Commémoration: Deux siècles après sa mort, Napoléon continue d'alimenter les passions

Portrait de Napoléon Bonaparte, par le peintre François Gerard (Photo, AFP).
Portrait de Napoléon Bonaparte, par le peintre François Gerard (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 10 avril 2021

Commémoration: Deux siècles après sa mort, Napoléon continue d'alimenter les passions

  • Trouver un équilibre en Europe où la France dominerait politiquement et économiquement était son obsession
  • Sa bête noire était l'ennemi invaincu, l'Angleterre. Il lui fallait empêcher les autres puissances de s'allier et de commercer avec elle (lors du Blocus continental)

PARIS: Prédominance de la France en Europe, idéaux de la Révolution, paix sur le territoire national ? Quelles que fussent ses motivations, Napoléon reste dans la mémoire comme un chef de guerre qui sacrifia la vie de centaines de milliers d'hommes.

Trouver un équilibre en Europe où la France dominerait politiquement et économiquement était son obsession. Napoléon « n'a jamais visé à dominer seul le continent ou rêvé d'une hégémonie : il cherchait des alliances », souligne l'historien Yves Bruley, directeur de « France Mémoire » à l'Institut de France. Quand une alliance échouait, il lançait une campagne.

Sa bête noire était l'ennemi invaincu, l'Angleterre. Il lui fallait empêcher les autres puissances de s'allier et de commercer avec elle (lors du Blocus continental).

« Il ne saura jamais trouver un véritable équilibre européen. Le blocus l'amènera certainement à la campagne de trop, en Russie », note Michel Roucaud, spécialiste de l'histoire militaire de l'Empire.

Martin Motte, professeur à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, donne plusieurs explications aux décisions de Napoléon : « Après dix ans de guerre civile, le pays est à bout. Les guerres extérieures vont permettre d'éluder les problèmes intérieurs. Une façon aussi de réconcilier la nation, par exemple en réintégrant des émigrés comme officiers. Et la volonté de mettre l'économie européenne au service d'une France appauvrie ».

Fascination et francophobie

Pour Yves Bruley, c'est « la guerre de la Révolution contre l'Europe qui avait permis au jeune général de devenir ce qu'il était devenu ». Sous le Consulat, « il voudra garantir les conquêtes de la Révolution - Savoie, Belgique, Rive gauche du Rhin ». 

Le Premier Consul, note Martin Motte, reste « un héritier convaincu des Lumières et de la Révolution. Il pense qu'en apportant le code civil, la liberté contre la féodalité, les peuples seront convaincus ». Ou du moins plus conciliants. Certaines régions italiennes, ainsi que la Bavière, la Rhénanie, la Pologne qui aspire à l'indépendance, ne rejetteront pas tout de ses conquêtes.

Napoléon: sublime ou détestable ?

Deux siècles après sa mort, Napoléon continue d'alimenter les passions : « l'empereur des Français », mort déchu et en exil à 51 ans après avoir dominé l'Europe, voit encore aujourd'hui s'affronter partisans et adversaires.

Principaux arguments sur le champ de bataille mémoriel de ce bicentenaire :

Bâtisseur de l'Etat moderne

Le principal « legs » de Napoléon est « la création et le développement d'un Etat moderne, puissant, centralisé (...), capable de générer un ensemble de règles et de les appliquer efficacement de manière uniforme sur tout le territoire national », estime le politologue Gérard Grunberg, auteur du livre « Napoléon Bonaparte Le noir génie ».

Coup d’Etat militaire

En novembre 1799, le général Bonaparte accède au pouvoir par un coup d'Etat militaire, le « 18 Brumaire », qui met fin au Directoire mais pas à la première République (elle finira en 1804 avec la proclamation de l'Empire).

« A vrai dire, le coup d'Etat sauvait les conquêtes de la Révolution : l'égalité, l'abolition des droits féodaux, la vente des biens nationaux », défend Jean Tulard.

