Liban: le Parlement vote la confiance au nouveau gouvernement

Cette photo diffusée par la présidence libanaise montre le Premier ministre désigné Nawaf Salam s'adressant à la presse au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 8 février 2025. (AFP)
Cette photo diffusée par la présidence libanaise montre le Premier ministre désigné Nawaf Salam s'adressant à la presse au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 8 février 2025. (AFP)
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Publié le Jeudi 27 février 2025

Liban: le Parlement vote la confiance au nouveau gouvernement

  • Le Parlement libanais a voté mercredi la confiance  au nouveau gouvernement dirigé par Nawaf Salam, qui devra mettre en oeuvre des réformes économiques et reconstruire le pays dévasté par la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, affaibli
  • Le Hezbollah, qui a longtemps dominé sans partage la scène politique libanaise y a été isolé après les revers que lui a infligés Israël

BEYROUTH: Le Parlement libanais a voté mercredi la confiance  au nouveau gouvernement dirigé par Nawaf Salam, qui devra mettre en oeuvre des réformes économiques et reconstruire le pays dévasté par la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, affaibli.

M. Salam a été chargé à la mi-janvier de former le gouvernement, après l'élection à la tête de l'Etat de Joseph Aoun, candidat favori de Washington et Ryad, permise par un changement dans le rapport de force interne.

Le Hezbollah, qui a longtemps dominé sans partage la scène politique libanaise y a été isolé après les revers que lui a infligés Israël - qui a détruit une grande partie de son arsenal et tué nombre de ses dirigeants - et la chute de son allié Bachar al-Assad en Syrie voisine.

Après deux longues sessions, 95 députés ont voté la confiance au gouvernement, 12 ont voté contre et quatre se sont abstenus, selon les résultats annoncés mercredi soir par le président du Parlement Nabih Berri.

La plupart des blocs parlementaires, dont le Hezbollah qui n'avait pas désigné M. Salam, ont voté la confiance.

Dans sa déclaration ministérielle mardi, M. Salam a promis de garantir à l'Etat le "monopole" des armes, et d'adopter une politique de neutralité, à distance des axes régionaux.

Mercredi, il a indiqué que la priorité de son gouvernement serait d'oeuvrer à "un retrait israélien total des territoires libanais".

L'accord de cessez-le-feu qui a mis fin le 29 novembre au conflit entre Israël et le mouvement chiite soutenu par Téhéran, stipule qu'Israël doit retirer ses troupes du sud du pays, le Hezbollah devant pour sa part s'éloigner de la frontière israélienne et démanteler ses infrastructures militaires.

Mais après la date butoir prévu par l'accord, Israël s'est maintenu dans cinq positions stratégiques à la frontière.

Le nouveau gouvernement s'est engagé à renforcer la souveraineté de l'État sur l'ensemble du territoire "uniquement avec ses propres forces" en vertu de l'accord de cessez-le-feu.

Formé début février, après plus de deux ans de gouvernance intérimaire, le nouveau cabinet est confronté à des défis de taille, dont la reconstruction de vastes pans du pays dévasté par la guerre avec Israël.

Il devra également lutter contre la corruption endémique dans le pays, un préalable à l'octroi d'aides financières internationales.

M. Salam a affirmé mercredi que son gouvernement mettra en place "un plan global pour la relance économique et financière" et "entamera de nouvelles négociations avec le Fonds monétaire international".


Joseph Aoun: «Une position arabe unifiée pour faire face aux défis de la région»

Badr ben Hamad al-Busaidi et Joseph Aoun. (X/@badralbusaidi)
Badr ben Hamad al-Busaidi et Joseph Aoun. (X/@badralbusaidi)
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  • M. Aoun a reçu mercredi le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr ben Hamad al-Busaidi, qui était accompagné d'une délégation diplomatique
  • «La présence d'un (front) unifié suffit à renforcer la position arabe et à lui permettre d'influer sur le cours des événements», lui a-t-il dit

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun espère que «le prochain sommet arabe extraordinaire, prévu la semaine prochaine au Caire, aboutirait à une position arabe unifiée pour faire face aux défis actuels de la région, d'autant plus qu'il vise les intérêts communs des pays arabes frères».

M. Aoun a reçu mercredi le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr ben Hamad al-Busaidi, qui était accompagné d'une délégation diplomatique.

