Législatives en France: la Nouvelle-Calédonie envoie à l'Assemblée un indépendantiste

Urne contenant des votes exprimés dans un bureau de vote au centre culturel Ko We Kara à Nouméa, dans le territoire français du Pacifique de la Nouvelle-Calédonie, lors du second tour des élections législatives françaises, le 7 juillet 2024.
Urne contenant des votes exprimés dans un bureau de vote au centre culturel Ko We Kara à Nouméa, dans le territoire français du Pacifique de la Nouvelle-Calédonie, lors du second tour des élections législatives françaises, le 7 juillet 2024.
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Publié le Dimanche 07 juillet 2024

Législatives en France: la Nouvelle-Calédonie envoie à l'Assemblée un indépendantiste

  •  Emmanuel Tjibaou est devenu dimanche le premier indépendantiste élu, depuis 1986, député de Nouvelle-Calédonie, archipel français du Pacifique sud
  • Novice en politique, Emmanuel Tjibaou se présentait pour la première fois à un mandat électif sans avoir été officiellement adoubé par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), mais avec le soutien de toutes ses composantes.

NOUMEA : Emmanuel Tjibaou est devenu dimanche le premier indépendantiste élu, depuis 1986, député de Nouvelle-Calédonie, archipel français du Pacifique sud secoué par des violences depuis la mi-mai, lors du second tour des législatives, ont affirmé dimanche les autorités locales.

Cet homme de 48 ans est le fils de l'emblématique leader kanak Jean-Marie Tjibaou, assassiné en 1989, et le frère de Joël Tjibaou, inculpé et placé en détention provisoire en juin pour son rôle présumé dans les émeutes en Nouvelle-Calédonie.

La participation a de nouveau été très forte avec 71,35% sur l'ensemble de l'archipel du Pacifique sud, contre seulement 45,15% au second tour en 2022, selon les résultats du haut-commissariat de la République, l'autorité officielle locale.

Au premier tour, dans la seconde circonscription, Emmanuel Tjibaou était arrivé en tête avec 44% des suffrages devant le loyaliste Alcide Ponga.

Il devrait siéger à l'Assemblée parmi les députés soutenus par la coalition de gauche du Nouveau Front populaire (NFP).

Novice en politique, Emmanuel Tjibaou se présentait pour la première fois à un mandat électif sans avoir été officiellement adoubé par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), mais avec le soutien de toutes ses composantes.

Dans la première circonscription de Nouvelle-Calédonie, le député loyaliste Nicolas Metzdorf (divers droite), rapporteur du projet de loi constitutionnelle sur le dégel du corps électoral dont l'examen à l'Assemblée a déclenché les violences sur l'archipel, s'est lui imposé avec 52,41% des suffrages.


Macron pour l'arrêt des livraisons d'armes à Israël utilisées à Gaza, Netanyahou s'insurge

Netanyahu dit «  honte  » à Macron et aux dirigeants qui appellent à des embargos d'armes contre Israël. (AFP)
Netanyahu dit «  honte  » à Macron et aux dirigeants qui appellent à des embargos d'armes contre Israël. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron s'est prononcé samedi pour l'arrêt des livraisons d'armes à Israël qui sont utilisées dans le conflit à Gaza
  • Netanyahu dit «  honte  » à Macron et aux dirigeants qui appellent à des embargos d'armes contre Israël

PARIS: Le président français Emmanuel Macron s'est prononcé samedi pour l'arrêt des livraisons d'armes à Israël qui sont utilisées dans le conflit à Gaza.

"Je pense qu'aujourd'hui, la priorité, c'est qu'on revienne à une solution politique, qu'on cesse de livrer les armes pour mener les combats sur Gaza", a-t-il déclaré lors d'une émission spéciale sur la radio France Inter consacrée à la francophonie.

"La France n'en livre pas", a-t-il ajouté lors de cet entretien enregistré le 1er octobre et diffusé à deux jours du premier anniversaire des massacres commis par le Hamas en Israël, points de départ de représailles israéliennes et d'une guerre meurtrière à Gaza.

