Les Nations unies optimistes quant à l'avenir des énergies propres

Le Pavillon de la durabilité, qui fait partie de l'Expo 2020 de Dubaï. (AFP/File Photo)
Le Pavillon de la durabilité, qui fait partie de l'Expo 2020 de Dubaï. (AFP/File Photo)
En 2015, l'Assemblée générale des Nations unies a défini les Objectifs de développement durable (ODD): 17 objectifs mondiaux qui constituent un «plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous». (fourni par le Pnud)
En 2015, l'Assemblée générale des Nations unies a défini les Objectifs de développement durable (ODD): 17 objectifs mondiaux qui constituent un «plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous». (fourni par le Pnud)
Au Zimbabwe, une infirmière en service de maternité dans un centre de santé doté d'un toit solaire. (fourni par le Pnud)
Au Zimbabwe, une infirmière en service de maternité dans un centre de santé doté d'un toit solaire. (fourni par le Pnud)
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Publié le Mercredi 17 mars 2021

Les Nations unies optimistes quant à l'avenir des énergies propres

  • Le responsable de l'énergie au Pnud estime que l'absence de volonté politique est le principal obstacle qui entrave l'action en faveur du climat
  • Marcel Alers, qui joue un rôle primordial dans les efforts des Nations unies en faveur de l'énergie durable, a accordé un entretien exclusif à Arab News

NEW YORK: Ce qui contrarie Marcel Alers, lorsqu’il s’agit de l'énergie et son étroite corrélation avec la crise climatique, c'est que les signes sont clairs depuis un certain temps déjà. La marge de manœuvre est désormais étroite: réduire le changement climatique constitue aujourd'hui une course contre la montre, alors que le monde a encore un long chemin à parcourir.

La baisse significative des émissions de gaz à effet de serre observée l'année dernière en raison de la pandémie de Covid-19 pourrait bien demeurer un simple point sur le radar, sur le long terme, si les pays ne déploient pas des efforts considérables pour atteindre un niveau net de zéro émission.

«Nous brûlons des combustibles fossiles pour l'énergie qu'ils contiennent: charbon, carburant et gaz. Dans ce processus, nous libérons des gaz à effet de serre, qui contribuent largement au changement climatique», explique M. Alers, responsable de l'énergie au Pnud (Programme des Nations unies pour le développement), dans une interview exclusive accordée à Arab News.

Les combustibles fossiles sont responsables de 87% des émissions de dioxyde de carbone dans le monde, et compromettent la vie et les moyens de subsistance des générations futures, sans compter les dommages irréversibles qu'ils infligent à la biosphère. La pollution atmosphérique due aux combustibles fossiles fait environ 3,6 millions de morts par an à travers le monde.

Il s'agit d'un bilan six fois supérieur à celui des meurtres, des guerres et des attaques terroristes réunis. «Cela pose désormais un problème existentiel pour la planète et pour l'humanité. Il nous incombe donc d'y remédier», affirme M. Alers.

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Cette photo prise le 16 janvier 2021 lors d'une visite pour la presse au Pavillon de la durabilité, qui fait partie de l'Expo 2020 de Dubaï (Émirats arabes unis),une semaine avant son ouverture au public, montre des panneaux solaires qui produisent de l'énergie renouvelable. (AFP/File Photo)

Pour cet homme qui joue un rôle essentiel dans les efforts déployés pour assurer une énergie durable pour tous au niveau mondial, ce qu'il faut faire est tout à fait évident: «Disposons-nous de toutes les solutions? Non. Mais nous avons assez de solutions pour agir dès maintenant. Si nous le souhaitons», déclare-t-il.

Dans un contexte où la pandémie plonge l'économie mondiale dans la récession et où les taux d'intérêt sont faibles, le développement des systèmes d'énergie renouvelable représente en fait une solution gagnant-gagnant pour tous: l'énergie propre permet non seulement de créer des villes plus vertes et plus saines, mais elle sert également de moteur à la création d'emplois.

En effet, elle est susceptible de créer un volume d'emplois trois fois supérieur à celui généré par les investissements dans les combustibles fossiles, et favorise ainsi la reprise économique au sortir de la pandémie. Les énergies renouvelables ont créé 11,5 millions d'emplois dans le monde en 2019. Selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables, ce chiffre pourrait atteindre 42 millions en 2050.

Les énergies renouvelables offriront des prix plus avantageux aux consommateurs. Les sources d'énergie alternatives – solaire, éolienne, hydraulique, ressources hydroélectriques, géothermie, biomasse renouvelable – étaient si chères il y a quelques décennies que seules les expéditions spatiales pouvaient se les payer. Néanmoins, cette situation a bien évolué.

