Les Nations unies optimistes quant à l'avenir des énergies propres

Le Pavillon de la durabilité, qui fait partie de l'Expo 2020 de Dubaï. (AFP/File Photo)
Le Pavillon de la durabilité, qui fait partie de l'Expo 2020 de Dubaï. (AFP/File Photo)
En 2015, l'Assemblée générale des Nations unies a défini les Objectifs de développement durable (ODD): 17 objectifs mondiaux qui constituent un «plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous». (fourni par le Pnud)
En 2015, l'Assemblée générale des Nations unies a défini les Objectifs de développement durable (ODD): 17 objectifs mondiaux qui constituent un «plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous». (fourni par le Pnud)
Au Zimbabwe, une infirmière en service de maternité dans un centre de santé doté d'un toit solaire. (fourni par le Pnud)
Au Zimbabwe, une infirmière en service de maternité dans un centre de santé doté d'un toit solaire. (fourni par le Pnud)
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Publié le Mercredi 17 mars 2021

Les Nations unies optimistes quant à l'avenir des énergies propres

  • Le responsable de l'énergie au Pnud estime que l'absence de volonté politique est le principal obstacle qui entrave l'action en faveur du climat
  • Marcel Alers, qui joue un rôle primordial dans les efforts des Nations unies en faveur de l'énergie durable, a accordé un entretien exclusif à Arab News

NEW YORK: Ce qui contrarie Marcel Alers, lorsqu’il s’agit de l'énergie et son étroite corrélation avec la crise climatique, c'est que les signes sont clairs depuis un certain temps déjà. La marge de manœuvre est désormais étroite: réduire le changement climatique constitue aujourd'hui une course contre la montre, alors que le monde a encore un long chemin à parcourir.

La baisse significative des émissions de gaz à effet de serre observée l'année dernière en raison de la pandémie de Covid-19 pourrait bien demeurer un simple point sur le radar, sur le long terme, si les pays ne déploient pas des efforts considérables pour atteindre un niveau net de zéro émission.

«Nous brûlons des combustibles fossiles pour l'énergie qu'ils contiennent: charbon, carburant et gaz. Dans ce processus, nous libérons des gaz à effet de serre, qui contribuent largement au changement climatique», explique M. Alers, responsable de l'énergie au Pnud (Programme des Nations unies pour le développement), dans une interview exclusive accordée à Arab News.

Les combustibles fossiles sont responsables de 87% des émissions de dioxyde de carbone dans le monde, et compromettent la vie et les moyens de subsistance des générations futures, sans compter les dommages irréversibles qu'ils infligent à la biosphère. La pollution atmosphérique due aux combustibles fossiles fait environ 3,6 millions de morts par an à travers le monde.

Il s'agit d'un bilan six fois supérieur à celui des meurtres, des guerres et des attaques terroristes réunis. «Cela pose désormais un problème existentiel pour la planète et pour l'humanité. Il nous incombe donc d'y remédier», affirme M. Alers.

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Cette photo prise le 16 janvier 2021 lors d'une visite pour la presse au Pavillon de la durabilité, qui fait partie de l'Expo 2020 de Dubaï (Émirats arabes unis),une semaine avant son ouverture au public, montre des panneaux solaires qui produisent de l'énergie renouvelable. (AFP/File Photo)

Pour cet homme qui joue un rôle essentiel dans les efforts déployés pour assurer une énergie durable pour tous au niveau mondial, ce qu'il faut faire est tout à fait évident: «Disposons-nous de toutes les solutions? Non. Mais nous avons assez de solutions pour agir dès maintenant. Si nous le souhaitons», déclare-t-il.

Dans un contexte où la pandémie plonge l'économie mondiale dans la récession et où les taux d'intérêt sont faibles, le développement des systèmes d'énergie renouvelable représente en fait une solution gagnant-gagnant pour tous: l'énergie propre permet non seulement de créer des villes plus vertes et plus saines, mais elle sert également de moteur à la création d'emplois.

