Une catastrophe sanitaire exacerbe la crise humanitaire à Gaza

Des Palestiniens blessés attendant d'être soignés à l'hôpital Al-Shifa à Gaza, le 16 décembre 2023  (Photo, AFP).
Des Palestiniens blessés attendant d'être soignés à l'hôpital Al-Shifa à Gaza, le 16 décembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 12 mars 2024

Une catastrophe sanitaire exacerbe la crise humanitaire à Gaza

  • Des scènes apocalyptiques se déroulent dans les rares hôpitaux et cliniques encore en activité dans l'enclave
  • De nombreux médecins et infirmiers ont fui, ont été blessés ou tués lors des combats

DUBAÏ: Les enfants gisent en rangées sur les sols des hôpitaux et sur les trottoirs devant des cliniques bondées, attendant désespérément l'attention de médecins épuisés. Nombre d’entre eux sont recouverts de poussière, mêlée au sang et aux larmes, et leurs blessures non traitées risquent de s'infecter à mesure que le temps passe.

Dans le même temps, des hommes et des femmes recherchent frénétiquement leurs proches disparus ou implorent les médecins pour obtenir des soins médicaux, tandis que des mères bercent des nourrissons mourants. Avec la pénurie de matériel médical, nombre d’entre eux sont bandés avec des morceaux de tissu de fortune.

Privés d'antiseptiques et même d'eau propre, les médecins se voient contraints de pratiquer des opérations et des amputations sans disposer d’équipements stérilisés, ce qui entraîne des infections pour lesquelles il n'y a pas d'antibiotiques. Ces scènes infernales se déroulent dans les rares hôpitaux et cliniques en activité à travers la bande de Gaza, qui subit des mois de bombardements et de siège effectif depuis qu’Israël a lancé sa riposte à l'attaque menée par le Hamas le 7 octobre.

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 Les enfants palestiniens souffrant de malnutrition reçoivent des soins dans un centre de santé à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 5 mars 2024. (AFP)

«Il y a encore des patients et des victimes qui doivent être opérés, mais qui ne peuvent pas l'être faute d’équipements, de médicaments anesthésiants, et de groupes électrogènes dans ces hôpitaux», déclare Hisham Mhanna, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) basé à Rafah, à Arab News.

«C'est un tel désastre, c'est une catastrophe

Cette situation tragique se produit alors que les médecins et les infirmières ont fui, ont été blessés ou même tués lors des bombardements. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), seuls 30% des professionnels de la santé de Gaza sont encore en activité, nombre d'entre eux étant au bord de l’épuisement.

«Ils sont confrontés aux victimes qui affluent aux urgences après les frappes aériennes», indique M. Mhanna. «Ils s'ajoutent aux centaines de milliers de patients et de groupes vulnérables, notamment les patients atteints de cancer, les personnes handicapées, les femmes enceintes et les personnes atteintes de maladies chroniques.»

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Une mère palestinienne réconforte ses enfants alors qu'ils attendent d’être pris en charge à l'hôpital dans la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 octobre 2023. (AFP)

Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, près de 30 900 Palestiniens ont été tués, 70 500 ont été blessés et 7 000 sont portés disparus depuis le début des violences. Face à un tel carnage, le système de santé local est sous pression.

Le 18 février, l'OMS a déclaré que l'hôpital Nasser à Khan Younès, la plus grande ville du sud de Gaza, où les combats se poursuivent, n'était plus fonctionnel.

«L'hôpital européen de Gaza est le seul hôpital fonctionnel capable de fournir des services de santé avancés tels que les chirurgies, les soins intensifs et les radiographies», déclare Jessica Moussan, porte-parole du CICR basé à Dubaï, à Arab News.

«Il existe quelques autres hôpitaux partiellement fonctionnels qui ont reçu quelques équipements.»

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 Une photo des dégâts à l'hôpital Nasser et dans les environs à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 février 2024. (AFP)

À la fin du mois de janvier, le CICR a averti: «Gaza est sur le point de subir une paralysie médicale totale sans une action urgente pour préserver les services.»

Dans un communiqué, William Schomburg, chef du bureau du CICR à Gaza, indique: «Chaque hôpital de la bande de Gaza est surchargé et manque cruellement de fournitures médicales, de carburant, de nourriture et d'eau. De nombreux d’hôpitaux accueillent des milliers de familles déplacées. De plus, nous risquons de perdre deux autres installations à cause des combats. L'impact cumulatif sur le système de santé est dévastateur et des mesures urgentes doivent être prises.»

Quelques chiffres:

- 30 900: Le nombre de Palestiniens tués à Gaza depuis le 7 octobre, selon les autorités sanitaires locales.

