Ukraine: la Russie touche Odessa, Zelensky réclame des systèmes de défense aérienne

Un habitant local regarde les travaux de sauvetage sur le site d'un immeuble à plusieurs étages lourdement endommagé, suite à une attaque de drone russe, à Odessa, le 2 mars 202. (Photo, AFP).
Un habitant local regarde les travaux de sauvetage sur le site d'un immeuble à plusieurs étages lourdement endommagé, suite à une attaque de drone russe, à Odessa, le 2 mars 202. (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 03 mars 2024

Ukraine: la Russie touche Odessa, Zelensky réclame des systèmes de défense aérienne

  • En Ukraine, une frappe russe sur un immeuble de neuf étages dans la ville portuaire d'Odessa, sur la mer Noire, a entraîné dans la nuit de vendredi à samedi la mort de huit personnes
  • Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent plusieurs étages d'un immeuble complètement effondrés

KIEV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réitéré samedi son appel à ses alliés occidentaux pour la fourniture de plus de systèmes de défense aérienne, et plus rapidement, après des attaques russes qui ont fait au moins 11 morts, dont huit à Odessa.

L'un de ses partenaires clés, l'Allemagne, doit faire face à une crise imprévue, après que son ministère de la Défense a confirmé "l'interception" d'échanges entre des officiers discutant d'éléments confidentiels concernant la guerre.

En Ukraine, une frappe russe sur un immeuble de neuf étages dans la ville portuaire d'Odessa, sur la mer Noire, a entraîné dans la nuit de vendredi à samedi la mort de huit personnes, dont deux enfants de trois ans et quatre mois, selon un responsable régional. Huit personnes ont par ailleurs été blessées, dont deux enfants, selon les secours.

"Ces attaques n'ont aucun sens militaire (...) Il s'agit de terreur, qui vise exclusivement à détruire des vies, à intimider", a dénoncé le président Zelensky.

"C'est effrayant", a déploré auprès de l'AFP une habitante du quartier, Natalia. "Les dégâts sont importants, il y a des vitres brisées, des voitures...".

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent plusieurs étages d'un immeuble complètement effondrés.

«Renforcer le bouclier aérien»

Parallèlement, trois personnes ont été tuées dans des bombardements russes dans les régions de Kherson, Kharkiv et Zaporijjia, selon les autorités.

"Le retard dans la fourniture d'armes à l'Ukraine, de systèmes de défense aérienne pour la protection de notre peuple conduit, malheureusement, à de telles pertes. L'Ukraine ne demande rien de plus que ce qui est nécessaire pour protéger la vie", a souligné M. Zelensky, en jugeant "impossible à comprendre" les "jeux politiques internes ou les différends (entre les pays) partenaires (de Kiev) qui limitent (sa) défense" face à la Russie.

Après plus de deux ans de guerre, le dirigeant ukrainien exhorte quotidiennement ses alliés occidentaux de livrer l'assistance militaire plus rapidement, réclamant notamment des munitions, davantage de systèmes de défense aérienne et des avions de combat.

Or, l'aide américaine est toujours bloquée au Congrès du fait de l'opposition entre républicains et démocrates, et les Européens, dont les capacités de production sont limitées, tardent à livrer les obus promis ces derniers mois.

La victoire face à la Russie "dépend de vous", avait lancé il y a quelques jours Volodymyr Zelensky à ses alliés occidentaux.

Dans ce contexte de forte pression, l'Allemagne a promis samedi une enquête après la diffusion en Russie d'échanges confidentiels entre plusieurs officiers allemands sur des livraisons d'armes à l'Ukraine, "une affaire très grave" selon le chancelier Olaf Scholz.

Une membre de la coalition gouvernementale a estimé que Moscou, en diffusant ses enregistrements, cherchait à "intimider" l'Allemagne pour qu'elle continue à refuser de livrer des missiles de longue portée Taurus réclamés par Kiev.

Poussée russe

Selon le ministre ukrainien de la Défense, Roustem Oumerov, la moitié des armes occidentales promises à Kiev sont livrées avec du retard.

Ce problème s'ajoute à la fatigue des soldats engagés sur le front, marqués par deux ans d'une guerre éreintante, face à une armée russe plus nombreuse.

Les forces de Kiev ont, semble-t-il, mené leur propre attaque de drone dans la nuit de vendredi à samedi, qui a endommagé un immeuble résidentiel de Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie située à environ 1.000 kilomètres de la frontière avec l'Ukraine.

La garde nationale russe a indiqué que "le crash d'un drone" était la cause "probable" de l'incident, qui a conduit à l'évacuation d'"une centaine de personnes".

Les autorités municipales avaient assuré plus tôt qu'aucune victime n'avait été recensée.

Le Comité d'enquête russe a, de son côté, affirmé, dans un communiqué, que l'une de ses équipes travaillant dans la région frontalière de Briansk avait été attaquée par des drones ukrainiens, faisant un blessé.

Sur le front, les forces russes ont, elles, grignoté du terrain ces derniers jours, s'emparant de plusieurs petits villages du Donbass (est) et forçant les Ukrainiens à réorganiser leurs lignes de défense dans la zone.

"La situation sur le front reste difficile, mais contrôlée", a jugé samedi le commandant en chef ukrainien, Oleksandre Syrsky, à l'issue d'une visite des troupes engagées sur le front.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.