Les aides publiques font bondir les revenus et les économies des Américains

Le président américain Joe Biden aux côtés de la vice-présidente Kamala Harris et de la secrétaire au Trésor Janet Yellen lors d'une réunion avec des chefs d'entreprise. (Photo, AFP)
Le président américain Joe Biden aux côtés de la vice-présidente Kamala Harris et de la secrétaire au Trésor Janet Yellen lors d'une réunion avec des chefs d'entreprise. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 27 février 2021

Les aides publiques font bondir les revenus et les économies des Américains

  • Des chèques de $600 par personne ont été envoyés et les allocations chômage ont été étendues et rehaussées de $300 par semaine
  • Les Américains ont mis de côté $6149 milliards le mois dernier à cause du confinement

WASHINGTON : Les revenus des ménages américains ont fait un bond quasi-inédit en janvier, grâce aux chèques de 600 dollars du gouvernement, mais cet argent n'a été que peu dépensé à cause des restrictions liées à la Covid-19, des économies qui préparent le terrain pour une consommation effrénée dès le printemps avec la vaccination.

Leurs revenus ont grimpé de 10% en janvier par rapport à décembre. Depuis 1959, seul le mois d'avril 2020 avait connu un bond plus élevé, +12,4%, grâce aux aides du premier plan de relance lié à la Covid-19.

Cette fois aussi, la hausse exceptionnelle a été poussée par les aides publiques, via le plan adopté fin 2020. Des chèques de 600 dollars par personne ont été envoyés et les allocations chômage ont été étendues et rehaussées de 300 dollars par semaine.

« La quasi-totalité de cette hausse (des revenus) (...) peut être attribuée aux chèques de relance et à une augmentation des allocations chômage. Les chèques de relance se taillent la part du lion de ces gains », a commenté Diane Swonk, économiste pour Grant Thornton, dans une note..

« Les revenus personnels ont été stimulés par les versements du plan de relance de décembre. Les salaires, en revanche, n'ont augmenté que de 0,8% », détaille Ian Shepherdson, économiste pour Pantheon Macroeconomics.

Mais que faire de cet argent, quand les restaurants, bars, salles de gym ne fonctionnent toujours que très partiellement, voire pas du tout, et que les possibilités de voyages sont limitées ?

« De l'argent a fini dans la tirelire, une partie a été utilisée pour rembourser des dettes, et un bon morceau a servi à réapprovisionner, faire le plein, repenser et faire revivre les anciennes habitudes de consommation », énumère Lydia Boussour, analyste pour Oxford Economics.

6 149 milliards

Les dépenses n'ont ainsi augmenté que de 2,4% en janvier, et une large partie des fonds a été économisée en attendant des jours meilleurs qui ne devraient pas tarder à arriver. Les Américains ont mis de côté 6 149 milliards de dollars le mois dernier, faisant grimper le taux d'épargne à 20,5%.

Les ménages sont ainsi de nouveau assis sur d'importantes réserves dans lesquelles ils vont pouvoir piocher avec la réouverture de l'économie, ce qui est susceptible de donner un coup de fouet à l'activité.

Soutenu par les campagnes de vaccination en cours qui devraient permettre un retour progressif à un niveau d'activité plus normal, le rebond pourrait durer.

D'autant plus qu'un troisième plan de relance, de 1.900 milliards de dollars et défendu par Joe Biden, est en passe d'être adopté au Congrès, ce qui va encore faire gonfler les économies, mais aussi la consommation.

Les risques d'une reprise inéquitable sont en revanche élevés, et les ménages les moins aisés montrent une confiance limitée dans l'avenir proche, comme en témoigne l'enquête mensuelle de l'Université du Michigan publiée vendredi.

Inflation

Autre risque : la forte hausse de la demande attendue dès le printemps risque de faire grimper les prix, puisque les usines ne pourront pas tourner assez vite pour fournir suffisamment.

Cela alimente depuis plusieurs semaines les craintes d'une inflation galopante, qui n'est toutefois pas encore visible. En janvier en effet, les prix à la consommation ont progressé de 0,3% seulement sur un mois, un peu moins vite même qu'en décembre.

Sur un an toutefois, l'inflation s'accélère un peu, à 1,5%, selon l'indice PCE, mais reste loin de l'objectif de 2% annuels que vise la Banque centrale américaine (Fed).

La hausse devrait être particulièrement élevée en mars et en avril, estiment des économistes, pas en valeur absolue mais en comparaison avec mars et avril 2020, lorsque les prix avaient reculé, à cause des mesures de confinement massives déployées face à la Covid-19.

Ces craintes d'inflation ont semé un vent de panique sur les Bourses mondiales et entraîné une forte progression des taux d'emprunt sur la dette publique.


