Les Nations unies optimistes quant à l'avenir des énergies propres

Le Pavillon de la durabilité, qui fait partie de l'Expo 2020 de Dubaï. (AFP/File Photo)
Le Pavillon de la durabilité, qui fait partie de l'Expo 2020 de Dubaï. (AFP/File Photo)
En 2015, l'Assemblée générale des Nations unies a défini les Objectifs de développement durable (ODD): 17 objectifs mondiaux qui constituent un «plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous». (fourni par le Pnud)
En 2015, l'Assemblée générale des Nations unies a défini les Objectifs de développement durable (ODD): 17 objectifs mondiaux qui constituent un «plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous». (fourni par le Pnud)
Au Zimbabwe, une infirmière en service de maternité dans un centre de santé doté d'un toit solaire. (fourni par le Pnud)
Au Zimbabwe, une infirmière en service de maternité dans un centre de santé doté d'un toit solaire. (fourni par le Pnud)
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Publié le Mercredi 17 mars 2021

Les Nations unies optimistes quant à l'avenir des énergies propres

  • Le responsable de l'énergie au Pnud estime que l'absence de volonté politique est le principal obstacle qui entrave l'action en faveur du climat
  • Marcel Alers, qui joue un rôle primordial dans les efforts des Nations unies en faveur de l'énergie durable, a accordé un entretien exclusif à Arab News

NEW YORK: Ce qui contrarie Marcel Alers, lorsqu’il s’agit de l'énergie et son étroite corrélation avec la crise climatique, c'est que les signes sont clairs depuis un certain temps déjà. La marge de manœuvre est désormais étroite: réduire le changement climatique constitue aujourd'hui une course contre la montre, alors que le monde a encore un long chemin à parcourir.

La baisse significative des émissions de gaz à effet de serre observée l'année dernière en raison de la pandémie de Covid-19 pourrait bien demeurer un simple point sur le radar, sur le long terme, si les pays ne déploient pas des efforts considérables pour atteindre un niveau net de zéro émission.

«Nous brûlons des combustibles fossiles pour l'énergie qu'ils contiennent: charbon, carburant et gaz. Dans ce processus, nous libérons des gaz à effet de serre, qui contribuent largement au changement climatique», explique M. Alers, responsable de l'énergie au Pnud (Programme des Nations unies pour le développement), dans une interview exclusive accordée à Arab News.

Les combustibles fossiles sont responsables de 87% des émissions de dioxyde de carbone dans le monde, et compromettent la vie et les moyens de subsistance des générations futures, sans compter les dommages irréversibles qu'ils infligent à la biosphère. La pollution atmosphérique due aux combustibles fossiles fait environ 3,6 millions de morts par an à travers le monde.

Il s'agit d'un bilan six fois supérieur à celui des meurtres, des guerres et des attaques terroristes réunis. «Cela pose désormais un problème existentiel pour la planète et pour l'humanité. Il nous incombe donc d'y remédier», affirme M. Alers.

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Cette photo prise le 16 janvier 2021 lors d'une visite pour la presse au Pavillon de la durabilité, qui fait partie de l'Expo 2020 de Dubaï (Émirats arabes unis),une semaine avant son ouverture au public, montre des panneaux solaires qui produisent de l'énergie renouvelable. (AFP/File Photo)

Pour cet homme qui joue un rôle essentiel dans les efforts déployés pour assurer une énergie durable pour tous au niveau mondial, ce qu'il faut faire est tout à fait évident: «Disposons-nous de toutes les solutions? Non. Mais nous avons assez de solutions pour agir dès maintenant. Si nous le souhaitons», déclare-t-il.

Dans un contexte où la pandémie plonge l'économie mondiale dans la récession et où les taux d'intérêt sont faibles, le développement des systèmes d'énergie renouvelable représente en fait une solution gagnant-gagnant pour tous: l'énergie propre permet non seulement de créer des villes plus vertes et plus saines, mais elle sert également de moteur à la création d'emplois.

