Avant le vote sur l'Otan, la Suède et la Hongrie renforcent leur coopération militaire

Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson et son homologue hongrois et hôte Viktor Orban donnent une conférence de presse conjointe dans le bureau du Premier ministre hongrois au monastère Carmelita à Budapest, en Hongrie, le 23 février 2024 (Photo, AFP).
Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson et son homologue hongrois et hôte Viktor Orban donnent une conférence de presse conjointe dans le bureau du Premier ministre hongrois au monastère Carmelita à Budapest, en Hongrie, le 23 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 23 février 2024

Avant le vote sur l'Otan, la Suède et la Hongrie renforcent leur coopération militaire

  • Le Premier ministre Viktor Orban, dernier à barrer la route de l'alliance atlantique à Stockholm, a dévoilé ce contrat à l'occasion de la visite très attendue de son homologue suédois à Budapest
  • Stockholm avait annoncé sa candidature à l'Otan en mai 2022, dans la foulée de l'invasion russe de l'Ukraine, en même temps que la Finlande, devenue en avril 2023 le 31e membre de l'Alliance

BUDAPEST: La Hongrie a annoncé vendredi l'achat de quatre avions de combat à la Suède, affichant une volonté de coopération militaire renforcée trois jours avant le vote prévu au parlement hongrois pour permettre au pays nordique d'adhérer à l'Otan.

Le Premier ministre Viktor Orban, dernier à barrer la route de l'alliance atlantique à Stockholm, a dévoilé ce contrat à l'occasion de la visite très attendue de son homologue suédois à Budapest.

"Aujourd'hui, nous avons conclu un accord pour ajouter quatre avions à la flotte de chasseurs-bombardiers Gripen des forces de défense hongroises", en plus des 14 déjà exploités en leasing, a-t-il déclaré en conférence de presse.

Le dirigeant nationaliste a salué "l'étape importante d'un long processus (...) pour rebâtir la confiance".

"La conversation a été constructive", a estimé de son côté le Premier ministre suédois Ulf Kristersson. "Nous ne sommes pas d'accord sur tout, mais nous sommes d'accord pour travailler plus activement ensemble quand nous avons un terrain d'entente", a-t-il ajouté.

«Sceau final»

Plus tôt dans la journée, Viktor Orban, qui aura soufflé le chaud et le froid durant des mois, avait confirmé que le parlement hongrois "apposerait lundi le sceau final sur le traité" d'adhésion de la Suède à l'Otan.

Candidate depuis le printemps 2022, la nation nordique a eu une route bien plus accidentée que prévu.

Pour contourner l'obstacle hongrois, il aura fallu au gouvernement suédois faire un geste et répondre à l'invitation lancée en janvier par Viktor Orban, afin de renouer des liens, mais sans "négociations" ni "exigences" sur le dossier de l'Otan, avait bien précisé Stockholm auparavant.

M. Orban, qui se démarque dans l'UE en maintenant seul des liens bilatéraux étroits avec le Kremlin, a donné de longue date son soutien de principe à la candidature suédoise, mais traînait jusqu'ici des pieds.

Fragilisé par un scandale politique interne et forcé dans l'Union européenne à se montrer plus conciliant sur l'Ukraine, il est en outre sous pression de ses alliés pour laisser enfin la Suède profiter de l'accord de défense.

Une délégation bipartisane de sénateurs américains en visite à Budapest il y a quelques jours avait appelé la Hongrie à remplir ses engagements. Le gouvernement avait refusé de la recevoir.

«Dénigrement»

Viktor Orban a dénoncé à plusieurs reprises l'attitude de "dénigrement" de Stockholm à l'égard de son gouvernement, accusé de dérive autoritaire. De telles inquiétudes sur l'Etat de droit et la corruption ont poussé Bruxelles à geler des milliards d'euros de fonds à Budapest.

La Hongrie avait promis de ne pas être le dernier pays à donner son feu vert mais finalement, elle s'est fait devancer par le parlement turc, qui a lui approuvé en janvier l'adhésion après 20 mois de tractations.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a mené un bras de fer exigeant d'abord de la Suède une série de réformes et posant ensuite comme condition la vente simultanée d'avions de chasse F-16 américains.

Pour satisfaire les exigences d'Ankara, la Suède a réformé sa Constitution et adopté une nouvelle loi antiterroriste, la Turquie accusant la Suède de mansuétude envers des militants kurdes réfugiés sur son sol, considérés pour certains comme terroristes par Ankara.

Stockholm avait annoncé sa candidature à l'Otan en mai 2022, dans la foulée de l'invasion russe de l'Ukraine, en même temps que la Finlande, devenue en avril 2023 le 31e membre de l'Alliance.

Les deux pays voisins ont ainsi rompu avec des décennies de neutralité ayant suivi la Seconde Guerre mondiale, puis de non-alignement militaire depuis la fin de la Guerre froide.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"