Le Kurdistan autonome d'Irak élit son Parlement dans un climat de désillusion

Nechirvan Barzani, le président régional du Kurdistan irakien, prononce un discours après avoir voté pour les élections législatives dans un bureau de vote à Arbil, la capitale de la région autonome du nord du Kurdistan irakien, le 20 octobre 2024. (Photo de Safin HAMID / AFP)
Nechirvan Barzani, le président régional du Kurdistan irakien, prononce un discours après avoir voté pour les élections législatives dans un bureau de vote à Arbil, la capitale de la région autonome du nord du Kurdistan irakien, le 20 octobre 2024. (Photo de Safin HAMID / AFP)
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Publié le Lundi 21 octobre 2024

Le Kurdistan autonome d'Irak élit son Parlement dans un climat de désillusion

  • Dans un climat teinté de désillusion, les habitants du Kurdistan autonome dans le nord de l'Irak ont voté dimanche pour élire leurs députés au Parlement régional
  • Cependant, selon des experts, un certain désenchantement a régné au sein de l'opinion publique, dans un contexte économique morose.

ERBIL : Dans un climat teinté de désillusion, les habitants du Kurdistan autonome dans le nord de l'Irak ont voté dimanche pour élire leurs députés au Parlement régional, un scrutin législatif encore une fois dominé par les deux principaux clans politiques rivaux.

Sur les six millions d'habitants du Kurdistan, 2,9 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour élire 100 députés, dont trente femmes, en vertu d'un quota.

Les bureaux ont fermé à 18 heures, heure locale, et les résultats officiels sont attendus lundi soir, selon la commission. Aux dernières législatives régionales de 2018, la participation s'élevait à 59 %.

Les deux formations hégémoniques depuis des décennies, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) du clan Barzani et l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), du clan Talabani, ont enchaîné les meetings électoraux et mobilisé leurs réseaux partisans.

Cependant, selon des experts, un certain désenchantement a régné au sein de l'opinion publique, dans un contexte économique morose.

Autonome depuis 1991, le Kurdistan s'affiche comme une oasis de stabilité propice aux investissements étrangers en Irak, pays aux immenses richesses pétrolières.

Cependant, les militants et l'opposition y dénoncent, entre autres maux, la corruption, le climat d'affairisme, de clientélisme et la répression de toute voix dissidente.

Les législatives devaient se tenir il y a deux ans. Elles ont été reportées à quatre reprises, notamment en raison des divergences entre le PDK et l'UPK.

Le politologue Shivan Fazil a récemment souligné « une lassitude grandissante vis-à-vis des deux partis » qui se disputent le pouvoir.

« Cette dernière décennie, les conditions de vie se sont détériorées », expliquait-il à l'AFP.

Des électeurs ont aussi fustigé le versement erratique des salaires des quelque 1,2 millions de fonctionnaires de la région, illustrant également le bras de fer entre le Kurdistan et le pouvoir fédéral de Bagdad : chaque camp accuse l'autre d'être responsable des retards.

Cette année, quatre circonscriptions ont été créées pour remplacer l'unique circonscription qui recouvrait autrefois toute la région et affiner la représentation locale.

Cette réforme « pourrait conduire à une redistribution des voix et des sièges au sein du prochain Parlement », pronostique Shivan Fazil. Cependant, le PDK « pourrait encore préserver sa majorité grâce à sa discipline et cohésion internes ».

Avec 45 sièges, le PDK jouissait d'une majorité relative dans le Parlement sortant grâce à des alliances avec des députés élus via un quota réservé aux minorités chrétiennes et turkmènes.

Une fois élus, les députés voteront pour désigner les successeurs du président et du Premier ministre de la région autonome, Masrour et Nechirvan Barzani, cousins et figures du PDK.

Comme à Bagdad, la politique au Kurdistan oscille entre décisions majeures prises par consensus entre les principaux décideurs (PDK et UPK) et rivalités et dissensions, sources d'impasses et de blocages.

En soirée, le Premier ministre de Bagdad Mohamed Chia al-Soudani a salué « le succès » du scrutin, espérant voir se concrétiser les « conditions nécessaires » à la formation d'un nouveau gouvernement régional, pour soutenir le « développement » et la « stabilité ».

Dimanche, le président Nechirvan Barzani avait quant à lui espéré « former un gouvernement d'union le plus rapidement possible » après les élections.

Comprenant naguère 111 députés, le Parlement kurde a vu son nombre de sièges réduit à 100, par une décision de justice. Cinq sièges sont réservés aux minorités.

Sazan Saduala, une institutrice de 55 ans, a quant à elle opté pour le boycott, car « ce pouvoir ne peut être changé par le vote ».


