Une exposition du British Museum s’attaque aux idées fausses sur «l’art islamique»

«Al-Sitt et ses lunettes de soleil» de Huda Lutfi, un portrait de la chanteuse Umm Kulthum. Financé par CaMMEA. (Photo fournie)
«Al-Sitt et ses lunettes de soleil» de Huda Lutfi, un portrait de la chanteuse Umm Kulthum. Financé par CaMMEA. (Photo fournie)
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Publié le Samedi 13 février 2021

Une exposition du British Museum s’attaque aux idées fausses sur «l’art islamique»

  • Une nouvelle exposition au British Museum révèle les différentes expériences d'une région aux cultures multiples
  • Au-delà de la religion, les artistes de la collection racontent des histoires personnelles, révèlent des tabous, véhiculent des expressions de nostalgie et évoquent l'exil

LONDRES: À première vue, la description d'une nouvelle exposition et du livre qui l’accompagne pour célébrer une décennie de collection d'art contemporain du British Museum au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, semble inutilement encombrant, voire évasive.

L'exposition «Réflexions: l'art contemporain du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord», écrit Venetia Porter, la conservatrice du musée d'art islamique et contemporain du Moyen-Orient, porte sur «une collection d'œuvres du British Museum… réalisées par des artistes nés ou attachés aux pays qui incluent l'Iran, la Turquie, le Liban, l'Arabie saoudite, l'Égypte et la Tunisie, des États qui appartiennent à la région connue aujourd'hui comme le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord».

En fait, loin d'être évasive, Porter fait preuve de précision et remet en question ce qu'elle considère comme le terme souvent mal utilisé «art islamique», et la perception en Occident qu'il n'y a qu'un seul récit en jeu dans une région riche avec une grande diversité culturelle, historique et autres préoccupations courantes.

Des visiteurs dans la Grande Cour après la réouverture du British Museum à Londres le 3 décembre 2020 après que l'Angleterre est sortie d'un confinement d'un mois pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus. (Photo, AFP/Archives)
Des visiteurs dans la Grande Cour après la réouverture du British Museum à Londres le 3 décembre 2020 après que l'Angleterre est sortie d'un confinement d'un mois pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus. (Photo, AFP/Archives)

«Il y a beaucoup d’incompréhension sur ce qu'est ce matériau de l'ère moderne et contemporaine», a signalé Porter au moment où le musée mettait la touche finale à une exposition qui devait ouvrir le 11 février mais qui, à cause des restrictions de la Covid-19, ne sera lancé que virtuellement.

«Certaines personnes l'appelleront art islamique contemporain ou moderne et j'ai des problèmes à ce sujet. Pour commencer, le terme «art islamique» est très compliqué. Il a été créé par des érudits occidentaux et dans une certaine mesure, nous sommes coincés avec cela maintenant.

C'est un terme «très réducteur» ou simpliste, et «l'art moderne et contemporain de cette vaste région est quelque chose qui est si éloigné de cette description», a expliqué Porter.

Parlant de l’art du Moyen-Orient ou de l’Afrique du Nord, elle admet que «ce n’est pas parfait non plus, même si j’ai le sentiment que cela lui donne un peu plus de flexibilité.»

Taysir Batniji (né en 1966), sans titre. Une aquarelle sur papier, 2016. Financé par CaMMEA. (Photo fournie)
Taysir Batniji (né en 1966), sans titre. Une aquarelle sur papier, 2016. Financé par CaMMEA. (Photo fournie)

Mais à l'avenir «peut-être ne serons-nous pas du tout obligés d'utiliser ces termes ». «Un jour, peut-être, «nous pourrons parler juste d’art»», a-t-elle confié.

Ce n'est pas la première fois que le concept d '«art islamique» moderne et contemporain fait l'objet d'un examen minutieux. En 2006, le musée d'art moderne de New York a organisé «Without Boundary: Seventeen Ways of Looking» (Sans frontières: dix-sept façons de voir les choses), une exposition de 17 artistes de diverses nationalités «qui explorent les réponses contemporaines à l'art islamique tout en posant des questions sur les problèmes d'identité et de spiritualité» et qui «travaillent en dehors des perspectives suggérées par le terme «art islamique»».