En effet, elle est susceptible de créer un volume d'emplois trois fois supérieur à celui généré par les investissements dans les combustibles fossiles, et favorise ainsi la reprise économique au sortir de la pandémie. Les énergies renouvelables ont créé 11,5 millions d'emplois dans le monde en 2019. Selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables, ce chiffre pourrait atteindre 42 millions en 2050.

Les énergies renouvelables offriront des prix plus avantageux aux consommateurs. Les sources d'énergie alternatives – solaire, éolienne, hydraulique, ressources hydroélectriques, géothermie, biomasse renouvelable – étaient si chères il y a quelques décennies que seules les expéditions spatiales pouvaient se les payer. Néanmoins, cette situation a bien évolué.

Le coût des énergies renouvelables a considérablement diminué et ces dernières sont désormais moins chères que le charbon, qui a longtemps passé pour la source d'électricité la moins chère. Le prix de l'énergie solaire a baissé de 89% et celui de l'énergie éolienne de 70 %, tandis que le prix de l'électricité produite à partir du charbon a baissé de seulement 2%.

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Marcel Alers, responsable du dossier de l'énergie au Pnud, a accordé une d'une interview exclusive a Arab News. (Fourni)

En 2015, l'Assemblée générale des Nations unies a défini les Objectifs de développement durable (ODD): 17 objectifs mondiaux conçus comme un «plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous». Les ODD sont censés être accomplis d'ici à 2030.

Bien que tous les objectifs soient interdépendants, l'ODD 7 (septième objectif) se trouve au centre de tous les autres objectifs: il appelle à assurer l'accès à «une énergie abordable, fiable, durable et moderne pour tous».

M. Alers va jusqu'à affirmer que la plupart des 17 objectifs – dans des domaines tels que la santé, l'éducation, la création d'emplois et l'éradication de la pauvreté – ne pourraient être atteints si l'objectif lié à l'énergie est raté. Pour dire les choses comme elles sont, tout a besoin d'énergie.

Cependant, même si l'énergie propre est disponible et abordable, son potentiel reste largement inexploité. «La volonté politique n'a pas été suffisamment affirmée pour pouvoir faire la différence», souligne M. Alers.

FAITS MARQUANTS Énergie durable

  • Le septième objectif des Objectifs de développement durable (ODD) appelle à une «énergie abordable, fiable, durable et moderne pour tous».

 

  • La pollution due aux combustibles fossiles cause environ 3,6 millions de décès par an à travers le monde.

 

  • Les combustibles fossiles sont responsables de 87% des émissions de dioxyde de carbone dans le monde.

Certes, la peur de succomber au coronavirus a suscité un sentiment d'urgence qui a débouché sur une action rapide et des milliers de milliards de dollars ont brusquement commencé à circuler. Cependant, l'impact du changement climatique est trop progressif pour amener les gens à agir.

Par ailleurs, la transition vers des énergies propres requiert aujourd'hui d'importants investissements en échange de bénéfices qui ne s'accumuleront qu'au bout de deux ou trois décennies. «Le décalage est flagrant», estime M. Alers. «Les gens diront, nous serons morts d'ici là».

«Les rapports successifs confirment que la meilleure solution consiste à allouer des fonds dès aujourd'hui, et que ces fonds seront rentabilisés à plusieurs reprises au fil du temps. Pourtant, il est difficile de convaincre les responsables politiques de réellement opter pour ces décisions et de les classer parmi les priorités.»

«Dans la plupart des pays, les cycles électoraux sont des cycles de cinq ans. Je comprends donc que le politicien qui souhaite être réélu soit obligé de prendre des mesures qui lui seront bénéfiques durant son mandat, pour pouvoir récolter des voix. Il n'a donc aucun intérêt à prendre aujourd'hui des mesures qui profiteront à quelqu'un d'autre dans dix ans. À ce moment-là, il ne sera pas au pouvoir.»