Washington somme l'armée libanaise de désarmer le Hezbollah

Une photo prise dans la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre un avion de guerre israélien survolant le sud du Liban, le 28 mars 2025. L'envoyé des Nations unies pour le Liban a appelé toutes les parties à la retenue le 28 mars, après qu'Israël a mené des frappes aériennes dans le sud du Liban à la suite de nouveaux tirs de roquettes en direction d'Israël. (AFP)
Une photo prise dans la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre un avion de guerre israélien survolant le sud du Liban, le 28 mars 2025. L'envoyé des Nations unies pour le Liban a appelé toutes les parties à la retenue le 28 mars, après qu'Israël a mené des frappes aériennes dans le sud du Liban à la suite de nouveaux tirs de roquettes en direction d'Israël. (AFP)
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  • Les Etats-Unis ont indiqué vendredi qu'il était de la "responsabilité" du Liban et de l'armée libanaise de désarmer le Hezbollah, disant soutenir Israël après les bombardements dans la banlieue sud de Beyrouth
  • L'armée israélienne, qui a aussi bombardé le sud du Liban, avait appelé à évacuer une partie des habitants de la banlieue sud, cible de bombardements intenses pendant les deux mois de guerre ouverte

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont indiqué vendredi qu'il était de la "responsabilité" du Liban et de l'armée libanaise de désarmer le Hezbollah, disant soutenir Israël après les bombardements dans la banlieue sud de Beyrouth.

"Dans le cadre de l'accord de cessation des hostilités, le gouvernement libanais est responsable du désarmement du Hezbollah, et nous attendons des forces armées libanaises qu'elles désarment ces terroristes afin d'empêcher la poursuite des hostilités", a déclaré à la presse la porte-parole du département d'Etat, Tammy Bruce.

Israël a bombardé vendredi la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah, pour la première fois après quatre mois de trêve, en riposte à des tirs de roquettes qui ont visé son territoire.

L'armée israélienne, qui a aussi bombardé le sud du Liban, avait appelé à évacuer une partie des habitants de la banlieue sud, cible de bombardements intenses pendant les deux mois de guerre ouverte qui l'ont opposée au mouvement libanais, avant un fragile cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre.

"Si des attaques ont eu lieu, c'est parce que des terroristes ont lancé des roquettes sur Israël depuis le Liban. Il s'agit d'une violation de la cessation des hostilités", a poursuivi Mme Bruce, en soulignant qu'Israël devait "réagir, comme le feraient les Etats-Unis ou tout autre pays dans ce genre de situation".


Le président Trump accueille l'ambassadrice du Royaume à l'iftar de la Maison Blanche

La princesse Reema Bandar al-Saoud était parmi les ambassadeurs des pays arabes qui ont participé à l'iftar de la Maison Blanche jeudi. (X: @rbalsaud)
La princesse Reema Bandar al-Saoud était parmi les ambassadeurs des pays arabes qui ont participé à l'iftar de la Maison Blanche jeudi. (X: @rbalsaud)
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  • La princesse figurait parmi plusieurs ambassadeurs de pays arabes, dont les Émirats arabes unis, l'Égypte et la Jordanie
  • Plus tard, sur X, la princesse a remercié le président américain Trump

RIYAD: L'ambassadeur d'Arabie saoudite aux États-Unis, la princesse Reema Bandar al-Saoud, a reçu un accueil personnel de la part du président Trump lors de l'iftar de la Maison Blanche jeudi.

Lors de son discours d'ouverture, le président américain a déclaré: «Chaque jour, nous tenons nos promesses envers la communauté musulmane. Mon administration est engagée dans une diplomatie sans relâche pour forger une paix durable au Moyen-Orient, en s'appuyant sur les accords historiques d'Abraham dont tout le monde disait qu'ils seraient impossibles... Nous recherchons tous la paix pour le monde entier.»

Il a ajouté: «Alors que nous approchons de la fin du mois sacré du Ramadan, nous sommes également très honorés d'être rejoints par de nombreux amis et partenaires internationaux, dont l'ambassadeur d'Arabie saoudite aux États-Unis, une femme très, très spéciale, la princesse Reema – princesse, merci, merci, princesse.»

La princesse figurait parmi plusieurs ambassadeurs de pays arabes, dont les Émirats arabes unis, l'Égypte et la Jordanie.