- 1,3%: La proportion de la population de Gaza d’avant la guerre, soit 2,3 millions, tuée dans le conflit.

- 70 500: Le nombre de personnes enregistrées comme blessées, bien que le véritable chiffre soit probablement beaucoup plus élevé.

Seulement 9 des 36 établissements de santé de Gaza sont encore opérationnels, et nombreux sont ceux qui fonctionnent partiellement, tous étant surchargés bien au-delà de leur capacité initiale. La présence de familles déplacées campant dans les enceintes des hôpitaux, pensant y être en sécurité contre les bombardements israéliens, ne fait qu’aggraver la situation.

«Même les hôpitaux qui continuent de fonctionner luttent quotidiennement avec un affluximportant de victimes, sans compter la pression causée par les milliers de familles de déplacés internes qui se retrouvent dans les hôpitaux», souligne Hisham Mhanna.

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 Des Palestiniens courent se mettre à l’abri à proximité de dépouilles après une frappe aérienne israélienne près de l'hôpital Kamal Adwan à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le 22 novembre 2023. (AFP)

Le déplacement massif de quelque 85% des 2,3 millions d'habitants de Gaza vers des camps de réfugiés surpeuplés a rendu la population, en particulier les jeunes enfants, très vulnérable aux maladies d'origine hydrique, mettant ainsi une pression supplémentaire sur les services de santé déjà sous tension.

Par ailleurs, la propagation de maladies causées en temps de guerre est en hausse, précise M. Mhanna.

«À certains moments, les égouts inondaient les hôpitaux. Il n'y a également aucune intimité, et les gens ne peuvent pas se permettre d'acheter de la nourriture.»

«Leur priorité est d’acheter de la nourriture plutôt que des articles d'hygiène, générant ainsi un environnement propice pour une crise de santé publique avec la propagation de maladies d'origine hydrique telles que le choléra. Nous avons aussi des cas d'hépatites, de varicelles et degrippes, en raison du froid qu’il fait ici.»

En outre, ceux qui souffrent de maladies chroniques telles que les maladies cardiaques, le diabète et le cancer, sont privés d’accès aux traitements et aux thérapies essentielles depuis le début de la crise, sans oublier ceux qui ont besoin de physiothérapie et de soutien en matière de santé mentale, qui sont confrontés aux mêmes difficultés.

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Des enfants blessés lors d'une frappe israélienne sont transportés en urgence à l'hôpital Al-Shifa à Gaza le 15 octobre 2023. (AFP)

Parmi les plus vulnérables, on compte les femmes enceintes et les nouveau-nés, qui n’ont pasaccès aux sages-femmes, aux chirurgiens et aux incubateurs, ainsi qu'aux analgésiques et aux antiseptiques, ce qui rend les complications encore plus probables.

Les critiques affirment que ces destructions massives sont la preuve que les attaques israéliennes sont disproportionnées et ne parviennent pas à limiter le nombre de victimes civiles. «Les hôpitaux, censés être des sanctuaires... se sont souvent transformés en pièges mortels», soulignele groupe de surveillance israélien Physicians for Human Rights dans un rapport publié en février.

Le gouvernement israélien affirme que son armée ne vise ni les civils ni les hôpitaux et accuse le Hamas de mener des opérations militaires et de lancer des roquettes depuis des zones résidentielles densément peuplées.

Les responsables israéliens ont également contesté les affirmations d'une crise alimentaire croissante à Gaza. Un responsable, récemment cité par Bloomberg, a déclaré «qu'il n'y a pas de pénurie de nourriture ou d'eau dans la bande de Gaza pour le moment», et «ce n'est tout simplement pas vrai que la famine menace».

Les organisations humanitaires affirment que les restrictions imposées par l'armée israélienne sur la quantité d'aide humanitaire autorisée à entrer à Gaza ont conduit à une malnutrition généralisée, rendant la tâche des médecins encore plus difficile faute de ressources suffisantes pour traiter cette situation.

Malgré les mises en garde répétées des agences d'aide concernant une famine imminente, plusieurs habitants de Gaza auraient succombé à la famine.

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Les organisations humanitaires affirment que les restrictions imposées par l'armée israélienne sur la quantité d'aide humanitaire autorisée à entrer à Gaza ont conduit à une malnutrition généralisée (AFP)

Dans le nord de Gaza, où près de 300 000 personnes seraient restées, quelque 16% des enfants de moins de deux ans souffraient de malnutrition aiguë en janvier, selon les données des Nations unies. L'organisation a signalé un taux de déclin nutritionnel «sans précédent» parmi les habitants de Gaza.

Les groupes d'aide opérant dans la zone affirment qu'il est devenu presque impossible de livrer des fournitures en raison des inspections et des formalités administratives imposées par l'armée israélienne, ainsi que des combats en cours et de l'effondrement total de l'ordre public.

