Histoire et de la religion musulmane est parfumé avec des arômes d’oud plus de dix fois par jour afin de créer une atmosphère de spiritualité pour les milliers de visiteurs. En temps normal, la mosquée peut accueillir entre 50 000 et 100 000 fidèles par jour!

 

La Pierre de la Kaaba

La Présidence générale pour les affaires des deux Saintes Mosquées a pris 1 050 photographies de la Pierre noire et du sanctuaire d'Abraham grâce à la technologie Fox Stack Panorama. Cette méthode combine plusieurs photographies avec différents degrés de clarté afin de produire une seule image haute résolution précise de la Pierre noire, connue sous le nom arabe de «Hajar al-Aswad».

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Les autorités saoudiennes ont publié de nouvelles photos offrant une vue rapprochée inédite de la pierre noire de la Kaaba à La Mecque. (Photo, SPA)

La pierre ovale de couleur noir rougeâtre, d’un diamètre de 30 cm, est située dans le coin sud-est de la Kaaba. Elle est positionnée à 1,5 mètre au-dessus du sol et placée à l'intérieur d'un cadre en argent pur pour lui assurer une protection.

 

2. Mosquée cheikh Zayed, Abu Dhabi

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Mosquée cheikh Zayed, Abu Dhabi. AFP

Symbole national qui porte le nom du premier président des Émirats arabes unis (EAU), il s’agit de la septième plus grande mosquée au monde. Ce bijou d’architecture mêlant modernisme et tradition peut accueillir jusqu'à 40 000 visiteurs (7 000 pour la salle de prière principale) et fait partie des rares mosquées que les touristes peuvent visiter aux EAU.

Plus de 3 000 ouvriers et 38 entreprises sous-traitantes ont été engagés pour sa construction.

La structure architecturale de cette mosquée a notamment été inspirée par les arts moghol, égyptien et pakistanais. Les arcades sont de style mauresque et les minarets typiquement arabes.

Chaque détail de ce lieu de culte a été minutieusement pensé, et chaque ornement confectionné avec soin. Toutes les décorations sont des exploits artistiques et techniques.

Les motifs qui parent les murs et façades en marbre blanc ont été réalisés par une société d'art graphique milanaise, le lustre qui surplombe le plafond mesure 15 mètres de hauteur pour 10 mètres de diamètre, et le tapis en laine et coton de 47 tonnes recouvre les 22 412 mètres carrés dédiés à la prière.

En journée, les tons dorés de la mosquée reflètent les rayons du soleil, et le soir, les lueurs pâles de la Lune. Les bassins qui entourent l’édifice donnent à la cour des allures de paradis terrestre.

3. Mosquée sultan Omar Ali Saifuddin, Brunei

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Mosquée sultan Omar Ali Saifuddin, Brunei. AFP

Construit dans un lagon artificiel sur les rives d’une rivière, cet édifice d’une richesse matérielle et spirituelle sans pareille, qui porte le nom du 28e sultan du Brunei, est l’emblème du pays.

Construite en 1958 par l'architecte et sculpteur Rudolfo Nolli, cette mosquée moderne haute de 52 mètres s’inspire des architectures moghole et malaise, mais correspond également aux caractéristiques stylistiques de la Renaissance italienne.

Le dôme principal, recouvert d'or pur, est l’élément phare de la mosquée. Le plus haut minaret est quant à lui doté d'un ascenseur grâce auquel les visiteurs peuvent profiter d'une vue panoramique sur la ville. Les murs et le sol sont constitués de marbre d’Italie et de granit de Shanghai, le sol est recouvert de tapis artisanaux faits en Belgique et en Arabie saoudite, les vitraux et les lustres de cristal ont été fabriqués en Angleterre.

Une cour entourée d'arbres et de jardins fleuris, et deux ponts en marbre viennent s’ajouter à ce monument religieux.

4. Grande mosquée de Djenné, Mali

Cette photo prise le 9 février 2005 montre la Grande Mosquée de Djenné dans la région du Delta du Niger au centre du Mali.
Cette photo prise le 9 février 2005 montre la Grande Mosquée de Djenné dans la région du Delta du Niger au centre du Mali.

