Mosquées du monde, de véritables trésors architecturaux

Cette magnifique mosquée située à La Mecque, qui est aujourd'hui la plus grande mosquée et le huitième plus grand bâtiment du monde, représente le principal lieu saint de l'islam. AMER HILABI / AFP
Cette magnifique mosquée située à La Mecque, qui est aujourd'hui la plus grande mosquée et le huitième plus grand bâtiment du monde, représente le principal lieu saint de l'islam. AMER HILABI / AFP
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Mosquées du monde, de véritables trésors architecturaux

  • Leurs caractéristiques esthétiques font des mosquées des chefs-d’œuvre architecturaux à part entière. Des trésors de l’art islamique que l’on retrouve à travers les cinq continents
  • Arab News en français fait découvrir quelques-unes de ces perles

PARIS: Plus qu’un lieu de culte, une mosquée est avant tout une institution, un lieu de partage et d’apprentissage. Les croyants s’y rendent afin de prier ensemble et célébrer leur foi, mais aussi pour s’instruire et s’entraider, grâce aux centres de formation et aux œuvres de bienfaisance qui y sont affiliés.

Leurs caractéristiques esthétiques font des mosquées des chefs-d’œuvre architecturaux à part entière. Des trésors de l’art islamique que l’on retrouve à travers les cinq continents. À l’occasion du mois de la fin du mois du Ramadan, Arab News en français présente quelques-unes de ces perles.

 

Quelques caractéristiques d’une mosquée…

  • Maqsûra: espace réservé, pièce privée souvent de petite taille
  • Mihrab: niche architecturale dans la muraille d'une mosquée indiquant la direction de La Mecque (Qibla)
  • Minaret: tour élevée, à partir de laquelle le muezzin appelle à la prière
  • Minbar: pupitre à partir duquel l’imam s’adresse aux fidèles
  • Coubba: dômes aux motifs géométriques
  • Sahn: cour souvent entourée d’arcades (riwaq), pouvant abriter des fontaines et de la végétation

1. Masjid al-Haram, Arabie saoudite

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Masjid al-Haram, Arabie saoudite. AFP

Cette magnifique mosquée située à La Mecque, qui est aujourd'hui la plus grande mosquée et le huitième plus grand bâtiment du monde, représente le principal lieu saint de l'islam. Les musulmans du monde entier s’y rendent pour le pèlerinage du Hajj, qui constitue le cinquième pilier de la religion. Au centre se trouve la Kaaba, c’est dans sa direction que les musulmans du monde entier se tournent pour prier. Tout au long de l’Histoire, les califes musulmans et les dirigeants responsables de La Mecque, la ville la plus sainte de l’islam, se sont efforcés de protéger, d’agrandir et d’entretenir la Grande Mosquée.

Grâce à une organisation bien rôdée, et conformément aux mesures de prévention contre la Covid-19, les pèlerins – locaux ou étrangers – peuvent obtenir un permis de visite à condition d’être vaccinés contre la Covid-19.

En ce mois du ramadan, ce monument de l’Histoire et de la religion musulmane est parfumé avec des arômes d’oud plus de dix fois par jour afin de créer une atmosphère de spiritualité pour les milliers de visiteurs. En temps normal, la mosquée peut accueillir entre 50 000 et 100 000 fidèles par jour!

 

La Pierre de la Kaaba

La Présidence générale pour les affaires des deux Saintes Mosquées a pris 1 050 photographies de la Pierre noire et du sanctuaire d'Abraham grâce à la technologie Fox Stack Panorama. Cette méthode combine plusieurs photographies avec différents degrés de clarté afin de produire une seule image haute résolution précise de la Pierre noire, connue sous le nom arabe de «Hajar al-Aswad».

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Les autorités saoudiennes ont publié de nouvelles photos offrant une vue rapprochée inédite de la pierre noire de la Kaaba à La Mecque. (Photo, SPA)

La pierre ovale de couleur noir rougeâtre, d’un diamètre de 30 cm, est située dans le coin sud-est de la Kaaba. Elle est positionnée à 1,5 mètre au-dessus du sol et placée à l'intérieur d'un cadre en argent pur pour lui assurer une protection.

