Gabriel Attal entre à Matignon au nom de «l'audace et du mouvement»

Le nouveau Premier ministre français Gabriel Attal (Photo, AFP).
Le nouveau Premier ministre français Gabriel Attal (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 10 janvier 2024

Gabriel Attal entre à Matignon au nom de «l'audace et du mouvement»

  • Emmanuel Macron a dit «compter» sur l'«énergie» de Gabriel Attal pour mettre en oeuvre son «projet de réarmement et de régénération» du pays
  • Le délai entre la démission de Mme Borne et la nomination officielle avait alimenté les spéculations sur d'éventuelles résistances internes face à l'ambitieux promu, qui pourrait faire de l'ombre à d'autres prétendants à la succession de M. Macron

PARIS: Gabriel Attal est devenu mardi à 34 ans le plus jeune Premier ministre de l'Histoire de la République, promettant d'emblée "audace" et "mouvement" à Emmanuel Macron et s'attelant presque immédiatement à la constitution de ses équipes.

Le président de la République a reçu mardi soir son nouveau Premier ministre, sur qui il compte pour relancer un quinquennat en quête perpétuelle de souffle. Les deux têtes de l'exécutif ont "la volonté d'aller vite" dans la formation du nouveau gouvernement, a-t-on fait savoir dans l'entourage présidentiel.

En attendant, le Conseil des ministres prévu mercredi est reporté.

Quasi-certitude du casting, Gérald Darmanin devrait rester au ministère de l'Intérieur. "Gérald Darmanin a eu un échange avec le président qui lui a redit sa confiance: il est assuré de rester à Beauvau comme il le souhaitait", a appris l’AFP mardi soir de source proche du ministre.

L'actuel directeur du Trésor et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Emmanuel Moulin, est de son côté pressenti pour devenir le directeur de cabinet du nouveau Premier ministre, selon une source proche de l'exécutif.

Emmanuel Macron a vanté l'"énergie" de Gabriel Attal pour mettre en oeuvre son "projet de réarmement et de régénération" du pays. Après les divisions qui ont agité la macronie sur la loi sur l'immigration, et les critiques sur une dérive droitière, il lui a demandé d'être "dans la fidélité à l'esprit de 2017: dépassement et audace".

Comme en écho, le nouveau Premier ministre a vu dans sa nomination un triple "symbole": de "l'audace", du "mouvement, et de la "confiance (...) accordée à la jeunesse".

«Dépassement»

"J'aurai l'objectif de garder le contrôle de notre destin et libérer notre potentiel français", a-t-il déclaré, ému et grave, lors de la passation de pouvoir à Matignon avec sa prédécesseure Elisabeth Borne, après être arrivé à pied depuis le ministère de l'Education nationale, où il n'aura passé qu'un peu plus de cinq mois.

Il a assuré que la "cause de l'école" demeurerait la "mère de nos batailles".

C'est "un choix de retour aux sources du macronisme" de "dépassement" du clivage droite-gauche, glisse-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat. Ce dernier, qui ne peut constitutionnellement pas se représenter en 2027, "assume la responsabilité de la promotion et de la formation de cette génération Macron".

Le populaire ministre de l'Education nationale sortant, qui devient aussi le premier chef de gouvernement ouvertement homosexuel, a donc succédé à Elisabeth Borne, contrainte lundi à la démission après vingt mois à Matignon.

Elle a fait savoir qu'elle occuperait le siège de députée du Calvados gagné en 2022, et s'est targuée d'avoir "tenu sans trembler le cap fixé par le président".

Dans la foulée, Gabriel Attal a pris la route pour le Pas-de-Calais frappé par les inondations pour son premier déplacement. "Personne ne va vous oublier", a-t-il promis aux sinistrés de la petite commune de Clairmarais, leur exprimant la "solidarité" de la nation.

«Monarque présidentiel»

Alors que M. Attal recevait les "félicitations" du chancelier allemand Olaf Scholz, les oppositions se sont immédiatement déchaînées.

