La crise climatique, menace pour la sécurité mondiale, martèlent des dirigeants à l'ONU

Le Premier ministre britannique Boris Johnson était à l'origine de cette réunion virtuelle (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 24 février 2021

La crise climatique, menace pour la sécurité mondiale, martèlent des dirigeants à l'ONU

  • Les dirigeants du Conseil de sécurité de l'ONU se sont réunis mardi pour débattre des implications du changement climatique sur la paix internationale
  • La Chine a déclaré que le «développement durable était la clé pour résoudre tous les problèmes et éliminer la cause des conflits»

NATIONS UNIES: Les dirigeants du Conseil de sécurité de l'ONU se sont réunis mardi pour débattre des implications du changement climatique sur la paix internationale, une majorité de pays s'accordant pour dire leur volonté de traiter ces deux sujets comme intimement liés, mais rencontrant l'opposition frontale de la Russie.

« Le changement climatique est une menace pour notre sécurité collective », a martelé le Premier ministre britannique Boris Johnson, à l'origine de cette réunion, son pays présidant en février le Conseil de sécurité.

« Je sais que certains pensent qu'il ne s'agit que de lubies vertes de quelques mangeurs de tofu qui aiment étreindre les arbres », a-t-il dit, provocateur, en pointant les approches divergentes sur la question des 15 membres de cette instance. « Je ne pourrais pas être en plus profond désaccord. »

« Quand allons-nous faire quelque chose si nous n'agissons pas maintenant ? (...) Lorsque des masses de gens fuyant la sécheresse, des feux ou des conflits pour accéder à des ressources, arriveront à nos frontières ? », a-t-il demandé.

Il a, peu après son discours, dû quitter la séance, à laquelle participaient des dirigeants de l'Inde et du Mexique, entrés au Conseil de sécurité en janvier et progressistes sur le sujet, du Kenya et du Niger, en première ligne, mais aussi de la Tunisie, la Norvège ou encore l'Irlande. 

« Distraction »

Le chef de l'ONU Antonio Guterres s'est efforcé, dans son intervention, de rendre tangibles les problématiques soulevées : « En Afghanistan, par exemple, où 40% des travailleurs sont liés à l'agriculture, des moissons réduites précipitent les gens dans la pauvreté et l'insécurité alimentaire, les rendant susceptibles d'être recrutés par des groupes armés », a-t-il expliqué. 

Mais la Russie a, au contraire, remis en cause l'idée que les problématiques environnementales soient à la « racine » des conflits. Soutenir cela, est « une diversion » éloignant des « véritables causes », a estimé Vassily Nebenzia, ambassadeur russe à l'ONU. 

« Imposer une telle connexion de façon systématique serait même dangereux », a-t-il jugé. 

La Russie « partage l'idée qu'il faille produire une réponse rapide au changement climatique, mais cela doit être fait dans le cadre de mécanismes où il est traité par des professionnels », a-t-il ajouté, défendant une approche différenciée par régions, plutôt que « globale ».

La Chine, plus nuancée, a déclaré par la voix de Xie Zhenhua, son envoyé spécial pour le climat, que le « développement durable était la clé pour résoudre tous les problèmes et éliminer la cause des conflits ». 

Mais « la coopération internationale sur le climat doit être traitée dans le cadre de la Convention internationale de l'ONU sur le climat, comme voie principale », a-t-il ajouté.

« Lien indéniable »

La France était, elle, directement représentée par Emmanuel Macron : « Le lien entre climat et sécurité, s'il est complexe, est indéniable », a-t-il déclaré.

« Sur les vingt pays les plus touchés par les conflits dans le monde, douze font également partie des pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques », a-t-il relevé.

Il a plaidé pour la nomination d' « un ou une envoyée spéciale pour la sécurité climatique », tout comme l'Allemagne. 

L'an dernier, Berlin avait élaboré un projet de résolution prévoyant de créer un poste d'émissaire de l'ONU, mais sous la menace d'un veto des Etats-Unis, de la Russie, voire de la Chine, ce texte n'avait pas été mis au vote. 

« Il est temps de remettre un texte fort sur la table et de l'adopter », a estimé mardi le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

La prise de fonctions de l'administration américaine de Joe Biden, aux vues radicalement opposées à celles défendues par Donald Trump, devrait en effet changer la dynamique, selon des diplomates.

Cette session se tient quelques jours après le retour formel des Etats-Unis, sous l'impulsion du démocrate, dans l'accord de Paris de 2015 visant à limiter le réchauffement de la planète.

« La crise climatique est indiscutablement un sujet pour le Conseil de sécurité », a estimé John Kerry, envoyé américain pour le changement climatique. « Aucun pays ne peut régler cette crise seul, c'est exactement pour ce genre de problème que les Nations unies ont été créés », a-t-il argué.