Le président américain Joe Biden s'est jusqu'à présent refusé à user du levier des armes à Israël, en dehors de la suspension d'une livraison de bombes en mai.

Le Royaume-Uni a pour sa part annoncé en septembre la suspension d'une trentaine de licences d'exportation d'armes à Israël sur un total de 350, après un examen concluant à "un risque" qu'elles soient utilisées en violation du droit humanitaire international dans le conflit entre Israël et le Hamas à Gaza qui fait suite à l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien, le 7 octobre 2023.

« Ressentiment »  et « haine » 

Le président français a déploré que les lignes ne bougent pas à Gaza, malgré tous les efforts diplomatiques conduits pour obtenir un cessez-le-feu, notamment auprès d'Israël.

"Je pense que nous ne sommes pas entendus. Je l'ai redit au Premier ministre (Benjamin) Netanyahu et je pense c'est une faute, y compris pour la sécurité d'Israël demain", a souligné Emmanuel Macron.

"On le voit bien dans nos opinions publiques, on le voit de manière encore plus terrible dans les opinions publiques de la région, c'est au fond un ressentiment qui est en train de naître, une haine qui est nourrie par cela", a-t-il ajouté.


Plusieurs milliers de personnes manifestent en France en «  solidarité avec les peuples palestinien et libanais  »

A Paris, sous un soleil radieux, 5.000 manifestants, selon la police, ont défilé de la place de la République à celle de Clichy, aux cris de "Palestine vivra, Palestine vaincra" et "Gaza, Gaza, Paris est avec toi", drapeaux palestiniens, libanais et de partis politiques de gauche (NPA, Nouveau front populaire, LFI, PCF, etc.) au vent. (AFP)
A Paris, sous un soleil radieux, 5.000 manifestants, selon la police, ont défilé de la place de la République à celle de Clichy, aux cris de "Palestine vivra, Palestine vaincra" et "Gaza, Gaza, Paris est avec toi", drapeaux palestiniens, libanais et de partis politiques de gauche (NPA, Nouveau front populaire, LFI, PCF, etc.) au vent. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'est prononcé dans l'après-midi pour l'arrêt des livraisons à Israël d'armes utilisées à Gaza.
  • Mais pour Mohammed Ghili, 52 ans, un homme membre de l'association Solidarité Palestine, si "c'est une bonne nouvelle, ça arrive bien trop tard" face à ce qu'il nomme "génocide"

PARIS: Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi à Paris et dans plusieurs villes de France pour marquer leur "solidarité avec les peuples palestinien et libanais" et demander au gouvernement français d'agir davantage.

A Paris, sous un soleil radieux, 5.000 manifestants, selon la police, ont défilé de la place de la République à celle de Clichy, aux cris de "Palestine vivra, Palestine vaincra" et "Gaza, Gaza, Paris est avec toi", drapeaux palestiniens, libanais et de partis politiques de gauche (NPA, Nouveau front populaire, LFI, PCF, etc.) au vent.

Plusieurs figures politiques de l'extrême gauche, notamment les Insoumis Jean-Luc Mélenchon, Manon Aubry, Thomas Portes ou encore Manuel Bompard étaient présents. "Il faut mettre Israël au banc des nations pour faire cesser le massacre", a estimé M. Portes, interrogé par l'AFP, demandant une nouvelle fois au président Emmanuel Macron de "reconnaître l'Etat de Palestine".

Emmanuel Macron s'est prononcé dans l'après-midi pour l'arrêt des livraisons à Israël d'armes utilisées à Gaza. Mais pour Mohammed Ghili, 52 ans, un homme membre de l'association Solidarité Palestine, si "c'est une bonne nouvelle, ça arrive bien trop tard" face à ce qu'il nomme "génocide".

Pour Sanna El-Fazani, 21 ans, une étudiante égypto-libyenne en droit de la faculté parisienne d'Assas, qui a, elle aussi, connu la guerre, le problème est qu'"il y a d'autres pays qui continuent de soutenir Israël. Les Etats-Unis surtout".