En effet, elle est susceptible de créer un volume d'emplois trois fois supérieur à celui généré par les investissements dans les combustibles fossiles, et favorise ainsi la reprise économique au sortir de la pandémie. Les énergies renouvelables ont créé 11,5 millions d'emplois dans le monde en 2019. Selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables, ce chiffre pourrait atteindre 42 millions en 2050.

Les énergies renouvelables offriront des prix plus avantageux aux consommateurs. Les sources d'énergie alternatives – solaire, éolienne, hydraulique, ressources hydroélectriques, géothermie, biomasse renouvelable – étaient si chères il y a quelques décennies que seules les expéditions spatiales pouvaient se les payer. Néanmoins, cette situation a bien évolué.

Le coût des énergies renouvelables a considérablement diminué et ces dernières sont désormais moins chères que le charbon, qui a longtemps passé pour la source d'électricité la moins chère. Le prix de l'énergie solaire a baissé de 89% et celui de l'énergie éolienne de 70 %, tandis que le prix de l'électricité produite à partir du charbon a baissé de seulement 2%.

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Marcel Alers, responsable du dossier de l'énergie au Pnud, a accordé une d'une interview exclusive a Arab News. (Fourni)

En 2015, l'Assemblée générale des Nations unies a défini les Objectifs de développement durable (ODD): 17 objectifs mondiaux conçus comme un «plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous». Les ODD sont censés être accomplis d'ici à 2030.

Bien que tous les objectifs soient interdépendants, l'ODD 7 (septième objectif) se trouve au centre de tous les autres objectifs: il appelle à assurer l'accès à «une énergie abordable, fiable, durable et moderne pour tous».

M. Alers va jusqu'à affirmer que la plupart des 17 objectifs – dans des domaines tels que la santé, l'éducation, la création d'emplois et l'éradication de la pauvreté – ne pourraient être atteints si l'objectif lié à l'énergie est raté. Pour dire les choses comme elles sont, tout a besoin d'énergie.

Cependant, même si l'énergie propre est disponible et abordable, son potentiel reste largement inexploité. «La volonté politique n'a pas été suffisamment affirmée pour pouvoir faire la différence», souligne M. Alers.

FAITS MARQUANTS Énergie durable

  • Le septième objectif des Objectifs de développement durable (ODD) appelle à une «énergie abordable, fiable, durable et moderne pour tous».

 

  • La pollution due aux combustibles fossiles cause environ 3,6 millions de décès par an à travers le monde.

 

  • Les combustibles fossiles sont responsables de 87% des émissions de dioxyde de carbone dans le monde.

Certes, la peur de succomber au coronavirus a suscité un sentiment d'urgence qui a débouché sur une action rapide et des milliers de milliards de dollars ont brusquement commencé à circuler. Cependant, l'impact du changement climatique est trop progressif pour amener les gens à agir.

Par ailleurs, la transition vers des énergies propres requiert aujourd'hui d'importants investissements en échange de bénéfices qui ne s'accumuleront qu'au bout de deux ou trois décennies. «Le décalage est flagrant», estime M. Alers. «Les gens diront, nous serons morts d'ici là».

«Les rapports successifs confirment que la meilleure solution consiste à allouer des fonds dès aujourd'hui, et que ces fonds seront rentabilisés à plusieurs reprises au fil du temps. Pourtant, il est difficile de convaincre les responsables politiques de réellement opter pour ces décisions et de les classer parmi les priorités.»

«Dans la plupart des pays, les cycles électoraux sont des cycles de cinq ans. Je comprends donc que le politicien qui souhaite être réélu soit obligé de prendre des mesures qui lui seront bénéfiques durant son mandat, pour pouvoir récolter des voix. Il n'a donc aucun intérêt à prendre aujourd'hui des mesures qui profiteront à quelqu'un d'autre dans dix ans. À ce moment-là, il ne sera pas au pouvoir.»