Le coût des énergies renouvelables a considérablement diminué et ces dernières sont désormais moins chères que le charbon, qui a longtemps passé pour la source d'électricité la moins chère. Le prix de l'énergie solaire a baissé de 89% et celui de l'énergie éolienne de 70 %, tandis que le prix de l'électricité produite à partir du charbon a baissé de seulement 2%.

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Marcel Alers, responsable du dossier de l'énergie au Pnud, a accordé une d'une interview exclusive a Arab News. (Fourni)

En 2015, l'Assemblée générale des Nations unies a défini les Objectifs de développement durable (ODD): 17 objectifs mondiaux conçus comme un «plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous». Les ODD sont censés être accomplis d'ici à 2030.

Bien que tous les objectifs soient interdépendants, l'ODD 7 (septième objectif) se trouve au centre de tous les autres objectifs: il appelle à assurer l'accès à «une énergie abordable, fiable, durable et moderne pour tous».

M. Alers va jusqu'à affirmer que la plupart des 17 objectifs – dans des domaines tels que la santé, l'éducation, la création d'emplois et l'éradication de la pauvreté – ne pourraient être atteints si l'objectif lié à l'énergie est raté. Pour dire les choses comme elles sont, tout a besoin d'énergie.

Cependant, même si l'énergie propre est disponible et abordable, son potentiel reste largement inexploité. «La volonté politique n'a pas été suffisamment affirmée pour pouvoir faire la différence», souligne M. Alers.

FAITS MARQUANTS Énergie durable

  • Le septième objectif des Objectifs de développement durable (ODD) appelle à une «énergie abordable, fiable, durable et moderne pour tous».

 

  • La pollution due aux combustibles fossiles cause environ 3,6 millions de décès par an à travers le monde.

 

  • Les combustibles fossiles sont responsables de 87% des émissions de dioxyde de carbone dans le monde.

Certes, la peur de succomber au coronavirus a suscité un sentiment d'urgence qui a débouché sur une action rapide et des milliers de milliards de dollars ont brusquement commencé à circuler. Cependant, l'impact du changement climatique est trop progressif pour amener les gens à agir.

Par ailleurs, la transition vers des énergies propres requiert aujourd'hui d'importants investissements en échange de bénéfices qui ne s'accumuleront qu'au bout de deux ou trois décennies. «Le décalage est flagrant», estime M. Alers. «Les gens diront, nous serons morts d'ici là».

«Les rapports successifs confirment que la meilleure solution consiste à allouer des fonds dès aujourd'hui, et que ces fonds seront rentabilisés à plusieurs reprises au fil du temps. Pourtant, il est difficile de convaincre les responsables politiques de réellement opter pour ces décisions et de les classer parmi les priorités.»

«Dans la plupart des pays, les cycles électoraux sont des cycles de cinq ans. Je comprends donc que le politicien qui souhaite être réélu soit obligé de prendre des mesures qui lui seront bénéfiques durant son mandat, pour pouvoir récolter des voix. Il n'a donc aucun intérêt à prendre aujourd'hui des mesures qui profiteront à quelqu'un d'autre dans dix ans. À ce moment-là, il ne sera pas au pouvoir.»

Les politiciens, cependant, ne vivent pas en vase clos. Ce sont les électeurs qui les mettent au pouvoir. «Au bout du compte, il s'agit donc d'un défi sociétal. La société, dans son ensemble, se doit d'atteindre un niveau de compréhension de l'urgence de l'action à mener, de sorte à traduire cette compréhension en élisant des politiciens qui envisagent, au cours de leur mandat, de prendre des mesures en faveur du climat.»

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Cette photo prise le 3 février 2021 montre des ouvriers en train d'assembler des panneaux solaires sur la rive du réservoir de Tengeh dans le cadre des efforts de construction d'une centrale solaire flottante à Singapour. (AFP/File Photo)

Voilà où les jeunes interviennent. La plus grande enquête d'opinion au monde sur le changement climatique, réalisée récemment auprès d’1,2 million de personnes dans 50 pays, a révélé que la majorité des citoyens du monde pensent qu'il constitue une urgence mondiale qui nécessite une action urgente.

Une grande partie des personnes interrogées étaient âgées de 14 à 18 ans. Pour eux, les effets du changement climatique sont désormais plus visibles, qu'il s'agisse de températures record, d'incendies dévastateurs ou de saisons d'ouragans intenses. «Je pense que le changement incombe à la jeune génération, et elle le prend en charge dans la mesure où ce problème est sans doute plus réel pour elle que pour des personnes comme moi qui entament la seconde moitié de leur vie. Vu mon âge, j'échapperai peut-être au pire, mais pas eux.»