Comme si elle avait toujours fait partie du paysage, cette magnifique mosquée, à l’aspect hérissé, intégralement construite en terre crue, est un incontournable du style architectural soudano-sahélien.

Située dans une plaine alluviale, cet édifice qui a survécu aux guerres saintes et aux intempéries, est l’un des symboles les plus éblouissants de l’Afrique subsaharienne.

Haute de 20 mètres, avec un toit en adobe soutenu par 90 piliers possédant 104 trous d’aération, cette mosquée peut abriter jusqu’à 1 000 fidèles. Ses parois faites en banco protègent des grandes chaleurs africaines. Le toit, recouvert de boue, est soutenu par neuf murs intérieurs percés d'arcs en ogive.

La salle de prière d’une superficie de 1 300 mètres carrés, occupe la moitié du bâtiment.

L’entretien régulier de la mosquée est assuré par les habitants de Djenné, qui s’attèlent à cette tâche dans le cadre de festivités animées par des chants traditionnels.

Avec la Vieille ville de Djenné, cette mosquée fait partie du patrimoine mondial de l’Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) depuis 1988.

5. Grande mosquée de Xi’an, Chine

wikipedia
Grande mosquée de Xi’an, Chine. Wikipedia

Construite sous la dynastie Tang soucieuse de démontrer son ouverture d’esprit face aux communautés étrangères, cette mosquée est un magnifique trait d’union entre les cultures.

Occupant un terrain de 12 000 mètre carrés, il s’agit de la mosquée la plus grande et la mieux préservée de Chine.

Son architecture atypique influencée par différentes époques mêle traditions musulmanes et chinoises. Alors que les bâtiments traditionnels chinois s'alignent le long d'un axe Nord-Sud conformément au feng shui, la mosquée est orientée à l'ouest, vers La Mecque.

L’édifice a été remanié à maintes reprises depuis 742, ce qui fait de ce lieu de prière un monument métissé et hybride.

La salle de prière entièrement en bois est composée de trois bâtiments mitoyens surélevés sur une grande plate-forme en pierre bordée de balustrades. Des motifs floraux et calligraphiques ornent les murs intérieurs avec simplicité et élégance.

Située à proximité d’une rue piétonne très animée, avec ses jardins luxuriants et ses nombreuses salles, cette mosquée est un véritable havre de paix.

6. Mosquée Hassan II, Maroc

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Mosquée Hassan II, Maroc. FADEL SENNA / AFP

Face à l’océan Atlantique, aménagée sur neuf hectares sur le site de l'ancienne piscine municipale, cette grande mosquée représente le syncrétisme de l’art marocain dans toute sa splendeur. Les structures en béton armé, les coupoles en bois de cèdre et acier inoxydable, et les revêtements en marbre et en granit locaux résistent à la houle et aux vents marins. Constituée d’une immense salle de prière, mais aussi d’une salle d'ablutions, de plusieurs bains, d’un musée, d’une école coranique (madrasa), d’une bibliothèque, et d’une académie des arts traditionnels, cette mosquée est une véritable institution où s’entremêlent le beau, l’utile et le sacré. Inaugurée en 1993, la mosquée indique la direction de La Mecque à l’aide d'un rayon laser.

7. Mosquée du roi Abdelaziz, Marbella

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Mosquée du roi Abdelaziz, Marbella. JOSE LUIS ROCA / AFP

Iconique. Cette mosquée toute blanche surplombant la baie de Malaga, est la première mosquée édifiée dans la région depuis la Reconquista. Elle a en effet été inaugurée en 1981. Cette date qui correspond à l’an 1401 du calendrier islamique, est hautement symbolique car elle marque la migration du Prophète à Médine.

Construite sur une colline par l'architecte Juan Mora, la mosquée peut accueillir plus de 800 personnes.

Ce lieu de recueillement mêle le style andalou à l’architecture islamique. Dans la salle de prière se trouve un lustre d’un poids de 500 kg fabriqué par des artisans de Fès, au Maroc. La mosquée, qui dispose d’une grande bibliothèque et d’un Centre d'études islamiques, est entourée d’un charmant jardin hispano-mauresque propice à la tranquillité.