Les politiciens, cependant, ne vivent pas en vase clos. Ce sont les électeurs qui les mettent au pouvoir. «Au bout du compte, il s'agit donc d'un défi sociétal. La société, dans son ensemble, se doit d'atteindre un niveau de compréhension de l'urgence de l'action à mener, de sorte à traduire cette compréhension en élisant des politiciens qui envisagent, au cours de leur mandat, de prendre des mesures en faveur du climat.»

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Cette photo prise le 3 février 2021 montre des ouvriers en train d'assembler des panneaux solaires sur la rive du réservoir de Tengeh dans le cadre des efforts de construction d'une centrale solaire flottante à Singapour. (AFP/File Photo)

Voilà où les jeunes interviennent. La plus grande enquête d'opinion au monde sur le changement climatique, réalisée récemment auprès d’1,2 million de personnes dans 50 pays, a révélé que la majorité des citoyens du monde pensent qu'il constitue une urgence mondiale qui nécessite une action urgente.

Une grande partie des personnes interrogées étaient âgées de 14 à 18 ans. Pour eux, les effets du changement climatique sont désormais plus visibles, qu'il s'agisse de températures record, d'incendies dévastateurs ou de saisons d'ouragans intenses. «Je pense que le changement incombe à la jeune génération, et elle le prend en charge dans la mesure où ce problème est sans doute plus réel pour elle que pour des personnes comme moi qui entament la seconde moitié de leur vie. Vu mon âge, j'échapperai peut-être au pire, mais pas eux.»

«Mais, là encore: est-ce que ce changement sera assez rapide? Avons-nous le luxe d'attendre? Avons-nous le luxe du temps? À mon avis, non. Je pense que nous y parviendrons, mais ce serait malheureux de comprendre, un peu trop tard, l'urgence de la situation», poursuit M. Alers.

En outre, les données scientifiques sont sans équivoque: les pays disposent de peu de temps pour prendre de toute urgence les mesures nécessaires afin de limiter le réchauffement moyen de la planète à la température plus sûre d’1,5 °C. Les experts estiment que l'accord de Paris sur le changement climatique et les Objectifs de développement (ODD) des Nations unies représentent une chance irremplaçable d'assurer une transition équitable et durable.

L'initiative Climate Promise du Pnud a été initiée dans le but de garantir que tout pays qui souhaitait augmenter son engagement en faveur du climat puisse le faire. Le Pnud s'est déjà entendu avec 115 pays sur des plans de travail à suivre, en s'appuyant sur la grande expertise de l'agence dans divers secteurs.

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Des visiteurs examinent des écrans diffusant des images du Parc solaire Mohammed ben Rashid al-Maktoum, le 20 mars 2017, à la centrale solaire de Dubaï. (AFP/File Photo)

Dans le cadre du soutien global que le Pnud apporte aux pays pour les aider à se remettre de la crise de Covid-19, les services de la Climate Promise sont adaptés afin de soutenir les gouvernements dans les efforts qu’ils font pour intégrer les mesures climatiques dans leur réponse à la pandémie. Pour ce faire, l'initiative Climate Promise leur propose des promesses de dons pour «verdir» leurs plans de relance et lancer des investissements et des plans de développement plus durables.

Certains pays prennent déjà les devants. M. Alers cite notamment les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, deux pays situés dans une région particulièrement vulnérable au changement climatique, que la chaleur et le besoin de climatisation ont enfermée dans un cercle vicieux: à mesure que le changement climatique engendre une hausse des températures, davantage d'électricité est nécessaire pour faire fonctionner la climatisation, ce qui consomme davantage de combustibles fossiles, et aggrave à son tour le changement climatique.

«Les Émiratis sont conscients que le pétrole et le gaz sont des ressources limitées et que ces dernières seront un jour considérablement amoindries. Ils ont donc décidé de regarder vers l'avenir et de changer de position de façon intelligente pour devenir des meneurs en matière de nouvelles technologies, notamment dans le secteur de l'énergie solaire.»

