A Gaza, la pénurie de médicaments aggrave les souffrances des Palestiniens

Le ministère de la Santé du Hamas à Gaza a signalé cette semaine une "pénurie de médicaments, de fournitures médicales, et une incapacité à fournir plus de 60% des médicaments de base pour les soins de santé primaires" (Photo, AFP).
Le ministère de la Santé du Hamas à Gaza a signalé cette semaine une "pénurie de médicaments, de fournitures médicales, et une incapacité à fournir plus de 60% des médicaments de base pour les soins de santé primaires" (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 16 février 2024

A Gaza, la pénurie de médicaments aggrave les souffrances des Palestiniens

  • Le ministère de la Santé du Hamas à Gaza a signalé cette semaine une pénurie de médicaments
  • Quelque 350 000 personnes atteintes de maladies chroniques n'ont pas de médicament

RAFAH: Mohamed Khader parcourt les pharmacies de Rafah à la recherche de trois médicaments pour son père et sa sœur, mais se heurte à une grave pénurie qui sévit dans la bande de Gaza assiégée et dévastée par la guerre.

"C'est la cinquième pharmacie que je visite (...). Je n'ai trouvé qu'un seul médicament. Mon père a un tympan perforé à cause des bombardements et a très mal", raconte à l'AFP ce déplacé de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, qui a trouvé refuge à Rafah, à l'extrême sud du territoire palestinien, près de la frontière avec l'Egypte.

"Ma sœur souffre de lupus érythémateux disséminé et a besoin de quatre types de traitement, mais un seul est disponible. Son état se détériore rapidement, elle souffre énormément et nous ne pouvons rien faire", déplore-t-il.

Le ministère de la Santé du Hamas à Gaza a signalé cette semaine une "pénurie de médicaments, de fournitures médicales, et une incapacité à fournir plus de 60% des médicaments de base pour les soins de santé primaires".

Quelque 350.000 personnes atteintes de maladies chroniques n'ont pas de médicament, a-t-il ajouté, mettant en garde contre "des complications graves pour les patients".

Dans sa pharmacie à Rafah, Mohamed Sahwil évoque une situation "catastrophique": "Il y a un manque de médicaments, en particulier pour les maladies chroniques (...), et une pénurie de médicaments pour les enfants, les antibiotiques et même les analgésiques".

"Même les médicaments de remplacement qui pourraient aider dans certaines situations sont épuisés depuis plusieurs mois", souligne ce pharmacien.

Propagation des maladies 

Dans une autre officine, le pharmacien Abdelhadi Dahir s'excuse auprès d'un homme en quête de médicaments pour la maladie de Parkinson, tandis qu'une femme repart déçue de ne pas trouver son traitement.

"Il y a un très grand besoin de médicaments, surtout avec la propagation des maladies et des épidémies en raison de la surpopulation, la malnutrition et les conditions de vie", explique-t-il.

De nombreuses personnes présentent "des symptômes d'hépatite virale, c'est grave mais nous ne pouvons rien faire car il n'y a pas de médicaments et nous ne pouvons pas intervenir sans les consignes des médecins", ajoute-t-il.

Rafah abrite aujourd'hui environ 1,4 million de personnes, soit plus de la moitié de la population de la bande de Gaza, dans des conditions humanitaires et de vie désespérées, avec un risque élevé de propagation de maladies, selon l'ONU.

Le strict blocus imposé à la bande de Gaza par Israël depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007 a été durci depuis le début de la guerre. Un siège total a été imposé au territoire palestinien, où Israël est en guerre contre le Hamas en représailles à l'attaque sans précédent menée par le mouvement islamiste le 7 octobre sur le sol israélien.

L'aide humanitaire est insuffisante pour répondre aux besoins de la population menacée par la famine et les épidémies.

Le ministère de la Santé à Gaza a averti que la densité des populations déplacées et le froid avaient "augmenté la propagation des maladies respiratoires, cutanées et d'autres maladies infectieuses", dont l'hépatite virale.