Les politiciens, cependant, ne vivent pas en vase clos. Ce sont les électeurs qui les mettent au pouvoir. «Au bout du compte, il s'agit donc d'un défi sociétal. La société, dans son ensemble, se doit d'atteindre un niveau de compréhension de l'urgence de l'action à mener, de sorte à traduire cette compréhension en élisant des politiciens qui envisagent, au cours de leur mandat, de prendre des mesures en faveur du climat.»

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Cette photo prise le 3 février 2021 montre des ouvriers en train d'assembler des panneaux solaires sur la rive du réservoir de Tengeh dans le cadre des efforts de construction d'une centrale solaire flottante à Singapour. (AFP/File Photo)

Voilà où les jeunes interviennent. La plus grande enquête d'opinion au monde sur le changement climatique, réalisée récemment auprès d’1,2 million de personnes dans 50 pays, a révélé que la majorité des citoyens du monde pensent qu'il constitue une urgence mondiale qui nécessite une action urgente.

Une grande partie des personnes interrogées étaient âgées de 14 à 18 ans. Pour eux, les effets du changement climatique sont désormais plus visibles, qu'il s'agisse de températures record, d'incendies dévastateurs ou de saisons d'ouragans intenses. «Je pense que le changement incombe à la jeune génération, et elle le prend en charge dans la mesure où ce problème est sans doute plus réel pour elle que pour des personnes comme moi qui entament la seconde moitié de leur vie. Vu mon âge, j'échapperai peut-être au pire, mais pas eux.»

«Mais, là encore: est-ce que ce changement sera assez rapide? Avons-nous le luxe d'attendre? Avons-nous le luxe du temps? À mon avis, non. Je pense que nous y parviendrons, mais ce serait malheureux de comprendre, un peu trop tard, l'urgence de la situation», poursuit M. Alers.

En outre, les données scientifiques sont sans équivoque: les pays disposent de peu de temps pour prendre de toute urgence les mesures nécessaires afin de limiter le réchauffement moyen de la planète à la température plus sûre d’1,5 °C. Les experts estiment que l'accord de Paris sur le changement climatique et les Objectifs de développement (ODD) des Nations unies représentent une chance irremplaçable d'assurer une transition équitable et durable.

L'initiative Climate Promise du Pnud a été initiée dans le but de garantir que tout pays qui souhaitait augmenter son engagement en faveur du climat puisse le faire. Le Pnud s'est déjà entendu avec 115 pays sur des plans de travail à suivre, en s'appuyant sur la grande expertise de l'agence dans divers secteurs.

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Des visiteurs examinent des écrans diffusant des images du Parc solaire Mohammed ben Rashid al-Maktoum, le 20 mars 2017, à la centrale solaire de Dubaï. (AFP/File Photo)

Dans le cadre du soutien global que le Pnud apporte aux pays pour les aider à se remettre de la crise de Covid-19, les services de la Climate Promise sont adaptés afin de soutenir les gouvernements dans les efforts qu’ils font pour intégrer les mesures climatiques dans leur réponse à la pandémie. Pour ce faire, l'initiative Climate Promise leur propose des promesses de dons pour «verdir» leurs plans de relance et lancer des investissements et des plans de développement plus durables.

Certains pays prennent déjà les devants. M. Alers cite notamment les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, deux pays situés dans une région particulièrement vulnérable au changement climatique, que la chaleur et le besoin de climatisation ont enfermée dans un cercle vicieux: à mesure que le changement climatique engendre une hausse des températures, davantage d'électricité est nécessaire pour faire fonctionner la climatisation, ce qui consomme davantage de combustibles fossiles, et aggrave à son tour le changement climatique.

«Les Émiratis sont conscients que le pétrole et le gaz sont des ressources limitées et que ces dernières seront un jour considérablement amoindries. Ils ont donc décidé de regarder vers l'avenir et de changer de position de façon intelligente pour devenir des meneurs en matière de nouvelles technologies, notamment dans le secteur de l'énergie solaire.»

«Je constate la même évolution en Arabie saoudite. Le pétrole diminue dans le Royaume. Une fois que les jeunes ont atteint l'âge adulte et qu'ils deviennent productifs, ils recherchent un emploi pour subvenir aux besoins de leur famille. Nous devons donc exploiter ces tendances de manière à parvenir à un résultat durable, sain et bénéfique pour tous.»

