Une éducatrice veut transmettre aux élèves l’amour de la langue arabe

Nahla al-Malki, conseillère pédagogique syrienne et auteure de livres pour enfants (Photo, fournie).
Nahla al-Malki, conseillère pédagogique syrienne et auteure de livres pour enfants (Photo, fournie).
Dans certaines de ses vidéos, Al-Malki évoque les idées reçues sur l’enseignement de l’arabe, l’accès à des livres arabes pour enfants de qualité et la joie de lire (Photo, Fournie).
Dans certaines de ses vidéos, Al-Malki évoque les idées reçues sur l’enseignement de l’arabe, l’accès à des livres arabes pour enfants de qualité et la joie de lire (Photo, Fournie).
Dans certaines de ses vidéos, Al-Malki évoque les idées reçues sur l’enseignement de l’arabe, l’accès à des livres arabes pour enfants de qualité et la joie de lire (Photo, Fournie).
Dans certaines de ses vidéos, Al-Malki évoque les idées reçues sur l’enseignement de l’arabe, l’accès à des livres arabes pour enfants de qualité et la joie de lire (Photo, Fournie).
Short Url
Publié le Lundi 18 décembre 2023

Une éducatrice veut transmettre aux élèves l’amour de la langue arabe

  • Depuis septembre 2023, Nahla al-Malki met en ligne des vidéos brèves, mais structurées et utiles, pour guider les parents, ainsi que les passionnés de langue arabe
  • Ces vidéos ont pour objectif de leur inculquer l’amour de la lecture et de l’expression arabe

DUBAÏ: Il y a exactement 50 ans, l’Assemblée générale des Nations unies a déclaré qu’elle adopterait l’arabe comme sixième langue officielle. Trente-neuf ans plus tard, en 2012, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture a institué la Journée mondiale de la langue arabe à l’occasion de l’anniversaire de son adoption par l’organisme mondial.

«C’est l’une des langues les plus parlées au monde. Elle est utilisée quotidiennement par plus de 400 millions de personnes», peut-on lire sur le site de l’Unesco. Et pourtant, l’arabe – une langue millénaire avec une richesse d’œuvres écrites englobant la poésie, la littérature, le droit, la science et la philosophie – est malheureusement en déclin en tant que langue écrite et orale, selon certains experts.

Parmi les personnes partageant cette conviction figure Nahla al-Malki, consultante pédagogique syrienne et auteure de livres pour enfants. À travers sa page Instagram éponyme, Al-Malki cherche à motiver la jeune génération d’enfants arabes à parler et à lire dans leur langue maternelle.

T
Dans certaines de ses vidéos, Al-Malki évoque les idées reçues sur l’enseignement de l’arabe, l’accès à des livres arabes pour enfants de qualité et la joie de lire. (Photo fournie)

«L’arabe est une langue belle et éloquente. L’arabe est identité et patrimoine. L’arabe faitpartie intégrante de de mon identité et, plus que tout, je veux que mes enfants et les autres enfants du monde s’approprient cette identité», déclare-t-elle à Arab News, depuis Dubaï, où elle vit avec son mari et ses deux enfants.

Al-Malki est née et a grandi à Djeddah, où elle a pu communiquer en arabe, sa langue maternelle, tout au long des années 1990.

«L’Arabie saoudite est différente des autres pays», dit-elle. «Le Royaume réussit toujours à maintenir ce lien chaleureux entre les familles et dans le cadre des activités communautaires.»

«En réalité, je pense que la langue m’a vraiment aidée à m’épanouir. J’ai fréquenté des collèges arabes, donc les gens autour de moi parlaient tous arabe. Bien sûr, avec ma famille,on parlait tout le temps arabe à la maison. Avec mes amis et mon cercle social, tout était en arabe.»

Al-Malki soutient qu’elle vient d’une famille qui apprécie particulièrement les langues. Sesfrères parlent trois langues: italien, allemand et français.

Y
Nahla al-Malki, conseillère pédagogique syrienne et auteure de livres pour enfants. (Photo fournie)

Après avoir vécu en Arabie saoudite, Al-Malki poursuit ses études supérieures à Beyrouth, puis décroche un master en enseignement de l’anglais des universités de Manchester et de Cambridge.

Son rôle de conseillère pédagogique comprend la formation des enseignants, les inspections et les audits au sein des universités et la rédaction de manuels de cours.

Environ sept ans après s’être installée à Dubaï, un creuset cosmopolite de langues et de cultures, elle commence à se rendre compte que son propre enfant de quatre ans s’éloigne petit à petit de l’arabe.