Plus tard, sur X, la princesse a remercié M. Trump et a déclaré: «J'ai eu l'honneur d'assister au dîner de l'iftar organisé par @POTUS. Merci pour son aimable invitation et son geste attentionné à l'égard de la communauté musulmane. C'est un témoignage de l'esprit d'amitié et de coopération qui rassemble nos nations.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Séisme: la Première ministre thaïlandaise déclare Bangkok en état d'urgence

Dans la capitale birmane, à Naypyidaw, les routes ont été déformées sous l'effet des secousses et des morceaux de plafond sont tombés des immeubles, ont constaté des journalistes de l'AFP.  Le bilan humain n'était pas connu dans l'immédiat. (AFP)
Dans la capitale birmane, à Naypyidaw, les routes ont été déformées sous l'effet des secousses et des morceaux de plafond sont tombés des immeubles, ont constaté des journalistes de l'AFP. Le bilan humain n'était pas connu dans l'immédiat. (AFP)
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  • Un puissant tremblement de terre de magnitude 7,7 a frappé vendredi le centre de la Birmanie, un séisme dont les secousses ont été ressenties jusqu'en Chine et en Thaïlande
  • Le séisme, peu profond, s'est produit à 16 kilomètres au nord-ouest de la ville de Sagaing, vers 14H20, heure locale (06H20 GMT), a annoncé l'Institut géologique américain (USGS)

BANGKOK: La Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra a déclaré la capitale Bangkok en état d'urgence après le séisme de magnitude 7.7 qui a frappé vendredi le centre de la Birmanie.

Les fortes secousses ressenties autour de 13H30 (06H30 GMT) ont notamment provoqué l'effondrement d'un bâtiment de 30 étages en construction, piégant 43 ouvriers sur le site, dans le nord de la ville. Aucun autre bilan humain n'a encore été annoncé.

Un puissant tremblement de terre de magnitude 7,7 a frappé vendredi le centre de la Birmanie, un séisme dont les secousses ont été ressenties jusqu'en Chine et en Thaïlande où un immeuble de trente étages s'est effondré, prenant au piège une quarantaine d'ouvriers.

Le séisme, peu profond, s'est produit à 16 kilomètres au nord-ouest de la ville de Sagaing, vers 14H20, heure locale (06H20 GMT), a annoncé l'Institut géologique américain (USGS). Une réplique de magnitude 6,4 a secoué cette zone quelques minutes plus tard, selon même source.

Dans la capitale birmane, à Naypyidaw, les routes ont été déformées sous l'effet des secousses et des morceaux de plafond sont tombés des immeubles, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le bilan humain n'était pas connu dans l'immédiat.

De fortes secousses ont été par ailleurs ressenties en Thaïlande voisine, causant des scènes de panique à Bangkok où des bureaux et des magasins ont été évacués.

Un immeuble de 30 étages en construction s'est effondré dans la capitale thaïlandaise après le séisme, a déclaré un responsable de la police à l'AFP. Des recherches ont débuté pour retrouver 43 ouvriers bloqués sur le site, selon les urgentistes.

"J'ai entendu le bruit alors que je dormais chez moi, j'ai couru aussi loin que possible en pyjama hors du bâtiment," a déclaré à l'AFP Duangjai, une habitante de la deuxième ville du pays, Chiang Mai (nord-ouest), destination prisée des touristes et réputées pour ses temples.

Sai, un autre habitant de Chiang Mai, âgé de 76 ans, se trouvait dans une supérette au moment du tremblement de terre. "Je me suis précipité hors du magasin avec d'autres clients", a-t-il raconté. "C'est la plus forte secousse que j'ai ressentie de toute ma vie".

Les secousses ont également été ressenties dans le nord et le centre de la Thaïlande. A Bangkok, certains services de métro ont été suspendus.

La Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra a immédiatement annoncé la convocation d'une "réunion d'urgence", dans un message sur X.

Dégâts 

Des journalistes de l'AFP se trouvaient au Musée national de Birmanie, à Naypyidaw, lorsque s'est produit le séisme, faisant trembler les murs du bâtiment.

Des morceaux sont tombés du plafond et les murs se sont fissurés. Des employés se sont rués vers l'extérieur, certains en pleurs, alors que d'autres tentaient de joindre leurs proches par téléphone.

Le sol a vibré pendant trente longues secondes, avant de se stabiliser.

D'autres secousses ont par ailleurs été ressenties dans la province chinoise du Yunnan (sud-ouest), selon l'agence chinoise chargée des séismes, qui a enregistré une secousse de magnitude 7,9.

Les séismes sont relativement fréquents en Birmanie, où six tremblements de terre ayant atteint ou dépassé une magnitude de 7 se sont produits entre 1930 et 1956 près de la Faille de Sagaing, qui traverse le centre du pays du nord au sud.

En 2016, un séisme de magnitude 6,8 avait secoué l'ancienne capitale, Bagan, dans le centre du pays, tuant trois personnes et provoquant l'effondrement des murs des temples de cette destination touristique.

En novembre 2012, un séisme également de magnitude 6,8 avait frappé le centre du pays, faisant 26 morts et des centaines de blessés.

La faiblesse des infrastructures, l'insuffisance de services de santé, notamment dans les zones rurales, le développement anarchique des zones urbanisées ont rendu la population des régions habitées particulièrement vulnérable en cas de catastrophe naturelle, selon les experts.