L'empereur gouverne de manière autoritaire mais en utilisant le plébiscite. L'historien Thierry Lentz rappelle malicieusement : « Lorsque Napoléon est devenu empereur, avec un plébiscite populaire, il était dit ‘empereur de la République’. »

« Ancêtre des dictateurs ? »

« Napoléon est-il l'ancêtre des dictateurs du XXe siècle ? », s'interroge Jean Tulard. « Son autoritarisme (...), son sens d'un Etat fort, son mépris du régime parlementaire, son impérialisme et surtout son génie de la propagande ; tout peut y faire penser ».

Mais « il n'y a chez Napoléon ni l'idéologie meurtrière, ni le délire raciste de ceux que l'on présente comme ses successeurs », ajoute l'historien.

Celui qui a rétabli l'esclavage

L'esclavage a été aboli dans les colonies françaises en 1794 par la Convention. Mais sous le Consulat, la loi du 20 mai 1802 le rétablit à l'occasion de la restitution par l'Angleterre de la Martinique où l'esclavage n'avait jamais été aboli.

« C'est le document le plus à charge contre la mémoire de Napoléon », reconnaît Jean Tulard. Toutefois, pour l'historien, Napoléon a surtout agi par calcul économique à une époque où l'esclavage sévissait partout et « ne choquait qu'une poignée de défenseurs des droits de l'homme en avance sur leur époque ».

Sa motivation principale ne sera toutefois pas ce prosélytisme révolutionnaire. Sous l'Empire, la guerre devient « beaucoup moins idéologique, sans grandes idées politiques en arrière-plan », souligne Walter Bruyère-Ostells, maître de conférences à Sciences-Po-Aix.

Ses succès militaires suscitent, y compris en Angleterre, une fascination durable. Mais en Russie, en Espagne, en Prusse, les campagnes réveillent un profond nationalisme. Une « francophobie » qui mènera jusqu'à la revanche prussienne de 1870.

Napoléon montre « une très forte indifférence à la mort des soldats. Y compris pour lui-même, car il s'expose, donne l'exemple », déclare Walter Bruyère-Ostells.

Un bilan global des morts dans ses campagnes est impossible à établir exactement, selon les historiens. Entre 400 000 et un million de soldats français seraient morts pendant les guerres du Consulat et de l'Empire, ce qui n'inclut pas les morts des armées adverses et les civils.

« Sacrifices » des peuples

Communicateur né, Napoléon se montre paternaliste avec la troupe : il accorde la Légion d'honneur, tire l'oreille de ses soldats et les appelle par leur prénom. Peu d'insubordination, pas de révoltes ouvertes, y compris lors des deux retraites après Leipzig et Moscou.

« La logique, c'est l'efficacité : le soldat fait son boulot, il est respecté », déclare Walter Bruyère-Ostells.

Face aux populations des pays conquis, « il cherche la conciliation, surtout avec les élites. C'est son intérêt à long terme. Mais des conditions logistiques - la Grande Armée avance vite, sans beaucoup de bagages - conduiront à des pillages », analyse l'historien.

« Des proclamations les interdisent. Napoléon ferme les yeux, il y a très peu de sanctions », relève Martin Motte.

« L'idée derrière tout ça : on amène la liberté à ces peuples, il est normal qu'ils consentent des sacrifices et la Grande Armée n'a pas à s'accommoder d'un droit de la guerre d'Ancien régime désuet », analyse le chercheur. Qui souligne la mégalomanie de l'Empereur.

Impérialisme, conquêtes, sens de la propagande... Napoléon peut-il être comparé aux dictateurs du XXe siècle (Hitler, Staline etc.) ? « Il n'y a chez Napoléon ni idéologie meurtrière ni délire raciste », estime l'historien spécialiste de l'Empire Jean Tulard dans son « Dictionnaire amoureux de Napoléon ».