«Les Saoudiens pourront être les pionniers de la révolution énergétique du futur s'ils jouent bien le jeu.»

En effet, l'année 2021 s'annonce comme une année décisive pour la crise du changement climatique. Pour M. Alers, le sommet sur le changement climatique qui se tiendra à Glasgow au mois de novembre constituerait une dernière chance pour que la volonté politique se manifeste et se traduise par des actions concrètes.

«Peu importe les résultats de ce sommet, les décisions et les accords relatifs au climat seront très préjudiciables», précise-t-il.

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Dans le cadre du soutien global que le Pnud apporte aux pays pour les aider à se remettre de la crise de Covid-19, les services de Climate Promise sont adaptés afin de soutenir les gouvernements dans les efforts qu’ils font pour intégrer les mesures climatiques dans leur réponse à la pandémie. (Fourni)

Un événement encore plus important concerne le Dialogue de haut niveau des Nations unies sur l'énergie prévu au mois de septembre. Il s'agit du premier événement de ce type depuis 1981.

«Il s'agira de la première épreuve des faits. Sommes-nous sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD)? La réponse est évidente: non», affirme M. Alers.

«Ce sera donc l'occasion de redresser la barre. Neuf ans nous séparent de 2030, période durant laquelle nous sommes tenus d'agir. Ce dialogue est censé donner une impulsion à l'énergie pour qu'elle devienne le centre d'intérêt et que nous tenions nos promesses et nos engagements.»

«Nous sommes persuadés que, en présence d'un véritable engagement politique, les autres éléments suivront, tels que les fonds et la technologie. Ainsi, des personnes comme moi ainsi que tous les experts qui œuvrent dans ce domaine continueront à marteler le sujet, à réinventer le message et à essayer de trouver les mots adéquats pour attirer l'attention sur ce thème.»

«Nous poursuivrons nos efforts, bien évidemment. Nous essaierons d'offrir le meilleur de nous-mêmes.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Guerre au Moyen-Orient: Trump subit un camouflet au Congrès, Khamenei doit s'exprimer jeudi

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  • Sans attendre un éventuel accord, la résolution votée par la Chambre des représentants ordonne un retrait des troupes américaines engagées depuis fin février contre la République islamique
  • Elle n'a qu'une portée symbolique en raison du droit du veto du président américain

KOWEIT: Donald Trump a jugé mercredi possible que les discussions avec l'Iran aboutissent ce week-end, malgré la reprise des attaques dans le Golfe et le camouflet infligé par les députés américains qui ont voté en faveur de la fin de guerre.

Une déclaration du guide suprême iranien Mojtaba Khamenei est attendue jeudi, au moment où les négociations entre Washington et Téhéran patinent en dépit de la confiance affichée par le président américain.

"On me dit que les négociations se passent très bien (...) Qui sait (...), cela (la fin des discussions) pourrait être ce week-end", a-t-il encore assuré mercredi dans le Bureau ovale, sans exclure qu'elles échouent.

Sans attendre un éventuel accord, la résolution votée par la Chambre des représentants ordonne un retrait des troupes américaines engagées depuis fin février contre la République islamique. Elle n'a qu'une portée symbolique en raison du droit du veto du président américain.

Mais son adoption, avec quatre voix d'élus républicains, confirme le mécontentement suscité aux Etats-Unis par un conflit qui a fait grimper les prix de l'énergie.

Pressé de trouver une porte de sortie, Donald Trump a déjà laissé entrevoir plusieurs fois ces derniers jours un accord proche, sans résultat tangible, tandis que sur le terrain de nouveaux affrontements entre l'Iran et les Etats-Unis dans le Golfe fragilisent le cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril.

Téhéran a en outre averti du risque de "reprise à grande échelle de la guerre" dans la région en cas d'attaque contre Beyrouth, menace brandie par Israël dans le cadre de son offensive au Liban contre le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.