Pour la conservatrice du Musée d'Art Moderne (MoMA) Fereshteh Daftari, décrire la créativité d'une région qui s'étendait de la côte ouest de l'Afrique à l'Indonésie comme «art islamique» est similaire à «appeler l'art de tout l'hémisphère occidental en tant qu’«art chrétien contemporain».

Porter est tout à fait d'accord. Le problème avec le terme «art islamique», comme elle l'écrit dans l'avant-propos du livre accompagnant l'exposition, est qu'il «perpétue les notions d'une seule identité, impliquant une seule unité au sein d’une vaste création de l’ensemble des productions à travers cette zone géographique.

Hengameh Golestan (né en 1952), sans titre. Photographie noir et blanc imprimée sur papier fibre Epsom Exhibition, 1979, tirée en 2015. Financé par Art Fund. (Photo fournie)
Hengameh Golestan (né en 1952), sans titre. Photographie noir et blanc imprimée sur papier fibre Epsom Exhibition, 1979, tirée en 2015. Financé par Art Fund. (Photo fournie)

En fait, il y a plusieurs récits en jeu, comme le démontrent le livre et la collection d'art de la région qu'elle et le British Museum ont accumulées au cours des dix dernières années, a ajouté Porter.

Une grande partie de l'importance et de la véracité de la collection du British Museum découle des conseils offerts par les membres de son groupe d'art contemporain et moderne du Moyen-Orient (CaMMEA), un groupe de mécènes et de collectionneurs d'art dont les opinions - et les dons - ont joué un rôle important dans la sélection des œuvres rassemblées par Dr. Porter et le musée depuis 2009.

La préface du livre est rédigée par la philanthrope et collectionneuse d’art londonienne Dounia Nadar, dont le mari Sherif Nadar, fondateur et PDG de la société de gestion d’actifs Horizon Asset, est également membre du Contemporary and Modern Middle Eastern Art (CaMMEA) (L'art contemporain et moderne du Moyen-Orient). D’ailleurs, c’est la rencontre de Mme Nadar avec Porter lors de l’exposition 2006 du British Museum, sous le thème «Word into Art: Artists of The Middle East» (La parole dans l’art: Artistes du Moyen-Orient), qui a conduit à la formation du groupe en 2009.

La liste des membres qui ont soutenu le CaMMEA depuis 2009, consignée dans les remerciements à la fin du livre, se lit comme un Who's Who des riches amateurs d'art qui sont attachés à leur région.

Parmi eux, le cheikh Zayed bin Sultan bin Khalifa Al-Nahyan, petit-fils du cheikh Khalifa, président des Émirats arabes unis; le mécène des arts Sara Alireza, membre du Conseil Saoudien d’Art; et le collectionneur d'art, l’anglo-iranien Mohammed Afkhami, fondateur du cabinet de conseil financier MA Partners DMCC basé à Dubaï.

Rafa Nasiri (né en 1940 - décédé en 2013), «Une bibliothèque incendiée». Une des six sérigraphies du portfolio, 2008. Don de May Muzaffar. (Photo fournie)
Rafa Nasiri (né en 1940 - décédé en 2013), «Une bibliothèque incendiée». Une des six sérigraphies du portfolio, 2008. Don de May Muzaffar. (Photo fournie)

Les œuvres exposées, dont la plupart ont été acquises avec la collaboration des supporters du CaMMEA du musée, démontrent que l'art de la région, et les expériences des personnes qui y vivent ou dont la vie y est enracinée, sont extrêmement diversifié.

Il y a des «idées sur la poésie, la musique et la guerre. Certaines de ces œuvres examinent également les traditions de l'art islamique - telles que la calligraphie ou la peinture miniature - ou même les renversent », tandis que «d'autres racontent des histoires personnelles, révèlent les tabous, véhiculent des expressions de la foi ou de la nostalgie et évoquent l'exil », a souligné Porter.

Mais «à mesure que nous cherchons en profondeur ce qui se cache derrière l'image, et que les multiples histoires de la région sont vues à travers le prisme de l'expérience personnelle, cette réflexion se réfracte: il n'y a pas un récit mais une multitude d'histoires».

Porter a connu assez d'artistes contemporains de la région pour savoir que peu de gens choisissent d'être «catalogués» par le terme «art islamique… c'est pourquoi je ne l'utilise pas du tout dans le livre ou l'exposition, sauf pour exposer l'argument.