8. Mosquée de Cristal, Malaisie

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Mosquée de Cristal, Malaisie. crédit https://www.flickr.com/photos/emrank/, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Dressée avec grâce et prestance sur un îlot artificiel, la mosquée de Cristal émeut par sa splendeur et fascine par sa singularité. Sa structure unique en verre et en acier lui donne cet aspect cristallin si peu commun. Chaque nuit, ses dômes et ses minarets s’illuminent en rose, vert, violet, bleu ou jaune. Ces couleurs se reflètent sur l’eau et donnent au paysage des aspects oniriques dignes des Mille et Une Nuits.

Cette mosquée 2.0 inaugurée en 2008 – qui peut accueillir entre 700 et 1 500 fidèles – est en outre dotée de tout le confort moderne: équipements multimédias audio et vidéo, air conditionné et système de distribution d’eau automatique pour les ablutions.

9. Mosquée de Kairouan, Tunisie

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Mosquée de Kairouan, Tunisie. FETHI BELAID / AFP

Construite en 670 de notre ère, et enregistrée au patrimoine mondial de l’Unesco, cette mosquée s’étend sur plus de 9 000 mètres carrés.

Les murs situés dans l'enceinte de la Grande Mosquée sont renforcés de contreforts et composés de neuf portes aux façades occidentales et orientales.

La grande cour, revêtue de dalles de pierre et de plaques en marbre blanc, est entourée par un portique à double rangée d’arcs et d’un minaret de plus de 30 mètres. Dans cette même cour se trouve un illustre cadran solaire horizontal à quatre gnomons, qui permet de déterminer les heures des cinq prières quotidiennes.

Étant le sanctuaire le plus ancien de l'Occident musulman, la Grande Mosquée de Kairouan a inspiré l’architecture de la plupart des mosquées du Maghreb construites a posteriori.


« Arduna » à AlUla : quand l’art contemporain scelle une coopération culturelle historique entre la France et l’Arabie saoudite

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
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  • Présentée comme un geste artistique fort autant qu’un acte de confiance entre deux nations, Arduna s’inscrit dans la continuité de l’accord intergouvernemental signé en 2018
  • « Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030»

ALULA: L’inauguration de l’exposition Arduna marque une étape fondatrice dans le développement culturel de l’Arabie saoudite et dans la coopération franco-saoudienne. Inédite par son ampleur et première du genre en Arabie saoudite et au Moyen-Orient, cette exposition est le fruit d’un commissariat conjoint entre le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla et le Centre Pompidou, avec le soutien de l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement :

« C’est un grand honneur d’être à vos côtés ici ce soir pour inaugurer “Arduna”, exposition fondatrice et inédite dans son ampleur. Je dis fondatrice, parce qu’elle est à la fois un geste artistique majeur, et un geste de confiance entre nos deux pays. »

Un jalon issu de l’accord intergouvernemental de 2018

L’exposition s’inscrit directement dans le prolongement de l’accord intergouvernemental signé en 2018 par la France et l’Arabie saoudite, en présence du Président Emmanuel Macron et de Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed ben Salmane. Cet accord a ouvert une coopération ambitieuse autour du développement culturel, patrimonial, environnemental et humain d’AlUla, en cohérence avec la Vision 2030 du Royaume.

Jean-Yves Le Drian a rappelé la vision commune à l’origine de cet engagement :

« Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030. L’art et la culture, la valorisation du patrimoine comme l’élan de la création y jouent un rôle majeur. »

Aujourd’hui, les résultats de cette coopération sont visibles et concrets, notamment à travers l’inauguration du pavillon d’exposition, première étape vers le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla prévu à l’horizon 2030.

« Arduna », une exposition ancrée dans son territoire

Intitulée Arduna – « Notre Terre » –, l’exposition revendique un lien étroit avec l’identité d’AlUla. Une approche que Jean-Yves Le Drian a tenu à distinguer de modèles d’expositions décontextualisées :

« “Arduna” n’est pas une exposition “posée” sur un territoire, hors sol. C’est un modèle de programmation à l’écoute de son temps et surtout à l’écoute d’AlUla et de son identité très singulière, celle d’un territoire où la nature, l’archéologie, la mémoire et l’avenir se répondent à chaque instant. »

Il insiste également sur la démarche de co-construction :

« L’idée n’était pas d’importer un récit, mais de co-développer une exposition et, au-delà, une vision, ancrée dans l’exceptionnelle magie de ce lieu. »

Les commissaires de l’exposition, Candida Pestana et Anne Hiddleston Galloni, ont été saluées pour leur travail approfondi et leur implication tout au long de la préparation de cet événement.