On compte plus de 400 millions d’arabophones à travers le monde.

L’arabe est la cinquième langue la plus parlée au monde.

0,6% de tout le contenu en ligne est en arabe.

«Mon fils a fini par intégrer une école britannique. Il y a eu un revirement de situation. Il avait une plus grande facilité à s’exprimer en anglais. En tant que parent, vous tombez dans ce piège et vous vous dites que vous allez parler en anglais à vos enfants, mais vous avez l’impression que quelque chose ne tourne pas rond», affirme Al-Malki.

«J’ai adoré lire des livres avec mes enfants. Nous avions l’habitude de nous attarder sur certains caractères et phrases et de les répéter toute la journée. Et malheureusement, tout était en anglais.»

Cette expérience personnelle révélatrice était une source de motivation clé pour Al-Malki en vue d’aider d’autres parents en difficulté via les réseaux sociaux. «Je voulais répandre l’espoir», insiste-t-elle.

Depuis septembre 2023, Al-Malki met en ligne des vidéos brèves, mais structurées et utiles, pour guider les parents, ainsi que les passionnés de langue arabe. Elles visent à leur inculquer l’amour de la lecture et de l’expression arabe.

Y
L’auteure et éducatrice Nahla al-Malki affirme que la technique d’enseignement de l’arabe en classe devrait être réinventée, en introduisant l’innovation, le plaisir, la créativité – en d’autres termes, un état d’esprit moderne. (Shutterstock)

«Je ne voulais pas leur donner de conseils pratiques, mais des philosophies pratiques sans sermon ni culpabilisation qu’ils peuvent suivre comme mode de vie», renchérit-elle.

Dans certaines de ses vidéos, Al-Malki évoque les idées reçues sur l’enseignement de l’arabe, l’accès à des livres arabes pour enfants de qualité et la joie de lire.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles Al-Malki estime que l’arabe est moins parlé sur le plan social, en particulier dans les grandes villes du Golfe qui ont tendance à accueillir plus d’expatriés que la région du Levant.

Le véritable changement, dit-elle, devrait commencer dans les endroits où les enfants passent la plupart de leur temps: à la maison et à l’école. La technique d’enseignement de l’arabe en classe devrait être réinventée, en introduisant l’innovation, le plaisir, la créativité – en d’autres termes, un état d’esprit moderne.

F
Les parents doivent prioriser l’enseignement de l’arabe à leurs enfants, explique l’éducatrice Nahla al-Malki. (Shutterstock)

«Je ne veux pas rejeter la faute sur les enseignants, puisqu’ils sont très enthousiastes et font beaucoup d’efforts. Mais il existe certains outils de base qu’ils ne connaissent toujours pas», précise Al-Malki.

«Ils enseignent la langue arabe de la même manière depuis plus de 60 à 70 ans. Ce n’est pas mal de nous remettre en question et de réfléchir, parce que cette génération est différente de la précédente et la situation est en évolution permanente.»

Al-Malki recommande de favoriser l’«apprentissage contextualisé», c’est-à-dire «de partager la vie des élèves en classe et d’accorder de l’importance à leurs centres d’intérêt». Il est indispensable de lire en classe des histoires qui plaisent aux élèves.

«Lors d’un cours d’anglais, ils ont évoqué leur dernier voyage ou leur footballeur préféré. Mais en arabe, c’est très abstrait.» Cette réflexion peut également s’appliquer, selon Al-Malki, aux histoires pour enfants écrites en arabe.

T
Nahla Al-Malki, conseillère pédagogique syrienne et auteure de livres pour enfants. (Photo fournie)

«Dans les livres pour enfants en anglais, vous appréciez les mots, les rimes, les images, les rires», soutient-elle. «En arabe, la plupart de nos livres portent sur la morale de l’histoire.»

«Il existe quelques bons livres, mais la majorité sous-estime encore la capacité d’un enfant à imaginer, à créer ses propres histoires et à les analyser. Ce n’est tout simplement pas aussi agréable et je voulais faire partie de ce changement.»

Pour résoudre ce problème insidieux, Al-Malki prévoit de sortir son premier livre pour enfants en 2024. Il comprendra un personnage central qui franchira différentes étapes.

Al-Malki évoque la nécessité de discuter en arabe à la maison, d’écouter de la musique arabe et de regarder des dessins animés en langue arabe pour garantir que l’arabe soit vraiment leur langue maternelle.

«Cela commence vraiment chez soi. En un mot, les parents devraient accorder la priorité à l’arabe», dit-elle.