Monir Shahroudy Farmanfarmaian (connu sous le nom de Monir) (né en 1922 - décédé en 2019), sans titre. Marqueurs colorés et miroir sur papier, 2005. Financé par CaMMEA. (Photo fournie)
Monir Shahroudy Farmanfarmaian (connu sous le nom de Monir) (né en 1922 - décédé en 2019), sans titre. Marqueurs colorés et miroir sur papier, 2005. Financé par CaMMEA. (Photo fournie)

«Vous aurez peut-être des artistes qui peuvent se considérer comme profondément religieux et perpétuer une tradition de l'art islamique, mais je veux d'abord les entendre avant de leur mettre cette étiquette».

L'exposition témoigne du droit de tout artiste à représenter n'importe quel aspect de la condition humaine comme il l'entend, sans que son art soit étouffé par les perspectives d'une catégorisation artificielle.

Par exemple, «Nu», une œuvre à la gouache et au fusain dessinée en 1969 par l'artiste libanais Shafic Abboud, décédé en 2004, est une œuvre figurative qui doit plus à sa formation et à sa vie à Paris qu'à une quelconque influence islamique manifeste.

En revanche «Le Bouna», œuvre antérieure du même artiste, évoque un conte folklorique que lui a raconté sa grand-mère dans le village de Mhaidse, au nord-est de Beyrouth, où Abboud a passé une grande partie de son enfance.

Marwan Kassab-Bachi (connu sous le nom de Marwan) (né en 1934 - décédé en 2016), Gesichtslandschaft (paysage d’un visage). Eau-forte et pointe sèche, 1973. (Photo Fournie)
Marwan Kassab-Bachi (connu sous le nom de Marwan) (né en 1934 - décédé en 2016), Gesichtslandschaft (paysage d’un visage). Eau-forte et pointe sèche, 1973. (Photo Fournie)

L'exposition s'ouvre avec «The Accident» (L'accident), un dessin à l'encre de 2013 de l'artiste d'origine iranienne Nicky Nodjoumi, qui s'inspire de sa propre expérience d'avoir été interrogé par la police secrète iranienne dans les années 1970 à son retour dans le pays après avoir étudié à New York.

Selon le British Museum, cette œuvre, «remet en question les idées préconçues sur l'art du Moyen-Orient et met en évidence la complexité d'être un artiste de la diaspora».

Le saisissant «Al-Sitt et ses lunettes de soleil» de Huda Lutfi, né au Caire, est un portrait peint et collé du chanteur Umm Kulthum, qui comprend un verset manuscrit d'Al-Atlal (Les ruines), du poète égyptien Ibrahim Naji, et fait partie d'un ensemble d'œuvres «riches en allusions et en critiques aux problèmes culturelles et politiques de la société égyptienne contemporaine».

Peut-être l'œuvre la plus résonnante de l'exposition qui met en évidence «l'un des problèmes déterminants de notre temps», est «Natreen» (Nous attendons), un portrait de 2013 de la photographe maroco-française Leila Alaoui, des réfugiés syriens tentant de fuir la terreur de leur pays d'origine profondément divisé.

Pour Alaoui, qui a grandi à Marrakech, «le sujet de la migration et de ses impacts humanitaires était d'un intérêt primordial». Elle a été tuée en 2016, à l'âge de 23 ans, lors d'une attaque terroriste au Burkina Faso alors qu'elle travaillait sur un projet photographique sur les droits des femmes pour Amnesty International.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


A Paris, Matisse à travers les portraits de sa fille et complice Marguerite

De l'enfance à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'exposition s'appuie "sur la vaste correspondance qu'ils ont entretenue et qui révèle leur affection réciproque ainsi que la part importante prise par Marguerite dans le travail" de Matisse, souligne Isabelle Monod-Fontaine, commissaire de l'exposition avec Hélène de Talhouët et Charlotte Barat-Mabille. (AFP)
De l'enfance à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'exposition s'appuie "sur la vaste correspondance qu'ils ont entretenue et qui révèle leur affection réciproque ainsi que la part importante prise par Marguerite dans le travail" de Matisse, souligne Isabelle Monod-Fontaine, commissaire de l'exposition avec Hélène de Talhouët et Charlotte Barat-Mabille. (AFP)
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  • Ce "regard d'un père" (sous-titre de l'exposition intitulée "Matisse et Marguerite") sur l'enfant née en 1894 d'une relation éphémère avec un modèle est tendre et complice, comme en témoignent la centaine de tableaux, dessins, gravures et sculptures
  • Nombre d'entre eux sont des prêts exceptionnels de musées et collections privées de France mais aussi des Etats-Unis, de Suisse et du Japon, parmi lesquels "des dessins rarement, si ce n'est jamais montrés au public", selon le musée