 

2. Mosquée cheikh Zayed, Abu Dhabi

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Mosquée cheikh Zayed, Abu Dhabi. AFP

Symbole national qui porte le nom du premier président des Émirats arabes unis (EAU), il s’agit de la septième plus grande mosquée au monde. Ce bijou d’architecture mêlant modernisme et tradition peut accueillir jusqu'à 40 000 visiteurs (7 000 pour la salle de prière principale) et fait partie des rares mosquées que les touristes peuvent visiter aux EAU.

Plus de 3 000 ouvriers et 38 entreprises sous-traitantes ont été engagés pour sa construction.

La structure architecturale de cette mosquée a notamment été inspirée par les arts moghol, égyptien et pakistanais. Les arcades sont de style mauresque et les minarets typiquement arabes.

Chaque détail de ce lieu de culte a été minutieusement pensé, et chaque ornement confectionné avec soin. Toutes les décorations sont des exploits artistiques et techniques.

Les motifs qui parent les murs et façades en marbre blanc ont été réalisés par une société d'art graphique milanaise, le lustre qui surplombe le plafond mesure 15 mètres de hauteur pour 10 mètres de diamètre, et le tapis en laine et coton de 47 tonnes recouvre les 22 412 mètres carrés dédiés à la prière.

En journée, les tons dorés de la mosquée reflètent les rayons du soleil, et le soir, les lueurs pâles de la Lune. Les bassins qui entourent l’édifice donnent à la cour des allures de paradis terrestre.

3. Mosquée sultan Omar Ali Saifuddin, Brunei

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Mosquée sultan Omar Ali Saifuddin, Brunei. AFP

Construit dans un lagon artificiel sur les rives d’une rivière, cet édifice d’une richesse matérielle et spirituelle sans pareille, qui porte le nom du 28e sultan du Brunei, est l’emblème du pays.

Construite en 1958 par l'architecte et sculpteur Rudolfo Nolli, cette mosquée moderne haute de 52 mètres s’inspire des architectures moghole et malaise, mais correspond également aux caractéristiques stylistiques de la Renaissance italienne.

Le dôme principal, recouvert d'or pur, est l’élément phare de la mosquée. Le plus haut minaret est quant à lui doté d'un ascenseur grâce auquel les visiteurs peuvent profiter d'une vue panoramique sur la ville. Les murs et le sol sont constitués de marbre d’Italie et de granit de Shanghai, le sol est recouvert de tapis artisanaux faits en Belgique et en Arabie saoudite, les vitraux et les lustres de cristal ont été fabriqués en Angleterre.

Une cour entourée d'arbres et de jardins fleuris, et deux ponts en marbre viennent s’ajouter à ce monument religieux.

4. Grande mosquée de Djenné, Mali

Cette photo prise le 9 février 2005 montre la Grande Mosquée de Djenné dans la région du Delta du Niger au centre du Mali.
Cette photo prise le 9 février 2005 montre la Grande Mosquée de Djenné dans la région du Delta du Niger au centre du Mali.

Comme si elle avait toujours fait partie du paysage, cette magnifique mosquée, à l’aspect hérissé, intégralement construite en terre crue, est un incontournable du style architectural soudano-sahélien.

Située dans une plaine alluviale, cet édifice qui a survécu aux guerres saintes et aux intempéries, est l’un des symboles les plus éblouissants de l’Afrique subsaharienne.

Haute de 20 mètres, avec un toit en adobe soutenu par 90 piliers possédant 104 trous d’aération, cette mosquée peut abriter jusqu’à 1 000 fidèles. Ses parois faites en banco protègent des grandes chaleurs africaines. Le toit, recouvert de boue, est soutenu par neuf murs intérieurs percés d'arcs en ogive.

La salle de prière d’une superficie de 1 300 mètres carrés, occupe la moitié du bâtiment.

L’entretien régulier de la mosquée est assuré par les habitants de Djenné, qui s’attèlent à cette tâche dans le cadre de festivités animées par des chants traditionnels.

Avec la Vieille ville de Djenné, cette mosquée fait partie du patrimoine mondial de l’Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) depuis 1988.

