La recette anti-crise du FMI: taxer les riches

Le sceau du Fond monétaire international, Washington D.C. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 08 avril 2021

La recette anti-crise du FMI: taxer les riches

  • La Covid-19 a laminé des pans entiers de l'économie mondiale et a affecté durement les personnes les moins qualifiées
  • Cependant, certaines entreprises, comme les géants de la tech, ont largement tiré leur épingle du jeu l'an passé, augmentant leurs bénéfices

WASHINGTON : Face à des caisses d'Etat qui se vident, le FMI a livré mercredi sa recette anti-crise : augmenter les impôts des plus riches et des entreprises qui ont fait de substantiels bénéfices pendant la pandémie afin de continuer à soutenir les plus vulnérables.

La Covid-19 a laminé des pans entiers de l'économie mondiale et a affecté durement les personnes les moins qualifiées mais certaines entreprises, comme les géants de la tech, ont largement tiré leur épingle du jeu l'an passé, augmentant leurs bénéfices, alors que le monde basculait dans le tout numérique en raison des mesures de confinement.

Aux Etats-Unis notamment, certains ménages, déjà aisés, ont continué de s’enrichir : ils ont pu conserver leur emploi en télétravail, faire bonifier leurs actions en Bourse et épargner en dépensant moins dans les loisirs et les voyages.  

Les cours des actions dans le monde, en particulier parmi les entreprises de haute technologie, ont bondi tout au long de la pandémie, accélérant ces dernières semaines pour établir de nouveaux records successifs alors que l'économie mondiale montre des signes de forte reprise après la récession. 

« La pandémie a accru les inégalités », a déclaré Paolo Mauro, un des responsables des affaires budgétaires au Fonds monétaire international lors d'une conférence de presse dans le cadre des réunions de printemps. 

Si la reprise est là, des millions de personnes sont toujours sans emploi ni ressources.

Et les gouvernements doivent poursuivre leur soutien financier. Il est donc « nécessaire de mobiliser des recettes fiscales supplémentaires » pour les redéployer à travers les soins de santé, l'éducation, les filets de sécurité sociale, a ajouté M. Mauro.

Pour ce faire, le FMI recommande, comme il l'avait fait en octobre, la mise en place d'une fiscalité provisoire sur les revenus les plus élevés pour aider les gouvernements à répondre à ces besoins de financement.

« Inverser la tendance »

Prenant acte que dans les économies avancées, il y a eu ces dernières années une érosion des revenus provenant de l'impôt sur les sociétés, M. Mauro a salué l'initiative internationale « pour parvenir à un accord » sur l'imposition d'une fiscalité minimale mondiale. 

La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen a mis en exergue cette initiative cette semaine, rapidement soutenue par des pays comme la France et l'Allemagne.

« Nous avons également constaté une érosion de l'imposition des revenus personnels pour les personnes se situant tout en haut de l'échelle des revenus », a expliqué Paolo Mauro. 

« Ainsi, dans les économies avancées, il y a une opportunité d'inverser »" cette tendance en augmentant à la fois l'impôt sur le revenu des sociétés et des particuliers les plus riches, en éliminant les niches fiscales, en augmentant les impôts fonciers ou les droits de succession, a-t-il détaillé.

« Il y a ainsi tout un éventail d'options disponibles », a-t-il poursuivi.

Une taxe provisoire pour se remettre de la Covid, qui passerait par une surtaxe des entreprises, aurait du sens en particulier pour les entreprises ayant fait davantage de bénéfices pendant la crise, a-t-il dit, en référence à des géants comme Amazon.

Mardi, le patron d'Amazon, Jeff Bezos, avait assuré qu'il soutenait l'idée d'une hausse des impôts sur les sociétés aux Etats-Unis alors que le président Joe Biden avait dénoncé la semaine dernière le fait que le groupe ne paie pas de taxe fédérale sur ses bénéfices.

Le chef des affaires budgétaires du FMI Vitor Gaspar a de son côté défendu la vaccination tous azimuts pour sortir les pays de la crise.

Plus de 1 000 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires pourraient être générées d'ici 2025 à l'échelle mondiale si tous les pays parvenaient à maîtriser la pandémie plus tôt que prévu.

Cela permettrait aussi « d'économiser des milliards supplémentaires dans les mesures d'aide » aux économies, observe le FMI dans son rapport sur la surveillance budgétaire publié mercredi dans le cadre des réunions de printemps. 

« La vaccination est donc plus que rentable, car elle offre un excellent rapport qualité-prix aux fonds publics investis pour accélérer la production et la distribution mondiales de vaccins », commentent les auteurs.