PARIS: Deux grands yeux en amande et un éternel ruban noir masquant la cicatrice d'une trachéotomie: les portraits de Marguerite, fille aînée d'Henri Matisse, sont au coeur d'une rare exposition qui s'ouvre vendredi au musée d'art moderne de Paris.

Ce "regard d'un père" (sous-titre de l'exposition intitulée "Matisse et Marguerite") sur l'enfant née en 1894 d'une relation éphémère avec un modèle est tendre et complice, comme en témoignent la centaine de tableaux, dessins, gravures et sculptures montrés.

Nombre d'entre eux sont des prêts exceptionnels de musées et collections privées de France mais aussi des Etats-Unis, de Suisse et du Japon, parmi lesquels "des dessins rarement, si ce n'est jamais montrés au public", selon le musée.

De l'enfance à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'exposition s'appuie "sur la vaste correspondance qu'ils ont entretenue et qui révèle leur affection réciproque ainsi que la part importante prise par Marguerite dans le travail" de Matisse, souligne Isabelle Monod-Fontaine, commissaire de l'exposition avec Hélène de Talhouët et Charlotte Barat-Mabille.

"Après avoir été la 'gosse de l'atelier', Marguerite est devenue la secrétaire artistique de son père", poursuit Mme Monod-Fontaine devant un tableau fauve qui représente Marguerite enfant, penchée sur un livre, dans le premier atelier de l'artiste à Paris.

Plus tard, elle deviendra aussi son agent et son intermédiaire avec les collectionneurs dans la capitale française, tout en supervisant l'impression de ses gravures.

Chronologique, l'exposition propose un regard en miroir père-fille qui suit le parcours de l'artiste du fauvisme (1905-1907) jusqu'à 1945, en passant par les tableaux radicaux (1910-1917) et la période niçoise (1920-1925).

Cicatrice 

Parmi les pépites, "Marguerite au Chat noir", aux couleurs irréelles et aux formes simplifiées d'icône, "sera présenté dans toutes les grandes expositions internationales dans les années 1910, juste après ses grands tableaux de la musique et de la danse, qui choquent", souligne Charlotte Barat-Mabille.

A ses côtés, un autre portrait sur fond ocre "donné à Picasso, qui l'a toujours gardé dans son atelier, en échange d'une nature morte cubiste", souligne Mme Monod-Fontaine. Ils se considèrent chacun comme le principal interlocuteur de l'autre", ajoute-t-elle.

Jusqu'en 1920 et deux opérations salvatrices, Marguerite porte autour du cou un ruban noir. Parfois agrémenté d'un bijou, "il cache une cicatrice laissée par une trachéotomie subie à l'âge de sept ans, suite à une diphtérie, et qui l'a considérablement fait souffrir", explique la commissaire.

Intitulé "Le Thé", un rare grand format horizontal la représente en 1919, juste avant qu'elle ne se sépare définitivement de ce ruban. La jeune femme apparait assise avec une amie dans le jardin de la maison d'Issy-les-Moulineaux (banlieue parisienne), où le peintre, son épouse, leurs deux fils et elle ont emménagé en 1909 et où Matisse fera construire un grand atelier.

Un autre portrait peint à Étretat (Normandie, dans l'ouest de la France) la montre les yeux clos, se reposant après son opération.

Suivent des paysages et intérieurs niçois où l'on voit Marguerite déguisée en odalisque ou contemplant le carnaval, nimbée de couleurs vives et d'une joie de vivre retrouvée. Ou des portraits en manteau écossais signé par le styliste Paul Poiret rappelant son intérêt pour la mode.

