Le Musée d'Art Moderne de Paris explore l'importance de la capitale française pour l'art arabe

L'exposition vise à explorer l'impact des artistes arabes sur la scène artistique française et l'influence de Paris sur leur travail. (Avec l'autorisation de Nicolas Borel)
L'exposition vise à explorer l'impact des artistes arabes sur la scène artistique française et l'influence de Paris sur leur travail. (Avec l'autorisation de Nicolas Borel)
Short Url
Publié le Jeudi 22 août 2024

Le Musée d'Art Moderne de Paris explore l'importance de la capitale française pour l'art arabe

  • Tout au long du 20e siècle, Paris est devenu un nouveau foyer pour les artistes du monde arabe
  • L'exposition vise à explorer l'impact des artistes arabes sur la scène artistique française et la manière dont Paris a influencé leur travail

DUBAÏ: Tout au long du 20e siècle, Paris est devenu un nouveau foyer pour les artistes du monde arabe. De jeunes créateurs en herbe du Levant et d'Afrique du Nord se sont installés dans la capitale française pour étudier ou se réfugier lors des bouleversements politiques survenus dans leurs pays d'origine.

L'exposition “Présences arabes: Art moderne et décolonisation: Paris 1908-1988” au Musée d'Art Moderne (MAM) propose une exploration d'une facette unique de l'histoire de l'art moderne en retraçant les liens rarement documentés entre Paris et les créateurs arabes. Organisée par Morad Montazami avec l'aide d'Odile Burluraux et de Madeleine de Colnet, l'exposition vise à explorer l'impact des artistes arabes sur la scène artistique française et la manière dont Paris a influencé leur travail.

“L'exposition a pour but de faire revivre l'histoire des artistes arabes et leurs liens avec Paris, de raconter une histoire qui n'a jamais été racontée de cette manière”, a déclaré Odile Burluraux à Arab News. “Elle montre - à travers des expositions, des acquisitions, des articles - comment les trajectoires de certains artistes arabes ont été entremêlées avec la scène artistique parisienne de l'époque. Mais elle contribuera certainement aussi à enrichir l'histoire de l'art arabe. Parce qu'elle révèle des intérêts mutuels, des curiosités, des moments partagés”.

L'exposition est organisée de manière chronologique, en commençant par 1908, l'année où le poète et artiste libanais Gibran Khalil Gibran est arrivé à Paris et l'année qui a vu l'ouverture de l'École des beaux-arts du Caire. L'exposition se poursuit jusqu'en 1988, date de la première exposition consacrée aux artistes arabes contemporains à l'Institut du monde arabe, qui avait officiellement ouvert ses portes à Paris quelques mois plus tôt, en 1987.

L'exposition présente plus de 200 oeuvres, dont plusieurs ont été rarement exposées en France, et plus de 130 artistes rarement présentés, dont les oeuvres apportent une contribution significative à l'étude des avant-gardes arabes et à l’histoire de l’art du 20e siècle. De grands artistes arabes tels que l'artiste irakien Jamil Hamoudi, le peintre algérien Baya, les artistes irakiens Dia Azzawi, Kadhim Hayder et Rafa Nasiri et l'artiste turque Fahrelnissa Zeid sont également présents.

“Au début du 20e siècle, Paris était un important empire colonial”, a déclaré Burluraux, “la langue française était parlée dans la majeure partie de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Les artistes arabes qui souhaitaient compléter leur formation artistique se rendaient à Paris pour étudier dans les écoles d'art officielles ou les ateliers”.

Paris devient alors un lieu où la modernité est une source d'inspiration, une chance aussi de s'affranchir des styles d'art enseignés dans les colonies arabes françaises.

“Paris a également été un lieu d'émancipation, d'éveil de la conscience du décolonialisme”, explique Burluraux. “C'était aussi un lieu pour se débarrasser du style orientaliste qui était encore enseigné dans leurs écoles d'origine”.

À bien des égards, comme le montre l'exposition, Paris n'était pas seulement un lieu de refuge, mais aussi un terrain propice à la découverte artistique, à l'expérimentation et à la liberté artistique.


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Short Url
  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Short Url
  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
Short Url
  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com