Cloué à Washington par la pandémie, Blinken invente les «voyages virtuels»

Antony Blinken, Secrétaire d’État des États-Unis. (Photo, AFP/Archives)
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  • Dans le langage du département d'Etat, le chef de la diplomatie américaine s'est donc « rendu » vendredi matin au Mexique, pour « rencontrer» son homologue Marcelo Ebrard
  • Il a même « visité » la frontière entre El Paso, au Texas, et Ciudad Juarez, côté mexicain, où des responsables en uniforme lui ont exposé les défis de ce point de passage emblématique

WASHINGTON : « Heureux d'être "au" Mexique ! » Sur le papier, le programme a tout d'une visite officielle. Mais sur le papier seulement : cloué à Washington par la pandémie, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, dont la principale mission serait de parcourir le monde, a inventé vendredi le "voyage virtuel".

Dans le langage du département d'Etat, le chef de la diplomatie américaine s'est donc « rendu » vendredi matin au Mexique, pour « rencontrer» son homologue Marcelo Ebrard.

Il a même « visité » la frontière entre El Paso, au Texas, et Ciudad Juarez, côté mexicain, où des responsables en uniforme lui ont exposé les défis de ce point de passage emblématique – un signal fort pour démontrer que le gouvernement de Joe Biden tourne la page de la politique migratoire draconienne de Donald Trump et de son "mur" controversé.

« Nous travaillons globalement à faire en sorte d'avoir une frontière sûre, ordonnée, et humaine », a dit le ministre américain, qui a évoqué un processus qui « prendra du temps » pour que les Etats-Unis accueillent à nouveau sur leur sol les demandeurs d'asile. L'ex-président avait obtenu qu'ils restent au Mexique le temps de l'examen de leur dossier.

Antony Blinken a aussi promis de s'attaquer aux « raisons déchirantes qui poussent les gens à risquer leur vie et leur sécurité pour entrer aux Etats-Unis à tout prix ». Mais « la frontière est fermée aux migrations irrégulières », a-t-il lancé, tentant de conjuguer humanité et fermeté.

Et comme lors d'un déplacement normal, une poignée de journalistes ont été invités à « voyager » avec Antony Blinken, assistant au début des entretiens avant d'être évincés de la salle.

Sauf que... ce n'était pas un déplacement normal.

« Protéger » le personnel

Contrairement à son prédécesseur républicain Mike Pompeo, qui a continué de parcourir le monde malgré le coronavirus, le secrétaire d'Etat démocrate, bien que déjà vacciné, a décidé pour l'instant de respecter la règle gouvernementale interdisant tout voyage non « essentiel ».

Seuls de rares émissaires chargés de dossiers brûlants, comme le Yémen, sont autorisés à ce stade à se rendre sur le terrain.

Car un voyage ministériel, ce sont des dizaines de personnes impliquées –  conseillers, agents de sécurité, journalistes... Et l'administration Biden affiche son respect des règles sanitaires, en rupture avec un certain laxisme de l'ère Trump.

D'autant que certains diplomates américains en poste à l'étranger commencent à déplorer la lenteur de la vaccination.

« Afin de protéger notre personnel, dans les ambassades et ici, nous avons décidé de faire cela virtuellement pour ne pas devoir attendre le moment où il sera sûr de voyager », a expliqué à la presse la secrétaire d'Etat adjointe pour les Amériques, Julie Chung.

Elle a vanté un programme « créatif », avec « rencontre » des diplomates américains sur place, « échange » avec des étudiants... "C'est le nouveau monde dans lequel nous vivons, à travers des plateformes virtuelles", a-t-elle justifié.

Ce « nouveau monde » a ses avantages – « pas de décalage horaire », a souri le secrétaire d'Etat –  mais aussi ses inconvénients.

Alors qu'Antony Blinken, depuis les dorures du département d'Etat, drapeaux américain et mexicain derrière lui, conversait par écrans interposés, la retransmission vidéo simultanée était quasiment inaudible pour cause de grésillements fastidieux.

Après le Mexique, le secrétaire d'Etat s'est téléporté au Canada pour « rencontrer » le Premier ministre Justin Trudeau, autre voisin avec lequel le président Biden a lui-même eu mardi son premier « sommet » bilatéral virtuel.

Un format qui « empêche aux diplomates d'avoir des conversations feutrées » parfois plus fructueuses, déplore Brett Bruen. Cet ex-diplomate qui dirige un cabinet de conseil estime que l'administration Biden doit « trouver un équilibre, car renoncer aux contacts face-à-face n'est pas une alternative viable ».

Antony Blinken devrait faire d'autres vrais-faux voyages par visioconférence dans les prochaines semaines. Aucune date n'est encore fixée officiellement pour un premier déplacement en personne.


