L’avenir de l’humanité dépend de la lutte contre la guerre et le commerce déloyal, selon un ministre des EAU

Les risques posés par l’intelligence artificielle et la désinformation nécessitent également une attention particulière, déclare le ministre des Affaires du Cabinet des Émirats arabes unis, Mohammad al-Gergawi. (Photo AN)
Les risques posés par l’intelligence artificielle et la désinformation nécessitent également une attention particulière, déclare le ministre des Affaires du Cabinet des Émirats arabes unis, Mohammad al-Gergawi. (Photo AN)
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Publié le Mardi 13 février 2024

L’avenir de l’humanité dépend de la lutte contre la guerre et le commerce déloyal, selon un ministre des EAU

  • Le ministre met en garde contre la croissance rapide de l’intelligence artificielle, qui pourrait être une arme à double tranchant et causer des dégâts si elle n’est pas déployée correctement
  • Les dirigeants mondiaux doivent utiliser la technologie pour atteindre leurs objectifs de développement et établir un cadre éthique

DUBAÏ: L’approche adoptée par les gouvernements face aux défis émergents – notamment le coût élevé de la guerre, la fragmentation et la démondialisation croissantes, ainsi que l’essor de l’intelligence artificielle (IA) – définira l’avenir de l’humanité, a averti lundi le ministre des Affaires du Cabinet des Émirats arabes unis (EAU), Mohammad al-Gergawi.

Dans son discours d’ouverture du Sommet mondial des gouvernements à Dubaï, M. Al-Gergawi a exhorté les gouvernements à favoriser la collaboration mondiale.

«Nous pouvons encourager les liens commerciaux et culturels pour remplacer la division et la polarisation économiques mondiales. Nous pouvons travailler ensemble pour réduire les risques liés à la technologie et maximiser ses avantages», déclare-t-il aux représentants présents au sommet. Ce dernier rassemble les dirigeants du monde entier et les organisations internationales pour relever les principaux défis sociétaux.

Il mentionne le coût faramineux des guerres et des conflits – 17 000 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro) par an.

Quelque 6% de ces 17 000 milliards de dollars pourraient permettre de lutter, en un an, contre certains des plus grands défis de l’humanité, notamment la faim, l’analphabétisme, le cancer et le manque d’eau potable, affirme-t-il.

«Imaginez un instant ce qui pourrait être réalisé si nous investissions davantage pour relever d’autres défis auxquels l’humanité fait face», ajoute-t-il. «Les ressources que contient la planète sont suffisantes pour nous et les générations futures, si nous les investissons à bon escient et les mettons au profit de l’humanité.»

Alors que l’intégration économique mondiale a contribué à tripler le produit intérieur brut (PIB) mondial depuis la fin de la guerre froide, Mohammad al-Gergawi soutient que la polarisation croissante et les «transformations claires du commerce international» sont à l’origine du déclin de la mondialisation.

La fragmentation économique coûtera 7% du PIB mondial, selon le Fonds monétaire international (FMI), un chiffre qui, selon M. Al-Gergawi, définira l’avenir.

Le nombre de restrictions commerciales mondiales introduites chaque année a presque triplé depuis 2019, atteignant le chiffre de près de trois mille l’année dernière, selon le FMI.

«Aujourd’hui, nous assistons à une concurrence plus intense dans les domaines de la technologie, de l’innovation et des devises, ainsi qu'à une focalisation interne croissante dans un contexte de montée du populisme», précise Mohammad al-Gergawi. Il exhorte les gouvernements à considérer la mondialisation comme un moteur de développement plutôt qu’une menace pour les intérêts nationaux et les économies locales.

Il appelle également les gouvernements à tirer profit du nouvel ordre économique émergent, dirigé par la Chine et l’Inde, qui génère déjà 50% de la croissance économique mondiale. Alors que plus de 70% de la croissance économique mondiale devrait provenir de l’Est, M. Al-Gergawi incite les gouvernements à tirer parti de cette évolution plutôt que de l’affronter.

Le ministre met également en garde contre la croissance rapide de l’IA, qui pourrait être une arme à double tranchant et causer des dégâts si elle n’est pas déployée correctement.

Des études prédisent que l’IA prendra en charge plus de 70% des tâches dans divers secteurs, augmentant ainsi la productivité humaine. Cependant, l’IA a contribué à produire trois fois plus de deepfakes (hypertrucages) en 2023 que l’année précédente. L’année dernière, cinq cent mille faux contenus ont été diffusés sur Internet, contribuant à la déformation de la réalité et entraînant des changements de comportement.

«La désinformation médiatique et la diffusion de fausses nouvelles figureront parmi les principaux défis auxquels l’humanité sera confrontée», prévient Mohammad al-Gergawi.

«Comment pouvons-nous protéger la vérité de toute distorsion? Il s’agit d’une question primordiale, car le résultat final est la méfiance à l’égard des gouvernements, des institutions médiatiques, des entreprises et des individus.»

De son côté, Klaus Schwab, fondateur et président du Forum économique mondial (WEF), incite les dirigeants de la planète à se préparer à la nouvelle «ère intelligente» vers laquelle le monde se dirige et qui apporte son lot de possibilités.

Il insiste sur le fait que les dirigeants du monde entier doivent exploiter la technologie pour créer une «humanocratie» et instaurer une ère où les humains peuvent s’épanouir.

«Au cœur de cette transformation figure l’engagement à garantir que les bénéfices du progrès technologique soient équitablement partagés pour parvenir à une société inclusive», ajoute-t-il.

Les dirigeants mondiaux doivent utiliser la technologie pour atteindre leurs objectifs de développement et établir un cadre éthique pour réglementer les technologies à croissance rapide.

«Les dirigeants politiques doivent combiner trois dimensions différentes. Il faut qu’ils soient des techniciens et des scientifiques, mais aussi des philosophes capables de comprendre les interactions avec ces nouvelles technologies. Ils doivent être des humanistes qui utilisent également l’aspect humain et pas seulement la technologie», explique M. Schwab.

«Ce sont les dirigeants gouvernementaux qui façonnent l’avenir.»

Ce sommet de trois jours, qui se tient jusqu’au 14 février, rassemble vingt-cinq dirigeants et chefs d’État du monde, cent quarante gouvernements, plus de quatre-vingt-cinq organisations et institutions internationales et régionales, ainsi que des leaders d’opinion et des experts de premier plan.

Les participants aborderont les problèmes urgents auxquels l’humanité est confrontée dans divers secteurs, notamment l’économie mondiale, la technologie, l’IA, la durabilité, les finances et l’éducation.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.