Il a déclaré que «face aux développements au Liban-Sud, en Syrie et en Palestine, les défis sont importants et permanents et nécessitent une position arabe unifiée pour y faire face».

Il a ajouté: «La présence d'un (front) unifié suffit à renforcer la position arabe et à lui permettre d'influer sur le cours des événements.»

M. Aoun a remercié Oman pour «l'aide apportée au Liban, y compris les médicaments, le soutien médical, l'organisation de cours de formation et l'offre de bourses universitaires».

Il a également espéré que «la compagnie aérienne omanaise reprendra ses vols vers le Liban dès que possible».

Le ministre omanais a transmis les salutations du sultan Haitham ben Tariq à M. Aoun «à l'occasion de son élection à la tête de la présidence» et a souligné «les relations solides entre le Liban et Oman».

Il a également adressé à M. Aoun «une invitation officielle à se rendre à Oman et à discuter des moyens de développer et d'activer les relations bilatérales dans l'intérêt des deux pays frères».

Al-Busaidi a déclaré: «Cette visite prouve que le sultan fait du Liban une priorité et souligne la solidarité du peuple omanais avec le peuple libanais frère.»

Il a affirmé qu'«Oman envisage d'activer le travail du comité conjoint entre les deux pays, de signer des accords et des mémorandums d'entente, et d'échanger des délégations, en particulier culturelles et économiques».

Pendant ce temps, les sessions de discussion sur la déclaration ministérielle du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam ont repris au Parlement. Les députés devraient accorder un vote de confiance au gouvernement à une majorité significative.

Le député Ibrahim Mneimneh a appelé à «examiner les raisons des pertes et voir qui en a bénéficié. La règle de la responsabilité est la seule norme capable de résoudre la crise».

Le député Ghassan Skaff a déclaré que le gouvernement devait fonctionner comme un «organe fondateur» pendant une période de transition. «Bien que nous comprenions que le mandat du gouvernement ne lui permette pas d'accomplir tout ce qui a été décrit dans sa déclaration ministérielle, il est impératif que nous commencions le voyage difficile qui nous attend», a-t-il ajouté.

Le député Wael Abu Faour a demandé «la levée des immunités, la libération du système judiciaire de l'influence politique, du sectarisme et de la corruption, ainsi qu'une réévaluation du Conseil suprême pour le jugement des présidents et des ministres».

La députée Halima Kaakour a déclaré qu'elle espérait que la déclaration ministérielle ne soit pas «favorable à certains partis et intérêts influents», tandis que le député Adib Abdel Massih espère qu'elle inclura «une vision économique visant à augmenter le PIB».

Hervé Magro, ambassadeur de France au Liban, a fait part à Yassine Jaber, ministre libanais des Finances, de la volonté de son pays d'apporter un soutien technique et politique indéfectible au gouvernement et à son approche des réformes.

Selon le cabinet du ministre des Dinances, M. Magro a discuté avec M. Jaber «des mesures de réforme adoptées par le ministère et des projets de soutien existant entre le ministère et l'Agence française de développement dans le cadre de la préparation du budget 2026».

Le diplomate français a révélé «l'intérêt et l'intention du président français Emmanuel Macron de contribuer à la mise en place d'un fonds de soutien au processus de reconstruction, d'autant plus que le Liban a fait part de sa détermination à faire preuve de transparence dans ses réformes».

Pendant ce temps, des avions de reconnaissance israéliens ont survolé intensivement Beyrouth et sa banlieue tout au long de la journée.

Des frappes aériennes israéliennes ont été menées avant midi sur Jabal al-Rayhan dans le district de Jezzine. Les avions de guerre ont effectué des raids fictifs au-dessus des villages et des villes du district de Tyr et des villages frontaliers.

Mardi soir, des frappes aériennes israéliennes ont visé la ville de Janta dans le district de Baalbeck, «tuant deux personnes et en blessant trois autres», selon le ministère de la Santé.