La fille de Matisse s'essaiera d'ailleurs au stylisme ainsi qu'à la peinture avec un certain succès, comme le montrent une robe de sa création et quelques-uns de ses tableaux.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, celle-ci sera agent de liaison de la Résistance. Arrêtée à Rennes (ouest), elle sera torturée et échappera de justesse à la déportation en Allemagne nazie en août 1944.

A son retour, elle a 50 ans. Son père, qui vit à Vence (sud-est), recommence à dessiner à coups de traits minimalistes son visage familier, qui s'est assombri.

Il dessine aussi son petit-fils, Claude, né de l'union de Marguerite avec l'essayiste et critique d'art Georges Duthuit, épousé en 1923.


À Médine, l'âme trouve son salut dans la culture et la spiritualité

L'expérience Madinah Retreats se déroule généralement dans une ferme traditionnelle entourée de nature. (Photo Fournie)
L'expérience Madinah Retreats se déroule généralement dans une ferme traditionnelle entourée de nature. (Photo Fournie)
 Moatassem (à gauche), fondateur de Madinah Retreats, et Waleed (à droite), partenaire de Madinah Retreats, photographiés à Siwa, en Égypte. (Photo Fournie)
Moatassem (à gauche), fondateur de Madinah Retreats, et Waleed (à droite), partenaire de Madinah Retreats, photographiés à Siwa, en Égypte. (Photo Fournie)
L'expérience Madinah Retreats se déroule généralement dans une ferme traditionnelle entourée de nature. (Photo Fournie)
L'expérience Madinah Retreats se déroule généralement dans une ferme traditionnelle entourée de nature. (Photo Fournie)
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  • Un changement de paradigme mêle pratiques de bien-être, expéditions culturelles et expériences spirituelles.
  • M. Al-Bitar a déclaré à Arab News : « Chaque retraite que nous concevons commence par des intentions et des objectifs clairs, complétés par une histoire et un thème qui correspondent à une destination particulière.

DJEDDAH : Dans l'enceinte sacrée de Médine, l'un des sites les plus sacrés de l'islam, une nouvelle expérience de bien-être axée sur la culture propose un voyage qui intègre la spiritualité, la culture et le patrimoine.

L'inspiration derrière Madinah Retreats vient de l'expérience du fondateur, Moatassem Al-Bitar, dans l'industrie du bien-être et du tourisme spirituel en Arabie saoudite et au-delà.

Reconnaissant les principales lacunes des modèles de retraite traditionnels et tirant parti de la vision touristique de l'Arabie saoudite, il a imaginé un changement de paradigme mêlant pratique moderne de bien-être, expéditions culturelles et expériences spirituelles en un seul et même voyage. ***

Rehbah, où s'est tenue la première retraite de bien-être à Médine en 2024. (Photo Fournie)
Rehbah, où s'est tenue la première retraite de bien-être à Médine en 2024. (Photo Fournie)

Fort d'une expérience en tant que responsable du changement de culture d'entreprise et de l'engagement des personnes, M. Al-Bitar a organisé plus de 50 retraites en Arabie saoudite, en Égypte et aux États-Unis, auxquelles ont participé plus de 400 personnes.

Sa formation universitaire couvre divers domaines, notamment le comportement organisationnel, la spiritualité islamique et les études interculturelles.

Officiellement lancée en 2024 après cinq ans de préparation, l'initiative a tenu sa deuxième retraite, sur le thème « L'arrivée », au début de cette année à Médine. 

FAITS MARQUANTS

- Madinah Retreats est le fruit de l'expérience de son fondateur, Moatassem Al-Bitar, dans les secteurs du bien-être et du tourisme spirituel en Arabie saoudite et ailleurs.

- Elle associe des pratiques modernes de bien-être, des expéditions culturelles et des expériences spirituelles en un seul et même voyage.

M. Al-Bitar a déclaré à Arab News : « Chaque retraite que nous concevons commence par des intentions et des objectifs clairs, complétés par une histoire et un thème qui correspondent à une destination particulière.

Les retraites sont animées par un collectif de facilitateurs qui travaillent ensemble à la réalisation d'une intention unifiée, garantissant ainsi une expérience équilibrée et immersive. »

« L'un de nos principaux objectifs est de promouvoir différentes destinations en Arabie saoudite qui sont parfaitement idéales pour des expériences centrées sur le bien-être, en plus de leur caractère incomparable d'enrichissement culturel », a déclaré M. Al-Bitar.