5. Grande mosquée de Xi’an, Chine

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Grande mosquée de Xi’an, Chine. Wikipedia

Construite sous la dynastie Tang soucieuse de démontrer son ouverture d’esprit face aux communautés étrangères, cette mosquée est un magnifique trait d’union entre les cultures.

Occupant un terrain de 12 000 mètre carrés, il s’agit de la mosquée la plus grande et la mieux préservée de Chine.

Son architecture atypique influencée par différentes époques mêle traditions musulmanes et chinoises. Alors que les bâtiments traditionnels chinois s'alignent le long d'un axe Nord-Sud conformément au feng shui, la mosquée est orientée à l'ouest, vers La Mecque.

L’édifice a été remanié à maintes reprises depuis 742, ce qui fait de ce lieu de prière un monument métissé et hybride.

La salle de prière entièrement en bois est composée de trois bâtiments mitoyens surélevés sur une grande plate-forme en pierre bordée de balustrades. Des motifs floraux et calligraphiques ornent les murs intérieurs avec simplicité et élégance.

Située à proximité d’une rue piétonne très animée, avec ses jardins luxuriants et ses nombreuses salles, cette mosquée est un véritable havre de paix.

6. Mosquée Hassan II, Maroc

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Mosquée Hassan II, Maroc. FADEL SENNA / AFP

Face à l’océan Atlantique, aménagée sur neuf hectares sur le site de l'ancienne piscine municipale, cette grande mosquée représente le syncrétisme de l’art marocain dans toute sa splendeur. Les structures en béton armé, les coupoles en bois de cèdre et acier inoxydable, et les revêtements en marbre et en granit locaux résistent à la houle et aux vents marins. Constituée d’une immense salle de prière, mais aussi d’une salle d'ablutions, de plusieurs bains, d’un musée, d’une école coranique (madrasa), d’une bibliothèque, et d’une académie des arts traditionnels, cette mosquée est une véritable institution où s’entremêlent le beau, l’utile et le sacré. Inaugurée en 1993, la mosquée indique la direction de La Mecque à l’aide d'un rayon laser.

7. Mosquée du roi Abdelaziz, Marbella

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Mosquée du roi Abdelaziz, Marbella. JOSE LUIS ROCA / AFP

Iconique. Cette mosquée toute blanche surplombant la baie de Malaga, est la première mosquée édifiée dans la région depuis la Reconquista. Elle a en effet été inaugurée en 1981. Cette date qui correspond à l’an 1401 du calendrier islamique, est hautement symbolique car elle marque la migration du Prophète à Médine.

Construite sur une colline par l'architecte Juan Mora, la mosquée peut accueillir plus de 800 personnes.

Ce lieu de recueillement mêle le style andalou à l’architecture islamique. Dans la salle de prière se trouve un lustre d’un poids de 500 kg fabriqué par des artisans de Fès, au Maroc. La mosquée, qui dispose d’une grande bibliothèque et d’un Centre d'études islamiques, est entourée d’un charmant jardin hispano-mauresque propice à la tranquillité.

8. Mosquée de Cristal, Malaisie

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Mosquée de Cristal, Malaisie. crédit https://www.flickr.com/photos/emrank/, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Dressée avec grâce et prestance sur un îlot artificiel, la mosquée de Cristal émeut par sa splendeur et fascine par sa singularité. Sa structure unique en verre et en acier lui donne cet aspect cristallin si peu commun. Chaque nuit, ses dômes et ses minarets s’illuminent en rose, vert, violet, bleu ou jaune. Ces couleurs se reflètent sur l’eau et donnent au paysage des aspects oniriques dignes des Mille et Une Nuits.

Cette mosquée 2.0 inaugurée en 2008 – qui peut accueillir entre 700 et 1 500 fidèles – est en outre dotée de tout le confort moderne: équipements multimédias audio et vidéo, air conditionné et système de distribution d’eau automatique pour les ablutions.

9. Mosquée de Kairouan, Tunisie

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Mosquée de Kairouan, Tunisie. FETHI BELAID / AFP

Construite en 670 de notre ère, et enregistrée au patrimoine mondial de l’Unesco, cette mosquée s’étend sur plus de 9 000 mètres carrés.

Les murs situés dans l'enceinte de la Grande Mosquée sont renforcés de contreforts et composés de neuf portes aux façades occidentales et orientales.