Une première concrétisation du futur musée d’art contemporain d’AlUla

Au-delà de l’exposition, Arduna constitue la première réalisation tangible du partenariat stratégique conclu en 2023 entre la Commission Royale pour AlUla et le Centre Pompidou. Ce partenariat vise à accompagner la création du futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla, appelé à devenir une institution de référence internationale.

Jean-Yves Le Drian a souligné l’engagement global du Centre Pompidou :

« Je suis reconnaissant au Centre Pompidou d’avoir mobilisé son expertise dans tous les domaines : le commissariat, la scénographie, la production, la médiation, l’édition, mais aussi l’accompagnement architectural du pavillon, ainsi que les actions de formation et de mentorat de la future équipe du musée. »

Le futur musée, conçu par l’architecte Lina Gotmeh, se veut à la fois international et profondément enraciné dans son environnement local, notamment à travers son dialogue avec l’espace voisin de Daïmumah.

Une dynamique culturelle franco-saoudienne durable

L’inauguration de Arduna s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération culturelle entre la France et l’Arabie saoudite à AlUla. Jean-Yves Le Drian a rappelé l’ouverture récente de la Villa Hégra, autre jalon majeur de ce partenariat :

« La Villa Hégra témoigne de ce que nous sommes en mesure de construire ensemble : un lieu de création, de recherche, de résidence et de transmission, où les scènes françaises, francophones et saoudiennes se rencontrent et projettent des coopérations fortes. »

La culture comme langage commun

En conclusion, le président d’AFALULA a résumé l’esprit de cette coopération :

« Ce soir, nous inaugurons une exposition. Mais plus profondément, nous célébrons une belle histoire : celle d’un partenariat qui se construit dans la durée, qui investit dans la confiance, et qui choisit la culture comme langage commun. »

L’exposition Arduna illustre ainsi l’ambition partagée de faire d’AlUla un pôle culturel majeur, où le patrimoine exceptionnel du territoire dialogue avec la création contemporaine, au cœur d’un partenariat stratégique entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France.


AlUla: l’exposition « Arduna », fonde un socle de dialogue et de culture

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  • AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO
  • Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures

PARIS: Au cœur du nord-ouest de l’Arabie saoudite, à plus de 1 100 kilomètres de Riyad, l’oasis d’AlUla s’impose progressivement comme l’un des laboratoires culturels les plus ambitieux du Moyen-Orient.

Territoire aux paysages spectaculaires et au patrimoine plurimillénaire, marqué par les civilisations lihyanite et nabatéenne, AlUla n’est plus seulement un site archéologique d’exception, mais devient un véritable projet de civilisation.

arduna

L’exposition « Arduna » (Notre terre), présentée dans le cadre de la 5ᵉ édition du Festival des arts d’AlUla, en est aujourd’hui l’une des expressions les plus abouties.

Organisée dans les espaces préfigurateurs du futur musée d’art contemporain saoudien, l’exposition incarne une coopération culturelle structurante entre la France et l’Arabie saoudite, portée conjointement par l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA) et la Commission royale pour AlUla (RCU), avec le concours du Centre Pompidou.

Plus qu’un événement artistique, « Arduna » s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à faire de l’art un pilier du développement territorial, social et symbolique d’AlUla.

Un dialogue entre patrimoine et création contemporaine

AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures.

C’est dans le cadre de cet héritage que s’inscrit aujourd’hui la politique culturelle conduite par la Commission royale pour AlUla, en lien étroit avec AFALULA, fer de lance de la coopération franco-saoudienne.

L’objectif est clair : préserver le patrimoine tout en l’inscrivant dans le présent, relier l’histoire longue du territoire à la création contemporaine internationale et faire d’AlUla un espace vivant, habité et partagé.