M6, maison à vendre

Le président du conseil d'administration du groupe de médias Groupe M6, Nicolas de Tavernost, s'exprime sur scène lors d'une conférence de gala du Groupe M6 à Neuilly-sur-Seine, en région parisienne, le 4 septembre 2018. (Christophe ARCHAMBAULT / AFP)
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  • Nicolas de Tavernost, dirigeant de la chaîne depuis ses débuts, s'est positionné contre une vente par appartements, ce qui complique le choix d'un repreneur
  • Ainsi, l'Autorité de la concurrence ne pourrait autoriser l'union qu'en élargissant la définition de marché pertinent applicable à la télévision, pour en diluer le poids du groupe

PARIS : En cas d'ouverture de négociations exclusives pour la cession du groupe M6/RTL, mis en vente depuis le début d'année par son actionnaire Bertelsmann, le processus serait soumis à de fortes contraintes réglementaires sur la concentration des médias.

L'offre de TF1, concurrent de toujours qui tient son assemblée générale annuelle jeudi, s'est distinguée des multiples prétendants et semble aujourd'hui tenir la corde.

"Une fusion avec TF1 s'inscrirait dans notre stratégie de poursuite active de la consolidation du marché. Cependant, il existe des obstacles réglementaires", a dit fin mars le PDG du groupe allemand Bertelsmann, qui doit prendre une décision au premier semestre.

Nicolas de Tavernost, dirigeant de la chaîne depuis ses débuts, s'est positionné contre une vente par appartements, ce qui complique le choix d'un repreneur.

Depuis une modification en 1994 de la loi Léotard, seules sept autorisations pour diffuser sur les ondes hertziennes peuvent être accordées à un même groupe de télévision.

Les mécanismes légaux anti-concentration spécifiques aux médias visent à "satisfaire l'objectif constitutionnel de respect du pluralisme des offres via la présence d'une diversité d'opérateurs" et "assurer l'indépendance des médias vis-vos du pouvoir politique et d'acteurs privés influents", rappelle le CSA.

Le groupe M6 détenant déjà 5 fréquences (sa chaîne éponyme, W9, 6ter, Gulli et Paris Première), un rachat par TF1 également propriétaire de 5 canaux (TF1, TMC, LCI, TFX, TF1 Cinéma Séries) impliquerait la cession de trois chaînes.

Des limites légales existent également pour la radio, un ensemble de stations ne pouvant émettre pour plus de 150 millions d'auditeurs cumulés.

Avec 114 millions d'auditeurs fin décembre 2019, les trois stations de M6 (RTL, RTL2, Fun Radio) ne pourraient par exemple pas intégrer ensemble le groupe NRJ (124 millions d'auditeurs) ni le groupe Altice (les stations RMC et BFM Business de NextRadio cumulent 58 millions d'auditeurs). TF1 n'est en revanche pas présent dans la radio.

Selon les experts, le point décisif sera le feu vert des autorités anti-trust. Le mariage de la première et de la troisième chaîne du PAF ferait en effet émerger un acteur géant de la télévision dépassant France TV avec plus de 30% de part d'audience, et représentant les trois quarts du marché publicitaire sur le média.

Election présidentielle 

Ainsi, l'Autorité de la concurrence ne pourrait autoriser l'union qu'en élargissant la définition de marché pertinent applicable à la télévision, pour en diluer le poids du groupe.

Les chaînes demandent l'intégration dans cette définition de la publicité numérique, au moins vidéo, arguant de la convergence croissante entre offres de publicité à la télévision et sur internet, mais la question n'a pour l'instant pas été tranchée.

D'un point de vue boursier, la loi empêche enfin un actionnaire de détenir plus de 49% d'un groupe de télévision. L'acquéreur des 48,26% de RTL Group (filiale de Bertelsmann) dans M6 ne devra alors déposer une offre publique que pour les pouièmes lui permettant d'atteindre ce seuil, ce qui limite les opportunités de gains pour les autres détenteurs.

Selon un observateur des médias, la mise en œuvre d'une telle acquisition pourrait prendre de 18 mois à 2 ans, sachant qu'un projet doit être déposé au CSA pour renouveler l'autorisation d'émettre de M6 en 2023, qui, s'il est accepté, bloquera tout projet de cession pendant 5 ans.

"Plein de régulations n'ont plus de sens, mais les changer maintenant, à un an d'une élection présidentielle, paraît très complexe. C'est donner des arguments pour dire que le gouvernement est pieds et poings liés avec le grand capital", estime cet observateur.

"Tôt ou tard, il va falloir remettre en question la démultiplication des barrières anti-concentration, anti-consolidation et notre notion de marché pertinent", estime Jean-Clément Texier, de la Compagnie financière de communication.