Les fortes chaleurs s'étendent, la sécheresse au cœur des préoccupations

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
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  • Canicule : 78 départements en vigilance orange, avec jusqu’à 39 °C. La chaleur devrait durer jusqu’au week-end
  • Sécheresse : 94 % de la population est concernée par des restrictions d’eau, avec des sols et cours d’eau à des niveaux critiques

PARIS: Les chaleurs caniculaires continuent de gagner du terrain mercredi, s'étendant à quasiment toute la France, tandis que le gouvernement tente de trouver des solutions à la sécheresse dramatique qui frappe le pays.

Pas moins de 78 départements de la métropole, du sud à l'ouest en passant par la Normandie, l'Ile-de-France et jusqu'aux Vosges, sont placés en vigilance orange canicule.

"Les maximales sont de l'ordre de 36°C à 39°C sur les départements placés en vigilance orange", indique Météo-France dans son bulletin de 06H00. Seule une portion du nord-est et quelques zones en altitude seront épargnées.

Au total en Europe, au moins 92 millions de personnes devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée mercredi, dont 30 millions en France, selon les calculs de l'AFP.

Mercredi soir, le ciel sera majoritairement dégagé, offrant des conditions parfaites pour observer la première éclipse solaire totale visible en Europe depuis 1999. Mais, en plus des lunettes de protection, il faudra prévoir casquettes et bouteilles d'eau.

Vers 20H00, lorsque le soleil sera momentanément obscurci par la lune, le thermomètre devrait encore afficher des valeurs "très élevées sur de nombreuses régions, en particulier à l'Ouest, souvent comprises entre 30 et 35°C, entre 25 et 28°C le long de la Manche", indique le prévisionniste national.

Jeudi, le nombre de départements français en vigilance orange canicule passera à 80 et l'intégralité des départements restants du territoire métropolitain sera en vigilance jaune canicule.

- "Fenêtres fermées" -

Dans la journée, les conditions seront encore rudes, notamment pour certains travailleurs.

"Les fours tournent à plein régime jusqu'à 12 heures ou 13 heures donc (...) on garde la chaleur", explique Eléonore, 23 ans, une boulangère de Rennes qui a souhaité garder l'anonymat, et qui ne dispose que d'un ventilateur pour se rafraichir.

Dans la boucherie d'Erwan Créach ou dans les bus de la capitale bretonne, "pas le choix", c'est climatisation obligatoire pour préserver la viande et le moteur des véhicules.

"Je fais quasiment des pauses toutes les heures et demi pour (...)  éviter que le bus ne tombe en panne. Ça me permet de m'hydrater aussi", explique Jean-Pierre, chauffeur, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Mais cette répétition épuise moralement. "A nouveau, on vit fenêtres fermées, dans le noir, et on ne peut même pas aérer la nuit tellement il fait chaud", constate, dépité, Romain Vandepitterie, un entrepreneur bordelais qui travaille chez lui.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet, qui avait d'abord principalement concerné le sud du pays.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.

Avec comme corollaire, une qualité de l'air qui se dégrade. Jeudi, la pollution à l'ozone devrait dépasser le seuil d'information-recommandation sur l'Ile de France, avertit Air Parif.

Le répit n'est pas attendu avant le weekend.

- Restrictions d'eau -

Autre conséquence du thermomètre en surchauffe et du manque de pluie, la sécheresse en France ne cesse d'empirer.

Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, selon Météo-France et l'Office français de la biodiversité (OFB).

Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94% de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP, alors que près des deux tiers des nappes phréatiques, principales réserves d'eau du pays, présentent des niveaux sous les normales.

Face à cette crise, le gouvernement réunit mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) ainsi que les préfectures de régions. Au menu: un état des lieux de la sécheresse et de ses conséquences, ainsi qu'un partage de retours d'expériences sur les mesures permettant de renforcer l'anticipation et la résilience des territoires.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi missionné mercredi quatre députés et trois sénateurs pour proposer de nouvelles mesures contre les feux de forêt, favorisés par le réchauffement climatique et la sécheresse.


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.