"Des messages ont été échangés concernant la nécessité de mettre fin à l'agression contre Beyrouth mais aucun progrès tangible n'a été réalisé dans le processus de négociation", a dit le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi dans une interview à la chaîne de télévision libanaise Al Mayadeen rapportée par l'agence iranienne Tasnim.

Attaques contre le Koweït 

Alors que des frappes israéliennes ont fait au moins 10 morts mercredi dans le pays, le Liban et Israël se sont mis d'accord dans la soirée sur "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, jusqu'ici tenue à l'écart.

Mais cette trêve est conditionnée à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah, qui rejette ces pourparlers et a encore revendiqué des attaques contre des positions israéliennes dans le sud du Liban dans la nuit de mercredi à jeudi.

Donald Trump a déclaré vouloir "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Autre point d'achopement: le sort de l'uranium enrichi par l'Iran, que les Etats-Unis et Israël accusent de vouloir se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran réfute.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a assuré devant une commission parlementaire que la question de l'uranium enrichi était "clairement abordée" avec l'Iran, concédant toutefois que Téhéran n'avait pas donné son feu vert.

Missiles et drones 

Donald Trump a déclaré mercredi qu'il "aimerait rencontrer" Mojtaba Khamenei, dont une déclaration écrite attendue jeudi, 37e anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomeini.

Cette commémoration, qui donne lieu à une grande cérémonie, coïncide cette année avec l'une des principales fêtes chiites célébrée en masse dans les rues.

Elle intervient alors que les hostilités ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d'Ormuz, stratégique voie maritime pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran. Ces nouvelles attaques ont fait remonter les cours du pétrole à près de 100 dollars, après une détente la semaine dernière.

Le Koweït a accusé mercredi l'Iran d'une attaque meurtrière (un mort et 63 blessés) contre son aéroport, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont démenti avoir attaqué l'aéroport. Ils ont affirmé avoir ciblé une base aérienne au Koweït, et le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn en riposte à une attaque américaine sur l'île Qeshm, et à celle d'un pétrolier iranien.

Le Koweït a dit avoir été visé au total mercredi par 13 missiles balistiques et 17 drones iraniens.

"Les explosions se succédaient et étaient très proches des zones résidentielles. Pour la première fois, les enfants ont ressenti la gravité de la situation", a raconté à l'AFP Hassan Sheikh, un Pakistanais de 40 ans habitant non loin de l'aéroport.


Trump dit qu'il «aimerait rencontrer» le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei

 Donald Trump a déclaré mercredi qu'il "aimerait rencontrer" Mojtaba Khamenei, considérant dans une interview au site du New York Post que le guide suprême iranien était réellement "impliqué" dans les décisions de Téhéran. (AFP)
Donald Trump a déclaré mercredi qu'il "aimerait rencontrer" Mojtaba Khamenei, considérant dans une interview au site du New York Post que le guide suprême iranien était réellement "impliqué" dans les décisions de Téhéran. (AFP)
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  • "J'aimerais le rencontrer. J'adorerais rencontrer tout le monde et nous allons probablement nous rencontrer, selon ce qui va se passer", a-t-il ajouté alors que les Etats-Unis et l'Iran s'accusent mutuellement de violer un cessez-le-feu fragile
  • Les Iraniens "ont beaucoup de respect pour lui", a ajouté le président.

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré mercredi qu'il "aimerait rencontrer" Mojtaba Khamenei, considérant dans une interview au site du New York Post que le guide suprême iranien était réellement "impliqué" dans les décisions de Téhéran.

"J'aimerais le rencontrer. J'adorerais rencontrer tout le monde et nous allons probablement nous rencontrer, selon ce qui va se passer", a-t-il ajouté alors que les Etats-Unis et l'Iran s'accusent mutuellement de violer un cessez-le-feu toujours plus fragile.

Les Iraniens "ont beaucoup de respect pour lui", a ajouté le président. Le nouveau guide n'est toujours pas apparu publiquement en Iran depuis sa nomination consécutive à la mort de son père, dans des bombardements américano-israéliens fin février.

