Fusillade mortelle à Paris: la piste du règlement de comptes privilégiée

Plusieurs coups de feu ont été signalés devant l'hôpital Henry Dunant. Les deux personnes touchées par balles ont été prises en charge par le personnel de l'hôpital. L'un d'elles est décédée. (AFP).
Plusieurs coups de feu ont été signalés devant l'hôpital Henry Dunant. Les deux personnes touchées par balles ont été prises en charge par le personnel de l'hôpital. L'un d'elles est décédée. (AFP).
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Publié le Lundi 12 avril 2021

Fusillade mortelle à Paris: la piste du règlement de comptes privilégiée

  • Dans le XVIe arrondissement de la capitale, les coups de feu ont été tirés devant l'hôpital gériatrique Henry-Dunant, un établissement privé administré par la Croix-Rouge française, où est actuellement installé un centre de vaccination contre la Covid-19
  • Le maire a voulu rassurer la population: «il ne s'agit pas d'un attentat terroriste, il ne s'agit pas d'un attentat contre le centre de vaccination»

PARIS : Un tireur a tué froidement un homme et blessé par balle une agente de sécurité, lundi en plein jour devant un hôpital parisien, parvenant à s'enfuir après ce qui s'apparente à un règlement de comptes, selon les premiers éléments de l'enquête.

Dans le XVIe arrondissement de la capitale, les coups de feu ont été tirés devant l'hôpital gériatrique Henry-Dunant, un établissement privé administré par la Croix-Rouge française, où est actuellement installé un centre de vaccination contre la Covid-19. 

 

 

 
En Direct: Fusillade à Paris

En Direct: Fusillade à Paris, un mort et un blessé

Posted by Arab News en français on Monday, April 12, 2021

Le tireur a pris la fuite sur un deux-roues. "C'est un probable règlement de comptes", a expliqué une source proche de l'enquête à l'AFP.

La victime, née en 1987, "est très connue, notamment pour meurtre en bande organisée, trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs", a ajouté une source proche du dossier, qui confirme que la thèse d'une exécution préméditée est privilégiée.

"Ca ressemblait vraiment à une exécution de mafieux, comme dans un film", raconte à l'AFP Arnaud, patron d'un café situé juste en face de l'hôpital, souhaitant rester anonyme.

Tueur "stoïque" 

Quand il entend les coups de feu, il s'affaire dans son bar. 

"Quand je me suis retourné, j'ai vu un gars en capuche tirer deux ou trois fois sur la victime, vers la tête ou le haut du corps, alors qu'elle était déjà au sol, pour le finir. Et puis il est parti calmement, sans aucun stress".

Quelques minutes plus tôt, le trentenaire abattu en pleine rue avait commandé un café à emporter au commerçant. "C'est irréel, j'ai encore du mal à y croire", souffle le cafetier, dans ce quartier cossu de la capitale.

Le cuisinier de l'établissement, Aboubakar Fofana, dit avoir vu le tireur "monter sur un scooter X-Max gris qui l'attendait" un peu plus loin.  "Le conducteur était un peu gros alors que le tireur était plutôt grand et sportif. Tout du long, il a marché tranquillement, il était complètement stoïque, comme s'il venait d'acheter un café et que tout était normal", assure ce trentenaire à l'AFP.

 "Balle perdue" 

La gardienne d'un immeuble voisin rapporte aussi anonymement avoir "entendu six grands coups de feu vers 13h30" pendant son déjeuner. 

"Je suis sortie immédiatement et j'ai vu un jeune homme noir au sol, face contre terre devant l'hôpital. Il devait avoir dans les 20 ou 30 ans et il était déjà mort", a-t-elle raconté à l'AFP. "Les gens criaient, criaient car il y avait une femme de la sécurité qui était blessée", a ajouté cette quadragénaire.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour assassinat et tentative d'assassinat, confiée à la brigade criminelle de la Direction régionale de la police judiciaire. 

 

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La police délimite la zone près de l'hôpital privé Henry Dunant dans le 16ème arrondissement de Paris, le 12 avril 2021 (Photo, AFP)

L'agente de sécurité, "gravement blessée", avait été "prise en charge rapidement par le Samu", après une première intervention du personnel de l'hôpital, a expliqué la Croix-Rouge dans un communiqué. 

Elle n'était a priori pas visée et "a plutôt été victime d'une balle perdue", a déclaré à la presse le maire du XVIe arrondissement Francis Szpiner. 

L'édile a confirmé qu'il s'agit "vraisemblablement d'un règlement de comptes": "le nombre de douilles relevées me laisse à penser que c'est plutôt prémédité", a-t-il dit. 

Le maire a voulu rassurer la population: "il ne s'agit pas d'un attentat terroriste, il ne s'agit pas d'un attentat contre le centre de vaccination". 

La Croix-Rouge a mis en place "une cellule de soutien psychologique" pour tous les personnels concernés et assure que "la vaccination et les activités de l'hôpital gériatrique peuvent se poursuivre". 

Lundi après-midi, seuls les patients figurant sur une liste prioritaire pouvait entrer, les autres étaient invités à revenir mardi ou mercredi, a constaté un journaliste de l'AFP.

"On a encore beaucoup de personnes choquées à l'intérieur", a confié un employé.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».