Maya (elle n'a pas voulu donner son patronyme), 37 ans, chercheuse en physique franco-libanaise, est, elle, arrivée de Beyrouth il y a une semaine. Elle se dit "sidérée du traitement médiatique" de l'escalade au Liban. "On n'entend pas parler des bombardements des civils tous les jours, on n'entend pas parler de la réalité. (...) On demande des actions du gouvernement français ou des gouvernements européens."

A Lyon, un millier de personnes ont également défilé, selon la préfecture. Parmi elles, Jérôme Faÿnel, président du Collectif 69 de soutien au peuple palestinien. Pour lui, c'était l'occasion de dénoncer l'anniversaire, lundi, "d'un an de brutalité inouïe".

Flo, 22 ans, habitant de Vienne (Isère) au chômage, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, est venu manifester comme il le fait depuis un an, et pour lui, c'est un "combat": pas un "combat symbolique", mais un "combat de justice" pour les peuples palestinien et libanais.

L'angoisse

Pour Lilas Fenides en revanche, cette manifestation à Lyon, c'est une première. Rentrée du Liban en juin, où elle a passé trois ans en expatriation, cette femme de 58 ans est aujourd'hui inquiète pour ses amis restés là-bas, ses collègues, qui vivent dans "l'angoisse" et certains dans l'attente d'un vol pour rentrer.

A Toulouse, 300 manifestants ont scandé le nom de "Georges Abdallah", en référence au militant libanais pro-palestinien Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré depuis 40 ans pour complicité d'assassinat. Le 7 octobre doit être examinée sa 11e demande de mise en liberté.

"Comment mettre une décision de justice le 7 octobre ?", s’est emportée Soraya, 50 ans, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille. Elle dénonce "un parti pris" de la justice, un an jour pour jour après l’attaque sans précédent du Hamas en Israël qui a fait 1.205 morts, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité dans la bande de Gaza.

A Nantes, deux défilés regroupant en tout quelque 350 personnes, selon une journaliste de l'AFP, ont parcouru les rues du centre-ville.

A Strasbourg, les manifestants étaient 200, munis de pancartes dénonçant: "Génocide à Gaza, silence on tue" ou encore "Gaza génocide, l'Histoire nous jugera".

Ces manifestations avaient lieu alors qu'Israël vient de mener de nouveaux bombardements au Liban, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah pro-iranien, et s'apprête à commémorer lundi l'attaque du 7 octobre 2023, qui avait déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

Au moins 41.825 Palestiniens y ont été tués, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Au Liban, selon les autorités, ce sont plus de 2.000 personnes qui ont été tuées depuis octobre 2023, dont plus d'un millier depuis le 23 septembre.

 


Liban: Macron regrette les choix du Premier ministre israélien, notamment «  d'opérations terrestres »

Liban: Macron regrette les choix du Premier ministre israélien, notamment «  d'opérations terrestres »
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  • Le président français Emmanuel Macron a regretté samedi le "choix" du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'intervenir militairement au Liban
  • "Je regrette que le Premier ministre Netanyahu ait fait un autre choix (que le cessez-le-feu proposé par Paris et Washington, NDLR), ait pris cette responsabilité, en particulier d'opérations terrestres sur le sol libanais"

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a regretté samedi le "choix" du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'intervenir militairement au Liban, notamment dans des "opérations terrestres", tout en réaffirmant le droit d'Israël à se défendre.

"Je regrette que le Premier ministre Netanyahu ait fait un autre choix (que le cessez-le-feu proposé par Paris et Washington, NDLR), ait pris cette responsabilité, en particulier d'opérations terrestres sur le sol libanais", a-t-il déclaré lors de la conférence de presse de clôture du 19e Sommet de la Francophonie à Paris. La France est "en solidarité avec la sécurité d'Israël", a-t-il par ailleurs souligné, en précisant qu'il recevrait lundi les familles des victimes franco-israéliennes des attaques du 7 octobre.