La grande cour, revêtue de dalles de pierre et de plaques en marbre blanc, est entourée par un portique à double rangée d’arcs et d’un minaret de plus de 30 mètres. Dans cette même cour se trouve un illustre cadran solaire horizontal à quatre gnomons, qui permet de déterminer les heures des cinq prières quotidiennes.

Étant le sanctuaire le plus ancien de l'Occident musulman, la Grande Mosquée de Kairouan a inspiré l’architecture de la plupart des mosquées du Maghreb construites a posteriori.


Imaan Hammam brille en demoiselle d'honneur

 Le top model Imaan Hammam a récemment assisté au mariage de sa meilleure amie et collègue top model Cindy Bruna, qui a épousé l'ancien basketteur et acteur Blondy Baruti lors d'une cérémonie intime à Paris. (Instagram)
Le top model Imaan Hammam a récemment assisté au mariage de sa meilleure amie et collègue top model Cindy Bruna, qui a épousé l'ancien basketteur et acteur Blondy Baruti lors d'une cérémonie intime à Paris. (Instagram)
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  • Imaan Hammam assiste au mariage de sa meilleure amie et mannequin Cindy Bruna
  • Hammam et Bruna sont des amis proches depuis des années et apparaissent souvent ensemble lors d'événements de mode et de défilés internationaux

DUBAI : Le mannequin Imaan Hammam a récemment assisté au mariage de sa meilleure amie et collègue mannequin Cindy Bruna, qui a épousé l'ancien basketteur et acteur Blondy Baruti lors d'une cérémonie intime à Paris.

Mme Bruna, mannequin franco-congolais connu pour son travail avec Victoria's Secret et de grandes maisons de couture, s'est mariée lors d'une célébration privée à laquelle ont assisté des amis proches et des membres de sa famille. Elle portait une robe personnalisée du créateur libanais Elie Saab.
Hammam faisait partie du cortège nuptial en tant que demoiselle d'honneur de Bruna. Le mannequin néerlando-maroco-égyptien portait une longue robe rouge bordeaux sans manches.

La robe a été associée à des gants longueur coude assortis dans la même teinte rouge foncé, créant un look coordonné et frappant qui se distinguait tout en étant conforme à l'événement formel.

Sur Instagram, elle a posté des images avec la légende : "Week-end très spécial pour célébrer ma sœur et Blondy. La plus belle des mariées ... vraiment. Mon cœur est tellement plein. Nous avons dansé, nous avons ri et nous avons aimé chaque moment".

La robe, longue comme le sol, présentait des lignes épurées et une coupe aérodynamique, permettant à la riche couleur d'occuper le devant de la scène. Hammam a opté pour un style minimal, laissant la robe et les gants faire le plus gros du travail.

Hammam et Bruna sont des amis proches depuis des années et apparaissent souvent ensemble lors d'événements de mode et de défilés internationaux.

Hammam est l'un des mannequins les plus demandés de l'industrie. Elle a été repérée à la gare centrale d'Amsterdam avant de faire ses débuts sur les podiums en 2013 en participant au défilé de couture de Jean Paul Gaultier.

Hammam a défilé pour Burberry, Fendi, Prada, Bottega Veneta, Marc Jacobs, Moschino, Balenciaga et Carolina Herrera. Il a également participé à des campagnes internationales, notamment pour DKNY, Celine, Chanel, Versace, Givenchy, Giorgio Armani et Tiffany & Co.

Au début de cette année, elle a lancé Ayni, une plateforme d'archivage dédiée à la préservation et à la célébration de l'expression artistique arabe de son point de vue.

"Pour moi, cela a toujours été bien plus profond que la simple mode. Il s'agit de rester connectée à mes racines, de raconter des histoires qui me touchent et de mettre en lumière les voix qui ont besoin d'être entendues."

Elle a ajouté qu'elle espérait qu'Ayni dépasserait sa vision personnelle pour devenir une "véritable communauté".


