A Angoulême, un poney redonne le sourire aux sans-abri

Marie Pessi (à droite), propriétaire de Syoux et monitrice d'équitation, s'entretient avec des sans-abri et un membre de l'association de médiation sociale Omega (en gilet vert) lors d'une maraude à Angoulême, dans le sud-ouest de la France, le 27 mars 2024 (Photo, AFP).
Marie Pessi (à droite), propriétaire de Syoux et monitrice d'équitation, s'entretient avec des sans-abri et un membre de l'association de médiation sociale Omega (en gilet vert) lors d'une maraude à Angoulême, dans le sud-ouest de la France, le 27 mars 2024 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 01 avril 2024

A Angoulême, un poney redonne le sourire aux sans-abri

  • «Syoux aide à faciliter la communication avec les personnes SDF et parvient à leur faire oublier la rue quelques instants»
  • La jeune femme a lancé la première «maraude poney» en février 2024 avec l'association Omega

ANGOULÊME: "Je suis venu pour la soupe et le poney". Ils sont trois sans-abri rassemblés autour de Syoux, ponette de 18 ans, dans un parc d'Angoulême. L'association Omega expérimente, pour la deuxième fois, une maraude en présence de l'animal.

"Syoux aide à faciliter la communication avec les personnes SDF et parvient à leur faire oublier la rue quelques instants, le temps d'un moment convivial", explique Lucie Calou, 22 ans, et médiatrice sociale au sein de cette association qui vient notamment en aide aux personnes à la rue.

La jeune femme a lancé la première "maraude poney" en février 2024 avec l'association Omega. L'idée lui est venue "autour d'un verre" partagé avec sa coach d'équitation Marie Pési, propriétaire de Syoux, qui emmène sa ponette faire le tour des Ehpad de la région depuis 2020.

Mercredi soir, Marie Pési a garé son van sur le tarmac du parc de Fregeneuil. Nathalie, habituée des maraudes d'Omega, est déjà là. Elle est venue voir la ponette et boire un café chaud. "Elle a une bien meilleure dentition que moi !", lâche-t-elle, hilare, nourrissant Syoux d'une carotte.

En brossant Syoux à l'aide d'une étrille, Nathalie fait le point sur sa situation avec Lucie Calou et sa collègue Céline Ménéghini, toutes deux vêtues du gilet vert fluo de l'association.

«Ca nous fait du bien»

Rico est, lui aussi, venu passer un moment aux côtés de Syoux, qu'il a déjà rencontrée en février. "Comment vas-tu, ma belle ?", lui lance-t-il, comme s'il saluait une vieille amie.

Rico a le regard doux, la moustache bien fournie, et les traits fatigués d'une personne en errance. "Ca nous fait du bien de voir des animaux. On ne les trouve qu'à la campagne, sauf quand des animaux de ferme sont exposés dans le centre-ville pour Noël. Mais il y a trop de monde, je n'aime pas ça", confie-t-il, cannette de bière à la main.

"Tu veux boire un coup?", demande-t-il à Syoux. "Vas-y, tu peux lui donner", rétorque Marie Pési, "c'est bon pour le poil !".

La jeune femme de 22 ans est monitrice d'équitation au Centre équestre des Eaux Claires situé à Vœuil-et-Giget, au sud d'Angoulême. Elle est devenue propriétaire de Syoux lorsqu'elle était enfant, pour participer à des compétitions équestres.

Quand la ponette est devenue trop âgée pour être montée, Marie Pési a voulu mettre Syoux au service des autres, en commençant par les résidents en Ehpad.

"On dirait qu'elle a fait ça toute sa vie ! Elle s'adapte aux lieux et aux gens qu'elle rencontre", s'enthousiasme la monitrice, qui tient à développer son projet de thérapie par le cheval. En effet, la jument pie balzan se laisse caresser sans broncher et effectue volontiers un tour de parc guidée par ceux qui le souhaitent, le pas énergique.

"Certains sans-abri que l'on suit sont de vrais caïds, mais deviennent calmes en présence de Syoux", affirme Céline Ménéghini.

"La thérapie par le cheval apprend la gestion des émotions, de la violence, la gestion des consommations aussi", renchérit Lucie Calou. "Cela permet également un travail sur l'affectif et l'estime de soi, en montrant que l'on est capable de prendre soin d'un animal", continue-t-elle.

Omega compte continuer les maraudes avec le poney une fois par mois, afin de permettre au public visé de passer un moment de douceur et d'apaisement, loin des galères quotidiennes de la rue. Lucie Calou et Marie Pési aimeraient même, à long terme, organiser des cours d'équitation pour les personnes sans-abri.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
Short Url
  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Short Url
  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
Short Url
  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».