« Nous cherchons à nous associer à des initiatives gouvernementales pertinentes et à des entités qui réalisent la Vision 2030 du Royaume pour le tourisme de bien-être et les expériences exceptionnelles. »

M. Al-Bitar a expliqué que chaque retraite est structurée autour de trois piliers fondamentaux : la spiritualité (pratiques méditatives et réflexion intérieure), la culture (visites de sites patrimoniaux, récits traditionnels et expériences locales) et le bien-être (pratiques basées sur le mouvement, exercices de pleine conscience et aliments curatifs).

En intégrant ces éléments dans les programmes quotidiens, Madinah Retreats propose un voyage adapté aux besoins des participants et constitue une « philosophie de l'enracinement, de la réalité et de la richesse ».

Les retraites s'adressent aux individus et aux groupes qui recherchent une véritable transformation de leur bien-être, une connexion spirituelle et un enrichissement culturel. Elles offrent un espace sûr et accueillant où les participants sont respectés dans leur cheminement unique vers la guérison.

Les récits culturels constituent également un élément essentiel, permettant aux participants d'explorer la sagesse cachée de chaque site et de comprendre les traditions locales et les pratiques historiques.

Aucune expérience préalable de la méditation ou des pratiques de bien-être n'est requise, ce qui rend les retraites accessibles à tous.

En hommage à ses racines égyptiennes, Al-Bitar étend les retraites à Siwa, en Égypte.

Médine, capitale spirituelle de l'islam, est connue sous le nom de « ville illuminée ». Elle offre une atmosphère de paix et de rajeunissement, et sa topographie et son climat diversifiés la rendent idéale pour une guérison basée sur la nature.

« Médine est largement reconnue comme une destination où le cœur est en paix, le corps rajeuni, l'esprit éclairé et l'âme enrichie », a déclaré M. Al-Bitar. « Le développement rapide de la ville et sa reconnaissance en tant que destination touristique mondiale de premier plan renforcent encore son attrait.

Les retraites à Médine se déroulent généralement dans une ferme traditionnelle entourée de nature. Les participants visitent des sites culturels et historiques, explorent la scène sociale dynamique de la ville et découvrent la cuisine locale, l'art contemporain et les traditions de la communauté.

« Pendant la retraite, nous proposons la méditation, le travail sur la respiration, l'auto-réflexion, le yoga, le tai-chi et d'autres thérapies somatiques, l'expression créative comme outil de guérison, ainsi que des repas nourrissants d'origine locale », a ajouté M. Al-Bitar.

Les pratiques somatiques guidées par des animateurs experts favorisent la prise de conscience du corps et le bien-être général.

M. Al-Bitar a déclaré : « Le contact avec la nature et les animaux a des effets thérapeutiques avérés. Les retraites de Médine intègrent des thérapies basées sur la nature et les chevaux pour aider les participants à se reconnecter à leur disposition d'origine, ce qui constitue une forme irremplaçable de guérison. »

L'oasis de Siwa, nichée dans un paysage désertique à couper le souffle, se caractérise par de vastes dunes, des affleurements calcaires saisissants et des caractéristiques géomorphologiques distinctives qui renforcent son attrait en tant que destination touristique.

« L'expansion à Siwa, en Égypte, a été inspirée par la tradition de réconciliation de l'oasis, vieille de 160 ans - l'Aïd El-Solh, une célébration de l'harmonie », a déclaré M. Al-Bitar.

« Les éléments curatifs naturels de Siwa, tels que les lacs salés, les sources d'eau chaude et les paysages luxuriants, reflètent de nombreuses qualités réparatrices de Médine. »

M. Al-Bitar a ajouté que Madinah Retreats explorera également les joyaux cachés du Royaume en organisant des retraites à Abha, Aseer, Al-Ahsa et dans d'autres lieux riches en nature curative et en patrimoine culturel.

Les prix des retraites vont de 5 000 SR (1 333 $) à 10 000 SR, en fonction de la destination, du programme, des animateurs, du transport et de l'hébergement.

Madinah Retreats applique un modèle de collaboration en s'associant à des prestataires de services, des animateurs et des experts locaux pour offrir une expérience qui reste fidèle à l'essence culturelle de chaque destination.

