Comment la crise provoquée par le coronavirus a bouleversé l’ordre urbain à travers le monde

Des Marocains, portant des masques, marchent dans une rue de la capitale Rabat, après que les autorités ont assoupli, dans certaines villes, les mesures de confinement visant à contenir la propagation du nouveau coronavirus, le 25 juin 2020. (AFP/Fichier Photo)
Des Marocains, portant des masques, marchent dans une rue de la capitale Rabat, après que les autorités ont assoupli, dans certaines villes, les mesures de confinement visant à contenir la propagation du nouveau coronavirus, le 25 juin 2020. (AFP/Fichier Photo)
Des piétons, portant des masques, se promènent au bord de l’eau près de la Tour blanche à Thessalonique le 31 octobre 2020, dans le cadre du confinement partiel d’un mois annoncé par le Premier ministre grec. (AFP/Fichier Photo)
Des piétons, portant des masques, se promènent au bord de l’eau près de la Tour blanche à Thessalonique le 31 octobre 2020, dans le cadre du confinement partiel d’un mois annoncé par le Premier ministre grec. (AFP/Fichier Photo)
La façon dont les villes du monde se sont adaptées à la pandémie de Covid-19 pourrait bien déterminer leur résilience et leur longévité, selon les experts. (AFP/Fichier Photo)
La façon dont les villes du monde se sont adaptées à la pandémie de Covid-19 pourrait bien déterminer leur résilience et leur longévité, selon les experts. (AFP/Fichier Photo)
Un homme portant un masque contemple le ciel de Dubaï à travers une fenêtre, lors de la fermeture imposée par les autorités pour ralentir la propagation du coronavirus dans cette ville des Émirats arabes unis, le 5 avril 2020. (AFP/Fichier Photo)
Un homme portant un masque contemple le ciel de Dubaï à travers une fenêtre, lors de la fermeture imposée par les autorités pour ralentir la propagation du coronavirus dans cette ville des Émirats arabes unis, le 5 avril 2020. (AFP/Fichier Photo)
Une photo prise le 18 avril 2020 montre les pyramides éclairées en bleu et affichant par projection laser le message Stay at home sur le plateau de Gizeh, près de la capitale égyptienne du Caire, à l’occasion de la Journée du patrimoine mondial, alors que le pays lutte contre la propagation de la Covid-19. (AFP/Fichier Photo)
Une photo prise le 18 avril 2020 montre les pyramides éclairées en bleu et affichant par projection laser le message Stay at home sur le plateau de Gizeh, près de la capitale égyptienne du Caire, à l’occasion de la Journée du patrimoine mondial, alors que le pays lutte contre la propagation de la Covid-19. (AFP/Fichier Photo)
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Publié le Vendredi 08 janvier 2021

Comment la crise provoquée par le coronavirus a bouleversé l’ordre urbain à travers le monde

  • Pour pouvoir émerger de la pandémie avec plus de résilience, les responsables des villes du Moyen-Orient doivent repenser les prochaines étapes
  • Pour les villes d’Asie de l’Est, l’investissement à long terme porte désormais ses fruits dans la mesure où elles comblent le fossé qui les séparait des villes occidentales

DUBAÏ: L’histoire regorge d’exemples de villes puissantes mises à genoux par des épidémies de maladies mortelles. Le nombre de victimes de la Covid-19 dans le monde reste certes minime si on le compare, par exemple, aux ravages de la peste noire au Moyen Âge. Néanmoins, l’ampleur de l’urbanisation et de l’interconnexion des économies modernes a accentué l’impact de la pandémie du coronavirus. La façon dont les différentes villes se sont adaptées à la nouvelle épidémie pourrait bien déterminer leur résilience et leur longévité.

La crise provoquée par la Covid-19 a sans aucun doute perturbé le paysage urbain dans le monde et remis en question la réputation de plusieurs villes occidentales. Pourtant, cette pandémie n’a fait qu’accélérer, à bien des égards, une tendance vers l’Est qui existait depuis bien longtemps.