Même lorsque l'aide parvient à être livrée, des foules de Palestiniens désespérés se ruent sur les convois avant que l'aide puisse être distribuée et rationnée aux plus vulnérables. Ces rassemblements ont entraîné des bousculades, causant davantage de décès et de blessures.

L'un de ces incidents, survenu le 29 février, au cours duquel plus de 100 Palestiniens qui s'étaient précipités sur un convoi d'aide ont été tués – nombre d'entre eux ayant apparemment été abattus par les forces israéliennes – a incité les États-Unis à larguer 38 000 rations alimentaires par avion dans l'enclave le 2 mars.

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Un homme pleure à l'hôpital Al-Shifa de Gaza, près des corps des Palestiniens tués lors d'un incident survenu tôt le matin, lorsque des résidents se sont précipités vers des camions d'aide, le 29 février 2024. (AFP)
 

Dans un communiqué publié lundi, le porte-parole du département d'État, Matthew Miller, a déclaré que les États-Unis s’efforçaient d’augmenter la livraison d'aide humanitaire aux civils de Gaza «par tous les moyens possibles», notamment en multipliant les largages aériens, car «la situation est tout simplement intolérable».

«Les gens ont désespérément besoin de nourriture et d'eau», déclare M. Miller. «Les parents sont confrontés à des choix impossibles quant à la manière de nourrir leurs enfants. Nombreux sont ceux qui ne savent pas d'où viendra le prochain repas, ou s'il viendra tout court.»

Bien que les largages aériens apportent une aide dont ils ont désespérément besoin, Hisham Mhanna a relevé que de nombreuses caisses parachutées atterrissaient dans des endroits dangereux où elles étaient souvent prises d'assaut par des foules désespérées, engendrant accidents, blessures et bagarres.

«Ces largages aériens sont notre dernier recours pour fournir de l'aide», précise-t-il. «Nous les avons vus atterrir sur les toits, dans les rues. Et dès qu’ils touchent le sol, les gens se précipitent pour être les premiers à atteindre l’aide, se battant parfois pour y accéder.»

«C'est pourquoi le cessez-le-feu est plus urgent que jamais. Nous avons besoin de ces espaces sûrs pour accéder à l'aide humanitaire.»

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L'ONU a déclaré que près de 16% des enfants de moins de deux ans dans le nord de Gaza souffrent de malnutrition aiguë, selon les données de janvier. (AFP)

Bien que l’instauration d’un cessez-le-feu soulagerait le fardeau des blessures supplémentaires et que l’acheminement d'une aide supplémentaire permettrait aux secouristes de sauver davantage de vies, la reconstruction du système de santé de Gaza prendra probablement des années.

En effet, même si le conflit devait prendre fin maintenant, 8 000 personnes de plus pourraient encore mourir au cours des six prochains mois en raison de la crise sanitaire, selon un rapport de la London School of Hygiene and Tropical Medicine et du Johns Hopkins Center for Humanitarian Health.

«Même en cas de cessez-le-feu, le système de santé et ses travailleurs ne pourront pas se rétablirrapidement», précise M. Mhanna. «Les travailleurs de la santé sont exsangues depuis des mois. Je ne vois pas comment ils pourraient répondre à des besoins aussi importants.»


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.


Olivier Cadic : « Les relations entre la France et l’Arabie saoudite n’ont jamais été aussi denses »

Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
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  • En visite à Riyad, le sénateur des Français établis hors de France souligne l’accélération des échanges entre Paris et le Royaume, les opportunités offertes par Vision 2030 et le rôle stabilisateur de l’Arabie saoudite dans la région
  • La transformation de l’Arabie saoudite ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises, notamment dans l’intelligence artificielle, les infrastructures, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme et l’économie numérique

RIYAD : Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et président du groupe d’amitié interparlementaire France–Pays du Golfe, Olivier Cadic a effectué une nouvelle visite en Arabie saoudite à la tête d’une délégation parlementaire française composée notamment des sénateurs Nathalie Delattre et Rémy Pointereau. À l’issue de ses rencontres avec les autorités saoudiennes, il revient sur la transformation du Royaume, l’état des relations franco-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Olivier Cadic, l’Arabie saoudite figure aujourd’hui parmi les pays qui se transforment le plus rapidement au monde. « Il s’agit de ma neuvième visite en Arabie saoudite en onze ans. Ce qui me frappe à chaque déplacement, c’est la rapidité de la transformation du pays », confie-t-il à Arab News en français.

Le sénateur souligne particulièrement les changements observés à Riyad, où les projets de développement se multiplient dans le cadre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon lui, cette stratégie de modernisation « insuffle un souffle de modernité accéléré » et traduit une volonté claire de diversification économique, d’innovation et d’ouverture sur le monde.

