La bataille royale entre Epic Games (Fortnite) et Apple s'engage lundi

Le logo d'Epic Games affiché sur un ordinateur portable et un logo Apple sur un iPhone / AFP
Le logo d'Epic Games affiché sur un ordinateur portable et un logo Apple sur un iPhone / AFP
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Publié le Lundi 03 mai 2021

La bataille royale entre Epic Games (Fortnite) et Apple s'engage lundi

  • Epic Games a déposé plainte contre le groupe californien pour abus de position dominante
  • Avec les appels et recours, la bataille pourrait durer des années. Mais elle pourrait aussi influencer le débat actuel sur le droit de la concurrence

Le procès intenté par Epic Games à Apple s'ouvre lundi dans un tribunal californien et sera suivi de près par toute l'industrie des technologies car l'éditeur du jeu phénomène Fortnite tente de remettre en cause le fonctionnement des plateformes dominantes, qui contrôlent l'immense économie des applications mobiles.

L'été dernier, Epic Games a jeté un pavé dans la mare en proposant à ses joueurs d'acheter la monnaie virtuelle de Fortnite moins cher s'ils passaient directement par leur système de paiement, et non par celui d'Apple, qui prélève une commission de 30% sur ces transactions.

La marque à la pomme a immédiatement retiré le jeu de l'App Store, son magasin d'applications, incontournable sur les iPhones et iPads pour télécharger des applis. Les adeptes du titre de "battle royale" (tir et survie) qui n'ont que des appareils mobiles Apple n'ont plus eu accès aux mises à jour depuis.

Epic Games a déposé plainte contre le groupe californien pour abus de position dominante.

Après des mois de va-et-vient légal et médiatique, l'affaire va être entendue par la juge Yvonne Gonzalez Rogers pendant trois semaines à Oakland, une ville voisine de San Francisco.

Les deux sociétés se sont mises d'accord pour un procès sans jury. Tim Cook et Tim Sweeney, les deux patrons, doivent témoigner en personne.

En revanche, à quelques exceptions près, les équipes des avocats, la presse et le public assisteront aux échanges par téléphone ou Zoom, par mesure de précaution sanitaire.

« Chien qui aboie mais ne mord pas »

Apple "a construit un écosystème de façon à restreindre la distribution d'applis, exclure ses rivaux, nuire à la concurrence et aux consommateurs", a résumé Epic Games dans des documents remis début avril à la cour.

Le fabricant de l'iPhone est largement considéré comme juge et partie, puisqu'il fixe les règles d'entrée sur ce marché d'au moins un milliard de personnes, et sa commission sur les transactions, tout en proposant aussi ses propres applis.

L'App Store est un "miracle économique", a répliqué Tim Cook lors d'une interview à un podcast du New York Times, début avril. "Apple a aidé à construire une économie qui rapporte plus de 500 milliards de dollars par an, et ne reçoit qu'une lichette de ce montant pour toute l'innovation qu'elle a facilité et les coûts d'opération", a-t-il affirmé.

Le groupe technologique fait valoir depuis des années que sa commission de 15 à 30% sur les ventes réalisées via l'App Store est d'un niveau standard, et sert à assurer le bon fonctionnement et la sécurité de la plateforme.

"Epic va se servir de son immense base d'utilisateurs (environ 350 millions de joueurs inscrits sur Fortnite dans le monde, ndlr), qui n'a pas d'équivalent, pour générer du soutien via les réseaux sociaux", commente Dan Ives, analyste chez Wedbush Securities.

Mais il note que la défense d'Apple est bien rodée et n'a pas failli depuis des années. 

"Wall Street voit dans cette menace un chien qui aboie mais ne mord pas. Quand Apple gagnera, nous pensons que cela va renforcer l'emprise du groupe sur son App Store et les paiements."

« Futur de l'informatique mobile »

Avec les appels et recours, la bataille pourrait durer des années. Mais elle pourrait aussi influencer le débat actuel sur le droit de la concurrence.

Car Epic n'est pas seul dans cette croisade. A l'automne, il s'est allié à une douzaine d'entreprises, dont les services de streaming de musique Deezer et Spotify, sous la bannière "Coalition for App Fairness" ("Coalition pour l'équité entre applications").

Différents régulateurs antitrust américains enquêtent sur les pratiques d'Apple, tout comme celles de la plateforme de commerce en ligne Amazon.

Et vendredi, l'Union européenne, saisie d'une plainte de Spotify, a estimé que le fabricant de l'iPhone a bien "faussé la concurrence" pour évincer ses rivaux, notamment grâce à des commissions "très élevées" dont ses propres applications sont de facto exemptées.

Sur Android, le système de Google, largement dominant sur les smartphones, le magasin fonctionne de façon similaire, à une différence majeure: d'autres plateformes de téléchargement sont autorisées.

Le procès "porte sur un arrangement contractuel spécifique sur les achats dans les applis, à travers la perspective de l'antitrust. Mais la vraie question, pour moi, c'est: veut-on vraiment un environnement où toutes les applications doivent passer par le même portail, qui est contrôlé par le développeur des appareils et du système d'exploitation mobile?", questionne Erik Stallman, professeur de droit à l'université de Berkeley.

"C'est le futur de l'informatique mobile qui est en jeu."


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.