Avec l'accord LR en PACA, LREM porte un nouveau coup à la droite

«C'est certain que la clarification politique que cela opère a des conséquences sur les appareils», relève à propos de l'accord en Paca le député Thierry Solère, conseiller politique d'Emmanuel Macron
«C'est certain que la clarification politique que cela opère a des conséquences sur les appareils», relève à propos de l'accord en Paca le député Thierry Solère, conseiller politique d'Emmanuel Macron
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Publié le Mardi 04 mai 2021

Avec l'accord LR en PACA, LREM porte un nouveau coup à la droite

  • Un séisme pour LR, qui a réagi en indiquant que Muselier n'aurait pas l'investiture du parti, évoquant même une éventuelle liste face à lui
  • «C'est une affaire nationale, et ce qui se joue ici, c'est la volonté du président de la République de détruire les Républicains»

PARIS: En scellant une alliance avec le candidat LR pour les régionales en PACA Renaud Muselier, la majorité porte un mauvais coup au parti de droite, tentant de pousser ses pions dans la recomposition de l'échiquier politique, avant la présidentielle.

C'est le Premier ministre Jean Castex, lui-même issu de LR mais sans carte LREM, qui a annoncé dimanche cette alliance entre Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées (LREM), et le LR Renaud Muselier, face au candidat du Rassemblement national Thierry Mariani, avant le premier tour du 20 juin. 

Un séisme pour LR, qui a réagi en indiquant que M. Muselier n'aurait pas l'investiture du parti, évoquant même une éventuelle liste face à lui. 

Avec cet accord, dont «personne ne doute qu'il a été visé par l'Elysée», Emmanuel Macron «veille à ce que le champ de ruines des oppositions reste un champ de ruines et ne permette pas une reconstruction», analyse Gaël Sliman, président de l'institut Odoxa. En particulier une reconstruction de la droite, qu'il «craint le plus», car «sans l'affaire Fillon, la présidentielle de 2017 était gagnée pour elle».

Après avoir laminé la gauche, et pris dans leur escarcelle des personnalités de droite (Edouard Philippe, Jean Castex, Gérald Darmanin, Bruno Le Maire), l'exécutif et la majorité continuent de faire «travailler la poutre» d'une recomposition initiée avec l'élection de 2017, selon l'expression quasi éculée de l'ex-Premier ministre Edouard Philippe. 

«C'est certain que la clarification politique que cela opère a des conséquences sur les appareils», relève à propos de l'accord en Paca le député Thierry Solère, conseiller politique d'Emmanuel Macron. Et dans la perspective de 2022, «les régionales, c’est un instant de clarification dans la vie politique».

«Divorce définitif»

Pourquoi un accord en Provence-Alpes-Côte-d'Azur ? «Le risque RN y est particulièrement fort», plaide un cadre LREM du Sud.

Mais aussi, Emmanuel Macron «a vu récemment les maires (LR) de Nice (Christian Estrosi) et Toulon (Hubert Falco) successivement. Il y a des discussions avec Estrosi, Muselier, Falco, (la présidente LR des Bouches-du-Rhône Martine) Vassal sur la situation politique», explique M. Solère. Selon lui, le constat a été fait «que les électeurs de Muselier sont souvent les électeurs du président».

Lundi, membres du gouvernement et de la majorité ne se sont pas privés d'appuyer sur les dissensions internes entre ces élus et d'autres responsables LR hermétiques à toute alliance.

Les patrons de LREM Stanislas Guerini et des députés Marcheurs Christophe Castaner ont décrit «deux droites irréconciliables», l'une «progressiste, qui veut faire avancer le pays», l'autre, «qui cherche à maintenir ses chapelles».

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire va même plus loin, voyant dans l'accord en Paca un «acte de divorce définitif» de ces droites alors qu'elles ne s'entendent déjà plus «depuis le deuxième tour de l'élection présidentielle de 2017», lorsque certains ont soutenu Emmanuel Macron et d'autres «ont refusé de choisir» entre lui et le Front national.

«Jeu dangereux»

LR crie pour sa part à la manoeuvre initiée au sommet de l'Etat.

«C'est une affaire nationale, et ce qui se joue ici, c'est la volonté du président de la République de détruire les Républicains», estime le député du Vaucluse Julien Aubert.