Selon cet expert, "on est en perpétuelle dénonciation des concentrations du marché français alors que celui-ci demeure très morcelé et que nous n'arrivons pas avec les années à faire émerger de champion français".


L’unité de paiement d’Amazon soutient l’Égypte dans sa transition numérique

La forte dépendance de l’économie égyptienne à l’égard des transactions en espèces entrave les efforts déployés par le pays pour accroître les recettes fiscales (Photo, Shutterstock).
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  • Amazon Payment Services a annoncé qu’elle exonérerait de tous les frais les nouvelles entreprises souhaitant utiliser leur plate-forme en Égypte
  • Cette initiative soutiendrait les efforts de l’Égypte pour encourager la transition vers les paiements numériques dans un pays où l’argent liquide est généralement roi

RIYAD: Amazon Payment Services a annoncé qu’elle exonérerait de tous les frais les nouvelles entreprises souhaitant utiliser leur plate-forme en Égypte.

L’unité régionale de traitement des paiements du géant du commerce électronique a indiqué que cette initiative soutiendrait les efforts de l’Égypte pour encourager la transition vers les paiements numériques dans un pays où l’argent liquide est généralement roi.

Amazon a déclaré qu’il exonérerait les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) de tous les frais de configuration du compte et des frais de maintenance pour son service de paiement numérique pendant tout le mois de ramadan jusqu’à la fin du mois de juin 2021.

«Nous sommes ravis de soutenir la Banque centrale d’Égypte (BCE) dans sa volonté d’aider les entreprises égyptiennes à se numériser et à se développer en ligne», affirme Omar Soudodi, directeur général d’Amazon Payment Services. «À l’heure où de nombreuses petites entreprises sont confrontées à des défis sans précédent en raison des restrictions et des mesures de distanciation sociale dues à la Covid-19, l’importance de renforcer leur présence en ligne n’a jamais été aussi grande.»

La forte dépendance de l’économie égyptienne à l’égard des transactions en espèces entrave les efforts déployés par le pays pour accroître les recettes fiscales, qui font partie de réformes économiques plus larges.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


LVMH commence l'année en dépassant ses ventes d'avant pandémie

Le début d'année est le premier après le rachat du joaillier américain Tiffany, pour quelque 13 milliards d'euros, et qui a permis de plus que doubler les ventes au premier trimestre. (Photo, AFP)
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  • Géographiquement, le groupe bénéficie d'une reprise très forte en Asie et dans une moindre mesure aux Etats-Unis. Mais l'Europe a chuté
  • LVMH a annoncé avoir enregistré 14 milliards d'euros de ventes au premier trimestre, soit une croissance de 32% par rapport à la même époque en 2020

PARIS: Le numéro un mondial du luxe LVMH, groupe aux 75 maisons dont Louis Vuitton, Dior et Dom Pérignon, a commencé l'année sur les chapeaux de roues avec des ventes excédant au premier trimestre celles de 2019, avant la pandémie.

LVMH a annoncé mardi avoir enregistré 14 milliards d'euros de ventes au premier trimestre, soit une croissance de 32% par rapport à la même époque en 2020 qui avait été marquée par le début de la pandémie. Mais surtout, le groupe a dépassé son premier trimestre de 2019, avant pandémie, dont les ventes avaient atteint 12,5 milliards d'euros.

Le groupe qui avait déjà limité la baisse de ses ventes et de sa rentabilité en 2020 grâce à une forte reprise en Asie connaît une croissance dans tous ses groupes d'activités excepté la distribution sélective (Séphora, Le Bon Marché, le Duty Free Shoper) qui, pour cause de fermeture de magasins en Europe et l'absence de voyages internationaux, voit ses ventes reculer. 

Le groupe est toujours tiré par les performances de sa division-phare Mode et Maroquinerie. 

Mais le début d'année est le premier après le rachat du joaillier américain Tiffany, pour quelque 13 milliards d'euros, et qui a permis de plus que doubler les ventes au premier trimestre.

Le Champagne tire aussi son épingle du jeu. Le groupe, via Moët Hennessy, a pris en février une participation de 50% dans la marque de Champagne du célèbre rappeur et producteur américain Jay-Z.

Géographiquement, le groupe bénéficie d'une reprise très forte en Asie (+86% par rapport à 2020) et dans une moindre mesure aux Etats-Unis. Mais l'Europe a chuté, de 9% par rapport à 2020 et 18% par rapport à 2019.

«Dans un contexte qui reste encore perturbé, LVMH dispose des meilleurs atouts pour s’appuyer en 2021 sur la reprise espérée et retrouver une dynamique de croissance pour l’ensemble de ses métiers», conclut le groupe dans son communiqué.