Plan de relance Biden: la Chambre vote vendredi, incertitude au Sénat

Le président américain Joe Biden monte à bord d'Air Force One à « Joint Base Andrews » dans le Maryland le 26 février 2021 (Photo, AFP)
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  • La gardienne des procédures, complexes, du Sénat, Elizabeth MacDonough, a jugé que le texte ne pouvait pas inclure la hausse du salaire minimum horaire à 15 dollars
  • Joe Biden prévoit plusieurs dizaines de milliards de dollars pour l'accélération du rythme des vaccinations et le déploiement de tests

WASHINGTON: La Chambre américaine des représentants vote vendredi soir sur le plan de relance de 1 900 milliards de dollars voulu par Joe Biden, mais après un revers de procédure au Sénat, la hausse du salaire minimum réclamée par les démocrates ne figurera certainement pas dans la version finale.   

C'est une figure méconnue du Congrès qui a bousculé jeudi soir l'avancée de ce plan titanesque, que le nouveau président américain voulait au départ voir adopté dès début février.  

La gardienne des procédures, complexes, du Sénat, Elizabeth MacDonough, a jugé que le texte ne pouvait pas inclure la hausse du salaire minimum horaire à 15 dollars, inscrite dans le projet de loi.   

Si certains progressistes s'en sont indignés, appelant à outrepasser le jugement de cette « parliamentarian », une responsable non élue, Joe Biden a fait savoir dès jeudi soir qu'il le « respectait ».   

Tout en exhortant le Congrès à « avancer rapidement pour adopter le Plan de sauvetage américain ». Et en annonçant qu'il tenterait de faire avancer séparément l'augmentation du salaire fédéral minimum, actuellement à 7,25 dollars.   

Le message aux démocrates, qui contrôlent la majorité au Congrès, est clair: le temps presse pour relancer une économie américaine durement frappée par la pandémie de Covid-19.    

Agissez « rapidement afin d'adopter cette loi pour donner aux Américains le soutien et l'aide urgents dont ils ont besoin », a écrit le Bureau de la gestion et du budget à la Maison Blanche (OMB) aux parlementaires, vendredi matin.  

Dans la soirée, la Chambre votera sur le projet de loi d'origine, qui comprend la hausse du salaire minimum jusqu'à 15 dollars par heure, d'ici 2025.   

Une mesure « nécessaire », a justifié jeudi soir la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi. « Cette disposition restera donc dans le Plan de sauvetage américain qui sera soumis au vote », dont l'heure n'a pas encore été annoncée, a-t-elle martelé.   

Dans les faits, cette décision implique une plus longue navette parlementaire.   

Compte tenu de leur majorité à la chambre basse, le plan de 1 900 milliards de dollars a de fortes chances d'y être facilement adopté. Il sera ensuite envoyé, la semaine prochaine, au Sénat, où la hausse du salaire devrait être retirée.   

S'il y est à son tour adopté, ce texte repartira à la Chambre pour un vote sur une version finale harmonisée.   

Chèques de 1 400 dollars  

Le retrait de la hausse du salaire minimum pourrait, dans les faits, faciliter l'adoption du plan de soutien. Car certains démocrates modérés étaient opposés à cette mesure.   

Or avec son infime majorité au Sénat, et l'opposition annoncée des républicains au plan Biden, le parti a impérativement besoin d'unité pour faire adopter ce projet.   

Le sénateur Bernie Sanders et d'autres démocrates progressistes étudiaient toutefois vendredi une alternative pour encourager la hausse des revenus minimum: introduire dans le vaste plan de soutien un amendement créant des pénalités fiscales pour les grandes entreprises qui payent moins qu'un « minimum vital ».   

Mais les démocrates modérés pourraient aussi s'y opposer.   

Face à l'incertitude, les grands patrons américains appellent à agir vite.  

Dans le détail, le plan Biden vise à soutenir l'économie et la lutte contre la Covid-19.   

Il prévoit plusieurs dizaines de milliards de dollars pour l'accélération du rythme des vaccinations et le déploiement de tests mais aussi 130 milliards de dollars pour aider les écoles et lycées à rouvrir malgré la pandémie.   

De nouveaux chèques d'aide d'un montant de 1.400 dollars devraient être envoyés aux Américains, selon leur niveau de revenus, et la durée de versement des allocations chômage prolongée jusqu'au 30 septembre 2021.  

Les démocrates ont promis d'adopter ces mesures avant le 14 mars, lorsque le versement d'allocations chômage prolongé dans un précédent plan d'aide cessera. 