Câbles industriels: Nexans annonce un «réaménagement du calendrier» du mégaprojet à Chypre

Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
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  • Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire"
  • Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen

PARIS: Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe.

"Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client" concernant ce projet, le Great Sea Interconnector (GSI), a déclaré Nexans dans un communiqué, soulignant travailler "en étroite collaboration avec son client afin d'examiner les différentes options en vue de l'élaboration d'un calendrier d'exécution ajusté".

Le groupe assure qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire" qui doit relier Israël, Chypre et l'Union européenne.

Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen.

Nexans indique que "ces ajustements affectent la date de livraison du projet" sans apporter plus de précisions, et qu'il reste "pleinement engagé dans l'exécution de ce projet aux côtés de son client".

Ces changements, en revanche, n'ont "pas d'impact sur la guidance 2028 de Nexans, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026".

Nexans communiquera ses prévisions 2026 lors de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février.

Nexans, 2e mondial de son secteur derrière l'italien Prysmian, compte 28.500 collaborateurs dans 41 pays. Le groupe s'est depuis quelques années recentré sur le transport d'électricité et l'électrification (raccordement des champs éoliens offshore aux réseaux électriques, rénovation et développement des réseaux de transport d'électricité dans de nombreux pays...).

 


Holcim rachète le fabricant français de produits préfabriqués en béton Alkern

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
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  • Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse
  • Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué

ZURICH: Le cimentier suisse Holcim a annoncé mardi avoir finalisé l'acquisition du français Alkern, un fabricant de produits préfabriqués en béton.

Fondée en 1972, l'entreprise basée à Harnes dans le Pas-de-Calais emploie 1.000 personnes à travers 50 sites de production en France et en Belgique et a réalisé un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros en 2025, indique le groupe suisse dans un communiqué.

Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse, qui avait fusionné en 2015 avec le français Lafarge.

Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué.

En mai 2025, le géant suisse des matériaux de construction avait annoncé être entré en négociations exclusives avec la société de capital-investissement Chequers Capital en vue du rachat d'Alkern.

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions.

Dans un commentaire boursier, Martin Hüsler, analyste à la Banque cantonale de Zurich, souligne que le groupe suisse ne fournit aucune indication sur le montant de la transaction, ni sur la rentabilité d'Alkern. Mais il suppose que le prix d'achat est "inférieur à une fois les revenus" d'Alkern.

Avec ses 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'entreprise française représente "1,5%" des revenus d'Holcim, ajoute l'analyste, qui note qu'il s'agit de sa "troisième acquisition majeure depuis octobre", après celle de l'allemand Xella en octobre, puis du péruvien Cementos Pacasmayo mi-décembre.

 


L’Inde affirme être devenue la quatrième économie du monde, devant le Japon

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
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  • "Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années"
  • Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon

NEW DELHI: L’Inde est devenue la quatrième économie de la planète, devant le Japon, et les autorités espèrent qu'elle dépassera l’Allemagne d’ici trois ans, selon le bilan économique de fin d’année établi par le gouvernement.

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions.

"L’Inde fait partie des grandes économies affichant la croissance la plus rapide au monde et est bien placée pour maintenir cet élan", affirme la note économique.

"Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années, avec un PIB estimé à 7.300 milliards de dollars d’ici 2030".

Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon.  Les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne sont, dans cet ordre, les plus grandes économies au monde, selon le FMI.

Les prévisions optimistes de New Delhi interviennent dans un contexte économique compliqué pour le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d'habitants.

Fin août, Washington, le premier partenaire commercial du pays, a imposé une hausse de 50% des droits de douane sur les produits "made in India" arrivant aux Etats-Unis, en représailles à ses achats de pétrole russe.

La croissance continue reflète "la résilience de l’Inde face aux incertitudes persistantes (qui pèsent) sur le commerce international", estime le gouvernement.

Le PIB par habitant de l’Inde atteignait 2.694 dollars en 2024, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, soit douze fois moins que les 32.487 dollars du Japon et vingt fois moins que les 56.103 dollars de l’Allemagne.

Plus d’un quart des habitants de l’Inde ont entre 10 et 26 ans, selon les données gouvernementales, mais le taux de chômage des jeunes diplômés reste très élevé.

Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé des allégements fiscaux et des réformes du droit du travail après que la croissance économique a atteint un plus bas en quatre ans, au cours de l'exercice annuel clos le 31 mars.

La roupie indienne a atteint un niveau historiquement bas face au dollar début décembre — après avoir chuté d’environ 5% en 2025 — en raison des notamment inquiétudes persistantes liées à l’absence d’accord commercial avec Washington.