Dans le «Paris du Moyen-Orient», le deuil de Brigitte Bardot côtoie les souvenirs d'une époque dorée

 Brigitte Bardot a passé quatre jours au Liban en mars 1967. (Instagram)
Brigitte Bardot a passé quatre jours au Liban en mars 1967. (Instagram)
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  • La visite de Bardot en 1967 a coïncidé avec l'apogée culturelle du Liban
  • Le pays est considéré comme le centre du style mondial et de la sophistication

DUBAI, BEYROUTH : La mort de la légende du cinéma français Brigitte Bardot à l'âge de 91 ans a attiré l'attention sur l'une des icônes culturelles les plus captivantes du XXe siècle et sur un moment remarquable, quoique bref, où sa célébrité a coïncidé avec l'âge d'or du Liban.

En mars 1967, Bardot arrive à Beyrouth pour une visite de quatre jours qui placera brièvement la légende de l'écran français au cœur d'un haut lieu du glamour et de la modernité au Moyen-Orient.
À l'époque, Beyrouth était célébrée comme le "Paris du Moyen-Orient", connue pour ses hôtels luxueux, sa vie nocturne animée et son mélange cosmopolite de cultures.

Mimi Raad, une célèbre consultante libanaise en image qui dirige le département image de la chaîne MBC1, a déclaré à Arab News : "Les années 60 étaient considérées comme l'âge d'or de Beyrouth. Les femmes libanaises, connues à l'époque comme les plus avant-gardistes et les plus élégantes du Moyen-Orient, étaient fascinées par le style emblématique de Brigitte Bardot ainsi que par son insouciance et sa liberté. La haute société libanaise s'inspirait du glamour européen et Brigitte Bardot représentait ce souffle de nouveauté dans le style et l'attitude".

"Ses visites au Liban ont renforcé l'image du Liban en tant que destination méditerranéenne glamour, souvent comparée à Saint-Tropez, renforçant la réputation de Beyrouth en tant que centre cosmopolite et destination de vacances à la mode qui reflétait les endroits les plus chics d'Europe à l'époque.

De son côté, Hadia Sinno, consultante libanaise en matière de style, a parlé à Arab News de l'admiration qu'elle voue depuis toujours à Bardot. "Depuis mon plus jeune âge, Brigitte Bardot est une icône que j'admire profondément, non seulement pour sa beauté, mais aussi pour son style sans effort, sa simplicité naturelle et cet art de vivre français incomparable. J'ai toujours été captivée par son look, en particulier par les bandeaux qu'elle portait dans les cheveux et les hauts à épaules découvertes qui la caractérisaient", a-t-elle déclaré.

"Pour nous, Libanais, il y a toujours eu un lien spécial. Nous aimons profondément le style français, et sa visite au Liban reste un événement légendaire qui a jeté un pont entre nos deux cultures. Au-delà du grand écran, elle est devenue une force de la nature, en prenant la tête du mouvement anti-fourrure qui a choqué le monde et l'industrie de la mode.

"Avec ses jupes fluides, ses cheveux en désordre et son assurance enjouée, elle ne s'est pas contentée de porter des vêtements, elle a défini une époque. Une véritable icône.

"Et même si nous n'avions pas beaucoup entendu parler d'elle ces dernières années, c'est avec une profonde tristesse que nous avons appris son décès.


Le romancier Hassan Daoud a déclaré à Arab News : "À l'époque, Beyrouth grouillait de vie artistique et culturelle, et certains des plus anciens restaurants de la ville affichent encore les photos des célèbres artistes français et américains qui les fréquentaient".

M. Daoud a raconté l'histoire d'un ami qui travaillait à l'époque à la Direction générale de la sécurité. Il raconte que lorsque Bardot est arrivée à Beyrouth par bateau et qu'elle a dû être transférée dans un petit bateau pour atteindre la côte, il l'a aidée en lui tenant la main. Il ne s'est pas lavé les mains de la journée pour garder la sensation de sa main contre la sienne.

Bardot séjourna au célèbre hôtel cinq étoiles Phoenicia, où des célébrités internationales se prélassaient au bord de la piscine et côtoyaient les élites de la jet-set. Les paparazzis l'ont photographiée au bord de la piscine, en mode célébrités détendues, emblématique à la fois de son attrait mondial et de la scène vibrante de Beyrouth.