Dans un rapport publié en 2020, intitulé «Nouvelles Priorités pour un monde nouveau» («New priorities for a new world»), le cabinet de conseil en gestion Kearney a analysé l’impact de la pandémie sur la vie urbaine ainsi que sur la compétitivité économique des métropoles du monde. Cette année, l’étude inclut des données provenant de 151 villes – contre 130 en 2019 – et illustre l’importance grandissante des espaces urbains au Moyen-Orient, en Chine et en Asie centrale.

Sans surprise, les conclusions du rapport pour l’année 2020 sont bien éloignées de celles des années précédentes. En effet, les villes continuent de restreindre l’entrée des visiteurs, d’annuler des événements et des festivals, et de limiter la libre circulation et la mixité sociale pour leurs citoyens afin de contenir les vagues successives du virus et ses récentes mutations.

Selon le cabinet Kearney, l’analyse des perspectives des villes mondiales (GCO) suggère que, si quelques concurrents bien établis ont maintenu leur classement pendant l’année, d’autres ont, en revanche, vu leur destin basculer – pour le meilleur ou pour le pire.

Ainsi, Londres a conservé son classement privilégié en 2020 en dépit des verrouillages répétés imposés à la capitale britannique et des incertitudes économiques liées au Brexit. Dans le même temps, pour bon nombre de villes en plein essor, notamment en Chine et au Moyen-Orient, les investissements à long terme consacrés à la gouvernance et aux infrastructures économiques commencent à porter leurs fruits, car elles comblent rapidement l’écart avec les autres villes américaines et européennes.

Abu Dhabi en est un bon exemple, puisqu’elle s’est hissée à la 7e place du classement, avec une progression de 13 points par rapport à 2019, devançant ainsi les villes de Stockholm, d’Amsterdam et de Dublin. La ville figure également en tête du classement économique en matière d’infrastructures grâce, comme l’indique le rapport, à son ouverture au secteur privé et à son engagement solide dans les partenariats entre les secteurs public et privé. Ces mesures ont stimulé le produit intérieur brut (PIB) par habitant ainsi que les investissements étrangers directs.

Dubaï peut également se réjouir puisqu’elle a gagné 16 points dans le classement pour se hisser à la 18e place en 2020, alors qu’elle était 34e en 2019 et 41e en 2018. En Asie, Singapour a reculé d’un cran et occupe désormais la 3e place, tandis que Tokyo a progressé de deux places pour se classer 4e. Bien qu’elles n’aient pas été épargnées par la pandémie, ces villes puissantes de l’Est sont prêtes pour une croissance significative dans les années à venir.

Le Dr Parag Khanna est directeur associé de FutureMap, un cabinet de conseil qui analyse les tendances de la mondialisation. Il affirme que le monde se divise désormais en deux catégories. «Les régions qui ont évolué en même temps et qui vont déterminer comment aller de l’avant et celles qui n’ont pas réussi à maintenir un plan précis», déclare-t-il à Arab News.

«Des pays comme les Émirats arabes unis, le Kazakhstan et Singapour sont tous des États qui vont sortir de la pandémie sans forcément progresser, mais qui figurent parmi les pays qui ont suivi un plan et qui réussiront à maintenir leurs bénéfices dans les années à venir.»

L’analyse du cabinet Kearney suggère que, pour sortir plus forts et plus résilients de la crise actuelle, les dirigeants des villes ont dû repenser les prochaines étapes.

Le rapport couvre quatre dimensions – le bien-être des individus, l’économie, l’innovation et la gouvernance – qui constituent des indicateurs clés de la capacité d’une ville à attirer le capital humain talentueux, à engendrer une croissance économique, à accroître la compétitivité et à assurer la stabilité et la sécurité.