Les victimes voyageaient dans un véhicule de transport à Chaara, dans la région de Janta, lorsqu'elles ont été visées par un drone israélien. Il s'agit d'une zone frontalière où les passages illégaux sont nombreux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban : l'armée israélienne dit avoir mené une frappe visant un membre « important » du Hezbollah

Cette vue aérienne montre les destructions dans le village d'Adaisseh, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 19 février 2025, après le retrait des troupes israéliennes. (Photo Fadel ITANI / AFP)
Cette vue aérienne montre les destructions dans le village d'Adaisseh, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 19 février 2025, après le retrait des troupes israéliennes. (Photo Fadel ITANI / AFP)
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  • « Il y a peu de temps, l'armée a mené une frappe précise et basée sur le renseignement contre un terroriste important du Hezbollah de l'unité 4400 dans la région de Qasr au Liban », a déclaré l'armée dans un communiqué.
  • L'Agence nationale d'information libanaise (ANI) a rapporté de son côté qu'un drone ennemi avait ciblé un véhicule sur la route Hermel-Qasr, faisant un mort et un blessé, dans le nord-est.

JERUSALEM : L'armée israélienne a indiqué mercredi avoir mené une frappe qui aurait visé un membre « important » du mouvement pro-iranien Hezbollah au Liban. En effet, un média officiel libanais a fait état d'un mort et d'un blessé.

« Il y a peu de temps, l'armée a mené une frappe précise et basée sur le renseignement contre un terroriste important du Hezbollah de l'unité 4400 dans la région de Qasr au Liban », a déclaré l'armée dans un communiqué.

L'Agence nationale d'information libanaise (ANI) a rapporté de son côté qu'un drone ennemi avait ciblé un véhicule sur la route Hermel-Qasr, faisant un mort et un blessé, dans le nord-est.

Cette frappe intervient après une frappe israélienne similaire la veille qui avait fait deux morts dans l'est du pays, dans la région de Janta, a indiqué l'ANI, et qui visait des « terroristes du Hezbollah » ayant été identifiés en train d'opérer au sein d'une installation de production et de stockage d'armes stratégiques du Hezbollah, selon l'armée israélienne.

Elle avait estimé que les activités sur le site ciblé mardi constituaient « une violation flagrante des accords de cessez-le-feu ».

Le Hezbollah et Israël s'accusent mutuellement de violer l'accord qui a mis fin à leur guerre le 27 novembre.

Le mouvement islamiste a été considérablement affaibli lors de ce conflit. En effet, Israël a détruit une grande partie de son arsenal et tué nombre de ses dirigeants, le laissant isolé sur la scène politique libanaise.

Après l'expiration de la date limite pour se retirer du sud du Liban, aux termes de l'accord de cessez-le-feu, Israël a maintenu sa présence dans cinq points « stratégiques » à la frontière, ce qui a été dénoncé par le Liban et le Hezbollah.


La croissance du marché halal : L'innovation au cœur des discussions lors du Forum de La Mecque

Le Makkah Halal Forum réunit des leaders du secteur venus du monde entier pour discuter des innovations, des meilleures pratiques et de la durabilité. (SPA)
Le Makkah Halal Forum réunit des leaders du secteur venus du monde entier pour discuter des innovations, des meilleures pratiques et de la durabilité. (SPA)
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  • Le marché halal est reconnu à l'échelle mondiale, selon un dirigeant d'entreprise alimentaire.
  • La certification normalisée est la clé de la confiance des consommateurs et du maintien des normes.

MAKKAH : Lors du Forum Halal de La Mecque, les participants ont partagé des idées innovantes, en particulier sur les nouvelles technologies, visant à dynamiser le secteur mondial et à consolider la position de l'Arabie saoudite en tant que leader dans ce secteur.

L'événement, qui s'est ouvert le 25 février et se terminera jeudi, se tient au Centre d'exposition et d'événements de la Chambre de commerce de La Mecque et a pour thème "Le développement durable grâce au halal".

L'événement rassemble des leaders du secteur venus du monde entier pour discuter des innovations, des meilleures pratiques et de la durabilité.

L'événement vise à relever les défis et à façonner l'avenir de l'industrie halal, avec des entreprises de 150 pays formant des partenariats stratégiques pour développer le commerce halal et soutenir les entreprises émergentes.

Le marché mondial du halal doit atteindre 7 700 milliards de dollars d'ici à 2025, le secteur de l'alimentation et des boissons halal y contribuant à hauteur de 3 300 milliards de dollars.