"Les Français ne peuvent rien espérer" de Gabriel Attal, a lancé la cheffe des députés du Rassemblement national, Marine Le Pen, tandis que le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a raillé un simple "porte-parole". "La fonction de Premier ministre disparaît. Le monarque présidentiel gouverne seul avec sa cour", a-t-il dit.

Le délai entre la démission de Mme Borne et la nomination officielle avait alimenté les spéculations sur d'éventuelles résistances internes face à l'ambitieux promu, qui pourrait faire de l'ombre à d'autres prétendants à la succession de M. Macron.

Bruno Le Maire l'a tardivement félicité ce mardi, saluant sa "force" en le tutoyant dans un tweet assorti d'une photo où il met une main presque paternelle sur son épaule.

"Le macronisme, c'est aussi d'être contre toutes les rentes et les prés carrés", a soufflé un conseiller de l'exécutif.

Le retard a aussi pu être lié à la difficile recherche d'équilibres, alors que plusieurs voix appellent à resserrer l'équipe gouvernementale qui compte aujourd'hui 39 membres.

Attal emmène à Matignon «la cause de l'école» et réunira les «forces vives du pays dès cette semaine»

"J'emmène avec moi la cause de l'école", "la mère de nos batailles", a assuré mardi le nouveau Premier ministre Gabriel Attal, lors de la passation de pouvoir à Matignon avec sa prédécesseur Elisabeth Borne, en indiquant par ailleurs qu'il réunirait les "forces vives du pays" cette semaine.

"J'aurai l'objectif de garder le contrôle de notre destin et libérer notre potentiel français", a également insisté celui que le chef de l'Etat a chargé mardi matin de former un nouveau gouvernement, en évoquant "la maîtrise de notre modèle social", "la solidarité entre les Français", "l'autorité" et "le respect de l'autre".

Le plus jeune chef du gouvernement de l'histoire de la République, 34 ans, a vu dans sa nomination un symbole "d'audace et de mouvement". Il a  remercié au début et à la fin de son intervention le chef de l'Etat, mais également ses trois prédecesseurs rue de Varenne: Elisabeth Borne, Edouard Philippe et surtout Jean Castex, dont il fut le porte-parole de son gouvernement et dont il a expliqué qu'il lui avait appris "le fonctionnement de Matignon, l'exigence de la tâche de Premier ministre et aussi l'importance de l'amitié en politique".

La désormais ex-cheffe du gouvernement, Elisabeth Borne, a de son côté estimé avoir "tenu sans trembler le cap fixé par le président de la République", lors de son discours de passation de pouvoir.

Celle qui, lors de sa prise de fonctions il y a dix-neuf mois, avait dédié sa nomination à "toutes les petites filles" en leur conseillant d'aller "au bout de leurs rêves", a par ailleurs indiqué mardi "mesurer assez souvent qu'il reste du chemin pour l'égalité entre les femmes et les hommes".

"Alors, je le dis à toutes les femmes: tenez bon L'avenir vous appartient", a-t-elle ajouté.

«Continuer le combat»

Monté ces derniers mois sur le podium des personnalités politiques préférées des Français, Gabriel Attal sera cependant confronté au même obstacle que sa prédécesseure: l'absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale.

Il hérite, en outre, des divisions qui ont surgi dans le camp présidentiel avec la loi sur l'immigration soutenue par l'extrême droite, quelques mois après une adoption dans la douleur de l'impopulaire réforme des retraites.

Pour le constitutionnaliste Benjamin Morel, M. Attal est le signe d'une "stratégie très offensive en vue des élections européennes" de juin, où l'extrême droite est donnée gagnante en France.

M. Macron avait salué le 20 décembre chez son jeune ministre un responsable politique qui l'accompagne "depuis le début" et qui a "l'énergie, le courage" pour "porter les réformes" à venir, voire, tel un héritier, "continuer le combat".