Depuis cinq ans, le Festival des arts d’AlUla joue un rôle central dans cette transformation. Il a progressivement installé la région comme un foyer de création et de rencontres artistiques, en dialogue constant avec le paysage, les habitants et l’histoire du lieu.

Dans ce contexte, l’exposition « Arduna » marque une étape décisive. Conçue par deux commissaires — Anna Hiddleston, du Centre Pompidou, et Candida Pestana, cheffe des commissaires pour les arts contemporains à la RCU —, elle repose sur un principe fort : le dialogue entre les œuvres, les cultures et les récits.

L’exposition est structurée en six sections, chacune mettant en regard des artistes d’horizons différents.

Ainsi, une œuvre de Vassily Kandinsky dialogue avec celles de l’artiste syro-libanaise Etel Adnan, tandis qu’un échange visuel et conceptuel s’opère entre le photographe palestinien Tarek Al-Ghoussein et l’artiste français Cyprien Gaillard.

À ces confrontations s’ajoutent des installations créées spécifiquement pour AlUla par cinq artistes contemporains : Renaud Auguste-Dormeuil, Dana Awartani, Tarek Atoui, Tavares Strachan et Ayman Zedani.

Ces œuvres inédites ancrent l’exposition dans le territoire même d’AlUla, renforçant son caractère non itinérant et profondément contextuel.

« Arduna » constitue une première majeure à plusieurs titres : il s’agit de la première exposition de cette ampleur organisée à AlUla en co-commissariat avec une grande institution internationale, et de la première exportation temporaire d’un ensemble significatif d’œuvres du Centre Pompidou depuis sa fermeture pour rénovation.

Un modèle culturel fondé sur la co-construction

Contrairement à de nombreux projets culturels dans le Golfe fondés sur la simple importation de contenus occidentaux, le modèle retenu ici privilégie la co-construction.

Sur les 75 œuvres présentées, une partie provient de prêts internationaux, tandis qu’une autre appartient à la collection constituée ces dernières années par la Commission royale pour AlUla, reflétant une politique affirmée d’acquisition et de souveraineté culturelle.

La durée de trois mois (du 31 janvier au 15 avril), conforme aux standards internationaux, permet de toucher un public local, régional et international, dans un territoire encore en phase de montée en puissance touristique, mais dont la fréquentation progresse rapidement, notamment grâce à des équipements culturels et de loisirs déjà largement fréquentés par les habitants.

Au-delà de l’exposition elle-même, « Arduna » s’inscrit dans une compétition culturelle internationale intense, alors que des artistes américains, britanniques, italiens, mais aussi de plus en plus chinois, déploient des moyens considérables en Arabie saoudite.

Pour les responsables du projet, l’horizon est clairement fixé à 2030, en cohérence avec les grandes échéances saoudiennes, dont l’Exposition universelle de Riyad. Leur ambition est de créer un pont entre AlUla, les grands sites patrimoniaux, le futur musée d’art contemporain et les grands rendez-vous internationaux, afin de faire rayonner l’oasis bien au-delà de ses frontières.

En préfigurant le futur musée d’art contemporain, « Arduna » dépasse ainsi le cadre d’une exposition temporaire et propose un nouveau modèle culturel, fondé sur le temps long, la création partagée et l’ancrage territorial.

Ce modèle fait de l’art non pas un simple outil d’attractivité touristique, mais un vecteur de sens, de dialogue et de transformation sociale.


Haute couture: ode à la nature pour les premiers pas de Matthieu Blazy chez Chanel

Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Débuts très attendus de Matthieu Blazy chez Chanel : une première collection haute couture poétique et aérienne, célébrant la nature à travers transparences, plumes et motifs de champignons, sous la verrière du Grand Palais
  • Une semaine marquée par le renouveau des grandes maisons : Jonathan Anderson chez Dior, Armani sans Giorgio pour la première fois, et des défilés spectaculaires signés Rolland et Fournié, illustrant un vaste mercato qui redessine la haute couture

PARIS: Des oiseaux, des champignons et beaucoup de légèreté: Matthieu Blazy a fait mardi à Paris ses débuts en haute couture chez Chanel avec une collection toute en transparence, délicatesse et plumes, véritable ode à la nature et à la poésie.