«Il faut aussi que les mentalités changent. Non il n’est pas ‘impossible de parler arabe’. Chaque petit geste compte, même si vous commencez à lire avec eux cinq minutes par jour et que vous augmentez ensuite progressivement ce temps. Je pense que c’est très important.»

T
Il est important de discuter en arabe à la maison, d’écouter de la musique arabe et de regarder des dessins animés en langue arabe pour garantir que l’arabe soit vraiment leur langue maternelle, dit Nahla al-Malki. (Shutterstock)

Elle ajoute: «Ce n’est pas parce que la majorité des films et des livres sont en anglais que nous ne pouvons pas parler arabe. Toutes les autres communautés d’expatriés, comme les Français, les Chinois ou les Allemands parlent toujours leur langue. Pourquoi sommes-nous les seuls à ne pas le faire?»

Il y a également certains facteurs géopolitiques dont il faut tenir compte face à ce problème linguistique. En raison de l’instabilité dans de nombreux pays du Moyen-Orient, un grand nombre de personnes arabophones migrent, notamment vers l’Europe et l’Amérique du Nord, ce qui peut entraîner des répercussions sur la fréquence à laquelle ils utilisent leur langue maternelle et affecter leur harmonie avec leurs coutumes.

Al-Malki met également en lumière la dynamique de classe liée au maintien de sa langue maternelle. «Quand vous parlez anglais ou français avec vos enfants, cela vous donne un certain prestige», dit-elle.

«Vous êtes instruit et meilleur que certains. Cela suggère que vous disposez peut-être d’une nationalité ou d’un passeport différent. C’est l’idée de statut social et la conviction que l’anglais ou une deuxième langue vous ouvrira tous ces horizons.»

T
Il est important de discuter en arabe à la maison, d’écouter de la musique arabe et de regarder des dessins animés en langue arabe pour garantir que l’arabe soit vraiment leur langue maternelle, dit Nahla al-Malki. (Shutterstock)

Malgré les obstacles, il y a de l’espoir. Al-Malki affirme que ses vidéos sont bien accueillies par ses abonnés, dont certains ne viennent même pas du monde arabe. Elle espère un jour établir une plate-forme plus large qui donnera à la communauté des outils plus concrets sur la manière de soutenir ses enfants.

Elle estime également que certains changements commencent à se produire, grâce aux initiatives lancées dans les domaines de l’édition et du design du monde arabe dans le but de préserver la beauté de la langue arabe.

«Quand on parle arabe, on adopte un langage corporel différent. Vous parlez différemment, vous utilisez des expressions différentes. Quand nous perdons cela, nous perdons la culture, les blagues, la musique, les traditions», explique Al-Malki.

«Actuellement, il y a toute une génération de personnes, de parents et d’éducateurs qui prennent conscience de ce problème et se rendent compte que la langue fait partie intégrante de l’identité.»

​Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Short Url
  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Short Url
  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.


Olivier Cadic : « Les relations entre la France et l’Arabie saoudite n’ont jamais été aussi denses »

Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
Short Url
  • En visite à Riyad, le sénateur des Français établis hors de France souligne l’accélération des échanges entre Paris et le Royaume, les opportunités offertes par Vision 2030 et le rôle stabilisateur de l’Arabie saoudite dans la région
  • La transformation de l’Arabie saoudite ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises, notamment dans l’intelligence artificielle, les infrastructures, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme et l’économie numérique

RIYAD : Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et président du groupe d’amitié interparlementaire France–Pays du Golfe, Olivier Cadic a effectué une nouvelle visite en Arabie saoudite à la tête d’une délégation parlementaire française composée notamment des sénateurs Nathalie Delattre et Rémy Pointereau. À l’issue de ses rencontres avec les autorités saoudiennes, il revient sur la transformation du Royaume, l’état des relations franco-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Olivier Cadic, l’Arabie saoudite figure aujourd’hui parmi les pays qui se transforment le plus rapidement au monde. « Il s’agit de ma neuvième visite en Arabie saoudite en onze ans. Ce qui me frappe à chaque déplacement, c’est la rapidité de la transformation du pays », confie-t-il à Arab News en français.

Le sénateur souligne particulièrement les changements observés à Riyad, où les projets de développement se multiplient dans le cadre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon lui, cette stratégie de modernisation « insuffle un souffle de modernité accéléré » et traduit une volonté claire de diversification économique, d’innovation et d’ouverture sur le monde.