Une vue aérienne montre la Ville économique du roi Abdallah (King Abdullah Economic City) et la route périphérique du Nord, désertée en raison de la pandémie de Covid-19, le premier jour de la fête de l’Aïd al-Fitr qui marque la fin du ramadan, dans la capitale saoudienne Riyad, le 24 mai 2020. (AFP/Fichier Photo)

L’étude souligne la nécessité de «créer des valeurs urbaines», ce qui signifie que, pour rester pertinentes et compétitives dans un monde postpandémique, «les villes mondiales devront concentrer davantage leurs efforts sur la création de valeur publique – c’est-à-dire une valeur centrée sur le bien commun dans tous les secteurs et toutes les couches de la société».

Parmi les grandes priorités figurent également la promotion de la «connectivité mondiale des villes» – à savoir la circulation internationale des biens, des idées et des personnes – et la «transformation de l’espace urbain» – qui impose aux dirigeants des villes la responsabilité de «relever les nombreux défis liés à l’espace physique qui ont été si brutalement dévoilés pendant la pandémie».

Selon M. Khanna, la crise provoquée par le coronavirus montre que certains pays sont tenus de ralentir et de réévaluer la situation. «L’important désormais est de redresser les villes qui existent plutôt que de construire de nouvelles villes dont nous n’aurons pas forcément besoin à l’avenir», explique-t-il.

«Aujourd’hui, lorsqu’on observe les villes, on doit se poser trois questions : Quelles sont les villes stables et prospères? Dans quelles villes les gens se regroupent-ils? Quelles villes vont attirer les jeunes talents qui peuvent se retrouver actuellement n’importe où dans le monde en raison du travail à distance?» Dubaï, Riyad, Tel-Aviv, Istanbul ou Mascate répondent-elles à ces critères?

Le cas Neom en Arabie saoudite en est un bon exemple. Avant la pandémie, le monde entier observait avec impatience l’Arabie saoudite exposer les plans de cette ville futuriste et intelligente située dans la province de Tabuk, dans le nord-ouest du pays.

Dans un article publié dans Arab News en juillet de l’année dernière, Roxana Mohammedian-Molina, directrice de stratégie chez Blend Network, une société de technologie financière basée à Londres, écrit: «La ville de Neom a l’occasion unique de devenir la principale capitale mondiale des technologies de la santé et un centre mondial pour l’innovation et la coopération dans le domaine des technologies liées à la santé et au bien-être», alors que la crise sanitaire mondiale risque de catalyser la transformation numérique dans divers secteurs.

Quant à la capitale saoudienne, pour Afshin Molavi, chercheur senior à l’école Johns Hopkins des hautes études internationales: «La ville de Riyad est en train d’adopter un grand nombre de mesures judicieuses, notamment en modernisant les infrastructures de transport et en élargissant l’offre de divertissements.»

«Si elle continue d’évoluer dans cette direction, Riyad pourrait se retrouver dans la plupart des classements des meilleures villes au cours des prochaines années.»

La pandémie semble en effet avoir accéléré une tendance qui se dessine depuis longtemps: la migration des entreprises vers l’Est, avec l’ouverture de grands centres économiques en Chine, en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient.

La montée en puissance et la prééminence manifeste de l’Orient pendant la période difficile que nous traversons peuvent également avoir un rapport avec la planification, l’allocation des ressources et le leadership manifestés dans cette région du monde.

«L’ascension de l’Est n’est pas liée à la chute de l’Ouest», précise M. Khanna. «Le gâteau économique mondial a continué de grossir pendant des siècles et pendant des décennies durant toute la période qui a suivi la guerre froide».

«L’ascension de l’Est a démarré à la seconde où les bombes atomiques ont été larguées, en 1945, quand le Japon a décidé de se réinventer en tant que pays pacifique. Par la suite, le Japon a mis exactement trente ans – de 1945 à 1975 – pour devenir la deuxième économie mondiale».

Selon M. Khanna, de nombreux pays de l’Est ont résisté à la punition sévère de la pandémie du coronavirus grâce, en partie, à une planification socio-économique solide. «Cela confirme l’importance que prendra l’Asie dans l’avenir », poursuit-il.

En ces temps de morcellement mondial, on constate également une reprise perceptible de l’activité économique à l’échelle régionale. «Il ne s’agit pas de démondialisation, mais d’un renforcement de la coopération régionale», précise M. Khanna.