M. Al-Bitar a déclaré : « Notre contenu s'adresse à des personnes de tous horizons. Notre programme est spacieux et offre suffisamment de temps pour des pratiques autoguidées. Notre mode de diffusion est strictement non intrusif. »

Les participants quittent les retraites de Médine en se sentant « transformés, enrichis et connectés à leur moi le plus authentique ».

M. Al-Bitar a déclaré que l'expérience incarnait une profonde sagesse : « Vous pensez être une petite entité, mais en vous se trouve l'univers tout entier. »

Madinah Retreats propose également un modèle de retraite personnalisé pour les entreprises et les équipes, ainsi que des visites complémentaires telles que des expéditions à AlUla.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 


Les chameliers de Tabuk célèbrent l'Aïd au rythme d'Al-Hijini

Connu pour ses mélodies simples et son tempo rapide, Al-Hijini accompagne naturellement les voyageurs et les caravanes du désert. (SPA)
Connu pour ses mélodies simples et son tempo rapide, Al-Hijini accompagne naturellement les voyageurs et les caravanes du désert. (SPA)
Connu pour ses mélodies simples et son tempo rapide, Al-Hijini accompagne naturellement les voyageurs et les caravanes du désert. (SPA)
Connu pour ses mélodies simples et son tempo rapide, Al-Hijini accompagne naturellement les voyageurs et les caravanes du désert. (SPA)
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  • Le tempo des vers s'aligne sur les pas réguliers des chameaux, créant un mélange harmonieux de mots et de mouvements.
  • - Traditionnellement interprété en solo, Al-Hijini est souvent chanté de manière communautaire lors des célébrations.

TABOUK :  l'Aïd est une fête radieuse, imprégnée du parfum de la terre, du souvenir des ancêtres et de traditions profondément enracinées, transmises avec fierté d'une génération à l'autre.

Ici, où les sables s'étendent à l'infini, les chameliers connus sous le nom de hajjanah forment des processions majestueuses, offrant leurs salutations aux habitants tout en chantant Al-Hijini, une poésie qui fait vibrer le cœur, des histoires de fierté, d'amour et de loyauté, préservant ainsi l'âme du désert. 

Al-Hijini est profondément lié à la culture bédouine et sert de moyen d'expression des émotions. (SPA)
Al-Hijini est profondément lié à la culture bédouine et sert de moyen d'expression des émotions. (SPA)

Chez les habitants de Tabouk, les coutumes empreintes d'authenticité et de dignité prennent vie lors des vibrantes célébrations de l'Aïd.

Ce sont un mélange d'héritage et de vie contemporaine, ancrés dans le rythme nomade du désert. Les chameaux, spécialement parés pour l'occasion, jouent un rôle central dans les festivités ; les cavaliers s'élancent à travers les sables en chantant joyeusement des vers traditionnels.

La poésie Al-Hijini tire son nom des chameaux bien dressés utilisés pour la chevauchée et la course. Les cavaliers récitent des vers lyriques qui abordent divers thèmes de la vie, souvent axés sur le patriotisme et la romance. Le rythme correspond aux pas réguliers des chameaux, créant un mélange harmonieux de mots et de mouvement. 

Connu pour ses mélodies simples et son tempo rapide, Al-Hijini accompagne naturellement les voyageurs et les caravanes du désert. (SPA)
Connu pour ses mélodies simples et son tempo rapide, Al-Hijini accompagne naturellement les voyageurs et les caravanes du désert. (SPA)

Connu pour ses mélodies simples et son tempo rapide, Al-Hijini remonte le moral et apaise la solitude des voyageurs et des caravanes du désert. Il est profondément lié à la culture bédouine, servant de moyen d'expression des émotions, d'enregistrement des expériences quotidiennes, de transmission de la sagesse et de préservation des proverbes ancestraux.

Traditionnellement interprété en solo, Al-Hijini devient souvent un chant communautaire lors de célébrations telles que l'Aïd, la récitation collective reflétant l'unité et la solidarité des communautés du désert de Tabouk.***

Connu pour ses mélodies simples et son tempo rapide, Al-Hijini accompagne naturellement les voyageurs et les caravanes du désert. (SPA)
Connu pour ses mélodies simples et son tempo rapide, Al-Hijini accompagne naturellement les voyageurs et les caravanes du désert. (SPA)

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com