«Nous mourons lentement»

Dans l'ouest de Rafah, plus de deux cents personnes font la queue devant la pharmacie de l'hôpital koweïtien. "Nous attendons des heures pour obtenir un comprimé. Ils nous donnent un analgésique car il n'y a pas d'antibiotiques ni de traitements", relate Jihane al-Qouqa, arrivée tôt le matin. "Les enfants sont malades et les personnes âgées".

Cette femme déplacée de Khan Younès, au nord de Rafah, explique que son "mari souffre d'hypertension et de diabète et sa jambe est enflée", mais "nous ne pouvons pas obtenir de médicaments".

Amputé de la jambe, Abdallah Al-Hajj est assis sur un fauteuil roulant: "Il n'y a aucune pharmacie à Rafah où trouver un analgésique pour que je puisse dormir la nuit", se lamente-t-il.

Le système de santé s'effondre davantage chaque jour depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, où seuls 15 des 36 hôpitaux fonctionnent au moins partiellement, la plupart dans le sud, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et 13 sur 36 établissements fonctionnent avec une capacité limitée.

Les hôpitaux sont "insuffisamment approvisionnés", s'est alarmé mercredi le docteur Rik Peeperkor, représentant de l'OMS dans les territoires palestiniens occupés, affirmant que le personnel était obligé de procéder à des amputations, faute de moyens pour soigner les patients.

Nabil al-Othmani (60 ans) vient quotidiennement chercher son médicament pour l'épilepsie, en vain: "On me dit qu'il n'est pas du tout disponible", déplore-t-il, en larmes.

"Nous mourons lentement (...) à cause du manque de médicaments", résume Mohammed Yaghi, déplacé de Gaza-ville.


Israël annonce des frappes imminentes sur des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région. (AFP)
L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région. (AFP)
Short Url
  • "L'armée israélienne va bientôt frapper les infrastructures militaires appartenant à l'organisation terroriste Hezbollah dans le sud du Liban"
  • L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région.

"L'armée israélienne va bientôt frapper les infrastructures militaires appartenant à l'organisation terroriste Hezbollah dans le sud du Liban, en réponse aux tentatives interdites de cette organisation de reprendre ses opérations dans la région", a écrit sur X le colonel Avichay Adraee, porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe, en appelant les habitants de deux villages, Kfar Tibnit et Ain Qana, à immédiatement quitter leur logement.

 


Un mort et des blessés lors de frappes israéliennes dans le sud du Liban

Short Url
  • Le ministère libanais de la Santé a indiqué dimanche qu'une personne avait été tuée et six autres avaient blessées, parmi lesquelles deux enfants, par une frappe israélienne à Abba, dans la région de Nabatiyé
  • Selon l'agence de presse officielle libanaise (ANI), la frappe a touché un véhicule, tuant son conducteur, et un garçon a été blessé lorsque la voiture de sa famille est passée au moment du raid

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait un mort et plusieurs blessés dimanche, a indiqué le ministère de la Santé, l'armée israélienne affirmant avoir visé des cibles du mouvement islamiste libanais Hezbollah.

Israël mène régulièrement des frappes au Liban malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités, dont deux mois de guerre ouverte avec le mouvement pro-iranien.

L'armée israélienne affirme viser principalement des membres du Hezbollah ou ses infrastructures, et maintient des troupes dans cinq zones frontalières du sud du Liban.

Le ministère libanais de la Santé a indiqué dimanche qu'une personne avait été tuée et six autres avaient blessées, parmi lesquelles deux enfants, par une frappe israélienne à Abba, dans la région de Nabatiyé, dans le sud du pays.

Selon l'agence de presse officielle libanaise (ANI), la frappe a touché un véhicule, tuant son conducteur, et un garçon a été blessé lorsque la voiture de sa famille est passée au moment du raid.

De son côté, l'armée israélienne a indiqué avoir ciblé un membre du Hezbollah près d'Abba, "en réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah".

