Cette «Bidenflation» qui colle aux semelles du président américain

Ces derniers mois Joe Biden, qui affrontera le républicain Donald Trump en novembre, savourait le relatif retour au calme sur le front de l'inflation. (AFP)
Ces derniers mois Joe Biden, qui affrontera le républicain Donald Trump en novembre, savourait le relatif retour au calme sur le front de l'inflation. (AFP)
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Publié le Samedi 13 avril 2024

Cette «Bidenflation» qui colle aux semelles du président américain

  • Mercredi, le département du Travail américain a fait état d'un rebond de l'inflation et vendredi, l'université du Michigan a constaté une baisse de la confiance des consommateurs
  • La droite accuse Joe Biden d'avoir alimenté la flambée de prix avec sa politique de relance par la dépense publique

WASHINGTON: Il voudrait parler de "Bidenomics" mais c'est la "Bidenflation" qui lui colle aux semelles: en campagne pour un second mandat, le président américain bute à nouveau sur le coût élevé de la vie, qui parasite les succès de sa politique économique.

Le haut niveau des prix plombe sa popularité et le budget des familles américaines depuis l'été 2021, tout en brouillant son image d'enfant de la classe moyenne, attentif aux soucis du quotidien.

Ces derniers mois Joe Biden, qui affrontera le républicain Donald Trump en novembre, savourait le relatif retour au calme sur le front de l'inflation.

Mais cette semaine a été une suite de mauvaises nouvelles pour le démocrate.

Mercredi, le département du Travail américain a fait état d'un rebond de l'inflation et vendredi, l'université du Michigan a constaté une baisse de la confiance des consommateurs.

"Il y a une inquiétude sur le fait que le ralentissement de l'inflation touche à sa fin", explique pour l'AFP Joanne Shu, qui pilote l'étude mensuelle, très suivie, de cette université sur le moral des ménages.

De quoi rendre nerveux les proches du démocrate de 81 ans, jusqu'à Ron Klain, son ancien "chief of staff", poste le plus stratégique de la machine présidentielle américaine.

Biden et ses ponts

"Je pense que le président passe trop de temps à parler de ponts", ce qui n'a rien de "très intéressant", et pendant ce temps, "vous allez au supermarché, et les oeufs et le lait coûtent cher..." a-t-il déploré récemment, selon Politico.

Grands chantiers de ponts, donc, et de diverses infrastructures aux quatre coins du pays, implantations d'usines, emploi au beau fixe, croissance solide... La Maison Blanche a tenté, avec un succès mitigé, de donner un nom à cette ère de relance: les "Bidenomics."

Cette vision résolument optimiste ne prend pas, quand de nombreuses familles américaines peinent à remplir leurs chariots de supermarché, accumulent les découverts bancaires et doivent puiser dans leur épargne.

"Nous avons un plan" pour gérer l'inflation, a assuré Joe Biden jeudi, en référence à diverses mesures de pouvoir d'achat qu'il a lancées, sur le prix des médicaments ou sur le logement.

Sa stratégie consiste aussi à critiquer les grandes entreprises, qui selon lui accumulent des "profits record" sur le dos des consommateurs.

Cette parade sera-t-elle politiquement efficace, face à une opposition conservatrice qui l'étrille sans relâche sur le sujet des prix?

"Tous les Américains ressentent les effets (de l'inflation). Les Etats-Unis ne pourront pas supporter quatre années de plus de cette gestion désastreuse", a déclaré jeudi sur X un élu républicain du Colorado, Doug Lamborn.

Le prix des oeufs 

"La manière dont l'inflation évoluera d'ici à l'élection présidentielle pourrait peser lourdement sur le résultat", commente Ryan Sweet, économiste chez Oxford Economics.

La droite accuse Joe Biden d'avoir alimenté la flambée de prix avec sa politique de relance par la dépense publique, et s'appuie sur des exemples aussi concrets qu'imparables.

Le prix des oeufs, par exemple, déjà évoqué par Ron Klain. Juste après l'investiture de Joe Biden, en février 2021, ce composant incontournable du "breakfast" des Américains se vendait 1,60 dollars la douzaine, contre 3 dollars en février dernier. Près du double, donc.

L'inflation collante retarde une possible baisse des taux de la banque centrale américaine.

La Fed, qui donne le la pour les banques, a pour mission de garder les prix sous contrôle. Si elle baisse ses taux, elle nourrit l'inflation, puisque les ménages seront plus disposés à consommer à crédit.

Voilà donc les Américains face à une vie chère, et à des taux d'intérêt élevés, qui les forcent à remettre à plus tard leurs projets immobiliers, par exemple.

Ce n'est pas la première fois que Joe Biden peine à trouver le ton juste sur le coût de la vie.

Lorsque l'inflation a réellement flambé en 2021, il lui avait fallu des semaines voire des mois pour cesser d'y voir un phénomène "transitoire".

Face à une poussée des prix jamais vue depuis trente ans, le président américain avait fini par promettre, à l'automne 2021, d'en faire une "priorité absolue".


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.