Des lignes de front à Washington, la troupe musicale de l'armée ukrainienne chante l'espoir

Olha Rukavishnikova, violoniste et membre de Cultural Forces, s'échauffe avant de se produire avec d'autres membres de son équipe devant un public à Washington, DC, le 21 mai 2024. (Photo Roberto Schmidt AFP)
Olha Rukavishnikova, violoniste et membre de Cultural Forces, s'échauffe avant de se produire avec d'autres membres de son équipe devant un public à Washington, DC, le 21 mai 2024. (Photo Roberto Schmidt AFP)
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Publié le Samedi 25 mai 2024

Des lignes de front à Washington, la troupe musicale de l'armée ukrainienne chante l'espoir

  • Loin du front, les Forces culturelles se lancent aussi dans des tournées internationale, comme cette semaine aux Etats-Unis, principal soutien à l'effort de guerre de Kiev contre Moscou, rappelant au passage à quel point cette aide reste cruciale
  • La troupe comprend un joueur de bandoura, instrument à cordes traditionnel ukrainien, un pianiste de jazz et une célèbre violoniste devenue lanceuse de grenades, qui a rejoint l'unité après avoir perdu un œil au combat

WASHINGTON : Le chanteur d'opéra Iouriï Ivaskevytch a troqué son classique costume noir pour un treillis militaire lorsque la Russie a envahi son pays, l'Ukraine. Mais lorsqu'il a perdu une jambe dans l'explosion d'une mine, il est revenu à la musique pour défendre sa patrie.

A 51 ans, M. Ivaskevytch est membre des Forces culturelles, une unité militaire ukrainienne récente composée de musiciens professionnels qui se produisent pour les soldats sur les lignes de front afin de remonter le moral des troupes le temps de quelques notes.

«Grâce à nous, ils peuvent se replonger dans leur vie d'avant, ne serait-ce qu'une heure, et ressentir quelque chose de beau, des émotions positives», confie le chanteur à l'AFP. «Ils se sentent importants, qu'ils n'ont pas été oubliés».

Loin du front, les Forces culturelles se lancent aussi dans des tournées internationale, comme cette semaine aux Etats-Unis, principal soutien à l'effort de guerre de Kiev contre Moscou, rappelant au passage à quel point cette aide reste cruciale.

Le mois dernier, le Congrès américain a adopté un programme d'aide militaire à l'Ukraine de 61 milliards de dollars. Une enveloppe qui s'est faite attendre en raison de querelles politiques en pleine campagne présidentielle aux Etats-Unis, alors que les forces ukrainiennes subissaient revers sur revers par manque de munitions et de moyens.

«Nous sommes reconnaissants envers l'Amérique, au peuple américain de penser à nous, de nous soutenir», dit à l'AFP Mykolaï Sierga, le fondateur des Forces culturelles. «C'est un combat entre le bien et le mal, entre une puissance autoritaire et l'humanité».

Lors de leur premier concert à Washington, M. Ivaskevytch, vêtu d'un short kaki qui laissait voir sa prothèse, a interprété «What a Wonderful World» de Louis Armstrong et le classique napolitain «O Sole Mio».

- «J'ai compris que j'étais ukrainien» -

Pendant 40 jours, les Forces culturelles iront dans des villes américaines comme New York, Chicago ou Dallas. La troupe comprend un joueur de bandoura, instrument à cordes traditionnel ukrainien, un pianiste de jazz et une célèbre violoniste devenue lanceuse de grenades, qui a rejoint l'unité après avoir perdu un œil au combat.

Avant l'invasion le 24 février 2022, Mykolaï Sierga était la vedette d'une émission de télévision populaire en langue russe, diffusée à la fois en Ukraine et en Russie. «C'est ce jour-là que j'ai compris que j'étais ukrainien», se souvient le jeune homme de 35 ans.

M. Sierga s'est engagé dans l'armée dès le deuxième jour de la guerre et s'est retrouvé dans une brigade d'infanterie. Il s'est vite rendu compte qu'avec le stress et les traumatismes, l'insomnie gagnait de nombreux soldats.

Alors, trouvant une guitare, il a commencé à chanter pour eux. Rapidement, il s'est produit devant d'autres unités militaires.

Aujourd'hui, les Forces culturelles font officiellement partie de l'armée ukrainienne et comptent environ 80 artistes professionnels, dont la plupart ont une expérience du combat. Elles organisent une vingtaine de spectacles par jour dans toute l'Ukraine.

«Parfois, nous nous contentons de venir et d'écouter» les histoires et les doléances des soldats, raconte M. Sierga. «Cela les aide à se libérer d'une partie du poids qui pèse sur leurs épaules».

- «Leurs yeux s'illuminent» -

En juillet 2023, Iouriï Ivaskevytch retournait à son unité d'infanterie lorsqu'il a marché sur une mine russe. Son camarade s'est précipité sur lui pour le mettre à l'abri tandis qu'il hurlait de douleur. Puis sa jambe fut amputée au-dessus du genou.

En convalescence à l'hôpital, il découvre les Forces culturelles qui se présentent dans son service.

Aujourd'hui, c'est au tour de M. Ivaskevytch d'apporter du réconfort à ses compagnons d'armes sur le front. «Il y a de la colère dans leurs yeux, ils sont fatigués, ils sont loin de chez eux. C'est la guerre», lâche-t-il. Mais après l'avoir entendu chanter, «leurs yeux s'illuminent».

Ces dernières semaines, les troupes russes ont progressé dans le nord-est de l'Ukraine et le président Volodymyr Zelensky s'est plaint de la lenteur des Occidentaux à poursuivre leur aide à Kiev.

Si la Russie n'est pas arrêtée, «qu'adviendra-t-il de la liberté que les Américains et les autorités américaines défendent tant?», demande M. Ivaskevytch. «Le peuple ukrainien a fait son choix», insiste-t-il. «Alors aidez-nous».


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.


Un rare manuscrit du Coran exposé à La Mecque

Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
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  • Le manuscrit figure parmi les principales attractions de l’exposition, mettant en lumière le soin accordé par les musulmans au Saint Coran à travers les siècles

LA MECQUE : Un rare manuscrit du Saint Coran attire les visiteurs de l’exposition « Iqra », organisée par la Présidence des Affaires religieuses de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Prophète, au complexe du King Abdulaziz Endowment.

Ce manuscrit constitue l’une des principales attractions de l’exposition, illustrant l’attention et le respect portés par les musulmans au Saint Coran à travers les âges.

L’exposition présente un exemplaire rare du Saint Coran réalisé il y a plus de 1 000 ans par le célèbre calligraphe Ali bin Hilal, connu sous le nom d’Ibn Al-Bawwab. 

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Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA)

Le manuscrit est exposé aux côtés d’un index scientifique et d’une analyse de sa calligraphie et de ses enluminures, permettant aux visiteurs d’en découvrir la valeur historique et artistique, tout en retraçant l’évolution de la calligraphie arabe et de l’ornementation islamique au fil des siècles.

Le manuscrit est considéré comme l’un des plus rares manuscrits islamiques en raison de son exceptionnelle valeur scientifique, artistique et historique. Seuls deux exemplaires connus subsistent dans le monde, témoignant de la place éminente qu’occupe le Saint Coran à travers l’histoire islamique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com