Plus tôt dimanche, le ministère libanais de la Santé avait fait état d'une frappe dans la région de Saïda, loin de la frontière israélienne, qui a blessé une personne.

D'après l'ANI, elle visait un bulldozer "alors qu'il s'efforçait de déblayer les décombres" du site d'une précédente frappe israélienne.

L'armée israélienne a, elle, dit avoir visé "plusieurs véhicules d'ingénierie du Hezbollah" utilisés "pour rétablir des sites d'infrastructure terroriste dans la région", précisant toutefois qu'ils se trouvaient dans une autre zone du sud du Liban que celle mentionnée par le ministère.

Toujours dimanche, l'ANI a indiqué que l'armée israélienne avait largué des tracts visant à intimider les habitants de Bint Jbeil, dans le sud du Liban, près de la frontière. Elle a publié une photographie de l'un de ces tracts, qui comportait un avertissement aux habitants selon lequel des membres du Hezbollah utilisaient un hôpital de la ville.

Dans un communiqué, le ministère de la Santé a condamné "avec la plus grande fermeté les menaces contre les hôpitaux du sud, et les considère comme une attaque grave et une violation flagrante des lois et conventions internationales".

L'hôpital Salah Ghandour de Bint Jbeil, géré par le Comité islamique de santé affilié au Hezbollah, a indiqué dans un communiqué que les tracts contenaient "une menace claire contre l'hôpital, fondée sur des prétextes fallacieux dépourvus de tout fondement", et a rejeté ce qu'il a décrit comme des tentatives de ternir l’image de l’établissement.

L'enceinte de l'hôpital Salah Ghandour et ses abords ont été frappés en 2024 lors des hostilités avec le Hezbollah.

Sous forte pression américaine et par crainte d'une intensification des frappes israéliennes, le Liban s'était engagé, comme prévu par l'accord de cessez-le-feu, à désarmer le Hezbollah et à démanteler d'ici la fin de l'année 2025 ses structures militaires entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Israël a mis en doute l'efficacité de l'armée libanaise dans ce processus et accusé le Hezbollah de se réarmer, tandis que le mouvement chiite a rejeté les appels à abandonner ses armes.

Plus de 360 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban depuis le cessez-le-feu, selon un bilan de l'AFP basé sur les statistiques du ministère libanais de la Santé.


La position de l'Arabie saoudite sur l'escalade régionale n'a pas changé, selon une source saoudienne à Asharq Al-Awsat

Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat. (AN)
Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat. (AN)
Short Url
  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a souligné mardi que Riyad respectait la souveraineté de Téhéran
  • Lors d'un appel téléphonique avec le président iranien Masoud Pezeshkian, il a souligné le soutien de l'Arabie saoudite à tous les efforts qui aideraient à résoudre les différends par le dialogue

RIYAD: Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat.

La source a souligné au journal que l'Arabie saoudite soutient les efforts visant à trouver une solution pacifique par la diplomatie et le dialogue à tous les différends entre les États-Unis et l'Iran.

La source a également réitéré le rejet par le Royaume de l'utilisation de son espace aérien et de ses territoires dans toute opération militaire contre l'Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a souligné mardi que Riyad respecte la souveraineté de Téhéran et que le Royaume ne permettra pas que son espace aérien ou ses territoires soient utilisés dans toute opération militaire contre l'Iran.

Lors d'un appel téléphonique avec le président iranien Masoud Pezeshkian, il a souligné le soutien de l'Arabie saoudite à tous les efforts qui aideraient à résoudre les différends par le dialogue dans le but de soutenir la sécurité et la stabilité régionales.

M. Pezeshkian a déclaré que ses entretiens avec le prince héritier avaient porté sur l'évolution de la situation en Iran et sur le dossier nucléaire.

Il a exprimé sa gratitude à l'Arabie saoudite pour sa position ferme en matière de respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Iran. Il a également salué le rôle et les efforts du prince Mohammed dans l'instauration de la sécurité et de la stabilité dans la région.