«Ce n’est pas un hasard si la réconciliation avec le Qatar se produit aujourd’hui, si les relations entre Israël et les EAU se normalisent ou si le récent Partenariat économique régional global (RCEP) – le grand accord commercial qui vient d’être conclu en pleine pandémie – se concrétise. C’est parce que les Chinois, les Japonais, les Vietnamiens, les Thaïlandais et les Coréens comprennent que, dans un futur proche, ils vont commercer bien plus entre eux qu’à travers les vastes océans.»

Rien d’étonnant donc, comme le conclut le rapport de Kearney, si les villes qui émergent dans le classement sont celles qui, depuis bien longtemps, innovent pour l’avenir, adhèrent à des plans solides, et renforcent leurs liens régionaux en prévision de la route cahoteuse qui les attend.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Après Itamar Ben Gvir, le ministre israélien Bezalel Smotrich interdit de territoire en France

Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. (Photo d’archives/AFP)
Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. (Photo d’archives/AFP)
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  • La France interdit l’entrée au ministre israélien Bezalel Smotrich en raison de ses positions en faveur de l’annexion de la Cisjordanie et de la recolonisation de Gaza
  • Cette décision s’ajoute à celle visant Itamar Ben Gvir et à des sanctions contre des colons violents

PARIS: Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, qui "promeut activement l'annexion de la Cisjordanie" et "revendique ouvertement" la "recolonisation de Gaza", est interdit d'accès au territoire français, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

C'est le deuxième membre du gouvernement israélien visé par une telle mesure après le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, autre figure de l'extrême droite, interdit d'entrer sur le sol français depuis le 23 mai, après la diffusion d'une vidéo de militants de la "flottille pour Gaza" agenouillés et mains liées.

"Bezalel Smotrich promeut activement l'annexion de la Cisjordanie, qu'il revendique ouvertement, la création de nouvelles colonies en Cisjordanie, la recolonisation de Gaza, l'effondrement économique de l'Autorité palestinienne et ses conséquences délétères sur la population palestinienne: c'est une politique que ne peut accepter l'écrasante majorité de la communauté internationale, fermement attachée à la solution à deux Etats", a écrit M. Barrot sur X.

"Quatre responsables d'organisations de colons et 21 colons violents" sont également interdits de territoire français, a-t-il ajouté.

M. Barrot indique par ailleurs avoir pris "de nouvelles sanctions contre les responsables de l'intensification de la colonisation et des violences en Cisjordanie" conjointement avec le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège, sans détailler ces mesures ni préciser les personnes visées.

Ces cinq pays avaient déjà annoncé le 10 juin 2025 interdire leurs territoires aux ministres Ben Gvir et Smotrich, les accusant d'"incitation à la violence" contre les Palestiniens, en particulier en Cisjordanie. Le gouvernement israélien avait alors dénoncé ces sanctions, les jugeant "scandaleuses".

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé dans ce territoire en marge de la guerre de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.

Depuis lors, au moins 1.080 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.

Dans le même temps, d'après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.


Téhéran réplique après des frappes américaines sur l'Iran répondant à un hélicoptère abattu

Le drone ayant effectué le sauvetage était un Corsair de l’US Navy, un navire maritime autonome de 7,3 mètres fabriqué par Saronic. (Saronic)
Le drone ayant effectué le sauvetage était un Corsair de l’US Navy, un navire maritime autonome de 7,3 mètres fabriqué par Saronic. (Saronic)
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  • L’Iran a frappé des bases américaines au Bahreïn et en Jordanie après des raids américains près du détroit d’Ormuz
  • L’escalade régionale se poursuit malgré les discussions de paix, faisant monter les prix du pétrole

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d'Ormuz, dans un nouvel embrasement régional après la destruction d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

Le président américain Donald Trump avait assuré mardi matin être proche d'un "très, très bon accord" pour mettre fin aux hostilités ouvertes le 28 février, évoquant un délai de "deux à trois jours". Mais cet optimisme a été douché plus tard dans la journée quand il a annoncé qu'un hélicoptère américain Apache avait été abattu par l'Iran et promis une réponse appropriée.