«C'est un jeu extraordinairement dangereux (avec lequel) on va finir par faire élire Mme le Pen», tonne Eric Ciotti pour qui «derrière le pacte» en Paca, «il y a des postes, des places qui se négocient» dans un éventuel futur gouvernement.

D'autres accords dans d'autres régions, notamment le Grand Est, sont-ils possibles ? Stanislas Guerini parle de «main tendue» mais juge que c'est «peu probable» vu les courts délais avant le dépôt des listes d'ici au 17 mai. 

Les alliances ne se font «pas à n'importe quel prix», il faut que ce soit «derrière des projets» et «des valeurs», assure le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Car l'alliance fait des remous aussi à l'aile gauche de LREM. Les sociaux-démocrates de Territoires de progrès soulignent leur «regret» après ce «ralliement dès le premier tour». Et le groupe En Commun l'a condamnée, jugeant qu'elle «renforce l'extrême droite en la présentant comme seule alternative».


Première mission du porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle aux Philippines

Le 6 juillet 1999, un prototype du Rafale M02 effectue un appontage sur la piste du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle à Brest (Photo Getty Images)
Le 6 juillet 1999, un prototype du Rafale M02 effectue un appontage sur la piste du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle à Brest (Photo Getty Images)
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  • L'ambassadrice de France a jugé dimanche que ces exercices militaires étaient « encore plus importants » en raison de la montée des tensions en mer de Chine méridionale.
  • La France cherche à réaffirmer son poids dans la région Asie-Pacifique, où la Chine et les États-Unis sont en concurrence pour exercer leur influence.

SUBIC BAY FREEPORT ZONE PHILIPPINES : Le porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle a effectué sa première mission aux Philippines, où l'ambassadrice de France a jugé dimanche que ces exercices militaires étaient « encore plus importants » en raison de la montée des tensions en mer de Chine méridionale.

« Compte tenu de la montée des tensions, il est d’autant plus important de défendre le droit international et la liberté de navigation, que ce soit en mer ou dans les airs », a déclaré l'ambassadrice Marie Fontanel sur le pont du porte-avions, dans la baie de Subic, au nord de Manille.

Le groupe aéronaval a rejoint la marine des Philippines vendredi pour ces exercices.

Constitué de quelque 3 000 marins, il avait quitté le port de Brest en novembre pour une mission de plusieurs mois en mer Rouge, dans l'océan Indien et dans le Pacifique, durant laquelle il doit intégrer régulièrement des frégates ou des sous-marins de pays étrangers.

La France cherche à réaffirmer son poids dans la région Asie-Pacifique, où la Chine et les États-Unis sont en concurrence pour exercer leur influence.

Les Philippines cherchent pour leur part à renforcer leurs relations avec leurs alliés face aux confrontations régulières entre Manille et Pékin concernant la mer de Chine méridionale. Pékin y revendique en effet la majeure partie de cette voie navigable stratégique.

En novembre, Manille avait annoncé l'achat à la France de 40 vedettes rapides de patrouille dans le cadre d'un accord de 440 millions de dollars (environ 420 millions d'euros).


L'écrivain Boualem Sansal a entamé une grève de la faim, a déclaré son avocat

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  • « Je suis inquiet pour sa santé, comme pour la possibilité même d'un procès équitable », a affirmé Me François Zimeray, avocat français de l'écrivain, confirmant une information du JDD.
  • Selon Me Zimeray, qui a expliqué ne pas avoir obtenu de visa pour se rendre en Algérie afin de voir son client, Boualem Sansal aurait pris cette décision « en raison des pressions exercées contre lui pour changer d'avocat ».

PARIS : L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, incarcéré en Algérie depuis mi-novembre, a entamé lundi une grève de la faim, a indiqué son avocat dimanche à l'AFP, précisant tenir cette information d'une source judiciaire.

« Je suis inquiet pour sa santé, comme pour la possibilité même d'un procès équitable », a affirmé Me François Zimeray, avocat français de l'écrivain, confirmant une information du JDD.

Selon Me Zimeray, qui a expliqué ne pas avoir obtenu de visa pour se rendre en Algérie afin de voir son client, Boualem Sansal aurait pris cette décision « en raison des pressions exercées contre lui pour changer d'avocat ».