D'ici à 2034, le marché halal mondial devrait atteindre 9,45 billions de dollars, à un taux annuel de 12,42%, selon l'agence de presse saoudienne.

Zulfiqar Hamadani, PDG de Tanmiah Food Co, a souligné la croissance rapide de l'industrie alimentaire halal sur les marchés mondiaux, en citant la sensibilisation croissante des consommateurs et la demande d'options alimentaires durables et plus saines.

S'exprimant sur l'évolution de la perception des produits halal, M. Hamadani a mis en évidence les principaux défis et opportunités pour l'industrie.

"Le halal est le type de protéine qui connaît la croissance la plus rapide sur le marché mondial", a-t-il déclaré.

« Il y a des défis à relever, mais les consommateurs occidentaux et ceux des pays à majorité non musulmane reconnaissent déjà que les produits halal sont plus durables et plus sains », a-t-il ajouté. 

L'une des principales raisons, a expliqué M. Hamadani, est le processus d'abattage halal, qui garantit l'évacuation complète du sang de l'animal, réduisant ainsi le risque de maladies, en particulier les zoonoses.

Toutefois, il a souligné que le halal ne se limite pas à la méthode d'abattage.

M. Hamadani a appelé au renforcement du processus de certification afin d'accroître la confiance des consommateurs et de garantir la cohérence des normes halal dans le monde entier.

"La certification est la première chose à laquelle nous devons parvenir", a-t-il déclaré, invitant les chefs d'entreprise à travailler à la normalisation des réglementations.

Il a également souligné l'importance de la recherche et du développement pour moderniser les offres alimentaires halal. Traditionnellement, le halal est surtout associé aux méthodes d'abattage.

Mais il a souligné qu'il s'étendait à tous les aspects de la production alimentaire, de la ferme à l'assiette. Cela inclut le financement conforme à la charia, le traitement éthique des animaux et les pratiques agricoles durables.

Igor Marti, vice-président des marchés halal chez BRF Foods, a fait part de son point de vue sur la manière dont l'industrie halal peut s'adapter à l'évolution des demandes des consommateurs : « Dans le monde rapide d'aujourd'hui, les consommateurs recherchent la commodité sans faire de compromis sur la santé et la transparence ».

« 98% de toute l'énergie consommée par BRF Foods provient de sources renouvelables », a révélé M. Marti.

Irwandi Jaswir, doyen adjoint de l'Institut international de recherche et de formation halal de l'Université islamique internationale de Malaisie, a souligné le rôle essentiel de l'innovation et de la recherche dans l'unification des normes halal, la promotion de la durabilité et la garantie du respect de l'éthique sur le marché mondial.

S'exprimant lors de la première session du panel, "Industry Innovation for Sustainable Halal Food and Beverage", Irwandi a souligné la nécessité d'efforts de collaboration et de solutions de pointe pour relever les défis en constante évolution du secteur de l'alimentation et des boissons halal.

Yousef Khalawi, Secrétaire Général de la Chambre Islamique de Commerce et de Développement, a souligné la nécessité de mettre en place des mécanismes de contrôle et d'accréditation solides pour garantir la sécurité et la qualité des produits halal.

Il a souligné que si tout est considéré comme halal dans les pays musulmans par défaut, les complexités de la vie moderne - en particulier l'importation de produits alimentaires - exigent une vérification approfondie des ingrédients tels que les arômes, les colorants et les stabilisants utilisés dans la fabrication des aliments.

Au cours de la deuxième table ronde, Dino Selimovic, conseiller du ministre des Affaires étrangères de Bosnie-et-Herzégovine, a mis l'accent sur la diversité culturelle, ethnique et religieuse de l'Europe et a souligné le rôle de la nation dans l'introduction du mode de vie halal dans la région.

Il a noté la présence croissante de produits et de services certifiés halal, indiquant que le pays en compte désormais plus de 10 000.

Iqbal Sacranie, président du Muslim Trade Forum UK, a souligné la croissance rapide de l'économie halal au Royaume-Uni et dans toute l'Europe.

Bien que les musulmans ne représentent qu'environ 6% de la population britannique - soit 4 à 5 millions de personnes -, M. Sacranie a expliqué que cette expansion est également motivée par des considérations éthiques, de nombreux non-musulmans s'engageant de plus en plus dans des secteurs tels que la finance conforme à la charia.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com