Climat: «alerte rouge» de l'ONU sur des engagements «très loin» des enjeux

Le rapport intérimaire sur les engagements climatiques effectivement déposés dans le cadre de l'Accord de Paris "est une alerte rouge pour notre planète", insiste le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres (Photo, AFP).
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  • «En 2021, ça passe ou ça casse pour l'urgence climatique mondiale. La science est claire, pour limiter la hausse des températures à 1,5°C, nous devons réduire les émissions de 45% d'ici à 2030 par rapport à 2010» déclare Antonio Guterres
  • La planète a gagné un peu plus de 1°C pour l'instant, entraînant déjà une multiplication des événements météo extrêmes, des canicules aux tempêtes, en passant par les sécheresses et les inondations.

PARIS: Les derniers engagements climatiques déposés par les Etats signataires de l'Accord de Paris sont "très loin" des objectifs, a dénoncé vendredi l'ONU, appelant les gros pays émetteurs à passer de la parole aux actes.

"En 2021, ça passe ou ça casse pour l'urgence climatique mondiale. La science est claire, pour limiter la hausse des températures à 1,5°C, nous devons réduire les émissions de 45% d'ici à 2030 par rapport à 2010",  déclare dans un communiqué le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

Mais le rapport intérimaire sur les engagements climatiques effectivement déposés dans le cadre de l'Accord de Paris "est une alerte rouge pour notre planète", insiste-t-il.

Les quelque 200 signataires du pacte climatique de 2015 qui vise à limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle (et si possible à +1,5°C), devaient soumettre avant le 31 décembre 2020 leurs engagements révisés, appelés "contribution déterminée au niveau national" (NDC).

Mais seuls 75 pays (dont les membres de l'UE) l'ont effectivement fait, représentant seulement 30% des émissions mondiales. Selon l'ONU, l'impact combiné de ces nouvelles contributions constituerait moins de 1% de baisse des émissions d'ici à 2030 (comparé à 2010). Très loin des 45% nécessaires pour rester sous les 1,5°C comme l'ont estimé les experts climat de l'ONU (Giec).

"C'est incroyable de penser qu'alors que les nations font face à une urgence qui pourrait à terme éradiquer la vie humaine sur cette planète, et que malgré toutes les études, tous les rapports et les mises en garde des scientifiques du monde entier, de nombreux pays s'en tiennent à leur approche de statu quo", s'emporte la responsable climat de l'ONU, Patricia Espinosa, lors d'une conférence de presse.

"Les émetteurs les plus importants doivent présenter des objectifs de réductions des émissions bien plus ambitieux pour 2030 dans leurs contributions nationales bien avant la conférence climat de Glasgow (COP26) en novembre", insiste M. Guterres, alors que cette COP26 cruciale a déjà été reportée d'un an en raison de la pandémie de Covid-19.

"Choquant" 

L'ONU fera un nouveau rapport d'évaluation des NDC avant cette échéance. Beaucoup attendent d'ici là en particulier les contributions de la Chine, qui s'est engagée à la neutralité carbone d'ici à 2060 mais n'a pas déposé de nouvelle NDC, et des Etats-Unis, dont le nouveau président Joe Biden, qui a fait du climat une de ses priorités, vient de revenir dans l'accord de Paris.

La planète a gagné un peu plus de 1°C pour l'instant, entraînant déjà une multiplication des événements météo extrêmes, des canicules aux tempêtes, en passant par les sécheresses et les inondations.

Parmi les plus vulnérables à ces impacts du changement, les Etats insulaires ont dénoncé "un manque d'empressement choquant et de véritable action" des gros émetteurs. "Nous flirtons dangereusement avec la limite de 1,5°C sur laquelle le monde s'est mis d'accord. Ce sont nos petits Etats insulaires qui en paieront le prix si elle n'est pas respectée", alerte Aubrey Webson, président du groupe Aosis qui les représente, dans un communiqué.

Malgré les critiques sur les contributions combinées évaluées dans le rapport, Helen Mountford, du World Resources Institute, appelle à faire la différence entre les pays qui ont présenté "des objectifs audacieux" comme le Royaume-Uni, l'Argentine ou l'UE, "éclipsés" dans le rapport d'évaluation par ceux "qui sont à la traîne", comme le Brésil, la Russie, l'Australie ou le Mexique.

Un certain nombre de pays mettent en avant la crise sans précédent de Covid-19 pour différer leur engagement climatique. Un argument qui peut parfois être compréhensible, note Mme Espinosa.

"Mais l'urgence climatique ne s'est pas arrêtée pour la pandémie et elle ne va pas disparaître parce qu'il y a une autre urgence", insiste-t-elle, appelant à saisir l'opportunité de la relance pour accélérer la transition écologique.

"Nous ne pouvons retourner aux anciennes habitudes (...) et les gros émetteurs, en particulier les pays du G20, doivent montrer la voie".