Mardi, le chef de la diplomatie américaine avait déclaré que les Etats-Unis considéraient Mojtaba Khamenei comme "vivant" et "de plus en plus impliqué" dans la direction de la République islamique.

"Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers", avait affirmé Marco Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, soulignant la difficulté de faire passer des messages au sein du gouvernement iranien.

Dans son interview Donald Trump a aussi confirmé avoir évoqué avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu les attaques israéliennes sur le Liban, qui mettent en danger le cessez-le-feu en cours au Proche-Orient.

"J'étais un peu perturbé par le fait qu'il se batte sans arrêt avec le Liban. A un moment, j'ai dit : "Bibi, il faut qu'on arrête ça", a-t-il expliqué.

 


Washington pense que Khamenei est «de plus en plus impliqué», dit Rubio

"Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers", a affirmé M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, soulignant la difficulté de faire passer des messages au sein du gouvernement iranien. (AFP)
"Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers", a affirmé M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, soulignant la difficulté de faire passer des messages au sein du gouvernement iranien. (AFP)
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  • "Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers"
  • Mojtaba Khamenei a succédé à son père Ali Khamenei, tué dans une frappe israélienne au début de la guerre, mais il n'est pas apparu en public depuis: blessé dans une frappe, il s'exprime uniquement via des messages écrits

WASHINGTON: Les Etats-Unis pensent que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, est "vivant" et "de plus en plus impliqué" dans la direction du pays, a déclaré mardi le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, exprimant l'espoir que les négociations pour mettre fin à la guerre puissent aboutir.

"Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers", a affirmé M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, soulignant la difficulté de faire passer des messages au sein du gouvernement iranien.

Mojtaba Khamenei a succédé à son père Ali Khamenei, tué dans une frappe israélienne au début de la guerre, mais il n'est pas apparu en public depuis: blessé dans une frappe, il s'exprime uniquement via des messages écrits.

L'audition mardi de M. Rubio au Sénat est sa première intervention parlementaire depuis le début de la guerre le 28 février, au grand dam des élus démocrates qui réclament à cors et à cri des explications.

"Cette guerre et la décision du gouvernement américain d'imposer un blocus ont désormais pris en otage l'économie mondiale tout entière", a ainsi dénoncé le sénateur démocrate Chris Murphy.

Interrogé sur l'état des négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, qui sont au point mort, le secrétaire d'Etat américain a dit toujours "espérer" un accord pour mettre fin à la guerre sans toutefois s'avancer sur un calendrier.

"Il y a une perspective qui se profile devant nous, et qui pourrait se concrétiser aujourd'hui, demain ou la semaine prochaine", a-t-il déclaré.

"Ils ont accepté de négocier certains aspects de leur programme nucléaire dont, il y a à peine un mois, voire un an, ils refusaient ne serait-ce que de parler", a fait valoir le secrétaire d'Etat, pressé de questions pour savoir comment le président Donald Trump comptait amener l'Iran à conclure un accord.

Il a cependant laissé entendre que cela "ne garantissait pas que cela aboutirait finalement à un accord acceptable".

"S'ils rouvrent le détroit d'Ormuz, nous lèverons notre blocus" des ports iraniens, a encore dit Marco Rubio soulignant que cela n'était pas lié à un allègement des sanctions qui dépend, lui, d'un accord sur le nucléaire.

Il a insisté à plusieurs reprises sur le fait que Washington n'allègerait pas les sanctions contre Téhéran en échange de la réouverture de ce passage stratégique, effectivement bloqué par l'Iran.

"L'opération +Epic Fury+ a largement atteint ses objectifs militaires, à savoir réduire considérablement la base industrielle de défense de l'Iran et affaiblir son bouclier conventionnel", a relevé M. Rubio assurant même en réponse à un sénateur que la guerre était "terminée".

Mais il a convenu que l'Iran "disposait encore de beaucoup de drones".

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

L'Iran a accusé lundi les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.