« Ni la pondération dans l'expression de sa défense, ni la retenue face à la campagne abjecte que j'ai subie dans certains médias algériens, ni le respect du cadre judiciaire de ce pays ne semblent avoir été appréciés par un régime qui persiste à me refuser le visa sans raison valable, privant Boualem Sansal de la défense de son choix », a martelé l'avocat.

Ce dernier a également affirmé que le protocole de soin suivi par Boualem Sansal avait été interrompu, alors que l'écrivain souffrirait d'un cancer, d'après des informations de presse.

Boualem Sansal est poursuivi en vertu de l'article 87 bis du Code pénal algérien, qui sanctionne comme acte terroriste ou subversif tout acte visant la sûreté de l'État, l'intégrité du territoire, la stabilité et le fonctionnement normal des institutions.

Selon le quotidien français Le Monde, le pouvoir algérien aurait mal pris les déclarations de Boualem Sansal au média français Frontières, réputé d'extrême droite, reprenant la position du Maroc selon laquelle le territoire de ce dernier pays aurait été amputé sous la colonisation française au profit de l'Algérie.

Son incarcération a provoqué les protestations de nombreux intellectuels et écrivains, qui estiment les poursuites sans aucun fondement.

Boualem Sansal a longtemps affirmé être né en 1949, ce qui lui donnerait aujourd'hui 75 ans. En décembre, son éditeur Antoine Gallimard avait pour sa part indiqué qu'il était en vérité né en 1944 et avait donc 80 ans.


Immigration : un conseil interministériel se réunit mercredi

Le ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau (C) serre la main d'un agent de la police nationale française dans une caserne de pompiers après une attaque au couteau à Mulhouse, dans l'est de la France, où un homme est soupçonné d'avoir tué une personne et grièvement blessé deux agents de police, le 22 février 2025 (Photo par SEBASTIEN BOZON / AFP)
Le ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau (C) serre la main d'un agent de la police nationale française dans une caserne de pompiers après une attaque au couteau à Mulhouse, dans l'est de la France, où un homme est soupçonné d'avoir tué une personne et grièvement blessé deux agents de police, le 22 février 2025 (Photo par SEBASTIEN BOZON / AFP)
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  • Ce conseil, qui était prévu avant l'attaque de Mulhouse, « se réunira ce mercredi », a déclaré Jean-Noël Barrot lors d'un entretien avec Europe 1 et CNews, où il était interrogé sur l'attaque de samedi.
  • Interrogé sur TF1, le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a indiqué que le suspect faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et a accusé l'Algérie de l'avoir refoulé à 10 reprises.

PARIS : Le gouvernement français réunira un conseil interministériel de contrôle de l'immigration mercredi, alors qu'une attaque au couteau, perpétrée par un Algérien en situation irrégulière, a fait un mort samedi à Mulhouse, a assuré dimanche le ministre des Affaires étrangères.

Ce conseil, qui était prévu avant l'attaque de Mulhouse, « se réunira ce mercredi », a déclaré Jean-Noël Barrot lors d'un entretien avec Europe 1 et CNews, où il était interrogé sur l'attaque de samedi.

Au cours de l'entretien, le ministre a été interrogé sur les discussions avec ses homologues algériens concernant les obligations de quitter le territoire français (OQTF).

« Cette attaque terroriste nous appelle à amplifier encore la mobilisation qui est la nôtre pour mieux contenir et prévenir les conséquences de la présence de ce terroriste islamiste sur le territoire national », a estimé le ministre avant d'évoquer le conseil interministériel.

Interrogé sur TF1, le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a indiqué que le suspect faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et a accusé l'Algérie de l'avoir refoulé à 10 reprises.

Le Premier ministre, François Bayrou, a d'ailleurs convoqué un conseil interministériel de contrôle de l'immigration ce mercredi. « Nous devons faire plus et nous devons faire mieux », a-t-il déclaré.

M. Barrot a également affirmé avoir demandé « aux 19 ambassadeurs, dans les pays où nous rencontrons le plus de difficultés pour renvoyer les étrangers en situation irrégulière, à me faire un rapport circonstanciel dont je présenterai les résultats ce mercredi au Premier ministre pour que nous puissions prendre des mesures fortes ».

« Il y a des pays vis-à-vis desquels il nous faut effectivement prendre des mesures fortes. Il y en a d'autres où, au contraire, il nous faut des mesures d'accompagnement », a-t-il ajouté.