Tôt mercredi, l'Iran a annoncé des attaques contre des bases américaines abritées par le Bahreïn et la Jordanie. Et au Koweït, l'armée a dit faire face à "des cibles aériennes hostiles" sans préciser leur provenance.

En Jordanie, les Gardiens de la révolution iraniens ont dit avoir "visé et détruit quatre cibles majeures, notamment des groupes de chasseurs F35 sur une base aérienne et le centre de commandement militaire américain" d'Azraq, l'armée jordanienne annonçant avoir abattu cinq missiles iraniens.

A Bahreïn, des combattants de cette armée idéologique iranienne ont, eux, annoncé avoir procédé à "une attaque de drones contre la Ve flotte" américaine. Peu après, les sirènes d'alerte ont retenti dans ce pays du Golfe.

Les Gardiens ont justifié leur opération par des attaques américaines conduites dans la nuit sur Jask, Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran dans le détroit d'Ormuz toujours bloqué. Celles-ci ont "endommagé un pylône de télécommunications à Sirik et détruit deux réservoirs d'eau dans la ville", ont-ils précisé.

Des médias iraniens avaient signalé plus tôt plusieurs séries d'explosions au niveau du détroit, stratégique pour le transport mondial d'hydrocarbures.

L'armée américaine y a frappé "des installations de défense aérienne, des postes de contrôle au sol et des sites de radars de surveillance iraniens" près du détroit, selon un communiqué du Commandement central pour le Moyen-Orient (Centcom) des forces américaines.

Le Commandement américain a présenté ces frappes comme des mesures "en légitime défense" et de façon "proportionnée" en réponse à la destruction d'un hélicoptère Apache de l'armée américaine.

Celui-ci survolait lundi le détroit d'Ormuz lorsqu'il a été abattu par l'Iran, selon le président Trump.

Ces nouveaux échanges de feu ont fait repartir à la hausse les prix du pétrole. Le baril de WTI, référence américaine du brut, prenait 0,74% à 88,85 dollars, mercredi vers 02H30 GMT.

- Accord en attente -

Le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a semblé vouloir minimiser l'incident impliquant l'hélicoptère.

"Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques (...) la meilleure solution est qu'elles partent", a-t-il souligné sur X. "Nous préférons le langage diplomatique, mais nous parlons aussi d'autres langues."

Après l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les attaques réciproques entre l'Iran et Israël avaient repris dimanche et lundi, tuant trois personnes dont deux militaires et blessant 15 personnes en Iran, selon la télévision d'Etat.

M. Trump avait exhorté les deux pays à cesser "immédiatement" les hostilités. Le chef de l'Etat américain cherche à sortir de ce conflit impopulaire aux Etats-Unis, qu'il a déclenché au côté d'Israël le 28 février.

Téhéran avait d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'avait ensuite imité.

- Appel israélien à évacuer Tyr -

L'Iran exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient englobe la fin des hostilités sur le front libanais, où s'affrontent depuis le 2 mars son allié libanais du Hezbollah et Israël.

Dans le sud du Liban, Tyr et ses environs sont pilonnés sans relâche par l'armée israélienne.

Les bombardements ont fait au moins 11 morts mardi, selon les autorités libanaises.

Pour la première fois depuis le début des affrontements entre Israël et le mouvement chiite, l'armée israélienne a appelé tous les habitants à évacuer Tyr, y compris ceux du quartier chrétien.

"Le quartier chrétien est désormais vide à 99%", a rapporté à l'AFP Walid al-Tawil, du conseil municipal.

Le Hezbollah a, lui, revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban - qui n'ont pas fait de blessés selon l'armée israélienne.

L'armée a par ailleurs rapporté avoir abattu dans le nord d'Israël un homme accusé d'avoir tiré sur des soldats après avoir traversé la frontière depuis le Liban.


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.