«Je constate la même évolution en Arabie saoudite. Le pétrole diminue dans le Royaume. Une fois que les jeunes ont atteint l'âge adulte et qu'ils deviennent productifs, ils recherchent un emploi pour subvenir aux besoins de leur famille. Nous devons donc exploiter ces tendances de manière à parvenir à un résultat durable, sain et bénéfique pour tous.»

«Les Saoudiens pourront être les pionniers de la révolution énergétique du futur s'ils jouent bien le jeu.»

En effet, l'année 2021 s'annonce comme une année décisive pour la crise du changement climatique. Pour M. Alers, le sommet sur le changement climatique qui se tiendra à Glasgow au mois de novembre constituerait une dernière chance pour que la volonté politique se manifeste et se traduise par des actions concrètes.

«Peu importe les résultats de ce sommet, les décisions et les accords relatifs au climat seront très préjudiciables», précise-t-il.

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Dans le cadre du soutien global que le Pnud apporte aux pays pour les aider à se remettre de la crise de Covid-19, les services de Climate Promise sont adaptés afin de soutenir les gouvernements dans les efforts qu’ils font pour intégrer les mesures climatiques dans leur réponse à la pandémie. (Fourni)

Un événement encore plus important concerne le Dialogue de haut niveau des Nations unies sur l'énergie prévu au mois de septembre. Il s'agit du premier événement de ce type depuis 1981.

«Il s'agira de la première épreuve des faits. Sommes-nous sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD)? La réponse est évidente: non», affirme M. Alers.

«Ce sera donc l'occasion de redresser la barre. Neuf ans nous séparent de 2030, période durant laquelle nous sommes tenus d'agir. Ce dialogue est censé donner une impulsion à l'énergie pour qu'elle devienne le centre d'intérêt et que nous tenions nos promesses et nos engagements.»

«Nous sommes persuadés que, en présence d'un véritable engagement politique, les autres éléments suivront, tels que les fonds et la technologie. Ainsi, des personnes comme moi ainsi que tous les experts qui œuvrent dans ce domaine continueront à marteler le sujet, à réinventer le message et à essayer de trouver les mots adéquats pour attirer l'attention sur ce thème.»

«Nous poursuivrons nos efforts, bien évidemment. Nous essaierons d'offrir le meilleur de nous-mêmes.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une vérification nucléaire «très poussée» est nécessaire en Iran après la guerre, selon le chef de l'AIEA

Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
  • "L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi
  • "Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi

TOKYO: Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi lors d'une conférence de presse au Japon.

"Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi.

Il a également indiqué que l'organisme de surveillance avait "à peine entamé" des discussions avec l'Iran à la suite de son récent accord préliminaire avec les États-Unis sur le devenir du stock d'uranium de Téhéran.

"Des discussions initiales ont eu lieu (...) Nous nous attendons à ce que ce travail s'accélère prochainement", a déclaré M. Grossi.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

En vertu d'une loi votée par le Parlement, les autorités iraniennes ont suspendu en juillet 2025 la coopération avec l'AIEA.

Elles avaient toutefois accepté en septembre d'accueillir de nouveau des inspecteurs, après s'être mis d'accord sur un nouveau cadre et des membres de l'agence se sont rendus ces derniers mois sur place, y compris en juin 2026 pour visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. Mais ils n'ont pas eu accès aux sites bombardés.

 


Séisme au Venezuela: au moins 235 morts, recherche effrénée des disparus

Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
  • "Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé"
  • Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés

LA GUAIRA: Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel.

"Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé", a déclaré le ministre de la Santé Carlos Alvarado à la télévision d'Etat.

Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés.

Le séisme a fait également au moins 4.300 blessés à travers le pays, selon le ministre. Mais aussi un Italien, deux Brésiliens et deux Chinois, selon les autorités de leurs pays d'origine.