Sous la verrière du Grand Palais, métamorphosée pour l'occasion en une forêt onirique peuplée de champignons géants et de saules pleureurs roses, le créateur franco-belge de 41 ans a voulu, à travers ce premier vestiaire, "sonder et explorer le coeur de Chanel", explique un communiqué.

Matthieu Blazy réinvente ainsi une nouvelle fois l'emblématique tailleur de la maison dans une superposition de mousseline de soie transparente aux couleurs pastel et aux broderies en forme de champignons, sous laquelle se dessinent d'élégants sous-vêtements.

Le champignon, envoyé sous forme de pendentif en guise d'invitation, se décline dans les talons de certains escarpins.

La transparence et la légèreté s'invitent également dans des robes vaporeuses et des ensembles débardeurs et jupes, assortis d'écharpes qui traînent jusqu'au sol, et même sur un pantalon en jean.

Progressivement, les matières gagnent en densité: les tissus s’épaississent, se structurent, et la collection bascule vers des tailleurs et des manteaux en tweed, dont les extrémités s'ornent de plumes légères.

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Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)

Ces plumes, d'abord discrètes, finissent par s'imposer. Elles encerclent les ourlets des robes, soulignent les lignes d'une jupe ou d'un top, avant d'envahir entièrement certains tailleurs et silhouettes du soir, transformant les mannequins en femmes-oiseaux.

Le défilé s'est conclu par la traditionnelle mariée en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé comme une nuée de minuscules plumes blanches.

Une première incursion dans la haute couture qui a attiré un parterre de stars, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penelope Cruz et Tilda Swinton.

- Mercato -

Ce premier défilé était l'un des plus attendus de cette semaine de la haute couture, avec celui de Jonathan Anderson lundi chez Dior.

Le créateur nord-irlandais de 41 ans avait également mis la nature à l'honneur, mais à travers des silhouettes très fleuries à la fois sculpturales et aériennes.

La nomination, ces derniers mois, de ces deux quadragénaires à la tête de deux des plus prestigieuses maisons a été le point d'orgue du vaste mercato qui agite la mode depuis près de deux ans.

Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy avait déjà créé l’événement. Lors de son premier défilé de prêt‑à‑porter en octobre, le créateur avait revisité les codes fondateurs de Chanel en jouant sur les contrastes — tweeds effilochés, mailles colorées, tailleurs déhanchés et jupes en plumes — un passage ovationné et salué par une critique unanime.

- Armani sans Giorgio -

Autre temps fort de cette journée, Armani a présenté en début de soirée la première collection haute couture de la maison italienne sans la supervision de son fondateur Giorgio, décédé début septembre à l'âge de 91 ans.

Cette collection est signée par sa nièce Silvana Armani, qui avait travaillé à ses côtés sur le prêt-à-porter féminin et signe ses premiers pas en haute couture.

Un premier vestiaire, que l'Italienne a voulu "comme du Armani classique, mais avec une touche d'originalité", dans lequel se déclinaient de nombreux tailleurs pantalons souples et satinés, de somptueuses robes du soir scintillantes et des blouses rebrodées de perles, dans une palette noire, blanche, rose nude et vert d'eau.

De son côté, le couturier Stéphane Rolland a investi le Cirque d'hiver pour présenter une nouvelle collection aux silhouettes toujours très structurées, entre robes de soirée, combinaisons ajustées ou aux pantalons bouffants, dans ses couleurs fétiches que sont le rouge, le noir et le blanc.

Incarné par les mannequins Adriana Karembeu et Coco Rocha, le show s'est achevé par un lâcher de colombes et la performance aérienne d'une acrobate, le tout sous le regard de la première dame Brigitte Macron, du chanteur Marc Lavoine et du cinéaste Claude Lelouch.

Julien Fournié a de son côté dévoilé un vestiaire mêlant robes de soirée aux jupes volumineuses, pièces richement ornées de strass et de broderies – parfois inspirées du graffiti, des mangas ou du cinéma de genre – ainsi que des ensembles associant vestes en jean et transparences constellées de strass façon tatouage.