Pendant son court séjour, l'actrice s'est promenée dans le vieux souk de Beyrouth, le marché animé qui était à l'époque une fusion de marchands vendant des bijoux, des montres et des produits de luxe.

Elle a visité Assaad Georges Daou, un bijoutier célèbre pour avoir créé des pièces pour la royauté et les stars de cinéma, ce qui témoigne de la réputation de Beyrouth en tant que centre de la mode et du style dans la région.

Mme Bardot s'est également aventurée au-delà de la capitale pour se rendre à Byblos, une ancienne ville portuaire phénicienne qui offre des vues étincelantes sur la mer et des ruines historiques.

Elle y a flâné dans le port pittoresque et le vieux souk, dégusté des fruits de mer locaux et profité des loisirs en bord de mer qui reflétaient l'allure méditerranéenne décontractée qu'elle incarnait à l'écran.

Son départ du Liban s'inscrivait dans le cadre d'une croisière en Méditerranée. Selon certains témoignages, le voyage a été interrompu par des problèmes mécaniques qui ont bloqué le navire brièvement en mer.

Le chercheur et écrivain Walid Nuwayhid, spécialisé en philosophie et en histoire, a évoqué cette époque où Beyrouth était un pôle d'attraction pour les acteurs, les artistes et les intellectuels de diverses nationalités.  

"Ils venaient se détendre sur ses célèbres plages, dont la piscine Saint-Georges et les piscines du quartier Ramlet Al-Bayda, qui ont disparu avec le déclenchement de la guerre civile dans les années 1970.

Nuwayhid ajoute : "Des artistes célèbres, dont Johnny Hallyday, fréquentaient les hôtels Phoenicia et Vendome, ainsi que la rue Zaytouna, qui regorgeait de bars et de lieux de vie nocturne animés. Ils fréquentaient également le Casino du Liban, le seul casino du Moyen-Orient à l'époque."

"Le Liban était un lieu de tournage de films étrangers et accueillait le Festival international du film de Beyrouth. Malgré les ressources limitées du Liban, le festival occupait une place importante sur la scène artistique mondiale", a-t-il ajouté.

L'aéroport de Beyrouth était à l'époque la seule grande porte d'entrée entre l'Europe et l'Asie. Il n'y avait pas d'aéroport à Dubaï et l'Égypte était en cours de nationalisation socialiste, ce qui a provoqué l'exode des communautés étrangères vers le Liban ou vers l'Europe. Le Liban était le seul refuge en raison de son ouverture et de la liberté dont il jouissait. Les générations qui nous ont précédés connaissaient l'importance de ce pays, ils ont donc construit une économie basée sur la fourniture de services qui répondent aux besoins, une économie basée sur l'aéroport, le port, l'imprimerie, l'hôpital, l'école, le café, qui tous fournissaient des services à la région et à ses environs, ils ont donc quitté Alexandrie et sont venus à Beyrouth".

Bardot est devenue une star mondiale après avoir joué dans "Et Dieu créa la femme" en 1956. Elle a joué dans une cinquantaine d'autres films avant de prendre sa retraite en 1973.

Bardot a ensuite consacré plus de quatre décennies à la protection des animaux, une mission qui a trouvé un écho auprès des groupes de protection des animaux dans le monde entier, y compris au Liban.

L'association Beirut for the Ethical Treatment of Animals a publié sur les réseaux sociaux un hommage sincère, saluant sa mort avec une "immense tristesse" et soulignant son "engagement inébranlable" dans leur mission.

"Aujourd'hui, nous disons au revoir à Brigitte Bardot - une âme légendaire dont l'amour pour les animaux a transformé d'innombrables vies. Du grand écran aux premières lignes de la protection animale, elle a consacré plus de quatre décennies à la protection de ceux qui ne peuvent pas parler pour eux-mêmes", peut-on lire dans le message.

"Grâce à la Fondation Brigitte Bardot, elle a transformé la compassion en action et a inspiré le monde à se préoccuper davantage des animaux, à les aimer plus férocement et à défendre ceux qui n'ont pas de voix.

"Chez BETA, nous exprimons notre profonde gratitude à Brigitte Bardot et à la Fondation Brigitte Bardot pour leur soutien généreux et leur engagement inébranlable.