Au cours de sa visite, Olivier Cadic a insisté sur la solidité du partenariat franco-saoudien, qu’il qualifie d’exceptionnel.

« Les relations entre la France et l’Arabie saoudite sont excellentes et n’ont jamais été aussi denses », affirme-t-il. Selon le sénateur, cette proximité repose sur une confiance mutuelle et sur des convergences de vues concernant plusieurs dossiers régionaux majeurs.

Il rappelle également l’importance de la solidarité entre partenaires dans les moments difficiles. « J’ai souhaité rappeler que la France n’oublie pas les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime. Dans les moments difficiles, les partenaires doivent pouvoir compter les uns sur les autres. »

Selon Olivier Cadic, Paris et Riyad partagent notamment leur soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, leur préoccupation face à la perspective d’une acquisition ou d’un usage d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran, ainsi que leur volonté de voir le Liban retrouver sa pleine souveraineté et la Syrie renouer avec la stabilité.

« Plus largement, la France et l’Arabie saoudite défendent le multilatéralisme, le respect du droit international et de l’intégrité territoriale des États », souligne-t-il.

Sur le plan économique, le sénateur estime que les perspectives de cooperation entre la France et l’Arabie saoudite sont particulièrement prometteuses.

Les secteurs des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, du tourisme, de la culture et de la formation figurent parmi les domaines les plus porteurs.

« La diversification de l’économie saoudienne crée de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises, qui disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces secteurs », explique-t-il.

Les mégaprojets lancés dans le cadre de Vision 2030 offrent également de nouvelles perspectives dans les infrastructures de transport, la gestion durable de l’eau, les énergies décarbonées, la santé et les technologies numériques.

Olivier Cadic met aussi en avant l’émergence de nouveaux axes de coopération à forte valeur ajoutée. « Les coopérations entre la France et l’Arabie saoudite s’étendent désormais à de nouveaux secteurs, notamment les industries culturelles et créatives, l’intelligence artificielle, mais aussi l’e-sport », observe-t-il.

Pour le sénateur, les projets liés à l’économie numérique et à la jeunesse illustrent parfaitement la capacité des deux pays à construire ensemble des partenariats innovants et tournés vers l’avenir.

Parmi les éléments les plus marquants de cette mission, Olivier Cadic évoque avant tout l’état d’esprit qu’il a observé auprès des responsables saoudiens et des jeunes générations.

« J’ai été particulièrement impressionné par la confiance qui anime les responsables saoudiens et la jeunesse du pays. On ressent une véritable volonté de construire l’avenir et de réussir la transformation engagée », confie-t-il.

Le sénateur souligne également la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et salue « l’hospitalité saoudienne », ainsi que les efforts entrepris pour valoriser le patrimoine culturel du Royaume et développer son attractivité touristique.

Cette dynamique de coopération devrait continuer à se renforcer dans les années à venir. Selon Olivier Cadic, les échanges bilatéraux se sont considérablement intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites officielles entre les deux pays. Le sénateur rappelle notamment qu’une délégation saoudienne a été accueillie en France en 2025.

« Le rôle des groupes d’amitié parlementaires est précisément de nourrir ce dialogue dans la durée et de favoriser l’émergence de nouvelles coopérations, qu’elles soient économiques, culturelles ou institutionnelles », souligne-t-il.

Interrogé sur la situation actuelle dans le Golfe, Olivier Cadic estime que l’Arabie saoudite joue un rôle central dans une région confrontée à de nombreux défis sécuritaires et géopolitiques.

« Le Golfe évolue dans un environnement régional particulièrement complexe », note-t-il, faisant référence aux tensions liées au conflit israélo-iranien.

Dans ce contexte, il considère que le Royaume s’affirme comme un acteur stabilisateur, privilégiant les solutions diplomatiques et les initiatives favorisant la paix régionale. Son poids économique, politique et diplomatique en fait, selon lui, « un acteur incontournable de l’équilibre régional ».

Enfin, Olivier Cadic a tenu à adresser un message à la communauté française vivant et travaillant en Arabie saoudite.

« J’adresse un message de confiance à nos compatriotes établis en Arabie saoudite », déclare-t-il. « Ils participent pleinement au rapprochement entre nos deux pays et contribuent au rayonnement de la France. »

Le sénateur estime que les perspectives offertes par le Royaume sont considérables et que les relations franco-saoudiennes disposent encore d’un potentiel de développement exceptionnel.

« Plus que jamais, les Français présents dans le Royaume sont des passerelles entre nos deux nations et des acteurs précieux de cette coopération d’avenir », conclut-il.