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


14-Juillet et Coupe du monde: 7.000 policiers et gendarmes mardi à Paris et son agglomération

Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026.  (AFP)
Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026. (AFP)
  • Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez
  • Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés

PARIS: Un dispositif massif de 7.000 policiers et gendarmes et 2.000 sapeurs-pompiers sera déployé mardi à Paris et son agglomération pour assurer la sécurité des festivités du 14 juillet et prévenir tout débordement lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football qui opposera en soirée la France à l'Espagne.

Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris (PP) a précisé que ce lundi, déjà, 3.000 policiers de la PP renforcés par 1.000 effectifs issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) seront mobilisés pour sécuriser le concert prévu sur le Champ-de-Mars et le spectacle de pyrotechnie et de drones dans la soirée.

Le lendemain, il s'agira de sécuriser le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées, le dernier d'Emmanuel Macron en tant que chef de l'Etat, et de permettre, selon les termes de la PP, de faire en sorte que la demi-finale de la coupe du Monde "reste une fête pour le plus grand nombre".

Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés.

Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.


France : deux Canadair envoyés face à l'incendie hors norme de Fontainebleau, près de Paris

Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
  • Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris
  • "Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça"

ARBONNE-LA-FORET: Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités.

Actuellement les deux Canadair sont en action, et plus de 500 pompiers sont attendus dans la journée avec l'ensemble des renforts, ont indiqué les pompiers à la presse, alors que la France traverse sa troisième vague de chaleur de l'année, un contexte qui favorise fortement le risque de départs de feux.

Face à l'incendie qui a débuté dimanche, deux Dash avaient été utilisés pour larguer au sol du produit retardant, un déploiement d'avions de lutte contre le feu inédit en région parisienne.

Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris.

"Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça".

Vigilance rouge canicule 

Le département de Seine-et-Marne, où se trouve la forêt, fait face depuis le déclenchement de la vigilance canicule rouge samedi à plusieurs incendies d'ampleur, qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d'être maîtrisés.

Les sinistres ont entraîné dimanche l'interruption de la circulation sur une portion de l'autoroute A6, la principale artère menant vers le sud-est de la France et qui traverse la forêt.

Ils ont aussi provoqué des retards de trains de plusieurs heures, en raison notamment de dommages sur des câbles. La circulation ferroviaire a repris à une "vitesse normale" sur la ligne à grande vitesse, a indiqué lundi matin la compagnie nationale SNCF Réseau à l'AFP.

Dès dimanche, un panache de fumée flottant sur la forêt était visible à 20 km de distance, tandis que des camions de sapeurs-pompiers se rendaient sur le sinistre par les petites routes forestières. Ils ont reçu le renfort d'agriculteurs qui arrimaient des citernes d'eau à l'arrière de leurs tracteurs.

Malgré les appels des secours à rester confinés pour ne pas s'exposer aux fumées, des habitants sortaient sur le pas de leur porte pour assister médusés à ce ballet de véhicules de secours et de police, dans l'âcre fumée qui flotte sur la zone.

Selon un point des autorités lundi matin, environ 200 personnes ont dû être mises en sécurité en raison de la propagation de l'incendie, qui mobilise environ 370 pompiers sur le terrain.

Situation "amenée à durer" 

Le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez est arrivé sur place en début de matinée. "La situation est amenée à durer", selon les autorités.

Partout en France, les secours ont dû lutter contre les flammes: dans les Pyrénées-Orientales (sud), la Drôme (sud-est), le Lot (sud-ouest), en Savoie (sud-est), mais aussi dans des secteurs plus septentrionaux, comme l'Indre (centre) ou la Loire-Atlantique (ouest), preuve qu'aucune région n'est à l'abri de ces incendies estivaux, favorisés par les épisodes de canicule de plus en plus fréquents.

Selon Laurent Nuñez, une fois le bilan "consolidé", "on sera à 25.000 hectares brûlés" en France, soit "deux fois plus par rapport à la même période" de 2025. Les autorités ont prévenu que les responsables de tels sinistres, volontairement ou par imprudence, feraient l'objet de poursuites pénales.

Elles ne laisseront "rien passer", a prévenu le ministre, qui a indiqué samedi que 32 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l'été.