"Votre gentillesse a renforcé notre mission, a apporté de l'espoir là où il y avait du désespoir, et a aidé à sauver tant de vies précieuses.

La visite de Brigitte Bardot a laissé une image durable du Liban en tant que centre de style international et de sophistication.


Vers l’infini et au‑delà – Goldorak, 50 ans d’inspiration

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  •  50 ans après sa création, la série animée Goldorak continue de marquer l’imaginaire arabe
  • Arab News Japan s’entretient avec son créateur Go Nagai, des fans du Moyen-Orient, et revient sur l’histoire du robot OVNI chargé de protéger notre planète

​​​​​​LONDON: Peu d’importations culturelles ont franchi les frontières de manière aussi inattendue — et aussi puissante — que Goldorak, le robot géant japonais qui, il y a un demi-siècle, est devenu un héros de l’enfance à travers le monde arabe, et plus particulièrement en Arabie saoudite.

Créé au Japon au milieu des années 1970 par le mangaka Go Nagai, Goldorak s’inscrivait dans la tradition des « mecha », ces récits de robots géants. Le genre, façonné par l’expérience japonaise de la Seconde Guerre mondiale, explorait les thèmes de l’invasion, de la résistance et de la perte à travers le prisme de la science-fiction.

Si la série a rencontré un succès modéré au Japon, c’est à des milliers de kilomètres de là, au Moyen-Orient, que son véritable héritage s’est construit.

L’anime « UFO Robot Goldorak » est arrivé à la télévision dans la région en 1979, doublé en arabe et diffusé pour la première fois au Liban, en pleine guerre civile. L’histoire du courageux Actarus, prince exilé dont la planète a été détruite par des envahisseurs extraterrestres, a profondément résonné chez les enfants grandissant dans un contexte de conflits régionaux et d’occupation par Israël.

Ses thèmes — la défense de la patrie, la résistance à l’agression et la protection des innocents — faisaient douloureusement écho aux réalités de la région, transformant la série d’un simple divertissement en un véritable refuge émotionnel.

Une grande partie de l’impact de la série tenait à la réussite de son arabisation. Le doublage arabe puissant et le jeu vocal chargé d’émotion, notamment celui de l’acteur libanais Jihad El-Atrash dans le rôle d’Actarus, ont conféré à la série une gravité morale inégalée par les autres dessins animés de l'époque.

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Au début des années 1980, Goldorak s'était répandu à travers le Moyen-Orient, inspirant des communautés de fans en Arabie saoudite, au Koweït, en Irak et au-delà. (Fourni)

Le générique de la série, interprété par Sami Clark, est devenu un hymne que le chanteur libanais a continué à interpréter lors de concerts et de festivals jusqu’à son décès en 2022.

Au début des années 1980, Goldorak s’était répandu à travers le Moyen-Orient, inspirant des communautés de fans en Arabie saoudite, au Koweït, en Irak et au-delà. Pour beaucoup, il s’agissait non seulement d’un premier contact avec les anime japonais, mais aussi d’une source d’enseignements sur des valeurs telles que la justice et l’honneur.

L’influence de Goldorak dans la région a été telle qu’il a fait l’objet de recherches universitaires, qui ont non seulement mis en lumière la manière dont le sort des personnages résonnait auprès du public du Moyen-Orient, mais ont aussi relié sa popularité aux souvenirs générationnels de l’exil, en particulier à la Nakba palestinienne.

Un demi-siècle plus tard, Goldorak demeure culturellement vivant et pertinent dans la région. En Arabie saoudite, qui avait pleinement adopté la version originale de la série, Manga Productions initie aujourd’hui une nouvelle génération de fans à une version modernisée du personnage, à travers un jeu vidéo, The Feast of The Wolves, disponible en arabe et en huit autres langues sur des plateformes telles que PlayStation, Xbox et Nintendo Switch, ainsi qu’une nouvelle série animée en langue arabe, «  Goldorak U », diffusée l’an dernier.

Cinquante ans après les débuts de la série, « Goldorak » est de retour — même si, pour toute une génération de fans de la série originale, dont les étagères regorgent encore de produits dérivés et de souvenirs, il n’est en réalité jamais vraiment parti.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com