«Mais, là encore: est-ce que ce changement sera assez rapide? Avons-nous le luxe d'attendre? Avons-nous le luxe du temps? À mon avis, non. Je pense que nous y parviendrons, mais ce serait malheureux de comprendre, un peu trop tard, l'urgence de la situation», poursuit M. Alers.

En outre, les données scientifiques sont sans équivoque: les pays disposent de peu de temps pour prendre de toute urgence les mesures nécessaires afin de limiter le réchauffement moyen de la planète à la température plus sûre d’1,5 °C. Les experts estiment que l'accord de Paris sur le changement climatique et les Objectifs de développement (ODD) des Nations unies représentent une chance irremplaçable d'assurer une transition équitable et durable.

L'initiative Climate Promise du Pnud a été initiée dans le but de garantir que tout pays qui souhaitait augmenter son engagement en faveur du climat puisse le faire. Le Pnud s'est déjà entendu avec 115 pays sur des plans de travail à suivre, en s'appuyant sur la grande expertise de l'agence dans divers secteurs.

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Des visiteurs examinent des écrans diffusant des images du Parc solaire Mohammed ben Rashid al-Maktoum, le 20 mars 2017, à la centrale solaire de Dubaï. (AFP/File Photo)

Dans le cadre du soutien global que le Pnud apporte aux pays pour les aider à se remettre de la crise de Covid-19, les services de la Climate Promise sont adaptés afin de soutenir les gouvernements dans les efforts qu’ils font pour intégrer les mesures climatiques dans leur réponse à la pandémie. Pour ce faire, l'initiative Climate Promise leur propose des promesses de dons pour «verdir» leurs plans de relance et lancer des investissements et des plans de développement plus durables.

Certains pays prennent déjà les devants. M. Alers cite notamment les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, deux pays situés dans une région particulièrement vulnérable au changement climatique, que la chaleur et le besoin de climatisation ont enfermée dans un cercle vicieux: à mesure que le changement climatique engendre une hausse des températures, davantage d'électricité est nécessaire pour faire fonctionner la climatisation, ce qui consomme davantage de combustibles fossiles, et aggrave à son tour le changement climatique.

«Les Émiratis sont conscients que le pétrole et le gaz sont des ressources limitées et que ces dernières seront un jour considérablement amoindries. Ils ont donc décidé de regarder vers l'avenir et de changer de position de façon intelligente pour devenir des meneurs en matière de nouvelles technologies, notamment dans le secteur de l'énergie solaire.»

«Je constate la même évolution en Arabie saoudite. Le pétrole diminue dans le Royaume. Une fois que les jeunes ont atteint l'âge adulte et qu'ils deviennent productifs, ils recherchent un emploi pour subvenir aux besoins de leur famille. Nous devons donc exploiter ces tendances de manière à parvenir à un résultat durable, sain et bénéfique pour tous.»

«Les Saoudiens pourront être les pionniers de la révolution énergétique du futur s'ils jouent bien le jeu.»

En effet, l'année 2021 s'annonce comme une année décisive pour la crise du changement climatique. Pour M. Alers, le sommet sur le changement climatique qui se tiendra à Glasgow au mois de novembre constituerait une dernière chance pour que la volonté politique se manifeste et se traduise par des actions concrètes.

«Peu importe les résultats de ce sommet, les décisions et les accords relatifs au climat seront très préjudiciables», précise-t-il.

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Dans le cadre du soutien global que le Pnud apporte aux pays pour les aider à se remettre de la crise de Covid-19, les services de Climate Promise sont adaptés afin de soutenir les gouvernements dans les efforts qu’ils font pour intégrer les mesures climatiques dans leur réponse à la pandémie. (Fourni)

Un événement encore plus important concerne le Dialogue de haut niveau des Nations unies sur l'énergie prévu au mois de septembre. Il s'agit du premier événement de ce type depuis 1981.

«Il s'agira de la première épreuve des faits. Sommes-nous sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD)? La réponse est évidente: non», affirme M. Alers.

«Ce sera donc l'occasion de redresser la barre. Neuf ans nous séparent de 2030, période durant laquelle nous sommes tenus d'agir. Ce dialogue est censé donner une impulsion à l'énergie pour qu'elle devienne le centre d'intérêt et que nous tenions nos promesses et nos engagements.»

«Nous sommes persuadés que, en présence d'un véritable engagement politique, les autres éléments suivront, tels que les fonds et la technologie. Ainsi, des personnes comme moi ainsi que tous les experts qui œuvrent dans ce domaine continueront à marteler le sujet, à réinventer le message et à essayer de trouver les mots adéquats pour attirer l'attention sur ce thème.»

«Nous poursuivrons nos efforts, bien évidemment. Nous essaierons d'offrir le meilleur de nous-mêmes.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.