Au cours de sa visite, Olivier Cadic a insisté sur la solidité du partenariat franco-saoudien, qu’il qualifie d’exceptionnel.

« Les relations entre la France et l’Arabie saoudite sont excellentes et n’ont jamais été aussi denses », affirme-t-il. Selon le sénateur, cette proximité repose sur une confiance mutuelle et sur des convergences de vues concernant plusieurs dossiers régionaux majeurs.

Il rappelle également l’importance de la solidarité entre partenaires dans les moments difficiles. « J’ai souhaité rappeler que la France n’oublie pas les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime. Dans les moments difficiles, les partenaires doivent pouvoir compter les uns sur les autres. »

Selon Olivier Cadic, Paris et Riyad partagent notamment leur soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, leur préoccupation face à la perspective d’une acquisition ou d’un usage d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran, ainsi que leur volonté de voir le Liban retrouver sa pleine souveraineté et la Syrie renouer avec la stabilité.

« Plus largement, la France et l’Arabie saoudite défendent le multilatéralisme, le respect du droit international et de l’intégrité territoriale des États », souligne-t-il.

Sur le plan économique, le sénateur estime que les perspectives de cooperation entre la France et l’Arabie saoudite sont particulièrement prometteuses.

Les secteurs des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, du tourisme, de la culture et de la formation figurent parmi les domaines les plus porteurs.

« La diversification de l’économie saoudienne crée de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises, qui disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces secteurs », explique-t-il.

Les mégaprojets lancés dans le cadre de Vision 2030 offrent également de nouvelles perspectives dans les infrastructures de transport, la gestion durable de l’eau, les énergies décarbonées, la santé et les technologies numériques.

Olivier Cadic met aussi en avant l’émergence de nouveaux axes de coopération à forte valeur ajoutée. « Les coopérations entre la France et l’Arabie saoudite s’étendent désormais à de nouveaux secteurs, notamment les industries culturelles et créatives, l’intelligence artificielle, mais aussi l’e-sport », observe-t-il.

Pour le sénateur, les projets liés à l’économie numérique et à la jeunesse illustrent parfaitement la capacité des deux pays à construire ensemble des partenariats innovants et tournés vers l’avenir.

Parmi les éléments les plus marquants de cette mission, Olivier Cadic évoque avant tout l’état d’esprit qu’il a observé auprès des responsables saoudiens et des jeunes générations.

« J’ai été particulièrement impressionné par la confiance qui anime les responsables saoudiens et la jeunesse du pays. On ressent une véritable volonté de construire l’avenir et de réussir la transformation engagée », confie-t-il.

Le sénateur souligne également la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et salue « l’hospitalité saoudienne », ainsi que les efforts entrepris pour valoriser le patrimoine culturel du Royaume et développer son attractivité touristique.

Cette dynamique de coopération devrait continuer à se renforcer dans les années à venir. Selon Olivier Cadic, les échanges bilatéraux se sont considérablement intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites officielles entre les deux pays. Le sénateur rappelle notamment qu’une délégation saoudienne a été accueillie en France en 2025.

« Le rôle des groupes d’amitié parlementaires est précisément de nourrir ce dialogue dans la durée et de favoriser l’émergence de nouvelles coopérations, qu’elles soient économiques, culturelles ou institutionnelles », souligne-t-il.

Interrogé sur la situation actuelle dans le Golfe, Olivier Cadic estime que l’Arabie saoudite joue un rôle central dans une région confrontée à de nombreux défis sécuritaires et géopolitiques.

« Le Golfe évolue dans un environnement régional particulièrement complexe », note-t-il, faisant référence aux tensions liées au conflit israélo-iranien.

Dans ce contexte, il considère que le Royaume s’affirme comme un acteur stabilisateur, privilégiant les solutions diplomatiques et les initiatives favorisant la paix régionale. Son poids économique, politique et diplomatique en fait, selon lui, « un acteur incontournable de l’équilibre régional ».

Enfin, Olivier Cadic a tenu à adresser un message à la communauté française vivant et travaillant en Arabie saoudite.

« J’adresse un message de confiance à nos compatriotes établis en Arabie saoudite », déclare-t-il. « Ils participent pleinement au rapprochement entre nos deux pays et contribuent au rayonnement de la France. »

Le sénateur estime que les perspectives offertes par le Royaume sont considérables et que les relations franco-saoudiennes disposent encore d’un potentiel de développement exceptionnel.

« Plus que jamais, les Français présents dans le Royaume sont des passerelles entre nos deux nations et des acteurs précieux de cette coopération d’avenir », conclut-il.