Bâtiments aplatis, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies: à l'épicentre du tremblement de terre, les équipes de l'AFP ont constaté d'impressionnantes scènes de destruction qui font craindre un bilan bien plus lourd.

La zone la plus durement touchée est celle de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent l'aéroport international de Maiquetia qui, endommagé, a été fermé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont écroulés.

Voix d'outre-tombe 

Comme celui où habite Antonio Bermudez: "Il y a un endroit d'où une jeune femme appelée Jennifer, du onzième étage, me répond. Mais nous n'avons aucun outil, nous n'avons aucun moyen pour aider" à l'extraire des décombres, explique-t-il.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos ont montré des scènes glaçantes de voix comme venues d'outre-tombe, audibles en certains endroits sous les monceaux de gravats, cris désespérés des enterrés vivants appelant au secours.

Lisbeth Vazquez, 37 ans, raconte à l'AFP comment les siens se sont échappés in extremis par les fenêtres de l'appartement familial lorsque l'immeuble était "en train de s'enfoncer complètement" dans le sol. "C'était terrifiant", dit-elle : "Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir".

"Il ne nous reste plus rien. Rien, pas même la force ni le courage d'entrer là-dedans", soupire Larry Rojas, 49 ans, devant un tas de décombres sous lequel sont ensevelis ses proches.

"On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d'une pelleteuse", s'écrie désespéré Dani Rizo, un autre habitant du bâtiment, âge de 48 ans.

L'assistance internationale s'organise. Les Etats-Unis ont promis une réponse "importante", "rapide et efficace", par la voix de leur secrétaire d'Etat, Marco Rubio. Le département d'Etat a également annoncé l'envoi de secouristes et le déblocage d'une aide de 150 millions de dollars. L'armée américaine a fait savoir qu'elle déploierait des navires militaires, des avions et des hélicoptères en soutien aux secours.

Le Brésil a annoncé l'envoi d'aide à son voisin. De même que la Chine, l'Inde, de nombreux pays européens et latino-américains et même l'Iran, un traditionnel allié de Caracas ravagé par la guerre contre les Etats-Unis et Israël.

"Ca tremble" 

La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété l'état d'urgence peu après la double secousse de magnitude 7,2 et 7,5, qui s'est produite mercredi à 18H04 (22H04 GMT).

D'après les données du Service géologique des Etats-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, un pays de près de 30 millions d'habitants à l'économie en crise depuis des années.

La première secousse s'est produite à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l'ouest de Caracas. Elle a été suivie d'une seconde à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là, puis d'une vingtaine de répliques, selon l'USGS.

Dans la capitale, où de nombreux immeubles se sont effondrés, des rues sont jonchées de débris de verre et beaucoup de gens ont passé la nuit dehors, souvent dans leur voiture, tremblant à chacune des répliques.

Les lieux sinistrés ont également été victimes de pillages. A Catia la Mar, des hommes et des femmes sortaient les bras chargés de sacs remplis de victuailles d'un commerce d'alimentation en partie incendié, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des coupures d'électricité sont signalées et le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, a dit avoir ordonné la coupure de l'alimentation en gaz pour "éviter tout accident".

Jeudi matin, quasiment aucun commerce n'était ouvert et la circulation automobile était dense, de nombreux habitants de Caracas cherchant à se réfugier loin des immeubles en péril.

"Ça tremble, ça tremble en ce moment", se sont mis à crier au moment d'une réplique des personnes rassemblées autour d'un immeuble déjà à terre.

"Avant même ces séismes, près de huit millions de personnes au Venezuela avaient besoin d'une aide humanitaire", a rappelé le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher.

Si l'aéroport international de Maiquetia a été fermé en raison de "graves dommages dans ses infrastructures" selon Mme Rodriguez, Caracas pourra disposer de l'aéroport militaire de La Carlota, situé en pleine zone métropolitaine, pour l'aide internationale.

 


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.